La Ballade de Narayama
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Naram
Naram

150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2026
La Ballade de Narayama nous plonge dans un village perdu du Japon, hors du temps. Ce village est très pauvre et constamment menacé par la famine. Dans ce contexte difficile, les familles sont très attachées aux traditions et aux valeurs ancestrales. Cela est montré brutalement lorsque certaines personnes volent de la nourriture : spoiler: toute leur famille est punie et exécutée, même les enfants innocents. Tout est prétexte à éliminer des bouches à nourrir.


C'est dans ce cadre que s'inscrit la ballade de Narayama, une tradition qui consiste à emmener les personnes âgées de 70 ans mourir dans la montagne de Narayama, car elles ne peuvent plus contribuer à la survie de leur famille. Cependant, dans la famille que nous suivons, Orin, la grand-mère, est en parfaite santé, comme en témoignent ses dents encore blanches. Étonnamment, elle en a honte : elle se juge trop vigoureuse pour son âge et souhaite malgré tout accomplir ce rituel, comme l'ont fait ses ancêtres.

Malgré sa gentillesse et ses efforts pour arranger la vie de ses enfants avant son départ, elle est mal vue par le village. Cela donne lieu à des scènes particulièrement dures, notamment lorsqu'elle se mutile les dents afin de prouver à tous qu'elle accepte sa vieillesse. Son fils aîné, Tatsuhei, est profondément attaché à elle et réticent à l'emmener, même s'il considère que c'est son devoir.

Malgré ce contexte pas joyeux, le film est d'une grande beauté, aussi bien dans le lyrisme de son récit que dans sa mise en scène. Il entretient un rapport très fort avec la nature. L'histoire est régulièrement entrecoupée de gros plans sur des animaux et des insectes, soulignant leur importance fondamentale dans cet univers. Les humains et les animaux sont constamment mis sur le même plan.

Le film évoque ainsi le cycle de la vie à travers un mode d'existence très proche de celui des animaux : tout est pensé pour la survie, le mariage est avant tout fonctionnel plutôt qu'amoureux, et la mort n'est pas redoutée mais acceptée comme une étape naturelle de l'existence. Plus qu'un simple drame, La Ballade de Narayama nous montre avant tout des moments de vie simples et quotidiens, portés par une profonde réflexion sur la vieillesse, la tradition et la place de l'être humain dans la nature.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 mai 2026
La vie paisible d'une petite communauté villageoise reculée, autarcique, régie par des traditions archaïques d'une absurdité terrifiante (et je ne parle même pas de l'ubasute!)... Défilent devant nos yeux ébahis spoiler: des scènes de viol, de prostitution, de zoophilie, de châtiments barbares
, chez des habitants en appelant aux superstitions selon leurs besoins, ne manifestant de la gentillesse ou de l'humanité que par utilitarisme, considérations pratiques ou égocentriques, dans une attitude profondément hypocrite, traitant de lâche celui qui fait simplement preuve de bon sens, sacrifiant une bru innocente puis en appelant à la valeur famille... Or, cette humanité abjecte est sans cesse mise en parallèle avec la violence des animaux qui pourtant ne s'inventent pas des règles aussi cruelles. Impossible donc de s'attacher aux personnages, le jeu outrancier (notamment dans les moments dramatiques ou prétendument drôles) n'aidant pas! Quant à la dernière partie, tout en soulignant la majesté des paysages, elle insiste sur l'âpreté du chemin, la fatigue de la marche, la répétition des efforts - nous faisant bien ressentir la morosité funeste du tête-à-tête, et un ennui certain! Interminable et moralement indigeste.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juin 2025
Qui est le film ?
La Ballade de Narayama (1983) est un film du Japonais Shōhei Imamura, figure singulière du cinéma nippon d’après-guerre, souvent opposée au raffinement cérébral d’Ozu dont il fut pourtant l’assistant. Imamura filme le bas, les corps, les fluides, les instincts. Là où certains glorifient l’épure, lui creuse la glaise. La Ballade de Narayama arrive après La Vengeance est à moi (1979), œuvre crue et amorale, et s’inscrit dans la veine anthropologique de son cinéma : celle qui regarde l’homme comme un organisme plongé dans ses déterminismes biologiques et sociaux.

