Un beau drame tout en nuances et non-dits, portée par une impeccable Kate Winslet qui paie de sa personne dans un rôle subtilement interprété. Le reste du casting est également à son affaire et, si ce n'est quelques incompréhensions et erreurs (tous ces textes écrits en anglais alors que ça se joue en Allemagne...), le film tient la route de bout en bout. L'histoire en elle-même est très prévisible dans ses grandes lignes, mais la réalisation expose tout cela avec beaucoup de finesse et d'à-propos, un grand soin apporté aux reconstitutions d'époque et à la photographie. Du bel ouvrage, évidemment calibré pour les Oscars, mais qui ne laisse pas indifférent.
En 2009, le cinéaste Britannique Stephen Daldry (« Billy Elliot ») nous offre un drame particulièrement poignant, adapté d'un « best seller » qui a remporté un immense succès dans les années 1990. « The reader » raconte la liaison, pour le moins compliquée, entre un tout jeune homme et une ancienne gardienne de prison nazie qui tente de cacher son passé. Tout l’intérêt du film repose évidemment sur la qualité des deux interprètes principaux et le résultat se révèle largement à la hauteur de nos attentes. Ralph Fiennes est absolument parfait, son personnage étrangement profond oscillant en permanence entre l'amour, la compassion mais aussi la répulsion que lui inspire son amante « maudite »... Mais c'est bien Kate Winslet qui donne toute sa dimension à cette œuvre magistrale en campant une Hanna, stupéfiante de sincérité. Sa froide simplicité impose forcément une profonde réflexion au spectateur qui se demande, tout au long de l'intrigue, ce qu'il peut bien penser de cette femme singulière, déchirée entre son horrible passé et son amour pour la littérature. La prestation de l'actrice est tout bonnement incroyable et l'Oscar qui lui est décerné pour ce rôle est totalement justifié. Un film très fort, qui marque durablement et apporte d'intéressantes pistes de réflexion sur le genre humain dans toute son étonnante complexité... A découvrir ou redécouvrir de toute urgence !
Ce film est assez dérangeant. D'une part il pose le problème de la responsabilités de ceux (celle en l'occurence)qui ont commis des actes barbares (sélection de prisonniers pour la mort dans les camps nazis, absurdité des comportements pour obéir aux ordres) alors que leur compréhension des choses est limitée, ici par l'analphabétisme. Par illeurs il nous identifie à un avocat qui fut l'amant de la criminelle alors qu'il était juene ado et nous fait vivre son inconfortable et permanent dilemme entre un amour qui n'est pas mort et un devoir qui n'est pas clair. Un point négatif à mes yeux et qui coûte une étoile à ma notation : regarder ce film en VF, pour 'une histoire qui se parle en allemand et où livres évoqués et messages écrits entre les protagonistes sont imprimés en anglais !
Je doute qu’on ait jamais fait un bon film à partir d’un mauvais livre. Mais s’il est quasiment impossible pour un cinéaste de faire un film meilleur que le bon livre qui l’a inspiré, ce qui me paraît sûr c’est qu’avoir vu un film avant d’avoir lu le livre dont il est tiré présente le risque d’un blocage de l’imaginaire, et donc risque d’appauvrir l’expérience de lecture… Il y a un peu plus de dix ans, j’ai été voir « The reader », un film qui m’a pas mal remué. Aujourd’hui, à l’heure où j’écris ces lignes je suis plongé dans le livre de B.Schlink, « Der Vorleser », que je découvre pour le plaisir en allemand (dans le cadre de l’apprentissage de cette langue). Et j’en veux à deux personnes : -A moi d'abord, pour avoir dérogé à mes principes, à l'époque où j'ai vu cette bonne adaptation : ne pas voir un film avant d'avoir lu le bouquin dont il est tiré, surtout si le bouquin est bon, même et peut-être surtout si le film est réussi. Principe qui prime encore plus si le bouquin est meilleur que le film, ce qui est presque toujours le cas… -A S. Daldry ensuite, d'avoir réussi une honnête adaptation, en respectant la chronologie événementielle et en confiant le rôle d'Hanna à K.Winslet, parfaite en initiatrice littéralement amorale (au sens de dépourvue du sens moral commun) mais sensible, sans excès d'affect et bien sûr avec ce qu'il faut d'animalité pour coller au personnage dans sa plénitude sexuelle (Peut-être un peu moins convaincante en vieille femme, mais ça c'était difficile !). D'avoir su faire passer à l’écran l’ambiance du cheminement intérieur que traversent les protagonistes au cours de leurs vies respectives : face à K.Winslet, R.Fiennes et D.Kross sont tous deux convaincants et déroulent leurs partitions avec sobriété et justesse, même s'il nous manque l’analyse des conflits intérieurs, la recherche d’objectivité dans l’introspection chez Michael, sa volonté de se comprendre et de comprendre Hanna, choses que le texte met en évidence avec une grande finesse dans le livre. Enfin de n'avoir pas (trop) édulcoré la fin de partie, même s'il aurait fallu que K.Winslet prît une quinzaine de kilos pour coller physiquement à ce qu'écrivit B.Schlink... Bref, d'un bon livre on peut faire un bon film mais il vaut mieux lire avant de voir. C’est le cas ici, tant pis pour moi si j'ai marché à l'envers...
