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Un visiteur
5,0
Publiée le 15 novembre 2012
magique! malgré les nombreuses critiques lues: images floues, musique ss intérêt, lenteur, personnages "grossiers", ...et j'en passe non, je ne me suis pas ennuyé une sec, la musique est belle, le "tempo" rebondit ss cesse, avec les parallèles d'une nature sans concession, on en fait partie et on l'oublie...même les croyances d'un autre âge sont sublimées, et les images! les couleurs!... prix mérité d'un jury clairvoyant que du bonheur!
Autant le dire tout de suite, le pélerinage de la vieille dame n'intervient que plus d'une heure après le début du film. Lui précède une succession formidablement réaliste de scènes drôles, cyniques, provocantes et cruelles ayant pour cadre la société médiévale nippone... On notera la rigueur presque documentaire du réalisateur dans sa manière de filmer les animaux ainsi que la nature environnante. L'interprétation des comédiens et la réalisation particulièrement soignée font de ce long-métrage un véritable chef d'oeuvre dont chaque image nous touche au plus profond...
Les hommes s’accouplent et les animaux copulent, les hommes se battent et les animaux s’entredévorent, les hommes errent et les animaux aussi. Ce jeu constant entre l’être humain et la bête par le biais de la mise en scène inscrit le savoir-vivre et le savoir-faire d’un village dans un ordre naturel des choses, place une tradition ancestrale à l’apparence barbare – du moins l’est-elle pour nous occidentaux – dans une logique sacrée capable de renverser notre point de vue, de bouleverser notre sensibilité. Imamura chante la cohésion et le respect loin de la foule urbaine déchaînée, fait de l’homme un ensemble organique proche de l’animalité toutefois guidé par une spiritualité, ce dieu de la montagne qui exige le don de soi. L’air que nous respirons est ainsi gorgé d’honneur et d’estime ; il est question du renom de la famille, d’un père parti à jamais maudit suite à l’affront qu’il fit subir aux siens, d’un fils à marier pour la bonne tenue de la maison. Nous venons du ciel, arpentons les paysages enneigés pour se plonger dans un quotidien qui nous est étranger mais présenté sans mépris aucun, puis quittons le village depuis les mêmes hauteurs. La Ballade de Narayama se fait en chansons, souvent grivoises, parfois mélancoliques, elle est ballade et balade, dépeint le chemin pénitentiel d’une femme, et plus largement d’une culture, que le monde moderne ne tardera pas d’effacer. Les jeunes sont turbulents, les adultes peinent à nourrir tout le monde, les plus vieux apparaissent tels des sages bientôt rattachés à leur nature originelle. Tout est dans l’ordre des choses. À l’image de cet oiseau blessé que le fils recueille et lance en direction du ciel, lui offrant ainsi l’occasion de son envol, Imamura redonne vie, le temps de son film, à une simplicité première et perdue, à un art de vivre et d’approcher la mort sans artifices, en seule communion avec soi-même.
J'ai beaucoup aimé ce film dans lequel j'ai trouvé une influence kurosawaienne. Il faut souligner le lien magnifique qui unit une mère qui se sacrifie pour le bien (qu'elle pense faire) à sa famille et son fils ainé. Mais cela n'est pas du fait d'Imamura puisque ce film est un remake. Bien filmé toutefois ; l'émotion est présente.
Dans un petit village perdu dans la montagne existe une tradition qui veut quà lâge de 69 ans, les personnes âgées soient transportés sur le dos de leur propre fils jusquà la montagne Narayama pour y être abandonnés et ainsi supprimer une bouche à nourrir devenue improductive et inutile. Face à ce terrible drame vers lequel le film avance inévitablement, Imamura choisit de concentrer son attention sur la rude vie des villageois et de leur réalité quotidienne. La communion avec la nature na jamais été aussi bien décrites, mais bien loin de limage utopique de lhomme vivant damour et deau fraîche en osmose avec le monde qui lentoure, ici la nature est montrée telle quelle est : froide, violente, implacable, insensible et les hommes qui la peuplent sont à son images, prêts à tout pour leur propre survie. La bestialité de cette communauté se retrouve également dans les nombreuses scènes de coït, rappelant que le désir sexuel résulte de pulsions animales difficilement contrôlables, quittes à se taper la chienne du voisin. La vie toute crue comme aime à la montrer Imamura, sans doute gênante voir choquante pour certains, mais certainement très réaliste et très proche de ce quelle devait être à cette époque en des lieux reculés. Ici personne nest tout blanc, y compris Tatsuhei, le personnage principal, qui semble plus sensé que les autres mais qui nhésite pas une seule seconde à tuer son prochain si cela est nécessaire à son propre bien être. Et ce nest quune demi-heure avant la fin du film quest entrepris la longue marche funèbre, nous entraînant dans un monde des morts glaçant que lon a envie de fuir le plus rapidement possible tant sa représentation est terrifiante. Mais tout comme pour Tatsuhei qui a accomplit ce voyage, sa mère sur le dos, et qui en est revenu seul, il reste laffreuse promesse dy retourner encore une fois, pour un aller simple (+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)
Manger ou être mangé, tel semble être la moralité de ce film. J’ai aimé le cadet qui pue mais qui chante. La disparition de La maison où il pleut : tous enterré vivants parce qu’ils avaient volé les villageois. Et toujours pieds nus sur des semelles de cordes. Omniprésence des petits animaux (rongeurs, serpents) Le vent, signe de la présence des esprits. Le dernier quart d’heure du film, tout en silence, est magnifique.