Le film adapte un roman de Shichirō Fukazawa déjà porté à l’écran par Keisuke Kinoshita en 1958, mais avec un style radicalement opposé. Imamura jette au feu toute stylisation, pour livrer une œuvre archaïque, viscérale, violente sans hystérie, qui nous transporte dans un village japonais d’avant l’ère industrielle, où la misère dicte les mœurs et où la tradition ordonne que les vieillards soient conduits au sommet d’une montagne pour y mourir, une fois leurs 70 ans atteints.

Que cherche-t-il à dire ?
Imamura ne fait pas un film de dénonciation. Il ne cherche pas à nous choquer, mais à nous forcer à reconnaître la logique cruelle et pragmatique d’une communauté confrontée à la rareté des ressources. Ce qu’il interroge, c’est la manière dont la société régule ses excès : de bouches à nourrir, de corps qui vieillissent, de désirs qui débordent.

La tension centrale du film, c’est celle entre la vitalité persistante du corps qui mange, qui désire, qui aime et la loi sociale qui l’invite à s’éteindre dès lors qu’il cesse d’être utile.

Par quels moyens ?
Orin, personnage central, est montrée dès les premières scènes comme trop vigoureuse pour son âge. Le fait qu’elle ait encore toutes ses dents est perçu comme une honte. Alors, seule, elle les brise sur une pierre. Cette scène est filmée sans emphase, avec un réalisme cru. Pas de musique, pas de ralenti : juste le son sourd des dents qui éclatent et le visage figé d’Orin. Ce geste violent et silencieux condense toute la tragédie du film : il ne s’agit pas de mourir dignement, mais de se rendre conforme à ce que la société attend d’un vieux corps. La mise en scène fait de ce geste une mutilation volontaire, une soumission calme et terrifiante à la norme.

À plusieurs reprises, Imamura filme les repas avec une attention documentaire. Les personnages dévorent, mâchent bruyamment, s’en foutent partout. Le manger n’est pas un moment convivial : c’est un acte de survie, de jouissance brute. Dans un plan resserré sur un visage en train de ronger une carcasse, le film rappelle que l’homme, ici, n’est qu’un animal légèrement civilisé.

Un vieillard, jugé indigne pour avoir refusé de se laisser conduire au sommet de la montagne, est maltraité par la communauté. On l’entend chanter, nu, affamé, relégué au statut de bête. Ce chant, pathétique et magnifique, déchire un instant la logique implacable du monde.

C’est sans doute le moment le plus emblématique du film. Le fils porte sa mère sur le dos, dans un silence presque sacré, à travers la montagne enneigée. Imamura filme cela comme une cérémonie païenne. Le chemin devient un rite d’effacement, une dernière étreinte entre deux corps que le monde sépare. Aucun plan ne vient signifier la douleur : c’est le paysage lui-même qui l’absorbe, comme un linceul.

Après avoir laissé sa mère sous un arbre, le fils redescend. La caméra reste un instant sur le corps abandonné, puis coupe sèchement, sans transition. Pas de tombe, pas de rituel : juste le silence. C’est là que le film est le plus cruel : quand il ne commente pas la mort, mais la constate.

Où me situer ?
Je suis resté hermétique au film, non par refus de sa cruauté, mais parce que sa radicalité m’a semblé refermée sur elle-même. J’admire l’ambition anthropologique, la sécheresse du geste, le refus de sentimentaliser. Mais à force de vouloir épouser la logique du monde qu’il dépeint, Imamura en vient à abolir tout ce qui permettrait au spectateur de respirer, de penser autrement.

Ce qui me dérange, ce n’est pas la brutalité, mais l’absence de respiration formelle. Le film est tout entier tendu vers la démonstration d’une loi biologique devenue loi sociale. Or, on aurait aimé que le film cherche des lignes de fuite, des résistances minuscules. Ici, tout est scellé d’avance, comme si la vie n’avait d’autre horizon que sa propre gestion.

