Une sorte d’Ovni, cinématographique, très déstabilisant. Il y a des surprises déroutantes, et des invraisemblances absolues, et puis soudain on bascule vers un discours très sérieux sur l’homosexualité, sur la différence, sur le choix de sa sexualité, et puis 5mn plus tard on va retomber dans le grand guignol, l’absurde et les deux héros nous font penser à des Pieds Nickelés en vadrouille. Les dialogues sont plutôt bons, et Alain Guiraudie n’hésite pas à parler de sexe de manière décalé, très ouverte, très crue, le langage est un vrai langage authentique, des mots du quotidien, très vulgaire mais stylé . Idem pour les scènes de sexe, bien filmées,très bien filmées, pas vraiment érotique dans le sens esthétique, mais des corps nus , en train de faire l’amour, de jouir, la nudité en frontal, sans fioriture, très puissant, dérangeant. Bien simulés , cela n’a pas dû être évident, au vu de la différence de gabarit des deux amoureux . Hafsia Herzi est absolument formidable, avec son charme mystérieux, envoutant, et ici un érotisme de femme amoureuse prête à tout donner ,à pousser les limites de sa sexualité pour plaire à cet homme mûr qu’elle aime mais qui a une sexualité complexe . Elle constitue un atout majeur pour le film . Ludovic Bertihllot, spécialiste de second rôle, est excellent , mais quel contraste avec Hafsia , toute petite et frêle. Une incroyable scène finale, où le héros revient au bercail et s’endort tendrement dans les bras de 4 autres hommes gays . Enorme. Guiraudie est vraiment un auteur complètement inclassable, que l’on ne peut rattacher à aucune école. Un grand talent aussi dans sa direction d’acteur, car tous les acteurs sont excellents y compris les seconds rôles, on devine qu’ils adhérent complètement à cette proposition alternative et assez rebelle.
Si la veine Guiraudie est là (le sexe et l'amour pour tous), l'introduction d'humour ne fonctionne pas et floute le talent habituel du réalisateur. L' interprétation très moyenne des seconds rôles ne fait qu'alourdir l'ensemble. Bref, indigeste et décevant.
Je rattrape ce film des années après sa sortie, entre temps j'ai eu l'occasion de me frotter au cinéma d'Alain Guiraudie avec "Miséricorde". L'effet de surprise est donc sans doute amoindri que pour quelqu'un qui l'aurait découvert à froid en 2009. Pour autant, j'ai apprécié l'audace du "Roi de l'évasion". L'histoire d'Armand, vendeur quarantenaire de matériel agricole dans le Sud-Ouest. Armand est homosexuel, a un physique plutôt grassieux que gracieux. Ses penchants sexuels sont chamboulés le jour où débarque dans sa vie Curly, une lycéenne de 16 ans qui s'éprend passionnément de lui. Alain Guiraudie traite ainsi de sexualité, et surtout celle que l'on ne voit pas du tout dans le cinéma grand public (encore moins en 2009 !). Celle des hommes mûrs, gays, pas vraiment beau gosses, et à la campagne. Les zones de dragues sur des routes reculées, les drogues cultivées en cachette pour du chemsex, les tensions sexuelles latentes... Le tout de manière parfois crue, mais toujours avec une touche absurde ou décalée. La particularité de ce cinéma étant que l'image reste très sobre. Entre une peinture très posée du Sud-Ouest, des acteurs subtils, des mouvements de caméra simple. Le décalage vient du montage qui juxtapose les situations ou les ellipses, et de personnages ou dialogues étranges. Dont par exemple cet amusant commissaire raide et guindé, qui débarque toujours à l'improviste ! Et puis c'est une excellente idée d'avoir pris Ludovic Berthillot pour le rôle principal. L'acteur est habitué des troisième rôles patibulaires avec sa carrure forte (videurs, taulards, gros durs en tous genres...). Il incarne ici avec beaucoup de sensibilité cet homme timide qui doute de sa sexualité, et qui se trouble de sa relation immorale avec une très jeune femme. Un contre-emploi très courageux. La jeune fille est incarnée par Hafsia Herzi (majeure au moment du tournage, précisons-le). Si sa diction parait plus scolaire à l'écran que ses partenaires de jeu plus âgés, cela participe aussi au décalage. En tous cas elle parvient néanmoins à donner un côté naturel à son personnages, malgré la relation gênante sur le papier. En résulte une comédie à la fois touchante et décalée, qui a le mérite d'être courageux et de traiter des sujets peu vus au cinéma.
