Dernier rôle de premier plan pour Lino Ventura, Cento giorni a Palermo fait se rencontrer deux pans du cinéma italien attaché à la mafia : d’une part, le polar série B, avec son énumération de fusillades et d’exécutions prises en charge par une caméra mobile et par un montage rapide ; d’autre part, le documentaire à visée politique et sociale qui se propose de brosser le paysage d’une ville et, par extension, d’un pays gangrénés par les cartels à partir du portrait d’une personne ayant véritablement existé, dans la tradition du geste de Francesco Rosi – on pense par exemple à Salvatore Giuliano, sorti en 1962. Il s’agit ici du préfet Carlo Alberto dalla Chiesa, interprété avec sobriété et rigueur par Ventura, en lutte contre les organisations mafieuses, et soucieux de démanteler un réseau touchant aux plus hautes sphères du pouvoir. Le film vaut pour son articulation de la sphère publique, avec ses séquences extérieures captées dans les marchés siciliens, et de la sphère privée, qu’elle rassemble les politiciens autour d’une table ou l’épouse venue partager le quotidien dangereux de son mari ; spoiler: une transition intelligente l’explicite, celle réunissant deux portails que l’on ouvre et referme . La réalisation veille à constamment se faire le témoin des situations, si bien que son image est souvenue perturbée par les flashs des journalistes regardés comme spoiler: une masse se repaissant des exactions, capturant par leurs appareils les trophées des mafiosos ; sans perdre de vue ses personnages, elle conserve une distance garante de neutralité (apparente), à l’instar du plan de clausule sur les voitures captées depuis le ciel. Une réussite.
Film format et image de type télévision, je n'ai vu que la vf et le doublage est catastrophique, ça gâche le film en grande partie. Ventura a l'air très bien dans sa langue maternelle, mais ce doublage... la fin est bâclée je trouve. Un film tout à fait dispensable, en vf en tout cas.
Un très bon film basé sur une histoire vraie. Lino Ventura, magistral, campe donc le général Dalla Chiesa, nommé préfet de police à Palerme. Inflexible il s'attaque à la mafia et met en place une stratégie pour endiguer son pouvoir. Le film reconstitue très bien l'ambiance de l'époque et montre toutes les difficultés rencontrées par le nouveau préfet. Lino Ventura est excellent et donne du poids à cet homme. On passe un très bon moment devant ce film.
Cent jours. C'est le temps qui sera accordé au Général Dalla Chiesa avant qu'il ne tombe sous les balles des sbires de la Mafia. Lui seul croyait au succès de sa mission. Car si l'État Italien avait effectivement bougé pour combattre les Brigades Rouges (elles le menaçaient directement) il n'en sera pas de même avec la Mafia de Sicile puisqu'il y avait collusion entre elle et les différents gouvernements. On va même encore plus loin dans le propos puisqu'il est clairement dit que le Général (qui jamais n'aura en sa possession les pouvoirs spéciaux qui lui avaient été promis) avait été choisi pour son prestige et pour servir d'alibi en cas de nouvel échec. Version officielle : "si le Général y laisse sa peau, alors que pouvons-nous faire d'autre ?". Version officieuse : "maintenant que le gêneur est éliminé, revenons-en à nos petites affaires." Rien que pour ces suppositions (qui en réalité n'en sont pas), "Cent jours à Palerme" ne saurait être négligé. On a souvent reproché au film sa piètre mise en scène, ressemblant à celle d'un obscur téléfilm. Et c'est vrai que c'est un tendon d'Achille. Mais d'un autre côté, elle lui octroie un aspect authentique qui cadre parfaitement avec les événements racontés. Il n'y a pas de lissage. Et qui d'autre de mieux que Lino Ventura pour prêter ses traits à Dalla Chiesa ? Personne, tant les deux hommes avaient des traits de personnalité en commun.
Un film italien de mouture très classique qui s'inspire de l'histoire vraie d'un général envoyé en Sicile pour combattre la Mafia. Bon scénario, bonne intrigue et bon suspens pour un classique du genre politico/ policier italien. Ventura est très bon et fait le job.
