Rio Bravo
Note moyenne
4,1
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225 critiques spectateurs

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kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 octobre 2015
"Rio bravo" est l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma, et sans doute le plus grand western... à bon... ben non. John Wayne fait du John Wayne, l'histoire est des plus banale, c'est niais même pour l'époque, heureusement le personnage campé par Dean Martin donne un peu de souffle à ce film très mollasson. Je me suis fait... je me suis ennuyé en regardant ce qui constitue l'une de mes plus grosses déceptions.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 juin 2015
C'est toujours un régal de revoir Rio Bravo !!
A tout âge, à toute époque, ce western reste un chef d'œuvre du genre et même du cinéma tout court.
Tout y est : action, humour, suspense, amour, héros légendaire, sempiternelle lutte du bien contre le mal au travers d'une histoire simple .... mais que d'émotions !
Tout ce qu'on attend du cinéma ! du bon cinéma !! du grand cinéma !!!!
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mars 2015
Un bon vieux western avec John Wayne dans le rôle principal qui déambule un peu partout dans la ville, accompagné d'un adjoint ivrogne, d'un jeune indic, d'un vieil adjoint qui garde la prison. Il y a quelques bonnes scènes de pétarades qui valent le coup d’œil (Peu de fusillades). Dans l'ensemble, les dialogues sont moyens, le film est lent et bavard mais ponctué de nombreuses et courtes scènes d'actions tout du long pour maintenir un semblant d'intérêt jusqu'à la fusillade finale. Malgré son âge, je maintiens que c'est un bon western.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 avril 2015
Rio bravo est le premier western avec John Wayne que je vois. Avant cela j'étais plutôt habitué aux westerns spaghetti de Leone, mais j'avais vu scarface, d'Howard Hawks, le réalisateur du film. Rio bravo, pourtant, se démarque des westerns de Leone par l'image de l'ouest américain complètement différente qu'il renvoie. Tandis que les personnages des westerns de Leone sont des ordures finies ( même les héros ), les héros de Rio bravo sont attachants, sympathiques et surpassent toujours leurs problèmes. Contrairement aux westerns spaghetti et leur côté dramatique, les westerns comme Rio bravo sont plutôt familiaux, avec quelques moments comiques. Enfin, là où l'égoïsme règne dans les westerns de Leone, le courage et la solidarité s'impose dans Rio bravo. Bien sûr le film a des défauts : les méchants ( vous avez dit manichéen ? ) ne savent pas viser et ne tuent jamais les héros lorsqu'il faut qu'ils le fassent, et du coup ils se font avoir comme des bleus. Ensuite certains acteurs sont légèrement dans le surjeu ( les mimiques ), et ça donne une tonalité plus enfantine au western. Le scénario n'est pas recherché, mais les personnages, bien que stéréotypés, sont bien approfondis. Le film a également quelques peu vieilli. Au vu de la réputation de macho de John Wayne, je m'attendais à ce que cela se reflète dans le film, mais c'est le contraire : la femme domine par sa sympathie le héros bougon et finit par le changer. Le film délivre également plusieurs morales : les liens de l'amitié sont plus forts que tout, la justice gagne toujours, l'alcool n'est pas un échappatoire ou encore on a toujours besoins de l'aide des autres. John Wayne, qui n'est pourtant pas un acteur que j'apprécie, joue plutôt bien et Dean Martin est bon aussi. Je ne vais pas citer le reste de la distribution, mais elle est plutôt bonne. Les fusillades sont sympa et l'ouest est magnifié.
Bref, Rio bravo est un western sympa, qui même si, de mon avis, il n'atteint pas le niveau de ceux de Leone, reste plutôt bon.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2014
Je vois le film comme une jonction entre le western à l ancienne avec John Wayne justement qui le symbolise à mes yeux et ce qui va être le western spaghetti avec des héros bien plus ambiguës et bien plus intéressants. A ce titre le personnage de Dean Martin en adjoint alcoolique du shérif est selon moi le centre du film et vole littéralement la vedette à tout le monde. C est vraiment cet aspect qui m a fait apprécier Rio Bravo comme un excellent western.
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 novembre 2014
Voilà un excellent western, le scénario n'est pas original mais il est efficace! Le film est excellent avec de l'action, des chansons et un John Wayne ainsi qu'une Angie Dickinson très doués! On ne s'ennuie pas une minute et les personnages secondaire sont attachants, surtout Grumpy! Un régal!
MGM-ranger
MGM-ranger

