Cadavres exquis
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Henri M
Henri M

60 abonnés 194 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mai 2025
Francesco Rosi · Cadavres exquis (Cadaveri eccellenti). Thiller politique italien. 1976.
Dans une région du sud de l'Italie, un mystérieux assassin tue successivement plusieurs magistrats. L'inspecteur Rogas est chargé de l'affaire, dont les investigations le conduisent à suivre la piste de Cres, un pharmacien déjà condamné dans une affaire d'empoisonnement. Au cours de l'enquête, il découvre un complot impliquant le Parti communiste italien.
Adaptation fidèle et efficace du roman « Le Contexte » de Leonardo Sciascia, ce film raconte l'histoire de la confrontation déséquilibrée entre un individu honnête qui poursuit la vérité et les pouvoirs corrompus et manipulateurs qui cherchent à fabriquer la vérité.
Bien que le roman fasse référence à un pays sans nom, il est clair que Sciascia faisait référence à l'Italie (et, par extension, à des pays similaires), donc Rosi situe le film directement dans le pays transalpin. Loin d’être un thriller ou un film noir, le film est une réflexion très crue et sceptique sur le pouvoir, un pouvoir qui, dans son zèle totalitaire, corrompu et corporatiste, nie la possibilité pour l’individu d’être véritablement libre, au point de l’empêcher de réaliser ses propres certitudes.
Ainsi, l'enquête du tenace inspecteur Rogas rencontre de plus en plus d'obstacles à mesure qu'il se rapproche de la vérité, une vérité diamétralement opposée à celle qui intéresse le pouvoir politique (qui accuse de jeunes radicaux subversifs) et même le pouvoir judiciaire (qui ne veut en aucun cas admettre la possibilité d'une erreur judiciaire comme cause des décès). Ce que l'inspecteur entrevoit peu à peu, et qui est d'une ampleur bien supérieure à celle d'un simple fou assassinant des juges (on évoque la possibilité d'un auto-coup d'État, chose qui n'est pas du tout inhabituelle dans l'histoire de la Première République italienne), n'intéressera même pas l'opposition - le Parti communiste -, dont l'objectif politique - le pouvoir, après tout - pourrait être entravé si une situation de conflit civil survenait. Ainsi, la lutte impossible de cet individu contre l’appareil du pouvoir symbolise l’impuissance du citoyen d’aujourd’hui, contraint d’accepter des vérités imposées, jusqu’à renoncer aux siennes ; Comme le dit si bien John Sayles dans son film « Silver City », « le pouvoir est comme une locomotive : soit vous montez dessus, soit elle vous écrase. » C’est cela, et rien d’autre, que l’inspecteur Rogas vérifiera personnellement.
Rosi qui avait déjà montré dans des films précédents sa qualité de narrateur cinématographique ; Il adopte ici un ton dépassionné, sobre, où les plans d'ensemble prédominent.
Je soulignerai la séquence d'ouverture, dans laquelle, sans aucun dialogue, un superbe Charles Vanel traverse une crypte remplie de momies peu avant d'être assassiné ; L'élégance avec laquelle tout est filmé, depuis le plan d'ouverture, en passant par les plans/contrechamps entre son visage et ceux des momies, et culminant dans cette particulière « mort parmi les fleurs », est vraiment digne d'éloges, car en plus d'être belle, elle est utile pour connaître le personnage (une formule que Rosi répétera avec d'autres personnages assassinés, dont les dernières actions nous renseignent sur leur caractère).
Reste quand même que le film n’est pas passionnant à suivre, du moins dans sa deuxième partie. Que la dénonciation passe trop souvent par de gros sabots pas très subtils (i faut voir l’acteur Tino Carraro, chef de la police et un des méchants (si j’ai bien compris ce qui n’est pas sûr) jouer en grimaçant au point de surpasser Peter Lore dans M le Maudit, ou mon bien aimé Max Von Sydown le président de la cour suprême et sa tirade entre le nazi et le fou déséquilibré du type méchant de James Bond !
Heureusement Lino Ventura est impeccable.
Souvent dans ce genre de film de dénonciation des forces puissantes que sont l’armée, les partis politiques ou la mafia comme celui-ci ou par exemple « I comme Icare », ça se finit exactement de la même façon et j’avoue que ça me gonfle un peu !
Acidus

