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Un visiteur
5,0
Publiée le 20 août 2008
C'est un film généreux, bourratif, plein de rires et de larmes. Desplechin, bon scénariste et grand directeur d'acteurs, y atteint la maturité et s'affirme comme le meilleur réalisateur français actuel.
Magnifique film, magnifiques acteurs. On retrouve des acteurs qui se connaissent et on a plaisir à les voir jouer. La musique vient enivrer leurs relations. Jean-Paul Roussillon, Catherine Deneuve, Anne Consigny, Hippolyte Girardot, Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos, Laurent Capelluto et Emile Berling entre autres livrent une prestation parfaite. Et d'un clap, Arnaud Depleschin ressuscite enfin le cinéma d'auteur français.
Que le cinéma est beau lorsqu'il nous présente un film comme "Conte de Noël". Passer 2h30 avec cette famille, permet de connaître toutes les émotions que procure le cinéma. On, rit, on est ému, on s'énerve, on souffre. Ce film est un condensé de vie, d'une vie de famille. La mise en scène est admirable, les comédiens extraordinaires. Bref, "Conte de Noël" est un très grand film.
Bienvenue dans un conte empoisonné où chacun en prend pour son grade. Chaque personnage semble tout droit sorti d'un monde onirique du fait de l'étrangeté de leurs sentiments vis à vis de chacun d'eux. La mère renie son fils, un fils renie sa mère, les mots doux sont des coups de poignards, les souvenirs sont l'avenir et les fêtes ressemblent à des veillées funèbres. Desplechin signe un film à tiroirs dans les intrigues et dans les sentiments tout à fait remarquable notamment par la qualité de la distribution.
Arnaud Despleschin, son nombrilisme et ses acteurs reviennent pour une énième fable sur la vie, la mort, la transmission, la maladie, bref, toutes ces choses qui font que, dans le cinéma français, on s'ennuie profondément. Du moins, le fait de représenter par on ne sait quelle raison Despleschin comme le seul cinéaste auteur contemporain français capable risque fort de plomber le cinéma de style que nous sommes pourtant en matière de produire aujourd'hui (voir Rohmer, Doillon, Garrel, même s'ils n'appartiennent pas à la même génération, et du nouveau langage Philippe Lioret ou Christophe Honoré). "Un conte de Noël", avec sa construction croisée, emmêlée, faussement compliquée, et ses élucubrations philosophiques juives soutenues par quelques citations Freudiennes, s'étale avec bonheur comme une thèse en forme de fresque, car tout de même, le film dure 2h30 - encore plus de temps de perdu donc - . Il y a dans l'idée du réalisateur, un essai de psychanalise pour se recentrer soi-même, puisque l'on aura compris que le film fait largement référence à lui-même, mais de manière totalement diffuse, de façon à ce que tout le monde puisse piocher un peu de ce qui l'intéresse quand cela le concerne. Mais ce conte, en plus de ne pas en être un, n'est rien de plus que ce nombril langoureusement caressé, ce divan de velours où il est permis de nous allonger, au mieux un amas de clichés auteuristes et populaires à la fois, qui renoue avec un semblant de cinéma poétique et amer, dépourvu d'ironie alors qu'il croit en être bourré, et surtout malmené par une mise en scène éléphantesque et très, très peu rythmique, tout comme le scénario qu'elle tente d'imager dans une esthétique affreuse de série télévisée américaine. Croyant jouer des bons mots de la langue française, ce cinéma qui jouit de lui-même quand sort de la bouche de l'un de ces comédiens le mot 'métaphore' , se croyant au-dessus de la moyenne du cinéma français parce qu'il y a un aspect vaguement littéraire (les noms des
Un festival d'intelligence et de beauté ! Une fête de l'esprit, pour tous ceux qui croient encore que la vie a un sens et que l'art peut féconder. Un film-monde à voir et à revoir, à vivre et à cuver, longtemps, longtemps.