Affreux, sable et méchants…Ok, nous sommes (presque) tous d’accord ! Oui mais…D’accord pour reconnaître que ce « Fury road » est un somptueux spectacle ! Et il est d’ailleurs fort probable que l’usage des qualitatifs les plus dithyrambiques tombent rapidement dans les lieux communs (si ce n’est déjà le cas). Un véritable ouragan filmique, un choc violent, un fracas assourdissant, un liquide en mouvement perpétuel, un séisme brûlant, une véritable orgie de ferrailles tordues, de tôles froissées, de gomme déchirée dans un défilé ahurissant de monsters trucks, de véhicules customisés. Avec son bestiaire de bad guys « bigger than life », de sidekicks, de mercenaires tous livrés en pâture… au Wasteland (l’outback), un décor post-apocalyptique ou les repères de temps et de lieux n’existent plus, Miller utilise comme personne avant lui ces immenses étendues désertiques, s’en réappropriant chaque centimètre, chaque grain de sable, comme un gigantesque terrain de jeux. L’occasion pour lui de nous livrer les plus spectaculaires et ahurissantes courses poursuites de l’histoire du cinéma ! Car si « Fury road » est un fantastique western post nuke, dans chaque détail, chaque objet, chaque arme, c’est surtout un somptueux actionner qui nous éclabousse des cascades les plus incroyables, avec ce petit côté « old school » qui leurs donnent ce supplément d’âme. Quatre courses poursuites qui dépassent les frontières du film d’action motorisé, pour en rebâtir les codes. Des scènes d’anthologie qui rentreront directement au panthéon du 7e art.
Oui, mais…et Mad Max dans tout ça ? Passé le prologue avec voix off sur le « pourquoi du comment » (version allégée de celui de la version originale) on découvre le guerrier solitaire mais nerveux, (en fait le 1er trailer qui tourne depuis le comic-con de San Diego, en juillet dernier !), capturé par les warboys…quelques secondes après le générique. Enchaîné, prisonnier d’un masque de fer pendant plus d’un tiers du film, on comprend surtout que Tom Hardy devient un personnage... facultatif. Ce qui se confirmera au fur et à mesure du déroulement de l’action, dont il sera pour une bonne partie, simple spectateur. Furiosa, impératrice et (surtout) guerrière, est plus en avant, mais elle n’est pas non plus une héroïne au sens épique et « charismatique » du terme. Des rôles principaux pas plus alloués à cette foret de méchants, de moins méchants, grimés, sanglés, harnachés, sanglés, enchaînés, déchaînés, chefs, sous-chefs, sidekicks, dieux, demi dieux, hommes, femmes, jeunes, vieux…une prolifération de personnages qui déferlent sans cesse et brisent, faute de temps toute tentative de mise en empathie avec Max et/ou Furiosa, pourtant essentiel pour un quota d’émotion a minima. Et peu ou rien ne nous est expliqué sur les motivations des protagonistes, ce qui peut donner un côté « bourrin » a la profusion des scènes d’actions. Car si « Fury road » est avant tout une grande ligne droite, il lui manque un peu de transversalité, d’aire de repos, pour faire redescendre l’adrénaline et ainsi permettre de mieux faire rebondir celle qui est en réalité l’unique héroïne du film :l’action !
Au passage les dialogues, surtout ceux lors de la rencontre avec les femmes de « la terre verte », sont outrageusement théâtralisés, avec un côté biblique (renforcé par la vision de »la terre verte «inondée) qui renvoient (involontairement) aux péplums.
Alors "Ok, on est d’accord", Miller nous a livré le plus grand spectacle d’action motorisée de tous les temps,bourrée jusqu’à la moelle d’inventivité, mené a un rythme de dingue et j’ai pris une grosse claque de 2 heures, qui fera date.
"Oui, mais…"
Miller n’a pas pondu un film hommage pour les fans de l’œuvre originelle (dont je fais partie), et le film aurait dû s’appeler « Fury road » tout simplement. Son scénario est un gigantesque mur de dessin, un cartoon furieux, une fresque grandiose qui ouvre la porte, n’en doutons pas, a une toute aussi énorme franchise .
A l’arrivée on ne fera pas la fine bouche pour ce « Mad Max(…) : Fury road », mais j’attendais plus « un film » que la future attraction d’Universal studio !
Ps : Hardy n’est pas si mauvais que d’aucun l’avance…même comme simple figurant!