Partant au départ d'un sujet des plus séduisants, force est de reconnaître que ce "Reader" n'est pas à la hauteur de ses ambitions. Pourtant, il n'y a au fond pas grand chose à lui reprocher sur sa forme, Stephen Daldry connaissant son travail et les acteurs s'avérant tous excellents. Mais que tout ceci est froid et académique... Alors que l'on aurait pu s'attendre à des sommets de passion et d'interrogation captivantes sur les relations humaines et la conscience (on retiendra tout de même une ou deux bonnes scènes de ce point de vue là), l'oeuvre s'avère au contraire étonnamment tiède, à l'exception peut-être du dernier tiers qui nous donne une (vague) idée de ce qu'aurait pu être le film s'il ne s'était pas empêtré dans des conventions Hollywoodiennes tout à fait évitables... En somme, sans être mauvais donc, "The Reader" n'en demeure pas moins une oeuvre aseptisée et finalement assez maladroite, dont on pouvait tout de même attendre beaucoup mieux. Une (vraie) déception.
Kate Winslet, à peine maquillée, vieillie et bouleversante dans ce rôle si ambigu, c’est son interprétation qui retient surtout l’attention épaulée par le jeune acteur David Cross (très bon) et le plus célèbre Ralph Fiennes. La mise ne scène est très sobre, à l’image des décors mais c’est pour mieux servir le propos du film : la honte. La honte d’avouer qu’on ne sait ni lire ni écrire mais surtout la honte des enfants allemands nés pendant ou juste après la guerre. Ceux là même qui devaient se poser des questions sur tous les adultes qu’ils côtoyaient, et sur ce qu’ils savaient, et sur ce qu’ils ont fait ou laissé faire… On imagine assez mal combien cela a du être difficile pour cette génération là, psychologiquement, et c’est très bien illustré dans le film par le personnage de Michaël et des autres étudiants en droit assistant au procès. C’est d’ailleurs toutes ces scènes de procès qui m’ont le plus « parlé », les explications d’Hannah sur son attitude à Auschwitz laissent une impression terrible : avec quelle facilité et quelle bonne conscience une personne normale devient un bourreau quand les circonstances sont réunies, ça fait froid dans le dos ! Et ces scènes de procès, et plus précisément l’interrogatoire d’Hannah, ne peut laisser personne indifférent ! D’autres scènes se veulent aussi fortes, celle de la visite du camp (dans un silence absolu et assourdissant) et la rencontre de Ralph Fiennes avec la rescapée à New York, mais elles sonnent un peu trop comme des scènes « obligées », comme si le scénariste avait peur qu’on finisse par ressentir de l’empathie pour cette gardienne de camp si « normale ». Qu’il se rassure, moi, malgré toutes les belles et indéniablement émouvantes scènes de prison de la deuxième moitié du film, je n’arrive plus à ressentir vraiment de l’empathie pour cette femme à l’image du jeune Michaël devenu adulte. Notre regard sur elle change en même temps que le sien, et rien de ce qu’elle dire ou fera ne nous fait revenir en arrière…
Bouleversant, magnifiquement interprété... Les acteurs principaux nous font ressentir leur émotions, leur passion.. Oui encore un film sur l'une des époques les plus sombre de notre histoire, mais un film qui mérite d'être vu, d'autant par le jeu des acteurs, que par le léger doute qu'il laisse planer, et par les centaines de réflexions dont notre cerveau se pare après l'avoir vu. Mention a Kate Winslet qui est tout simplement géniale.
"The Reader" aborde le thème de la Shoah de manière intéressante, à travers les yeux d'un jeune homme épris sans le savoir d'une ancienne gardienne de camp et qui le découvrira lors de ses études de droit. Le film pose donc des questions assez subtiles sur le rôle des sbires à la botte des nazis durant la guerre, mais constitue également une histoire d'amour perturbante, attendrissante au départ puis déchirante, et ce en partie grâce l'excellente prestation de Kate Winslet, incarnation humaine d'une barbarie sans nom. A voir.