Quelle lecture en tirer ?
La Ballade de Narayama est un film cohérent, implacable, d’une rigueur formelle indiscutable. Il parvient à rendre pensable ce qui ne l’est pas : la nécessité sociale de faire mourir les inutiles. Il a cette force de faire du corps un enjeu politique, de montrer que les sociétés archaïques n’ont pas le monopole de la cruauté fonctionnelle.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2025
Au coeur de la montagne, on pénètre dans une communauté japonaise isolée et exposée aux rigueurs du climat et aux hivers de famine. On peine d'abord à bien cerner l'identité ou l'organisation sociale et familiale de ces villageois du passé, hirsutes et frustes, dont les croyances et les rites déterminent la hiérarchie et les relations, parfois cruelles comme on le verra.
Mais, progressivement, on s'attache, en dépit de ses moeurs brutales et arriérées, à cette société laborieuse dont l'existence, telle que le l'évoque Inamura, semble un compromis entre le récit ethnologique et la légende, balance entre authenticité et irréalité aux confins du cinéma fantastique.
Sombre, mais avec des moments de fantaisie, le film décrit un mode tribal faisant corps avec la faune, et dont la préoccupation essentielle, instinctive, est la quête de nourriture. De cette nécessité, qui inclut la régulation de bouches à nourrir, proviennent la sauvagerie et la tradition ancestrales. La sauvagerie consiste en des pratiques odieuses; la tradition, c'est cette fameuse ballade de Narayama évoquée tout au long du film. Avec des séquences poignantes et surréalistes.
Le réalisateur, simple témoin, initie la réflexion sur les croyances, s'y soumettre par la foi ou les contester par la raison et par une posture progressiste. C'est le petit débat contingent d'un film pas toujours passionnant mais surprenant et dépaysant.
Bernard M
Bernard M

28 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2024
" La ballade de Narayama" nous fait voyager dans l'espace et le temps: japon 1860 et c'est un voyage assez réussi.Nous sommes en présence d'un peuple qui , pour respecter le rituel, doit gravir le Narayama à l'âge de 70ans, y rester et y mourir.Ce film peut se diviser en deux parties: la première retrace la vie villageoise avec plus ses problèmes ( surpopulation) que ses joies et la deuxième est un road movies pour se rapprocher des dieux, une ascension, un voyage initiatique....le personnage central est une femme qui va entreprendre ce parcours sans retour.C'est avec beaucoup de minutie et d'authenticité que le réalisateur aborde le sujet avec un côté documentaire parfois.Cependant cette première partie traîne un peu en longueur, peut-être pour que le spectateur ait le temps de se familiariser avec de nombreux personnages( même si le film gravite autour de quelques uns seulement) peut-être aussi pour que le spectateur saturé par les événements qui jalonnent la vie de ce village n'ait plus qu'une hâte: partir pour la montagne, façon de faire osmose avec celle qui n'a plus le goût de la vie ici bas.
Le voyage paraît ainsi comme l'apothéose tant attendue si on n'a pas décroché avant!.Le film ,proche de la nature, est aussi dur,bestiaire et bestial, à la limite parfois du soutenable en mettant des animaux en parallèle avec les humains dans des scènes assez scabreuses parfois;
C'est pourquoi j'ai trouvé le film intéressant mais avec quelques réserves plus sur la forme que sur le fond
Olivier Gallais
Olivier Gallais

11 abonnés 44 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 mai 2022
Affreux, égoïstes et méchants. D'une bêtise horrible. On ne s'attache à aucun des personnages. Une Palme d'or pour ce film ????!!!!!
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2022
Le film de Shōhei Imamura « La Ballade de Narayama » adapté d’une nouvelle de Shichirō Fukazawa, a obtenu la Palme d'Or à Cannes en 1983 et ce réalisateur japonais en obtiendra une seconde en 1997 avec « L'Anguille ».
Nous sommes au 19ème siècle dans un village très pauvre et isolé dans les hauteurs du Shinshū. La coutume veut que les sujets de plus de 70 ans soient portés par leur fils aîné au sommet de Narayama - « la montagne aux chênes » - pour y mourir afin de permettre aux plus jeunes de pouvoir survivre en termes de nourriture.
Orin-Yan a 69 ans et reste alerte mais par respect de la tradition, elle imposera à son fils Tatsuhei ce voyage vers la mort qui doit être débuté la nuit sans que personne ne soit au courant, et durant lequel personne ne peut parler et ne peut revenir en arrière sous peine de « honte » pour la famille. Toutefois elle va auparavant mettre de l'ordre dans ses affaires : trouver via le marchand de sel une bru capable de tenir le ménage de Tatsuhei (veuf et père de 3) ; assurer le dépucelage de son benjamin qui pue de la gueule et marier son petit-fils tout en punissant la belle-famille d’un village voisin qui a pillé les réserves du village.
Le début de ce film qui dure plus de 2 h est un peu lent avec une certaine confusion entre les différents personnages (et nombre de scènes de nuit) et des notions ébauchées d’inceste, d'infanticide et même de zoophilie et de très nombreux animaux dont le symbolisme nous échappe. Ce début montre surtout l’âpreté de la vie de ces villageois où une bouche à nourrir représente tant d’efforts. En revanche la « ballade funeste » qui se termine sous la neige tombante est superbement réalisée et on ressent pleinement la tristesse du fils et inversement la volonté de la mère de ne pas enfreindre à cette loi ubasute sous peine de honte !
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 386 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 janvier 2022
Manger ou être mangé, tel semble être la moralité de ce film.
J’ai aimé le cadet qui pue mais qui chante.
La disparition de La maison où il pleut : tous enterré vivants parce qu’ils avaient volé les villageois.
Et toujours pieds nus sur des semelles de cordes.
Omniprésence des petits animaux (rongeurs, serpents)
Le vent, signe de la présence des esprits.
Le dernier quart d’heure du film, tout en silence, est magnifique.
GéDéon
GéDéon