Lino ventura un acteur indu de sa personne qui se donnait une image d’un mec droit alors qu’il joue toujours dans des films violents, 25 ans de films où il a meme coupe et porte le meme genre de vêtements, et n’embrasse aucune femme dans ces films complètement ridicule il fait la bise à femme on dirait que c’est sa fille
Quoique l’on en pense, il faut saluer le courage de « Cento giorni a Palermo ». Le film est sorti en 1984, moins de deux ans après l’assassinat du général Carlo Alberto dalla Chiesa, alors tout juste nommé préfet de Palerme. Et en plein dans ce que l’on appelle aujourd’hui la deuxième guerre de la mafia. Des affrontements criminels très violents en Sicile, qui firent des centaines de mort par an au début des années 80. Les mafieux assassinant leurs rivaux, mais aussi toutes les figures étatiques qui tentaient de les combattre : juges, policiers, préfets, députés… En effet, à l’époque beaucoup doutaient (ou ne voulaient pas croire ?) que la mafia était une organisation nationale, qui avait déjà gangréné tout le système. Ceux qui en parlaient ouvertement étaient réduits au silence. Voilà donc une œuvre qui avait le potentiel de constituer un film très fort sur le sujet. Sauf que non… « Cento giorni a Palermo » est fade, dans ses visuels ou sa narration. L’image est très sobre, la mise en scène ne semble pas savoir où aller. Il y a bien des meurtres réguliers, mais étonnement les impacts de balles sont très souvent en hors champ. Tandis que les victimes sont rarement présentées par le film, empêchant tout attachement émotionnel. Le film enchaîne des scénettes, des discussions avec politiciens, familles de victimes, mafieux… Clairement, il y a la volonté forte de pointer du doigt des choses qui dérangent. La mafia qui ravage le pays avec la drogue. Les ouvriers qui remercient la mafia de leur trouver du boulot… sans se rendre compte que la mafia est en partie responsable de la situation économique dégradée. Ou les politiciens qui refusent de voir le problème en face. Mais tout ceci ressemble à un documentaire décousu. D’autant que l’on sait dès le départ comment cela se termine, l’assassinat du protagoniste faisant partie du pitch et du titre… Si bien qu’il n’y a pas grand-chose de palpitant. Faut-il attribuer cela à un manque de recul ? Un état d’esprit très pessimiste, la guerre criminelle étant encore en cours en 1984 ? Ou juste un scénario pas assez travaillé ? Reste Lino Ventura en préfet droit dans ses bottes. Qui tente de combattre un système sans avoir les armes dont il a besoin, et fait peser le poids de la tâche sur ses épaules. Pour l’anecdote, Lino Ventura ne sera très positif lorsqu’il décrira son expérience de tournage sur ce film…
Palerme, Mai 1982, le général Carlo Alberto Dalla Chiesa (*Lino Ventura*) est nommé préfet de Sicile dans le but de poursuivre la lutte contre la Mafia. Durant le retraçage de ces cent jours, Dalla Chiesa va essayer de pallier les lacunes et les fautes du gouvernement et subir les pressions mafieuses. Confiant dans ses promesses, le général affronte sa difficile mission avec un profond sens du devoir, sacrifiant ses sentiments personnels, il ne veut pas de privilèges, il est très clair, très énergique, mais aussi très humain et c'est ce qui nous touche énormément chez Lino Ventura. Il est une fois de plus excellent de charisme et de prestance. Accompagné de Giuliana De Sio qui interprète de manière touchante sa femme Emmanuela, le Dalla Chiesa de Ventura est crédible, mais surtout dure et à la fois gentleman vis-à-vis de celle-ci, conscient que son couple est dépassé par la situation, mais qui tiendra parce que l'amour est plus fort que tout. *Cent Jours à Palerme* est donc un film très intéressant, car il confronte une réalité criminelle organisée, ramifiée et dégradée à un pays qui convoite une justice pérenne et efficace, propre à l'utopie face à l'invincibilité de la vérole mafieuse.
