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Alain69
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4,0
Publiée le 17 juillet 2013
A l'instar d'Indagine su un cittadino... (Enquête sur un citoyen...) de Elio Petri, Cadaveri eccelenti représente le meilleur du cinéma politique italien des années 1970. Le meilleur, parce que l'intelligence politique du propos ne prend jamais le pas sur la maîtrise de la réalisation - et vice-versa.
Une histoire de machination politique comme les cinémas italiens et français en ont beaucoup tourné dans les années 70. Même s’il est adapté d’un roman de Sciacia, le scénario n’est pas le plus exceptionnel dans le registre. Ce qui fait tout le prix du film, c’est surtout sa réalisation, sa mise en scène, la densité de son atmosphère macabre et paranoïaque. L’ Italie prend l’aspect d’une société en proie à toutes les manipulations occultes, coincée entre l’agitation des groupuscules gauchistes, les actions de cellules fascisantes nichées dans l’État, les manœuvres du parti communiste. Où « le vrai est un moment du faux ». La lenteur, le coté figé, les décors à la fois antiques et insolites provoquent une sorte d’hébétude, un sentiment d’ atemporalité inquiétante et presque fantastique. Un peu comparable à « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » d’ Elio Petri, où la dénonciation du pouvoir prend une dimension métaphysique. Certaines scènes d’interrogatoires policiers ont d’ailleurs de troublantes ressemblances mêmes visuelles.
Le manque de rythme fait parfois cruellement souffrir le spectateur que même l'importance de l'enquête n'arrive pas à combler. La fin ne m'a pas plus non plus. Seul la retranscription précise d'une Italie vieille avec des mœurs et des manières qui lui sont propres et la justesse du rôle de Ventura peuvent faire honneur au film. Le reste, on peut s'en passer.
Pas grand chose d'original dans ce thriller où un policier en vient à la théorie du complot après trois assassinats de magistrats. Ce qu'il y a d'intéressant c'est le contexte de l'Italie des années de plomb où chaque groupuscule, chaque organisation inspire la peur, la panique. Rosi s'en sort bien dans cette description mais pour le reste, la mise en scène, très neutre et très sobre, égare le spectateur. Et Lino Ventura lui-même ne semble pas inspiré.
Lino Ventura au générique, il n'en faut pas plus pour susciter mon intérêt. Malheureusement j'ai vite déchanté. Au bout d'une heure j'en pouvais plus, j'ai donc arrêté de regarder tellement la mise en scène était froide et que le rythme était d'une lenteur indéfinissable.
Un film plutôt moyen et décevant pour le réalisateur de l'extraodinaire "Main basse sur la ville". Ici, l'auteur prend le parti du silence et des sous-entendus pour mener à bien son histoire et fait porter à Lino Ventura tout le poids de l'interprétation. Hélas, c'en est trop pour ce dernier, qui ne peut à lui seul sauver ces "Cadavres exquis" d'une lente et longue descente vers l'ennui. Un film à oublier dans la filmographie de Francesco Rosi.
Un immense film sur l’Italie des années de plomb, où une mise en scène un peu austère souligne le pessimisme radical de Rossi. Rien ne vient sauver l’ambiance délétère qui règne dans la politique italienne des années 70. Le gouvernement conservateur fait assassiner des magistrats en tentant de faire porter ses crimes par la victime d’une erreur judiciaire. L’inspecteur Rogas (Lino Ventura), trop malin pour le rôle qu’on veut lui faire jouer, flaire la vérité. Au moment où il s’en ouvre au secrétaire du parti communiste italien, les deux hommes sont assassinés. Le chef de la police fera passer Rogas pour un paranoïaque qui aurait tué secrétaire du PCI sous prétexte que celui-ci aurait fait parti d’un complot imaginaire. Jamais la vérité ne sera dévoilée. Dernier mot d’un communiste : «La vérité n’est pas toujours révolutionnaire». Un des moments forts du film : l’entretien entre le président Rochès (Max von Sydow) et Rogas, venu l’avertir que sa vie est en danger. C’est l’occasion d’un extraordinaire délire mystique de Rochès sur la transcendance absolue de la justice : «L’erreur judiciaire n’existe pas» (…) «A chaque fois – je dis bien à chaque fois – que le prêtre mange le pain et boit le vin, le mystère s’accomplit. (…) Quand le juge célèbre (sic) la loi, c’est comme quand le prêtre célèbre la messe» (…) «Je n’ai jamais cru à Voltaire, à son traité sur la tolérance. (…) La vertu ? La pitié ? L’innocent tombé à la suite d’une erreur ? Quelle erreur ? (…) Ainsi on arrive à Bertrand Russel, à Sartre, à Marcuse et à tous les délire de la jeunesse d’aujourd’hui !». Du grand Rossi. Du grand Max von Sydow. Petit mot final sur Lino : si on avait le moindre doute, ce serait la confirmation qu’il est un acteur magnifique. Une présence massive, virile, avec infiniment de sensibilité et de subtilité. Parfois, sur son visage filmé en gros plan, passe une pensée, une réaction, une émotion, comme un rai d’ombre ou de lumière, et c’est toujours parfaitement juste et sobre.