N'ayant pas lu "Der Vorleser" je ne peux donc pas juger de l'excellence de l'adaptation à l'écran du roman. Quant au film en lui-même, c'est une réussite. Hannah (magnifique Kate Winslet) est une femme intelligente et sensible, mais son analphabétisme, vécu comme un lourd handicap social et relationnel, et un sinistre contexte historique, vont la transformer en tortionnaire - elle s'engage comme gardienne d'un camp de la mort. Mais est-ce aussi simple ? Son passé la rattrape dans les années 60 quand une rescapée, après l'avoir mise en cause dans un livre de souvenirs, la fait traduire en justice. La honte - devoir avouer son secret : elle ne sait ni lire, ni écrire - va la conduire à concentrer volontairement la vindicte sur elle. Alors que ses coaccusées (elles étaient 6 gardiennes devant le tribunal) s'en tirent avec une peine légère, elle est condamnée à perpétuité. Paradoxalement, sa longue détention (20 ans !) va signer son émancipation : elle va apprendre seule à lire et écrire, avec un courage et une intelligence hors du commun. Pas tout à fait seule cependant : Michaël, le "liseur", dont elle assura le temps de l'été des 16 ans de celui-ci l'éducation sentimentale et sexuelle, lui fournit le support nécessaire en lui envoyant des cassettes où il enregistre les lectures qu'il lui avait alors prodiguées. Un beau sujet traité sans a priori, sans l'excès partisan dans lequel il était si facile de tomber, sans effets mélodramatiques non plus : Stephen Daldry réussit là une oeuvre poignante et puissante qui pose de graves questions, mais laisse au spectateur son libre arbitre, loin de tout manichéisme ou didactisme pesants. On peut seulement regretter pour un sujet aussi "allemand" qu'il s'agisse d'un film en langue anglaise (à noter cependant la présence de quelques comédiens allemands, coproduction oblige, dont l'excellent David Kross dans le rôle titre, jeune).
Oeuvre sobre et sombre, dans laquelle l'excellente Kate Winslet interprète un rôle dur et touchant. L'actrice a amplement mérité ses récompenses. Beau drame psychologique qui évoque une page triste de l'Histoire.
Complètement outrée par ce film! On commence directement par une femme âgée qui profite des hormones en ébullition d'un adolescent faible pour satisfaire sa sexualité puis après on assiste durant tout le long (vraiment très long!) du film à la défense du nazisme! Je ne comprends pas que ce film ai d'aussi bonnes critiques ! Alors oui il est bien fait, oui on fait dans le sentimentalisme, on met des petites musiques sympa, on parle de la lecture mais bon sang est ce que les gens ont compris ce film ? J'ai eu beau le tourner dans tous les sens, on essaie carrément de faire passer les SS pour des gens pas si mauvais que ça ! Qui faisait ça parce que bon ça se faisait et puis c'est tout, c'était du boulot. Les propos de Hanna sont hallucinants et m'ont réellement choquées et les juges qui sont tout gênés lorsqu'elle dit: "Vous auriez fait quoi vous ?" Comme si cette phrase devait révéler en nous qu'on aurait fait pareil. Bon sang on aurait fait tout sauf ça. Surtout que dans ce cas précis elle a changé volontairement de travail pour être SS et a volontairement tué trois cent personnes et on essaie de nous faire avoir de la sympathie pour cette gourde meurtrière ? Choquée que ce film ai pu voir le jour.
Voilà un film difficile sur un sujet encore plus difficile . On en sort sans doute avec les mêmes sentiments que le personnage principal qui a vécu cette histoire d amour troublante après la guerre. C est tellement bien joué par Kate Winslet que du coup la violence morale de son personnage est assez dur pour les spectateurs d avoir de l empathie pour elle . Ralph Fiennes est une fois de plus bouleversant ainsi que le comédien qui joue son rôle jeune. La mise en scène ne surligne rien car l émotion est à chaque plan .
Ebloui comme beaucoup par Billy Elliott et avec un adolescent au générique,je me pourlaichais déjà les babines.Je ne fus pas déçu ,même je fus conquis jusqu’ l’arrivée à l’écran de Lena Olin.Le film etait magnifique de tenue, de retenue,de pudeur et de vérités cachées qu’il fallait ressentir.La quatrième étoile ne faisait aucun doute.Que s’est -il passé dans la tête de Daldry pour faire jouer et parler Lena Olin de cette façon ? Dans un immeuble magnifique de New-york,cette femme qui a tout connu des horreurs de la vie n’a pas un soupçon de miette d’empathie pour un homme visiblement meutri...Qu’est ce que cela signifie?Je vous laisse juge mais sur moi cela à eu un effet terrible ,j’ai hurlé ma colère devant mon émotion brisée et mon incapacité à comprendre cette séquence. A part ces quelques minutes ,grosse tache de graisse sur une copie du bac,le film est superbe.Daldry à su trouver les images pour illuminer ce beau livre ,la première scène d’amour etant inoubliable et Kate Whisley une fois de plus éblouissante. Il ne manquait que la langue allemande