182 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2014
Étant très fan du duo légendaire qu'est John Wayne et John Ford il me fallait à tout pris le voir.
Fortement encré dans la culture populaire ce western qui mélange plusieurs genre comme la comédie, la romance et l'action est sûrement un des piliers du genre avec "le train sifflera trois fois" et "la prisonnière du désert" toujours du même duo pour ce dernier.
Les interprétations des acteurs très bonnes certes mais c'est le minimum à quoi s'attendre quand on voit un John Ford. Un film de référence que tout les mordus de western connaissent, on doit l'avoir vu au moins une fois dans ça vie.
4/5.
_domimi_
_domimi_

11 abonnés 386 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2014
Un western surmonté d'une trame dramatique. Plaisir.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 mars 2014
Après une superbe introduction, on suit un shérif solitaire d'une bourgade du Texas résiste avec courage, au nom de la loi, à un gang de desperados qui assiègent la ville, décidés à sortir de prison le frère de leur chef. Le shérif sera aidé par un poivrot, un jeune cow-boy ainsi que son vieil adjoint infirme. Avec "Rio Bravo", Howard Hawks nous livre un étonnant cocktail de genres, le western bien évidemment, mais aussi des moments de comédie, un peu d'idylle (grâce à la belle Angie Dickinson), de l'action et même une séquence musicale ! Le scénario en lui-même n'est pas forcément original, mais il s'avère bien efficace et la galerie de personnages proposés est intéressante, attachante et bien écrite. Le suspense et la tension sont aussi au rendez-vous dans ce quasi-huit-clos. "Rio Bravo" est dominé par un charismatique et excellent John Wayne, qui ne lasse jamais malgré des rôles parfois très similaire. Outre lui et Dickinson, les autres interprétations sont impeccable et notamment Dean Martin et Ricky Nelson. C'est une grande et belle œuvre qu'il nous livre, très humain et même plus complexe que ça derrière son apparence simple. La qualité de l'image est superbe, tout comme la photographie et la mise en scène de Hawks est sobre, impeccable et efficace. Il nous montre une fois de plus sa capacité à alterner différents genres cinématographique sans jamais que la qualité ne baisse, c'est un excellent et grand western qu'il nous offre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 janvier 2014
Avec "Le train sifflera trois fois" et "Il était une fois dans l'ouest", "Rio Bravo" fait partie des plus grands chefs-d’œuvre du genre western. La mise en scène, l'utilisation de la couleur et d'un format large, le 1,37/1, donne une ampleur exceptionnelle aux séquences du film. La lumière y est très travaillée tandis que les personnages sont soignés dans leur construction et leur interprétation. Une touche d'humour bienvenue ainsi que la belle Angie Dickinson apportent de la fraîcheur dans les scènes d'action très tendues. Il y a aussi ce qui ne s'explique pas et qui fait qu'un film est extraordinaire sans que personne, y compris le réalisateur ne puisse l'expliquer.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 25 janvier 2014
1959. La décennie bénie de tous les amoureux du western se clôt en apothéose avec justement la sortie de Rio Bravo. Rien qu’à voir apparaître ce nom géographique désormais mythique, des images remontent à la surface de notre mémoire comme celle de Dean Martin à genoux devant le crachoir, la bouille inénarrable et édentée de Walter Brennan, les collants noirs recouvrant les superbes jambes élancées de Angie Dickinson, etc. Et on imagine, sans risque de se tromper, des sourires affleurer sur les lèvres d’une immense majorité de cinéphiles et de cinéphages au seul fait de prononcer son titre. Pourquoi cette quasi-unanimité ? Quel autre western peut se targuer aujourd’hui d’être aussi fédérateur et de susciter autant de ferveur y compris chez les personnes pas spécialement attirées par le genre ? Combien de westerns ont attisé autant d’exégèses, des plus passionnées aux plus fumeuses, Hawks ayant été comparé à tout et n’importe qui, son film accablé sous des références pas obligatoirement liées au western, à la plus grande surprise du réalisateur d’ailleurs ? Pourquoi justement ce western de Hawks est-il aussi réputé ? Mérite-t-il cet engouement jamais démenti depuis ?