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3,5
Publiée le 25 avril 2021
Il s'agit d'un thriller politique plus que décent. Il n'a rien du flash et des effets spéciaux des superproductions d'aujourd'hui qui sont produites par les usines d'Hollywood. Il n'y a pas de plans au ralenti du héros marchant calmement vers la caméra pendant que des trucs explosent derrière lui. Ce que Cent jours a Palerme (titre français) a c'est du cœur et un aspect grinçant presque documentaire qui fait que la violence du film semble plus réelle que tout ce que nous avons vu ces dernières années. Il met également en scène Lino Ventura l'un des plus grands acteurs des années 70 et 80. Ventura était connu pour les personnages durs à cuire qu'il avait l'habitude de jouer généralement des détectives de police. L'homme a toujours un regard froid et dur dans les yeux qui laisse entrevoir tantôt une fureur cachée tantôt une grande tristesse. Dans 100 jours à Palerme il joue le rôle d'un chef de la police fédérale italienne à la retraite qui est envoyé en Sicile en tant que préfet dans le but de s'attaquer à la mafia suite à une série d'assassinats de juges et de procureurs. C'est un homme d'une grande intégrité et d'un grand dynamisme ce qui le rend sympathique. Mais il souffre aussi de graves défauts dont certains m'ont rendu fou. Mais cela fait aussi de lui une personne réelle ce qui a renforcé mon appréciation du personnage. Ce n'est pas le meilleur film de ce genre mais il vaut la peine d'être vu surtout si vous aimez la paranoïa politique et le pessimisme des années 70...
« Cent jours à Palerme » de Giuseppe Ferrara (1984) repose uniquement sur les épaules de Lino Ventura, le Général des Carabiniers Carlo Alberto dalla Chiesa qui fort de ses succès contre les Brigades Rouges, est envoyé en 1980 à Palerme comme Préfet suite à plusieurs attentats causés par la Mafia. Mais très vite il s’apercevra d’une certaine laxité et de blocages bien qu’ayant été averti dès son arrivée par son seul ami, le capitaine Fontana (Stefano Satta Flores), né à Palerme. Le film est très creux et le jeu de Lino Ventura semble figé pour ne pas dire « psychorigide ». La fête donné par le maire de Palerme en l’honneur de la Sainte protectrice de la ville et qui annonce l’assassinat de ce policier intègre, est on peut plus lourde. Bref un film inutile contrairement au superbe « Cadavres exquis » de Francesco Rosi avec l’excellent Charles Vanel sorti en 1986. Il faudra surtout attendre « Le Traître » de Marco Bellocchio (2019) suite aux révélations du repenti Tommaso Buscetta pour apprécier tout le travail du juge Falcone, assassiné lui aussi par la Mafia en mai 1992.
Bon film italien sur un sujet classique : la mafia. Mais, ici, c'est une réalité qui est décrite, d'où un aspect parfois documentaire, cela n'enlève rien à la qualité d'ensemble du film. Lino Ventura porte le film sur ses épaules, et il est excellent dans ce rôle de Général Della Chiesa. La violence de la mafia ne nous est pas épargnée, et les morts sont nombreux, jusqu'au massacre final. Il y avait vraiment de quoi désespérer de la Sicile. Cela a-t-il vraiment changé de nos jours ?
Un film que se veut proche de la réalité et de la difficile lutte contre la mafia par un ancien général de l armée italienne. Mais à trop vouloir coller à la réalité le film finit par paraître austère. Il bénéficie pourtant d une interprétation impeccable de Lino Ventura qui joue de toute sa force et sa prestance. Le reste de la distribution s avère parfois trop juste. Sans en dire plus j ai beaucoup aimé la scène finale.
Une belle réussite qui doit sans doute beaucoup à Lino Ventura, il en effet difficile de faire abstraction du capital sympathie que ce comédien inspire aux français et autant aux italiens puisque, par respect pour ses parents, il n’a pas voulu changer de nationalité. Le personnage de Dalla Chiesa lui va comme un gant et ce sera son dernier grand film, un vrai testament cinématographique. La réalisation est soignée, sa sobriété augmente son aspect authentique pour autant que nous pouvons en juger. La comédienne italienne Giuliana de Sio peu connue en France est très attachante, elle apporte au film une douceur bien nécessaire. Les scènes d’assassinats sont excessivement dures et celle du général, beaucoup plus sobre, parait presque irréaliste tant il manquait de protection. Dalla Chiesa disait qu’il fallait gérer sa propre peur et ne jamais en parler à quiconque. Quelques années plus tard le juge Giovanni Falcone assassiné grâce à une tonne de TNT placé sous une route avait coutume de dire :’’les lâches meurent plusieurs fois par jour, les braves une seule fois ‘’. Ces hommes-là méritent vraiment que nous ne les oublions pas.
Un mauvais film que ne rattrape ni une réalisation maladroite ni des acteurs peu inspirés. Du coup, le sujet a priori intéressant mais trés mal exploité perd de sa saveur. A éviter.