872 abonnés 3 936 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 avril 2025
L'Italie des années de plomb fut rythmée pa la violence et des assassinats politiques. Tel est le sujet central de "Cadavres exquis" avec un Lino Ventura enquêtant sur le meurtres de plusieurs magistrats.


Pas de grosses surprises dans ce film policier à l'intrigue classique. Le scénario appuie sur la corruption politique de cette époque avec tout ce que ça implique de complots, de magouilles et compagnie. Rien de bien neuf avec une mise en scène manquant d'éclat.


Simple et efficace à défaut d'être mémorable.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2025
Via une mise en scène faussement neutre se dessinent l'inquiétude, le désarroi, le dépit, d'un charismatique Lino Ventura retrouvant ici sa belle langue natale (et une gestuelle colérique plus méditerranéenne!) tandis que les scènes de meurtre sont filmées en focalisation criminelle en jouant avec nos attentes pour en varier les angles, les situations, les décors. D'enquête policière le récit évolue vers un thriller politique dénonçant la puissance devenue hubris de la justice et de ses magistrats (discours stupéfiant du juge incarné par Max von Sydow) qui fraient avec forces policières ou journalistiques pour manipuler l'opinion publique (quel dénouement!). La verità non è sempre rivoluzionaria...
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 novembre 2024
Un bon polar dans la catégorie des films italiens de dénonciation de la corruption politique. Suspense, crimes, Mafia ,imbroglio politico-policier, tout y est . Ventura est très bon , et on retrouve avec plaisir Fernando Rey , grand acteur espagnol.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2024
Même s'il ne s'est jamais étalé sur le sujet (l'occasion ne s'étant tout simplement jamais présentée), il est aujourd'hui bien connu que Lino Ventura était très fier d'avoir ces "Cadavres exquis" dans sa filmographie. Tout d'abord parce qu'il trouvait le film très bon et aussi parce qu'il s'agissait du seul film qu'il avait pu tourner intégralement en italien. Donc oui, le film est vraiment très bon, prenant place dans une Italie qui avait fait ses adieux à son boom économique des années 60 et qui, depuis le tout début des années 70, vivait les années dites de plomb. C'est d'ailleurs pour ça qu'il règne une atmosphère de mort permanente. Et le ton est donné d'entrée avec ce passage où l'on voit Charles Vanel déambuler dans les catacombes. La complexité de l'intrigue ? Elle ne saurait être un frein car elle est inévitable. N'oublions pas que l'on parle d'un film très politique et politisé et qu'il laissera automatiquement des zones d'ombres lors que son terme arrivera. Il n'y a qu'une chose qu'il faut ici apprivoiser, et ça n'est pas toujours chose aisée : un rythme volontairement très lent.
vivaBFG
vivaBFG