La réponse est OUI ! Quel plaisir de devoir écrire sur Rio Bravo, le film qui m’a insufflé tout jeune le virus et la passion du cinéma ! Les innombrables visions de ce western unique n’ont pas entamé le ravissement de sa première découverte, ce qui laisse à penser qu’on peut aisément l’apprécier à tout âge en y découvrant à chaque fois de nouveaux éléments qui viennent enrichir encore cette pure et simple merveille. En y mettant toute ma bonne volonté et si j’avais eu la moindre prétention d’aller à l’encontre de l’opinion majoritaire, il m’aurait pourtant été difficile de trouver beaucoup à redire à ce chef d’œuvre absolu du 7ème art. Et ceci est d’autant plus étonnant que jamais Hawks ne cherche, à l’instar des Aldrich, Fuller, Penn, Peckinpah ou Leone, à renouveler le genre ou à en subvertir les codes mais au contraire, s’inscrit en marge de tout renouveau. L’intrigue de son film n’a rien de bien originale, sa mise en scène pourrait paraître en apparence banale et pourtant Rio Bravo fait partie des films les plus parfaits sortis des studios hollywoodiens, Hawks jouant du classicisme avec splendeur et décontraction. Il y a donc bien un ‘mystère’ Rio Bravo que je vais modestement essayer de résoudre sans avoir trop recours à l’historique ni aux anecdotes entourant ce film culte, la matière livresque en la matière étant abondante sur le seul territoire français.

En fait de mystère, il s’agirait plutôt d’une alchimie parfaite de tous les éléments constitutifs du film, renforcée par l’ambiance chaleureuse ayant régné sur le tournage. Vous allez me rétorquer que des tournages orageux ont pu aboutir à des chefs d’œuvre et qu’à l’inverse, des tournages paradisiaques ont pu donner de mauvais films, certes oui ! Mais on ressent à la vision de Rio Bravo un bien-être qui est certainement dû à l’entente des comédiens, de l’équipe technique et du réalisateur durant ces deux mois et demi passés dans la petite ville de Old Tucson au Texas. Un groupe d’hommes hétéroclite et l’amitié régnante en son sein est l’un des thèmes principaux de toute l’œuvre hawksienne. Que ce soient les postiers du ciel de Only Angels Have Wings, l’équipage d’un bombardier dans Air Force, celui d’un bateau remontant un fleuve inexploré dans The Big Sky, des cow-boys convoyant du bétail dans Red River ou encore un groupe de traqueurs de bêtes sauvages dans Hatari, Hawks et le spectateur se sentent bien au milieu de ces diverses entités d’hommes et de femmes qui apprécient visiblement la vie et son cortège d’aventures palpitantes ou dramatiques. Au cours du visionnage de ces différents films et surtout de celui qui nous occupe, on a un peu l’impression d’avoir été invité à une soirée entre amis : nous passons simultanément avec euphorie du sérieux à l’éclat de rire, de la tristesse au sourire, nous mettant sans cesse dans la peau des différents personnages. Il nous est même assez désagréable de devoir les quitter au bout seulement d’un peu plus de deux heures. Si cette notion de groupe est si présente dans son œuvre, c’est que Hawks lui-même les aimait dans la vie privée et qu’il s’entourait souvent des mêmes personnes.

A ce propos, pour Rio Bravo, il s’agit dès le début d’une affaire de famille. Hawks se sert d’une histoire conventionnelle écrite par sa propre fille comme point de départ de son scénario ; il fait appel à des scénaristes ayant déjà travaillé avec lui, Jules Furthman (Seuls les Anges ont des Ailes) et Charles Brackett (Le Grand Sommeil). Il retrouve aussi John Wayne avec qui il a connu le succès lors de sa première incursion dans le genre avec Rivière Rouge et à qui d’ailleurs il fait porter un ceinturon sur lequel est inscrit ‘Red River’. C’est l’acteur lui-même qui propose la jeune Angie Dickinson au réalisateur… Bref, tout se passe en territoire connu. A l’instar du monstre sacré du western, John Ford, Hawks ne se soucie pas de renouveler le genre mais au contraire, prend ses aises à l’intérieur, utilisant tous les éléments connus et existants ayant émaillé une multitude d’autres westerns, se démarquant ainsi des ‘sur-westerns’ à tendance psychologique, comme Le Gaucher d'Arthur Penn, qui commencent à se faire de plus en plus nombreux. Point d’intellectualisation ni de profonde psychologie : Hawks est un classique, un bon vivant plus qu’un cérébral, et souhaite rester respectueux de toute la codification d’un genre qu’il a déjà abordé à deux reprises, toujours avec la même réussite. Là où il se démarque de ses confrères, c’est par la nonchalance, la décontraction et la désinvolture qu’il insuffle à un film dans lequel on aurait pu penser y trouver des chevauchées, de l’aventure, des coups de théâtre, du souffle épique et lyrique.

