Comédie fantastique, écrite et réalisée par Yann Moix, Cinéman est assurément un mauvais film. L'histoire nous fait suivre Régis Deloux, un professeur de mathématiques de Montreuil, qui a subitement le pouvoir de voyager dans les films après s'être fait piquer par une broche. C'est ainsi qu'il se retrouve à devoir sauver Viviane, la femme dont il rêve, des mains de l'ignoble Douglas Craps qui l'a enlevée. Ce scénario atypique est hélas assez catastrophique à visionner pendant toute sa durée d'un petit peu moins d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue originale qui aurait pu donner lieu à un métrage réjouissant, mais il n'en est malheureusement rien. La faute à un script au final très basique et à un concept mal exploité. En effet, celui-ci n'est qu'un prétexte afin de voyager de films en films de façon un peu forcé, sans vraiment de justification. Et ces voyages à travers les époques et les genres donne lieu à tout un tas de scènes lourdes et caricaturales. Cependant, les innombrables références à de grandes œuvres cinématographiques détournées sont appréciables. Hélas, le ton burlesque, décalé et loufoque est franchement pénible et son aspect survitaminé vite lassant. Surtout, l'humour ne prend à aucun moment ce qui fait qu'on n'esquisse aucun sourire tout du long, encore moins de rire. La faute en partie au personnage principal interprété par un Franck Dubosc qui joue Franck Dubosc et en fait donc des tonnes. Son ennemi est lui campé par Pierre-François Martin-Laval, et la jeune femme kidnappée par Lucy Gordon. Ces trois rôles aux multiples visages et aux nombreux accoutrements sont entourés par une distribution comprenant également Pierre Richard dans son propre rôle, Anne Marivin ou encore Michel Galabru dans une courte apparition. Tous ces individus entretiennent des rapports fatigants, soutenus par des dialogues aucunement amusants malgré leur volonté d'être drôles. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère à peine correcte. Sa mise en scène n'est vraiment pas maîtrisée et se contente de singer les codes de chaque genre de façon maladroite. On peut tout de même reconnaître une certaine ambition et la richesse visuelle qui se dégage de tout cela via les décors et les costumes, même si ce fourre-tout esthétique est rempli d'imperfections. Ce visuel à l'étalonnage parfois repoussant est accompagné par une b.o. aux titres forcément éclectiques vu tout les genres qu'il brasse. On se retrouve donc avec tout et n'importe quoi, certains morceaux s'intégrant bien aux images, d'autres se voulant en décalage. Ce pot-pourri du septième art s'achève sur une fin sans importance, à l'instar de l'ensemble, venant mettre un terme à Cinéman, qui, en conclusion, est un film partant d'un postulat intéressant mais qui est raté dans son exécution, faisant de lui un métrage à oublier, même si il vous hantera pour longtemps par sa médiocrité.