Amateur des deux premiers opus, j’en ai écrit du bien contrairement au troisième qui a été une énorme déception, j’attendais beaucoup de ce quatrième volet. Pourtant à l’annonce du casting, en pleine préparation du film, j’avais tiqué que Tom Hardy prenne les traits de Mad Max. En général, je n’apprécie pas trop que des acteurs différents jouent un même personnage. Mais là, beaucoup de temps s’est écoulé entre "Mad Max, au-delà du Dôme du Tonnerre" et ce "Fury Road". Et je me suis vite fait à l’idée de ce nouveau casting. Et puis, j’apprécie Tom Hardy. Et quelque part, inconsciemment, je l’ai pris comme un reboot, un remake, une autre histoire. Après réflexion, Mad Max peut avoir les traits qu’il veut, n'est-ce pas le cas de James Bond !? Et je n’ai pas été déçu, moi qui étais resté sur une déception de 30 ans ! L’esprit est plus que jamais restitué, puissance 10, et dans la lignée de Mad Max 2. La pénurie d’eau s’ajoute à la pénurie d’essence. Au-delà de la chorégraphie remarquable des cascades,"Mad Max : Fury Road" est un film féministe. Ce n’est pas aussi appuyé que les carcasses à quatre roues qui se fracassent contre le camion blindé, mais George Miller rend à sa façon hommage à la femme dans ce monde post-apocalyptique. Mad Max, grand économe de mots, laisse sa place à une Furiosa en la personne étonnante de Charlize Theron. C’est aussi la nuance de ce Mad Max. L’actrice n’a pas hésité à se raser la tête, à accepter d’avoir un bras en moins, pas de coquetterie déplacée. Charlize Theron peut tout jouer. Et sous l’oeil de George Miller, elle parvient à dégager un charme à broyer de la carlingue. La fin même du film prouve que c'est un film féministe : Mad Max s’efface dans la foule en délire au profit de Furiosa laquelle peut jouir seule de son triomphe. Oui, la femme a plus de place que les volets précédents. Mad Max est un film hystérique et visuellement saisissant. Certes il y a des effets numériques, mais le film est aussi en prises réelles et c’est époustouflant. Certes, le pitch ne pèse pas lourd, mais la narration tient largement la route (si l’on peut dire) et l’intensité est omni-présente. Certes, ça parle peu, ça braille, ça crie, ça rugit, ça gronde, ça pétarade, ça gratte de la guitare électrique metal, mais c’est tout bonnement efficace. Belles images et bonne bande son, qui là aussi, accompagne discrètement l’agitation sonore. "Mad Max : Fury Road" pourrait être un film-bourrin de plus mais George Miller a le talent de nous accaparer, de m’accaparer, de me scotcher avec un simple film de poursuite dans un désert aux couleurs chatoyantes. Et il y a des gueules aussi, des situations, des séquences improbables mais ô combien jouissives. Ce "Mad Max : Fury Road" est du lourd, du très lourd. Et de temps en temps, ça fait du bien ce genre de film, ce n’est pas un plaisir coupable, c’est tout simplement du plaisir. Ca dépote intelligemment… A voir en v.o évidemment.