Car contrairement à Red River et The Big Sky, contrairement à ce qu’aurait pu nous laisser croire le générique sur fond de bétail s’avançant au milieu de grands espaces, Hawks réalise cette fois un ‘western de chambre’ confiné dans le temps (3 jours) et dans l’espace (une prison, une rue, un hôtel et le saloon) et dont l’action est de ce fait volontairement figée. L’approche du récit est en fait assez théâtrale, les scénaristes ayant même été (et ce sera leur seul faux pas) jusqu’à faire réciter des apartés aux deux acteurs mexicains qui n’auraient pas dépareillé dans un mauvais vaudeville ; ces deux petits morceaux de scènes sont assez imbuvables mais heureusement il ne s’agit que de deux brèves répliques qui n’ont pas le temps de faire retomber l’euphorie. Nous ne leur en tiendrons pas rigueur car le reste de leur travail est proprement jubilatoire y compris lorsqu’ils écrivent d’autres soliloques théâtraux du même genre où l’on voit Angie Dickinson parler seule, ses pensées étant ainsi jetées en pâture au spectateur. Plus qu’une intrigue sortant de l’ordinaire, le splendide scénario plein d’humour des duettistes Furthman et Brackett se propose surtout d’offrir une attention soutenue aux personnages, à leur évolution individuelle et aux transformations de leur caractère au contact du groupe. Au vu de sa réputation, il faut le dire à nouveau afin d’éviter des désillusions, les personnages de ce film, tout comme l’intrigue (‘les bons contre les méchants’), ne sortent pas forcément de l’ordinaire et n’apportent rien de bien neuf au genre mais sont croqués et écrits avec tellement d’amour que cet état de fait ne porte absolument pas préjudice à l’œuvre. Force est de constater que Hawks transcende les éléments traditionnels pour en faire un western tout à fait personnel, génial et unique.

Tous les éléments de l’histoire et la présentation des protagonistes sont effectués dès les 10 premières minutes du film qui va désormais se dérouler, dans sa majeure partie, en intérieur. Cette claustration d’un genre habituellement dévolu aux grands espaces et chevauchées ne pouvait donner un résultat passionnant que si les acteurs choisis entraient parfaitement dans la peau des personnages qu’ils avaient à jouer (et dont les noms possèdent tous une signification les décrivant) puisque leurs caractérisations et leurs dialogues devaient être ici plus importants que l’action, le décor et les paysages, quasi-absents. Le casting que tout le monde connaît faisant des étincelles, Hawks va pouvoir nous faire sa démonstration qu’une équipe soudée, comme celle formée par les protagonistes de son film, ne peut qu’aboutir à la réussite malgré toutes les chausse-trapes qui se dressent devant elle.

Inoubliable Walter Brennan qui avait déjà testé ce rôle de vieil homme bourru, cabochard, grincheux et truculent mais au cœur ‘gros comme ça’ dans le miraculeux Je suis un aventurier d'Anthony Mann. Les relations qu’il entretient avec John Wayne sont assez similaires à celles qu’il avait avec James Stewart dans ce film, Stumpy (‘hors d’usage’) ne demandant que la reconnaissance pour son travail et un geste ou une parole d’amitié de temps en temps pour se sentir exister au sein du groupe. Le shérif lui donnera cette preuve d’affection quand, après que le vieil infirme ait fait une sorte de caprice ‘calimeroesque’, il lui déposera un baiser sur son front dégarni. Ne s’y attendant pas et n’ayant surtout pas l’habitude de telles démonstrations, Stumpy décontenancé et gêné ne trouve pas d’autre réflexe que de le chasser à coup de pieds. Du sympathique Stumpy, personne n’a du non plus oublier les gloussements et onomatopées qui peuvent déclencher quelques éclats de rires.

