20 ans après sa sortie, la Haine n'a pas pris une ride. Ce qui est plutôt un constat douloureux, si l'on considère que la situation n'a pas changé, ni évolué. Film précurseur, il reste néanmoins la référence du genre, tant dans les esprits que sur l'écran. L'immersion dans les cités donc, se fait avec beaucoup de réalisme puisque le rendu fait plus documentaire que fiction : la clé de la réussite du film, à mon sens. Malgré que Mathieu Kassovitz n'ai choisit que ces deux couleurs pour l'illustrer, tout n'est pas tout blanc ou tout noir, La Haine en quelque sorte fait réfléchir, sans que l'on se sente "forcé" d'avoir tel ou tel jugement. Les trois protagonistes, qui empruntent le prénom de leur acteur respectif, forment un trio très complet ou chacun y joue son rôle. Vincent, le sanguin, est le plus énervé de la bande, l'agressivité est sa vraie nature, mais sa prétention est au dessus de ces capacités, on pourrait voir en lui la lâcheté au final. Saïd, le volubile, est le bon copain locace qui peut parfois s'avérer agaçant, mais n'en demeure pas moins très attachant. Hubert, le réfléchi, incarne la sagesse du trio, plus posé et mâture que ces deux amis, il sait aussi être très réactif et est toujours présent en temps utile. On suit donc les aventures de ces trois là. L'hospitalisation d'un des gars du quartier suite à une bavure policière est le ciment du récit. La ligne directrice de l'intrigue. La Haine n'est pas à prendre au second degré, elle dépeint avec froideur de bien tristes réalités sur notre société. Jusqu'ici tout va bien.