23 abonnés 1 623 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2023
Un bon film que ce policier mais qui aurait pu passer à très bon à un poil près. En fait, l'enquête menée par Le policier qu'incarne Lino Ventura est bien montée, ficelée jusqu'à cette incursion dans le politique. Et là, dès qu'il y a politique, et complot, cela devient bien complexe. Complexe car une foultitude de personnage viennent et s’emmêlent. Il faut intégrer chaque personnage, voire se souvenir de personnage qu'on a vu qu'en photo. Et c'est là, que je me suis fait largué et que je n'ai pas tout compris. Heureusement, Wikipédia est là! Et j'ai pu comprendre tout les tenants et les aboutissants. Et c'est bien un coup pourri de politiciens, près à tout, jusqu'à tuer s'il le faut. Pour ceux qui ont certaines connaissances de l'histoire récente italienne devrait mieux s'en tirer car ce film reflète, parait-il, un épisode de ce qui s'y est déroulé.
A voir par les amateurs de policier politique et les fans de Lino Ventura qui a vraiment la tête de l'emploi pour ce rôle.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 février 2023
Un rôle remarquable (et un de ses rares rôles dans un film italien, ce qui, compte tenu de la nationalité de l'acteur, est quand même un comble) pour Lino Ventura, et un des meilleurs films de Francesco Rosi que ce "Cadavres Exquis" de 1976, polar politique à la Costa-Gavras avec tout ce que ça implique (complot, enquête compliquée d'un flic intègre, secrets bien cachés, ambiance trouble). Casting parfait, entre Ventura, Max Von Sydow, Charles Vanel, Marcel Bozzuffi, Fernando Rey, Alain Cuny, Renato Salvatori. Dans le genre, un pur régal. Désolé de ne pas être plus long, mais parfois, je sèche. J'adore ce genre de films.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 décembre 2022
Les films politiques et moi cela fait deux. J'ai surtout choisi ce film pour Lino Ventura mais le sujet m'a rebuté au plus haut point. Rajoutez aussi un style vieillot, un rythme lent et une lourdeur visuelle pour faire de l'ensemble un produit très indigeste.
Pas vraiment recommandable
ldi-maria78
ldi-maria78

3 abonnés 95 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2021
Ce film est un polar, mais il s’agit surtout d’un film politique qui a suscité pas mal de polémiques chez nos amis transalpins. La tension règne tout le long de celui-ci et ne peut que présager une fin dramatique pour un inspecteur solitaire, perdu dans son enquête sans indices ni suspects et qui découvre toute la corruption de la société ainsi que de la justice. Le climat politique de ces années-là était très tendu, et suivait certains coups d'État en Grèce et surtout celui de Pinochet au Chili. Lorsque le film est tourné, le Parti communiste Italien est le seul grand opposant à la Démocratie Chrétienne. Une tentative de rapprochement entre les deux partis est amorcée, mais celle-ci s'apprête à être avortée suite à des assassinats, attentats, manipulations d’opinion ainsi que des révoltes étudiantes qui secouent une Italie dont l’économie florissante dans le nord l'est beaucoup moins au sud. Cadavres exquis se place donc parfaitement dans le contexte des années de plomb ainsi que de la déliquescence de la politique italienne des années 70 opposant les complots d'extrême droite et la réascension du communisme.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2019
Film policier politique et philosophique où Rosi dénonce la pourriture du pouvoir italien des années 70 – ah bon ! ça a changé depuis ? – de façon méthodique et rationaliste. C’est logique, objectif, factuel, mais trop. On se détache un peu de cette enquête qui manque de chair et de sentiments, même veules ! Ventura, monolithique, est toujours excellent. Et le plaisir de revoir de grandes figures, Charles Vanel, Max von Sydow, Alain Cuny, Marcel Bozzuffi, Fernando Rey.
Gregouille
Gregouille

2 abonnés 66 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 mars 2019
Très lent. Le premier dialogue est après 5 minutes ! Ca a mal viellit je trouve. Il faut connaître le contexte politique de l'Italie des années 70 pour bien y comprendre quelque chose. Restent des images des villes d'Italie de l'époque et des catacombes de Palerme et ses momies au tout début du film. En VO, c'est sympa d'entendre Lino Ventura s'exprimer parfaitement en Italien.
velocio