Inoubliable Dean Martin dans son plus beau rôle (avec ceux du joueur professionnel dans Comme un torrent de Vincente Minnelli et du crooner dans Embrasse moi idiot de Billy Wilder), celui de Dude (‘la guenille’). C’est d’ailleurs à lui qu’est dévolue la première scène muette, étonnante et désormais culte, au cours de laquelle, hagard, sans un sou et mal rasé, à la recherche d’une goutte d’alcool, on le voit se faire humilier à aller ramasser une pièce qu’on lui jette dans un crachoir. Son ‘sauvetage moral’, sa réhabilitation qui l’amènera à retrouver sa fierté, est l’un des thèmes principaux du film. Le talent de l’acteur éclate aussi bien dans ses moments de détresse et de doute (émouvante scène de déprime après qu’il s’est fait bêtement assommer) que dans ceux où on le voit émerger de l’enfer dans lequel il s’était enfoncé. La scène où John T. Chance lui propose d’entrer dans le saloon par ‘la porte de devant’ alors qu’il avait l’habitude depuis quelque temps d’y entrer discrètement par derrière, pour ne pas faire trop remarquer son état lamentable d’alcoolique notoire, est remarquable : Dean Martin nous émeut puisqu’à cet instant, nous sentons enfin poindre une étincelle dans ses yeux encore quelques peu embrumés.

Inoubliable Angie Dickinson dans le rôle de Feathers (‘Plumes’, celles des costumes d’entraîneuses), l’un de ces rôles de femmes dont Hawks a le secret, forte et insolente, qui n’a pas de mal à s’imposer en jouant des coudes. Feathers prend sa place parmi les plus beaux personnages féminins du cinéma hawksien et mondial aux côtés de ceux de Jean Arthur dans Seuls les anges ont des ailes, Lauren Bacall dans Le port de l’angoisse et Le Grand Sommeil, Joanne Dru dans La Rivière rouge et d’autres encore. Pour ses débuts à l’écran, Angie Dickinson éclate de talent et de sensualité. Son personnage qui tient la dragée haute à celui joué par John Wayne est à la fois celui d’une femme, au charme provocant, qui n’a pas froid aux yeux (c’est elle qui drague le shérif sans aucune inhibition et non le contraire), qui sait ce qu’elle veut mais qui possède, elle aussi, des qualités humaines véritables. N’oublions pas ce moment délicat et magique dans lequel le shérif, réveillé et descendant au saloon en pleine nuit, trouve Feathers endormi sur une chaise, le fusil sur ses genoux, et se rend compte à ce moment là qu’elle avait décidé de veiller sur lui. Avec une merveilleuse délicatesse, alors qu’il la prend dans ses bras pour la recoucher, celle-ci s’éveille et lui fait un sourire amoureusement tendre qui en aurait fait fondre plus d’un. La scène finale, nous la dévoilant en déshabillé noir, pourrait faire partie des anthologies de l’érotisme suggéré au cinéma. La réputation qu’a eu l’actrice de posséder les plus belles jambes du cinéma avec Cyd Charisse vient d’ailleurs de cette séquence proprement jouissive.

Content aussi de retrouver, sorti directement des westerns de John Ford, l’acteur Ward Bond dans la peau du convoyeur de bétail Wheeler (‘Cheval de trait’) qui se fera assassiner après avoir proposé en aide au shérif, son garde du corps Colorado. Colorado, interprété lui aussi formidablement par un Ricky Nelson dont nous n’aurions au départ pas parié un sou sur son talent hormis pour le chant. Il joue ici le rôle d’un jeune freluquet sûr de lui et assez prétentieux mais qui nous est toujours sympathique puisqu’on sent que son assurance est tout à fait justifiée par un professionnalisme jamais pris en défaut et par un sérieux à toute épreuve qui ne peut prêter le flanc à la plaisanterie. C’est un tireur d’élite redoutable et plein de sang froid, à mille lieues de Mississippi, le personnage assez gauche et benêt que jouera James Caan dans El Dorado. Ce jeune homme, c’est un peu l’image que l’on se fait du shérif John T Chance plus jeune mais on a du mal à croire que Colorado serait aussi maladroit que son aîné avec les femmes. Hawks a du avoir beaucoup de sympathie pour le personnage dont il se sert pour faire comprendre son amour du travail bien fait et du professionnalisme, autre thème majeur de son cinéma.

