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Amon-Ra
6 abonnés
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2,5
Publiée le 9 novembre 2011
Très loin de nos attentes, d'un film déjanté à la Las Vegas Parano, avec un rythme effréné, Rhum Express est plutôt lassant et souffre de nombreuses longueurs. La réalisation ne semble que survoler l'histoire et à l'image de Paul Kemp, souvent vaseux suite à la consommation de différentes substances, on est aussi à distance de l'action. Les histoires du journal et de l'arnaque trainent en longueur et au final le réalisateur nous perd. Heureusement il y a quand même des scènes plutôt drôles, où Johnny Depp peut témoigner de son talent et avec un Giovanni Ribisi complètement déjanté, ce qui sauve le film.
Un film hommage de l'acteur pour son mentor, mais pas de grand intérêt pour le spectateur. De belles images malgré tout et quelques scènes croquignolettes. Peut être après quelques verres de rhum...
Inutil de chercher l'ambiance des récits de Thompson dans cette adaptation. On est bien loin de celle réussite par Gilliam avec Las Vegas Parano. Grande déception, le réalisateur se dévoile comme un amateur et se contente de copier les idées de Gilliam. On a l'impression qu'il ne maîtrise pas sa mise en scène et pourtant les décors de Porto Rico dans les années '60 pouvaient offrir quelque chose d'intéressant. Du côté des acteurs ce n'est pas non plus très brillant: Le manque d' engagement de la part de Johnny Depp se fait clairement ressentir (une perruque rasta et hop, c'est le retour de Jack Sparrow). De même pour Ribisi et Rispoli qui sont obligés de surjouer pour tirer quelque chose de leur personnage. Rares sont les jeux de comédiens réussis (Merci quand même à Aaron Eckhart et Richard Jenkins). Bref le scénario des péripéties du perso principal sur les plages paradisiaques portoricainnes a plutôt la monotonie d'un film de vacances. Il faut attendre le dernier quart d'heure du film pour retrouver l'esprit de l'écrivain.
Bien que l'ambiance de Porto Rico soit présente et qu'Aaron Eckhart soit parfait dans son rôle d'entrepreneur sans scrupules, j'ai détestais la scène du club où Amber Heard fait sa pute (vous me passerez l'expression). De plus, le rythme est monotone et la mise en scène est tout ce qu'il y a de plus basique. En plus, les couleurs sont bien trop pâles et, même si Amber Heard est sublime, son personnage lui est caricatural.
Bien que ce soit loin d'être une franche réussite, un film qui s'achève par une dédicace à la mémoire d'Hunter S. Thompson ne peut pas m'être foncièrement antipathique. Le tort serait de trop le comparer à "Las Vegas parano" ( que j'adore), même si cela semble inévitable. Le premier roman de Thompson est plus réaliste et moins excessif que le cultissime "Fear and loathing in Las Vegas", et le film adopte ce rythme nonchalant et se contente de décrire la décrépitude de cette île et des gens qui la peuplent, sans se soucier de développer une intrigue haletante comme le cinéma hollywoodien nous a habitué. C'est également une critique de la voracité du matérialisme yankee, que Thompson dénonçait avec virulence. Extrait du roman: ""Un cocktail à San Juan, c'était un défilé de tout ce que la nature humaine a de plus minable, de plus mesquin.(...)C'était une nouvelle vague de colons ignares qui se jetaient sur le Sud au lieu de l' Ouest, et qui régnaient en caïds sur San Juan". Le film conserve heureusement cet esprit. Certes, le réalisateur confond souvent mollesse et décontraction mais il ne faut pas s'attendre à retrouver la folie speedée du film de Terry Gilliam (même si "Rhum express" contient un clin d'oeil à ce dernier lors de la séquence hallucinatoire, dans laquelle on retrouve brièvement le Johnny Depp du film de Gilliam), le film de Robinson est une chronique - écrasée par le soleil tropical et embrumée par les vapeurs d'alcool - sur la désillusion, mais c'est aussi la découverte des valeurs personnelles d'un homme de lettres las de se compromettre.
D'une grande fidélité au roman, le film pêche cependant à retranscrire la légendaire verve de Thompson. Rispoli et Ribisi sont excellents alors que Depp est en demi-teinte, même s'il parvient à peu près à nous dépeindre un Hunter en devenir, naissance du rageux journaliste hors-la-loi qu'il deviendra quelques années plus tard. A réserver aux fervents connaisseurs de Thompson.