1 538 abonnés 3 498 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 février 2019
L’Italie de 1976. La période qui a pour nom « Les années de plomb ». En 6 ans, entre 1968 et 1974, 140 attentats ont été recensés. Aux attentats perpétrés par une des mafias du pays, viennent s’ajouter ceux de l’extrême gauche et ceux de l’extrême droite, des événements dont tentent de profiter des personnalités et des officines proches du pouvoir. Leur espoir : que cette « stratégie de la tension » finisse par justifier l’installation d’un pouvoir autoritaire qui fera barrage au communisme. Autant dire que lorsque l’inspecteur Rogas est lancé sur l’enquête ouverte après l’assassinat à Palerme du Procureur Varga, son champ d’investigation est particulièrement vaste, et ce ne sont pas les autres assassinats, survenant peu après à Naples et à Rome, de membres importants de la magistrature, qui peuvent arriver à le réduire : Une mafia ? La vengeance de personnes injustement condamnés par ces magistrats ? Et si, après tout, il s’agissait de la mise en œuvre d’un vaste complot dans lequel seraient mouillées des personnes a priori insoupçonnables ? Des personnes disposant en plus de moyens techniques perfectionnés pour l’époque et qui vont s’inquiéter de constater les progrès de l’enquête menée par l’inspecteur.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 janvier 2019
Il paraît que je passe à côté de quelque chose, mais je n'ai pas réussi à sentir ce qui fait des Cadavres de Rosi une production aussi exquise.

Plantant Ventura comme un piquet policier stoïque dans le champ d'un thriller, il fait penser à la figure godardienne de Constantine : lui aussi va sombrer dans la paranoïa d'un noir et blanc très photographique. Mais il m'a semblé qu'il manquait un minimum de ténacité dans l'énonciation : les blancs de la narration rendent très vites distraits, et pour être honnête, j'en cherche toujours l'utilité. Pas de tension, pas de ferveur dans les liens qui se cimentent. Aurais-je manqué la lecture politique ? Elle m'a paru fortuite trop longtemps, effleurée du doigt par un détective trop flegmatique, résolvant les énigmes pour lui-même et se gardant jalousement les indices ; je ne demande pas qu'il les donne à son chef, mais à nous au moins.

Il est rare que je trouve des lenteurs dans le cinéma, mais je n'ai pas trouvé de beauté visuelle ou de renforcement métaphoriques à mettre sur leur compte ici. Si je prends l'air de m'excuser, c'est que ma perplexité devant le consensus sur à la qualité de l'œuvre me reste inexpliquée, mais je suis sûr d'une chose : j'ai ma dose hebdomadaire de complots condoriens (tus plutôt qu'inextricables), autour duquel un casting purement nominatif gravite comme fier qu'aucune ligne décrivant sa personnalité ne fût écrite, et alimentant l'illusion d'un progressisme politique faussement apatride qui se sert du meurtre avec autant de répétitivité que six coups sont tirés. Film à revoir, peut-être.

septiemeartetdemi.com
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juillet 2017
De retour de Palerme, j’ai revu « Cadavres exquis » de Francesco Rosi surtout pour la magnifique scène où Charles Vanel erre dans les célèbres catacombes des Capucins. Le film n’a pas beaucoup vieilli (le rythme est peut-être un peu trop lent de nos jours ?) et on y revoit avec plaisir de 2 autres grands acteurs français : Lino Ventura et Alain Cuny. Le film montre parfaitement le climat politique de « plomb » de l’époque avec les groupes gauchistes et fascistes d’une part et l’intrication qui existait à l’époque entre le pouvoir (le rôle joué par Max von Sydow est édifiant de cynisme), la justice et la mafia sicilienne d’autre part ! Ce film a été tourné en 1976 … et il aura fallu les assassinats de plusieurs juges « téméraires » dont Giovanni Falcone (1992) pour arriver à lutter contre ce fléau mais qui hélas perdure !
Alain69
Alain69

5 abonnés 134 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juillet 2013
A l'instar d'Indagine su un cittadino... (Enquête sur un citoyen...) de Elio Petri, Cadaveri eccelenti représente le meilleur du cinéma politique italien des années 1970. Le meilleur, parce que l'intelligence politique du propos ne prend jamais le pas sur la maîtrise de la réalisation - et vice-versa.
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