Enfin, inoubliable John Wayne qui trouve ici l’un de ses plus beaux rôles, moins complexe et ambigu que celui de Ethan Edwards dans La prisonnière du désert, moins original que celui, haïssable une bonne partie du film, de Dunson dans La rivière rouge, moins émouvant que celui de Nathan Brittles dans La charge héroïque, mais aujourd’hui encore, le personnage qui restera et qui donne l’image la plus juste de ce que John Wayne aura voulu montrer tout au long de sa carrière : l’homme droit, valeureux, professionnel, d’apparence dure mais en réalité proche et affectueux avec ses hommes, maladroit et pataud avec les femmes, celui aussi qui par son charisme cimente un groupe. Dans Rio Bravo, il n’a pas peur de ternir son image car Feathers a toujours le dessus sur lui et finit toujours par avoir le dernier mot, Chance sortant toujours d’une discussion avec elle la tête basse et le dos voûté. Derrière son apparence, un être profondément humain puisqu’on se demande même constamment s’il ne va pas réitérer ‘l’erreur’ de Dude en se faisant piéger par l’élément féminin et son diabolique pouvoir de séduction. Tout est parfait dans le jeu de John Wayne et ceci dans ses moindres faits, poses et gestes : sa façon de s’habiller, d’arpenter une rue, de tenir son fusil, de mettre son couvre chef, tout est une création de l’acteur. Une preuve supplémentaire s’il le fallait que le Duke était un très grand comédien.

Pour finir, parlons en de la mise en scène transparente de Hawks qui fait douter certains quant à ses qualités. Il est vrai qu’elle est moins immédiatement repérable et ne saute pas aux yeux de prime abord comme celle d’un John Ford passé maître dans l’art pictural et du cadrage ou comme celle d’un Anthony Mann excellant dans son appréhension de l’espace et d’une limpidité épurée. Mais Hawks est moins un peintre des extérieurs et des paysages qu’il ne cherche d’ailleurs jamais à magnifier (y compris dans Hatari), qu’un réalisateur au service de ses personnages. Hawks n’est pas un esthète ni un formaliste et c’est pour cette raison que nous nous rappelons moins souvent chez lui que chez les autres réalisateurs cités précédemment de plans époustouflants, miraculeux ou poétiques, même si au début des années 30, avec Scarface par exemple, il nous a démontré qu’il pouvait s’il le voulait, d’un strict point de vue technique, jouer dans la cour des plus grands. Pourtant, en y regardant de plus près, Rio Bravo comporte, lui aussi, quelques scènes qui prouvent une nouvelle fois le génie, certes plus discret, de Hawks en la matière. Déjà la scène muette de départ, que nous avons déjà évoquée, n’a rien à envier par la force de suggestion de ses images aux meilleurs films muets justement. Une autre tout aussi célèbre, celle qui voit Dude retrouver sa fierté par son action d’éclat qui le fait dénicher et tuer l’assassin du convoyeur, mérite de rester dans les annales par son utilisation tout à fait extraordinaire d’une technique difficile à manier sans tomber dans la lourdeur, le zoom ; en l’occurrence un zoom fabuleux et entièrement justifié sur des gouttes de sang tombant du haut du saloon sur un verre de bière. Et enfin, pour les non convaincus, évoquons brièvement les sorties nocturnes du shérif et de son adjoint devant aller arpenter la rue pour voir si tout est calme. Hawks, mine de rien, tellement son appréhension des lieux grâce à la mise en scène et au montage est géniale, donne au spectateur l’agréable et grisante impression à la fin du film de connaître par cœur la topographie des lieux assez restreints dans lesquels il vient de passer deux bonnes heures. C’est un peu le reproche que l’on pourrait faire aujourd’hui à un très grand nombre de cinéastes, celui de ne pas savoir faire appréhender au spectateur l’espace dans lesquels les personnages évoluent pendant tout un film et ainsi le priver de quelque chose d’à priori sans importance mais qui inconsciemment en a beaucoup pour l’appréciation du même film.

