L'idée de départ peut sembler terriblement nombriliste et, au mieux, vaine. La vie des actrices, leurs angoisses et leurs états d'âme(s), on s'en fout. La qualité première du film de Maïwenn est de prendre (du moins, en apparence) le contrepied de ce à quoi on pourrait s'attendre. Son film est en réalité un jeu de miroirs, réfléchissants ou déformants, jonglant joyeusement entre réalité tangible ou fantasmée, suppositions et légendes, clichés et vérités. Dans une sorte de puzzle bigarré, dont les formes ne s'assemblent pas forcément correctement, l'actrice-réalisatrice prend le parti sérieux de rire et de se perdre, sans pouvoir toujours se rattraper. On ne sait pas toujours où elle va, aussi ne la suit-on pas forcément partout. Mais puisqu'il s'agit ici d'actrices, parlons-en. Reconnaissons d'abord à toutes les participantes le mérite (et non le courage, il ne faut pas exagérer) de se prêter avec professionnalisme et légèreté au principe d'auto-dérision qui habite le film de bout en bout. Rire de soi est la meilleure preuve que l'on a de l'humour. Et rien que pour cela, toutes nous sont éminemment sympathiques. Karin Viard, tout d'abord, exceptionnelle dans un rôle caricatural mais très drôle, Marina Foïs ensuite, excellente dans ce qu'on devine être une variante assez proche de sa réalité, Jeanne Balibar drôlissime dans ses coups de gueules et ses allusions à Mathieu Amalric, Charlotte Rampling, touchante en vieille anglaise solitaire au milieu de ses tapisseries à fleur… Reconnaissons également la justesse de Romane Bohringer et de Mélanie Doutey, très convaincantes dans une partition particulièrement casse-gueule. Les autres sont égales à elles-mêmes, même si elles ne crèvent pas l'écran. Ajoutons à cela quelques personnages masculins plutôt sympathiques, Joey Starr excellent et Yvan Attal qui n'a sans doute jamais été aussi bon… En résumé, même si l'on ne comprend pas tout (les fantasmes avec Estelle Lefébure notamment), on rit de bon cœur !