Ce film visionne en 2026 sur le site d'arte est un scandale A la 58eme minute une scène de viol Une jeune femme de 16 ans se jette dans les bras d'un homme de 46 ans qui la viole à plusieurs reprises et Monsieur Guiraudie trouve ça fun et léger
Un torchon mysogyne à très vite oublier, à ne surtout pas montrer à des femmes c'est juste horrible
Armand, un quadragénaire homosexuel vivant à Albi, secourt une (très) jeune fille, Curly, et tombe amoureux d'elle. Ils doivent fuir les parents de Curly et la police pour vivre librement leur amour. C'est d'une idée de scénario sulfureuse que Guiraudie part pour ce film, mais sa forme de conte désamorce tout ce qui aurait pu le rendre scabreux, sans pour autant le ramener dans le domaine de la morale. Si ce plaidoyer pour la libre expression et consommation des désirs est donc plutôt drôle et réjouissant sur le fond, aidé en cela par de bons dialogues, le résultat final est toutefois plutôt contrasté, car le scénario est par ailleurs assez mal amené et la réalisation sans éclat. Tout en reprenant un certain nombre d'idées déjà visibles ici, les films de Guiraudie qui ont suivi sont tous plus enthousiasmants.
Si le rejet du conformisme reste la marque de fabrique du réalisateur Alain Guiraudie, cela n’exclut pas de s’appuyer sur un scénario travaillé. Or, pour son troisième long-métrage sorti en 2009, il a manifestement oublié de se pencher sur la question. Même si le récit contient une vraie insolence agrémentée d’un ton burlesque, son caractère foutraque anéantit toute réflexion. L’histoire de cet homosexuel bedonnant remettant en cause ses désirs charnels après avoir rencontré une adolescente peu farouche (Hafsia Herzi), ne sert de prétexte qu’à l’enchaînement de scènes d’amour sans filtre. Les courses-poursuites en slip à travers la campagne ensoleillée du Tarn deviennent ainsi l’unique fil conducteur de ce fourre-tout inconsistant. Bref, une comédie libertaire peu inspirée.
Alain Guiraudie signe une détonnante comédie, insolite même par la simplicité anecdotique du sujet et par ses personnages ordinaires, villageois de la campagne profonde dont la plupart sont dspoiler: es homosexuels grisonnants et bedonnants très éloignés des canons du genre!
Le vendeur de tracteurs du coin est un synpathique quadragénaire, un gros "nounours" gay qui va malgré lui se mettre dans l'embarras après qu'une adolescente (la jolie Hafsia Herzi dans un contre-emploi impudique et audacieux après son rôle dans "La graine et le mulet") s'est entiché de lui contre toute attente.
"Le roi de l'évasion" est un titre malicieux qui ne détermine pas un film d'action mais quelques séquences cocasses où Armand et Curly s'emploient désormais à échapper à ceux qui les poursuivent dans la campagne, spoiler: un père vindicatif et un flic inquisiteur notamment... Dans un esprit gentillement absurde, la comédie rurale de Guiraudie intègre des scènes assez crues et salaces d'autant que les quinquas du village s'en remettent volontiers à un spoiler: aphrodisiaque miracle!
Un curieux film qui nous conte les tribulations d'un homosexuel vendeur de tracteurs qui s'entiche d'une collégienne - plutôt l'inverse d'ailleurs - qu'il a sauvé d'une tournante. leur amour improbable, mais je n'ai pas dit impossible, est la proie de maintes entraves de la part de l'entourage. Ce film m'aura permis d'apprendre qu'il existe un service de protection de l'adolescence déviante. Je me demande ce qu'ils peuvent mette sous le terme "déviant". S'en suit alors une fugue de nos tourtereaux, victimes d'une chasse à l'homme quelque peu rocambolesque. Une escapade surréaliste de l'homme en slip et de son amante nubile. En parallèle, la forêt recèle une culture très particulière d'un plant qui quand on en mange décuple les capacités de résistance et de jouissance Et subitement Armand change d'avis, trouvant cette fuite ridicule, se défaisant de Curly qui au passage le poursuit pendant 5 minutes après avoir laissé le gaz allumé dans la maison inoccupée où ils avaient trouvé refuge Je ne raconterai pas davantage la fin du film qui une apothéose d'érotisme torride comme on en a rarement vu au cinéma. "Tout homme est un homo qui s'ignore" voilà ce que pourrait être la morale de cette histoire. Le cinéma français dans son ensemble semble vouloir insister sur ce point.