Aussi et surtout, cette mauvaise appréhension de l’espace par un cinéaste, fait souvent de nos jours se perdre le spectateur dans des scènes d’actions qu’il a du mal à comprendre car trop hachées : l’utilisation d’un montage frénétique sert souvent en fait de poudre aux yeux pour cacher cette incapacité à se dépêtrer des problèmes topographiques très importants pour des scènes d’actions très découpées. Ceci est malheureusement vrai pour plus de la moitié des blockbusters actuels (nous ne parlons évidemment pas des réalisateurs ayant parfaitement assimilé les leçons des plus grands, à savoir McTiernan, Cameron ou Carpenter). Carpenter d’ailleurs dont Rio Bravo est le film préféré et par lequel il a, entre autre, certainement été marqué par ses peu nombreuses mais inoubliables scènes d’actions. Car, comme chez John Ford, la violence n’a ici rien de spectaculaire, frisant au contraire l’abstraction tellement les scènes sont dures, violentes mais sèches et concises. La première apparition de John Wayne est d’une force peu commune, le voyant arriver en contre plongée pour relever Dude et immédiatement après, assommer Joe Burdette avec une violence inouïe à l’aide de la crosse de son fusil, frappant tellement fort qu’il effectue un tour sur lui-même emporté par l’élan de son coup. L’autre scène de tuerie, suite au lancement d’un pot de fleurs par la fenêtre pour détourner l’attention des ‘bad guys’, est, elle aussi, fugace mais foncièrement marquante par sa violence brutale et rapide, sans que jamais nos héros ne regrettent un instant leur geste. A propos des ‘méchants’, il faut souligner le fait que, contrairement à beaucoup de westerns, Hawks ne leur a pas donné beaucoup d’importance, leur présence à l’écran étant très limitée et aucun d’entre eux ne possédant un charisme susceptible de donner à un acteur un rôle truculent, pittoresque ou sadique comme c’est souvent le cas dans le genre où le ‘bad guy’ a souvent ‘de la gueule’. Un autre élément qui montre les déviations que fait prendre à son film le réalisateur à l’intérieur d’un classicisme et d’un manichéisme bien présent cependant.

Et nous en arrivons aux scènes grâce auxquelles la modernité affleure le plus et celles qui ont dû se faire pâmer de plaisir ‘Les cahiers du cinéma’ et la Nouvelle Vague, les fameuses digressions ‘hawksiennes’, qui ne font aucunement avancer l’intrigue et qui ne servent en fait à rien mais sans lesquelles le film ne serait certainement pas aussi mémorable, celles qui nous donnent le plus l’impression d’avoir lié amitié avec les personnages. Si je vous dis ‘My pony, my rifle and me’, vous vous remémorerez soudain cette scène absolument magique qui nous met en apesanteur, celle de l’intermède musical dans la prison. Dean Martin, suivi de Ricky Nelson puis de Walter Brennan tout sourire, se mettent à pousser la chansonnette et le bonheur est ici, sous nos yeux : nous avons comme une impression d’avoir surpris les acteurs pendant une pause sur le tournage. Le génie de Hawks est là entre autre, dans ces moments inutiles mais illustres, tellement humains et proches de nous, ces instants de symbioses et de bien être entre les personnages et le spectateur.

Situations classiques, évolution lente mais certaine de personnages à la caractérisation fortement typée, aucune prétention à renouveler un genre bien codifié, scénario bétonné, interprétation au diapason, le mélange de tous ces éléments nous donnant un western légendaire. Que me reste t’il à faire désormais : aller remettre pour la dixième fois cette petite galette argentée miraculeuse que constitue le DVD de Rio Bravo et me délecter une nouvelle fois de ce film à la réputation ô combien méritée, symbole d’un cinéma dans le même temps classique et moderne, chef d’œuvre indémodable d’une liberté de ton qui procure un plaisir de tous les instants ! Ou revoir cette variation tout à fait réussie que Hawks lui-même réalisera 9 ans après : El Dorado.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2013
"Rio Bravo" : le plus beau western que j'ai pu voir et sans aucun doute le meilleur de John Wayne. Un grand moment de cinéma à voir absolument !!
landofshit0

314 abonnés 1 745 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 novembre 2013
L'ouverture de Rio bravo se fait par une scène muette qui met immédiatement ses personnages en situation. Le scénario reste classique dans le genre du western,les bons d'un coté les méchants de l'autre. L'élément essentiel du film réside dans le traitement fait par Hawks des personnages. Le ton est volontairement drôle et les personnages profondément humains. Il en fait un modèle du genre américain,car oui ce western et sans encontre l'un des meilleurs du genre.
Benjub
Benjub

41 abonnés 597 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2013
Du très bon western. John Wayne excellent dans son rôle dans une histoire pleine d'action. Un très beau rendu final.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2013
Un bon film . Mais on a du mal a rentré dedans . Il se rattrape avc la complicité des acteurs et leur bon jeu mais aussi par la grande bataille . On peut aussi remarquer la beauté de la petite amie de Chance ( j sais c inutile ) . En conclusion le film est assez divertissant .
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