Un peitit chef-d'oeuvre comme le cinéma japonais sait si bien en faire. Une chronique poignante et réaliste de la vie rurale au 19ème siècle.Acteurs excellents, mise en scène splendide, et surtout, un scénnario cru et réaliste, sans concession aucune.
Je ne sais pas pourquoi on a appelé ça ballade en français mais en tout cas le film est tout sauf une ballade ! Shohei Imamura nous présente là un film sans artifices dans lequel l'homme est un élément de la nature comme un autre et d'ailleurs il ne se prive pas de nous rappeler que par certains côtés nous ne sommes que des animaux, certes sophistiqués mais des animaux comme même ! Et les idées de notre bon Rousseau sur la bonté humaine à l'origine n'ont pas prise ici ! L'homme est un élément comme un autre dans un grand tout qui s'appelle la nature et dans lequel les hommes luttent contre les éléments, contre les animaux, contre les autres hommes. On a là à l'oeuvre le panthéïsme asiatique et il n'est pas question de jugement de nature, l'homme est la Nature ! Perspective intéressante !
Description de la vie d'un petit village japonais paumé dans les temps médiévaux et menacé par la famine. Beauté et Cruauté de la nature. Scènes de paricide, d'abandon de sa propre mère, de gérontophilie, de zoophilie. Et pourtant, c'est époustouflant de justesse et de beauté. Palme d'or. Vraiment un grand film.
(...) Lun des plus beaux films dImamura. Oeuvre dure mais poétique qui, à souligner si précisément les caractères humains finit par témoigner dune profonde envie de vivre.
Excellent film. C'est cru/sale (l'hygiène !), mais bien fait. Ça montre un village de paysans japonais au 19 ième siècle. Le réa semble adorer les serpents entre autres. Moi j'aime pas les serpents...
Palme d'or à Cannes en 1983 pour cette ballade de Narayama, récompense largement méritée au vu du spectacle magistral qui nous est proposé. Juste magnifique.
Excellent film, oui. Mais, de grâce!!!! Renseignez-vous deux minutes avant de gribouiller vos critiques! Japon médiéval?? Le film se passe au XIXeme siècle! d'ailleurs, pas besoin d'être un puits de science pour s'en rendre compte:vous avez déjà vu des fusils au moyen-âge? Bref...
La Ballade de Narayama nous plonge dans un village perdu du Japon, hors du temps. Ce village est très pauvre et constamment menacé par la famine. Dans ce contexte difficile, les familles sont très attachées aux traditions et aux valeurs ancestrales. Cela est montré brutalement lorsque certaines personnes volent de la nourriture : spoiler: toute leur famille est punie et exécutée, même les enfants innocents. Tout est prétexte à éliminer des bouches à nourrir.
C'est dans ce cadre que s'inscrit la ballade de Narayama, une tradition qui consiste à emmener les personnes âgées de 70 ans mourir dans la montagne de Narayama, car elles ne peuvent plus contribuer à la survie de leur famille. Cependant, dans la famille que nous suivons, Orin, la grand-mère, est en parfaite santé, comme en témoignent ses dents encore blanches. Étonnamment, elle en a honte : elle se juge trop vigoureuse pour son âge et souhaite malgré tout accomplir ce rituel, comme l'ont fait ses ancêtres.
Malgré sa gentillesse et ses efforts pour arranger la vie de ses enfants avant son départ, elle est mal vue par le village. Cela donne lieu à des scènes particulièrement dures, notamment lorsqu'elle se mutile les dents afin de prouver à tous qu'elle accepte sa vieillesse. Son fils aîné, Tatsuhei, est profondément attaché à elle et réticent à l'emmener, même s'il considère que c'est son devoir.
Malgré ce contexte pas joyeux, le film est d'une grande beauté, aussi bien dans le lyrisme de son récit que dans sa mise en scène. Il entretient un rapport très fort avec la nature. L'histoire est régulièrement entrecoupée de gros plans sur des animaux et des insectes, soulignant leur importance fondamentale dans cet univers. Les humains et les animaux sont constamment mis sur le même plan.
Le film évoque ainsi le cycle de la vie à travers un mode d'existence très proche de celui des animaux : tout est pensé pour la survie, le mariage est avant tout fonctionnel plutôt qu'amoureux, et la mort n'est pas redoutée mais acceptée comme une étape naturelle de l'existence. Plus qu'un simple drame, La Ballade de Narayama nous montre avant tout des moments de vie simples et quotidiens, portés par une profonde réflexion sur la vieillesse, la tradition et la place de l'être humain dans la nature.