Le pitch : Armand, 43 ans, agriculteur et homosexuel de son état, tourne sa cuti et s'éprend d'une jeune de 17 ans. (déjà on sent l'enfumage... Comme si un homo pouvais décider juste comme ça de l'objet de sa libido...). Évidement le père n'est pas franchement d'accord, et il finit par s'échapper avec la belle... Une chasse-poursuite s'ensuit, à l'issue incertaine... Voila ll' début de cette histoire abracadabrantesque du départ... Le tout est parsemé de scène de coucheries forestières (c'est bien connu, une grange, c'est pas assez grand pour les ébats...) homosexuelles ET hétérosexuelle, sans grand intérêt... Comme le film au demeurant dont le scénario met régulièrement Armand dans des situations où il court comme un fou en slip dans la nature... spoiler: (il faudrait dire au réalisateur,que pas plus qu'un flexitarien est une sorte de végétarien qui mange de la viande, un bisexuel n'est pas un homosexuel... Mais c'est vrai que son film perdrait en saveur avec un bisexuel qui s'enfuit avec une jeunette de 17 ans...Et dans ce cas, le pitch perdrait de son parfum inhabituel pour se perdre uniquement dans une histoire glauque de cul pédophile... Et le héros serait moins sympathique du coup...)
Pour moi film idiot et sans intérêt qui reflète sans doute les penchants pédo du scénariste...
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18 103 critiques
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1,0
Publiée le 2 avril 2021
Un bon début serait l'abus total voire frauduleux du mot comédie pour décrire ce film. Compte tenu de l'intrigue un homme homosexuel d'âge moyen dans un petit village français s'engage dans une relation avec une jeune fille de seize ans. Je savais que je ne me roulerais pas dans les allées en riant mais je m'attendais à de l'esprit et a cette l'ironie mais puisque ce sont des Français après tout pourquoi pas. Ce que j'ai eu c'est une poignée de répliques mal placées pas drôles et une absence totale de scènes comiques même légères. Ce qui m'amène au problème suivant la soi-disant intrigue. Encore une fois je ne m'attendais pas à une épopée hollywoodienne mais simplement à une intrigue bien écrite avec des personnages forts. Mais c'est une série de scènes sans aucun sens particulier dont un grand nombre se concentraient sur un homme faisant du vélo courant ou ayant l'air socialement inepte. Les personnages étaient unidimensionnels pour lesquels je n'ai ressenti aucun intérêt aucune empathie ou affinité. Je n'avais aucune idée de la direction que prenait le film (qui est nulle part d'ailleurs) et j'ai eu l'impression que le réalisateur non plus ne le savait pas. En bref j'ai trouvé ce film auto-satisfait prétentieux et surtout très ennuyeux...
Le film est une "cavale sexuelle" loufoque et plaisante. On peut dire qu'il est aussi débridé. L'homme s'offre une pause jouissive dans son existence banale et ce sera l'occasion pour lui de pimenter sa sexualité !!! Le couple atypique est amoureux et se balade dans les champs en slip !! "J'ai pas envie de mourir" dit l'homme qui prône au final à travers ce film la liberté et le bonheur d'aimer sans contraintes !!! Guiraudie a cette faculté de filmer les corps nus sans gêne en invitant à la tendre sensualité et même à nous faire partager avec un plaisir non dissimulé le désir de ces hommes nus!!!! La dernière scène est un petit pied de nez assez marrant!!
« Le roi de l’évasion » est vraiment un film singulier, une sorte de Roméo et Juliette chez les paysans qui trafiquent la « Dourougne », un tubercule aux vertus proches du Viagra. Les personnages sont hauts en couleur (le commissaire en tête) et aux mœurs légères, avec ou sans aphrodisiaque et de manière hétérosexuelle ou homosexuelle, peu importe tant que le plaisir est là ! C’est rafraîchissant, innovant et drôle si bien que ça donne envie de découvrir un peu plus la filmographie étonnante de Guiraudie !
Du pur Guiraudie, beaucoup d'humour, plus ou moins volontaire (la séquence "sensation fraîcheur" est à mourir de rire) et une liberté de ton unique dans le cinéma français. Cela n'est pas toujours suffisant, le récit manquant parfois de crédibilité (le succès d'un vieillard chez les hommes de son entourage), mais il faut avouer que l'insistance du propos a le mérite de la cohésion (la scène finale est grandiose où le personnage le plus moralisateur est lui-aussi pris au piège).