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Un visiteur
4,0
Publiée le 30 août 2008
Après "Persepolis", "Valse avec Bashir" lance le film d'animation vers une voie plus mature et plus sérieuse. Ce dernier est le récit presque psychanalytique de jeunes soldats, et du réalisateur Ari Folman lui-même, traumatisés par la guerre du Liban. Ce film est dans la digne lignée d'"Apocalipse now" et de "Full Metal Jacket" et montre l'atrocité de la guerre où il n'y a pas de place pour l'honneur et l'héroïsme. L'animation n'atténue en rien la violence et l'âpreté de certaines scènes; mais la fin est montré en images réelles montrant alors ce qui a réellement traumatisé le réalisateur et nous choquant par la même occassion. Ce film croise alors differents récits de guerre, tous passionnant pour montrer les differents points de vue des solats. Le film est aussi teinté d'images surréalistes démontrant ainsi les troubles des anciens soldats, d'où le rêve récurrent, absurde et hallucinant de trois soldats sortant de l'eau complètement nu pour arriver dans un Beyrouth illuminé. Mais la plus belle scène reste celle de la valse sublime, tragique et sans issue au milieu des balles.
Certaines critiques négatives feraient bien d'utiliser leur intelligence et non leurs yeux pour comprendre ce film. Car ici, on peut parler de documentaire, mais c'est avant tout un film AUTOBIOGRAPHIQUE. Le réalisateur ne prétend pas détenir LA vérité mais cherche juste SA vérité et ses souvenirs. Tout est dit par l'un de ses amis : la mémoire crée d'elle même ce qui peut manquer et réarrange beaucoup les choses. A partir de là, on ne voit plus le film comme un documentaire mais comme une recherche de son passé. Ce qui nous amène au pourquoi de l'animation. Tout simplement parce que la mémoire déforme et donc apporte de l'invraisemblance. La fin avec des images d'archives montre ainsi que malgré que ce soit totalement irréel pour les protagonistes, ça c'est vraiment passé et que personne ne peut le nier. Le dessin devient ainsi qu'une demi réalité ou tout peut être remis en cause. Et c'est là l'intérêt du film. Non ce n'est pas un film de propagande pro isréalienne. Car l'auteur ne montre que ce dont il se souvient. Tout y est froid parce que lui même ne s'en souvient que très peu et ça reste très dur pour lui. Comme la plupart des soldats il n'a fait cette guerre qu'à demi conscient pour éviter de sombrer dans la folie, et ses souvenirs sont donc très particulier, si distant de la réalité. Bref, Valse avec Bachir est un très bon film bien réalisé avec une vraie personnalité. Il ne défend pas les israéliens ni les attaque, il n'est que spectateur. Et c'est surement ça sa force, comme peut l'être le film Le Pianiste de Polanski.
Une pure merveille... Quand un film, de surcroit animé, arrive à vous faire pleurer... Arrive à assomer une salle entière (la salle est restée d'un silence de mort pendant 2 minutes après les premières images du générique de fin... Et c'est long 2 minutes !)... C'est que vous êtes en présence d'un petit bijou...
Un film splendide, d'une force et d'une grandeur d'âme inouïes. En fait tout a déjà été dit sur ce film splendide mais je voudrais souligner le courage de ce réalisateur israélien qui en montrant une image vraie, en rupture avec la BD, d'un enfant sortant les bras levés de Sabra-Chatila ose la comparer avec une image célèbre d'un passé terrible, que je ne nommerai pas pour ne pas me faire censurer...regardez bien dans le dernier quart du film...cette comparaison m'obsède depuis que j'ai vu ce film et vous ?
J'ai fait une critique de ce film époustouflant, je le répète, mais j'ai oublié de lui mettre une note et je reviens donc pour lui mettre le maximum et plus si je pouvais.J'en profite pour ajouter que du point de vue BD c'est largement supérieur dans l'originalité du scénatio, la virtuosité du dialogue et la force critique à Marianne Satrapi.
Pour souligner l'originalité du film, certains critiques l'ont qualifié de "documentaire d'animation". Quelle absourdité ! Le film recrée une réalité cauchemardesque au moyen de l'animation. C'est donc un (excellent) film d'animation pour adultes, et cela suffit pour sa gloire.
Valse avec Bachir est non seulement un regard juste sur la guerre et son inutilité, sa barbarie, sans accuser un pays plutôt qu'un autre, mais en montrant que l'homme en sort toujours détruit. C'est également un chef d'oeuvre d'animation. Le dessin est pur, simple tout en parlant encore plus que les mots. Bref, une réussite, à ne pas manquer.
J'ai découvert hier ce film tant écite... et... Désolé, mais mis à part le côté technique et les quelques belles scène de ce film d'animation, je trouve ce film terriblement dangereux et manipulateur: on veut à tout prix nous dire qu'Israël est le seul pays au Moyen Orient dont l'armée a une conscience et peut s'auto-critiquer, contrairement à son entourage "peu civilisé"; tout en se lavant les mains partiellement des massacres de Sabra et Chatila. Il faut à tout prix revoir les détails de l'Histoire: Les massacres ont été perpétrés par un groupe d'hommes agents du Mossad (le chef du groupe étant un double agent syro-israélien) et non pas par les milices chrétiennes. ça suffit de vouloir changer l'histoire à tout prix!
Voilà un film largement surestimé par la critique, peut-être à cause de son sujet ou au nom du Cannistiquement correct... Mais "Valse avec Bachir" n'est qu'un piètre pseudo-documentaire que la substition des images réelles par un dessin animé brouillon n'a pas amélioré. Le prétexte scénaristique (le héros amnésique à la recherche du temps perdu) ne suffit pas à combler le vide d'idées et d'intrigue de ce film. Dans la VO, les acteurs ne jouent pas leur texte, mais le récitent d'un ton monocorde, il est dur de s'accrocher à leur récit. On a l'impression que le réalisateur a voulu pondre un "Full Metal Jacket" à l'israëlienne, mais Kubrick, lui, avait du génie. Bref, un gros gâchis pour un film dont le sujet méritait un traitement plus brillant.