Un film politique dense avec un Lino impeccable dans ce nouveau rôle d'inspecteur. Mais hélas, malgré une réalisation et des acteurs très bons, le film subit quelques lourdeurs.
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4,0
Publiée le 1 novembre 2009
Avec "Cadavres exquis", son plus beau film, Francesco Rosi continue de faire du film policier le rèvèlateur du prèsent! L'assassinat d'un magistrat, abattu d'un coup de fusil, dèclenche une enquête! C'est Lino Ventura, dans l'un de ses plus beaux rôles, qui remonte la piste mais les cadavres se multiplient, et l'on quitte bientôt le fait divers pour un registre politique! Autour de Ventura, Rosi a construit une ètonnante galerie de portraits inquiètants dans une sorte de polar philosophique: le ministre de l'Intèrieur (Fernando Rey), qui dèclare: "Mon parti, la Dèmocratie chrètienne, qui gouverne mal ce pays depuis trente ans..."; les juges assassinès: Charles Vanel, qui fait des discours à des momies dans un couvent, et Alain Cuny, qui châtie sa main coupable d'avoir serrè celle d'un flic, etc...Tout un monde obscur, souterrain, vicieux grouille...Par la violence glacèe de ce superbe film, rèalisè d'après un roman de Leonardo Sciascia intitulè "Le contexte", Rosi place le cinèma policier italien au tout premier rang de la production internationale! Remarquable...
Grand classique du film politique italien, ce "Cadavres exquis" garde encore aujourd'hui tout son impact. Aussi bien par sa brillante mise en scène que son scénario au cordeau, l'ensemble sait se faire d'entrée captivant, les morts se révélant d'une grande sobriété et ne venant jamais empiéter sur le récit. Bien au contraire, Rosi préfère se concentrer corps et âme à son récit, et on aurait bien du mal à lui donner tort. Car à l'exception d'une petite baisse de régime dans le deuxième tiers, l'oeuvre sait se faire vraiment dense, nous plongeant qui plus est dans un monde particulièrement angoissant, remarquablement rendu par des décors glacés et particulièrement saisissants. Et que dire de l'éblouissant final, certes presque attendu, mais au discours tellement grave et sombre qu'il n'en demeure pas moins d'une rare puissance. Une grande oeuvre.
Plusieurs juges sont assassinés ; l’inspecteur Rogas a la conviction que le meurtrier est un justiciable injustement condamné, mais sa hiérarchie pense que les crimes sont dus aux groupuscules gauchistes qui s’agitent dans le pays. Le roman de Sciascia dont est tiré le film n’est pas l’un de ses meilleurs. Il manque d’unité de ton, d’action, et se perd en digressions pseudo philosophiques. Rosi gomme le ton badin qui imprègne la première partie, et tire le scénario vers l’analyse politique italienne du moment, tout en restant fidèle à la trame et même aux dialogues du livre. L’œuvre qui en résulte est surprenante, et peut se voir soit comme un film policier, soit comme film politique. Concernant le premier aspect, Rosi campe avec bonheur un personnage solitaire, Rogas (Lino Ventura), qui au fil de son enquête en vient à douter de sa hiérarchie. La progression du suspens est bien menée, les scènes de foule, de réception ou d’interrogatoires de gauchistes ont un aspect Fellinien roboratif. Concernant le second aspect, Rosi jette un regard cruel sur un monde politique cynique, pour lequel la notion d’allié objectif, chère aux communistes, prend tout son sens. Une caste qui cherche à créer le soulèvement populaire pour justifier une prise de pouvoir par l’armée. A l’actif du film une intéressante recherche formelle, un climat crépusculaire et plusieurs scènes remarquables, dont celle d’ouverture, tournée pour partie dans les catacombes de Palerme, et la scène finale tournée sans dialogues dans le musée. A son passif un rythme trop lent du à des prises de vues inutiles, et une certaine dispersion du propos, venant elle du roman. Malgré ces réserves, un film tout à fait intéressant, et très révélateur d’une époque où, comme le dit le responsable du PCI, paraphrasant Trotski, la vérité n’est pas toujours révolutionnaire.
Grand film politique avec un casting grandiose qui couterait bien cher aujourd'hui. Les années 70 en Italie c'est pas une sinécure et le film nous en rends sbien l'ambiance lourde et suffocante. Un scénario pas clair comme la politique et une mise en scène qui suit parfaitement un rendu de l'époque. Seul bémol : quelques longueurs notamment du à quelques passages bavards. De toute façon un film à voir !
Un casting de choix dont Lino Ventura incarnant un policier intègre voulant démêler les fils d'une magouille politique. Si le scénario de Cadavres exquis est très bien écrit, le film ne m'a pas entièrement plu, je reconnais que c'est un bon film mais je n'ai pas pleinement accroché ; je trouve que la mise en scène est trop lénifiante. Une telle histoire aurait du bénéficier d'une réalisation plus dynamique et d'une ambiance plus nerveuse. A signaler 2 très bonnes scènes, celle du face-à-face entre le juge et l'inspecteur (Max Von Sydow et Ventura) et lorsque ce dernier se retrouve à la fête des notables.