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Andrew Person
4 abonnés
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5,0
Publiée le 26 juin 2025
Buñuel, par son expérience surréaliste, fait surgir une vérité brute, violente, qui vient balayer les utopies les plus pures et les morales les plus sacrées. Viridiana est un grand oublié de notre époque, sans doute parce qu’il montre ce qu’on préfère taire, ce qu’il y a de plus dérangeant dans la nature humaine : le péché originel. Un film au message éternel, qui traverse les siècles.
spoiler: La morale victimaire de Viridiana s’effondre face à la rudesse du réel. D’un côté, les faibles usent du vice et de la manipulation pour nourrir une puissance malade. De l’autre, un homme jeune, fort, impur, mais seul à pouvoir agir et trancher. Le film ne cherche pas à réconforter, il expose.
Fable sacrilège d’une ironie mordante, Viridiana dynamite la charité chrétienne en révélant ses impasses morales. Avec une sécheresse implacable, Luis Buñuel met en scène la collision entre idéal religieux et pulsions humaines, sans jamais chercher à réconcilier les deux. La célèbre parodie de la Cène cristallise cette irrévérence, transformant le sacré en grotesque dérangeant. Le personnage de Viridiana, tiraillé entre foi et réalité, incarne une innocence progressivement corrompue par le monde. De cette lucidité cruelle naît un chef-d’œuvre subversif, dont la portée critique reste d’une modernité saisissante.
Très âpre, l'intrigue dénonce l'idéalisation de la nature humaine induite par la religion, le mépris ou la jalousie même entre ceux qui semblent frères ou égaux, la perversion des actes de bonté procurés à ceux qui incapables de gratitude n'y voient qu'un moyen d'éprouver à l'excès la vie de ceux qu'ils envient. Montrant l'incapacité à aider tous ceux qui le méritent (les chiens) ou que l'on plaint, le récit choisit pour héroïne une aspirante naïve qui avive les appétits des hommes sans réussir à sauver les âmes de ses protégés (encore moins préoccupés par le consentement que son respectable oncle...). Un appel grinçant à la cynique lucidité.