133 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 août 2021
Ce film permet au cinéaste japonais Shohei Imamura de remporter sa première Palme d’or au festival de Cannes en 1983 (il en obtiendra une seconde quatorze ans plus tard avec « L’anguille »). Pour un spectateur occidental, il peut manquer quelques clés de connaissance culturelle pour décoder les coutumes ancestrales de cette société rurale nippone du XIXème siècle. Néanmoins, le réalisateur délivre un message universel, parfaitement éclairé par les métaphores du monde animal, à savoir la survie, la faim et le respect des traditions. En outre, la dernière partie du long-métrage qui retrace la lente ascension vers le sommet de la montagne Narayama, lieu de repos éternel pour les personnes âgées, possède une intensité remarquable. Bref, une œuvre difficile d’accès mais qui mérite d’être vue.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 mai 2021
La lenteur élevé au rang d'art. Les Japonais savent faire cela... et c'est beau... parce que l'émotion s'inscrit en vous durablement.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 avril 2021
C’est l’adaptation d’un texte de Shichirô Fukazawa, déjà mis en images par Kinoshita Keisuke en 1958. Tableau cru et cruel d’un mode de vie rural où l’homme, par ses instincts et ses actions, paraît être un animal comme les autres. Le réalisateur se plaît à établir de nombreuses comparaisons visuelles entre la vie des personnages humains et celle des serpents, souris, insectes… Regard malicieusement critique qui invite à l’humilité. On suit ce déroulé des jours avec curiosité, malgré quelques longueurs, une certaine sécheresse et une image très sombre où l’on ne distingue pas toujours grand-chose. Une scène sidérante : la vindicte populaire, fulgurante et radicale, contre une famille de voleurs… Et puis on en vient à ce qui fait la force tragique du film : le périple de la vieille femme, portée par son fils, vers son lieu de mort, le sommet de la montagne de Narayama. Découverte d’un incroyable cimetière d’ossements, peuplés de corbeaux, dont la poésie horrifique sera décuplée par l’arrivée de la neige. C’est là que naîtra l’émotion, enfin, au cours d’un adieu enlacé aussi simple que bouleversant. Émotion qui trouvera encore quelques échos, par la suite, via les menus détails d’un quotidien orphelin.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 mai 2020
Palme d'or à Cannes en 1983 pour cette ballade de Narayama, récompense largement méritée au vu du spectacle magistral qui nous est proposé. Juste magnifique.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 février 2020
«Affreux, sales et méchants» dans le Japon profond du XIXe siècle.
Un conte inégal à la fois âpre, cruel et pathétique. Si la première partie est assez ennuyeuse, la dernière est bouleversante.
Palme d'or en 1983.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 janvier 2020
Une palme d'or qui m'échappe... C'est certes jolie niveau paysage mais le scénario n'est pas très intéressant et d'un point de vue mise en scène rien de bien transcendant... Il y a un rapport à la nature et son rapport avec l'humain OK et puis quoi ?? Bah pas grand chose en fait... Les personnages tous hystériques sont caricaturaux et ne subissent à vrai dire aucune évolution... Seul la dernière partie du film trouve intérêt à mes yeux car le film prend sens dans une certaine poésie propre au cinéma japonais mais bon... C'est 20 minutes sur 2h30...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 janvier 2020
Excellent film. C'est cru/sale (l'hygiène !), mais bien fait. Ça montre un village de paysans japonais au 19 ième siècle. Le réa semble adorer les serpents entre autres. Moi j'aime pas les serpents...
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