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Arthurlamouche
14 abonnés
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3,5
Publiée le 4 juillet 2011
Le film manque un poil de rythme mais Kiarostami, grâce à sa mise en scène, parvient à faire de cette histoire de couple quelque chose de beau. Les acteurs sont beaux, le village est beau, la Toscane est belle. Et le fait de commencer le film en nous faisant croire qu'ils ne se connaissent pas est une sacrée trouvaille.
Lauréat de la Palme d'Or en 1997 avec Le Goût de la cerise, Abbas Kiarostami revient avec Copie conforme (2010), un remarquable drame sentimental dans lequel un homme et une femme se donnent la réplique durant plus de 100 minutes. Viennent-ils de se rencontrer ou sont-ils en couple depuis bon nombre d'années ? Le cinéaste Iranien prend un malin plaisir à brouiller les pistes et à semer le trouble. Ainsi, il faudra attendre près de 45 minutes pour enfin savoir à qui on a réellement à faire. Abbas Kiarostami y dresse ici de passionnants portraits, auxquels on s'attache et ce, malgré les nombreuses interrogations qui viennent sans cesse nous tirailler. Tourné en Italie, en Toscane, le cadre est sublime, le soleil sur ces vieilles pierres, ce couple déstructuré mais s'aimant encore. Juliette Binoche illumine de sa présence (son Prix d’Interprétation Féminine à Cannes n'y est pas pour rien), face à William Shimell (un chanteur d'opéra mondialement connu qui s'essaie pour la première fois au cinéma !). Ils sont tous les deux brillants, à tel point que l'on en redemande encore !
Voilà un film qui ne peut faire l'unanimité... Kiarostami choisit une mise en scène particluièrement sobre et classique (à part son jeu de miroir) pour un sujet très théâtral. On suit un couple qui discute et débat sur la valeur de la copie dans l'art avec un parallèle évident sur leur vie de couple. Aux décors splendides se joint des dialogues denses mais particlièrement intéressants, encore faut-il pouvoir tenir tant le film est très bavard ! Le duo star joue à la perfection n otamment Juliette Binoche qui mérite (n'en déplaise aux aveugles) son prix d'interprétation à Cannes. Alors oui sans doute un poil trop figé et bavard mais le film offrre son lot de plan magnifique, de scènes superbes d'émotion (surtout à la fin) et une réflexion riche sur l'art et aussi sur le couple. A voir et à conseiller sqauf aux adeptes uniques du film commercial.
"Copie conforme" permet de confirmer ce que l'on avait suspecté lors du passage de Wong Kar Wai par les Etats-Unis : même les grands cinéastes ne peuvent qu'y perdre à s'éloigner de leur "territoire". Si l'on retrouve ici tous les composants de "l'Art" suprême de Kiarostami (son filmage patient et juste, son attention quasi surnaturelle envers ce qui se lit de l'âme sur le visage, et bien entendu son talent redoutablement "wellesien" à faire basculer spectaculairement sa fiction en jouant sur les apparences - ce qu'on voit n'est pas forcément ce qui se passe...), la "formule" - qui reste magnifique, attention ! - tourne à vide : l'utilisation de l'art comme commentaire de la vie amoureuse est peu convaincant, le drame du couple "bourgeois" occidental reste banal, Binoche semble régulièrement fausse, mal à l'aise sans doute face à l'attention qui lui est portée, et au final, la conclusion suspendue est ici plus un aveux d'impuissance qu'un geste stylistique : "Copie Conforme" aurait au contraire gagné à se conclure de manière plus "kiarostamienne", soit en inscrivant son couple déchiré dans la beauté des paysages italiens, soit en redonnant un "twist" fictionnel qui permette une nouvelle remise en perspective de sa narration. Dommage !
Un film assez déroutant et insaisissable. J'ai du mal à voir ce dont Abbas Kiarostami a voulu nous dire à travers ce film, quel était réellement son sujet. J'ai du mal à croire qu'il s'agisse d'un simple tour de passe-passe, d'une simple farce, ou d'une réflexion plus ou moins rapide sur le sens de la copie dans l'art (réflexion qui disparait progressivement au fur et à mesure qu'avance le film). Quoiqu'il en soit, il y a quelque chose dans son film, car rien que dans la mise en scène il y a des passages qui révèlent de véritables farces de la part du réalisateur ("faux" contrechamps par exemple) mais le tout reste assez nébuleux. Pas désagréable à regarder, mais y a t-il quelque chose de plus profond derrière ?
Le couple, les idéaux que l'on se fixe, l'usure, le renouveau ou pas etc... Je ne dis pas que ça ne m'intéresse pas. Je ne dis pas que c'est pas mal fait. Je ne dis pas que c'est très bien interprêté (il faut le faire, passer d'un personnage, d'une incarnation à une autre en un instant). Mais qu'est ce que c'est long et bavard ! Toutes ces dissertations ne mènent nulle part au final. Quelques éléments à attraper au vol, mais globalement on étouffe face au pensum imposé. Rien n'éclairci le propos, pas un moment de respiration. La Toscane est réduite à des endroits petits et clos. De l'apnée qu'aurait aimé plus vivifiante.
Compliqué, c'est le premier mot qui me vient à l'esprit ! Pas du tout dans son scénario, mais bien dans le traitement des idées présentées dans le film.. Les dialogues fusent sur des sujets parfois pointus, si bien que je n'ai jms réussi assez vite à avoir une opinion propre qui m'aurait permis de m'inviter dans leurs (d)ébats. Je les ai donc parfois suivis sans véritable intérêt !
Plus qu'un film, c'est une réflexion, un cri du coeur qui vient de l'intérieur de cette femme et pour s'intéresser à qqun qui réfléchit, il faut soi-même réfléchir !
Un p'tit tour de passe-passe scénaristique assez déroutant car je n'en ai pas perçu le but. Ca fonctionne car j'ai mis les pieds en plein dedans mais si c'est une réflexion intellectuelle voir philosophique sur le paraître, le contenu me semble bien léger malgré une interprétation et une réalisation intéressante...
Avertissement aux spectateurs : il est bien épineux d'émettre un jugement prompt sur Copie Conforme, le dernier film d'Abbas Kiarostami, primé pour l'interprétation de Juliette Binoche à Cannes au mois de mai dernier. Cette "oeuvre sur les oeuvres" du cinéaste iranien se voit en effet plombée par un première mauvaise impression, celle d'un film très beau mais bavard, intello et prétentieux qui ne mènerai qu'à un discours philosophique filmé, celui de l'écrivain James Miller - un parent de Gérard Miller, probablement - débattant à bâton rompue avec une lectrice de la puissance des faux, des copies, sur les originaux - discours plus ou moins passionnant, mais en tout cas nullement mis en valeur par la lenteur de cette première partie. L'aisance avec laquelle les deux inconnus débattent du sujet, tout naturellement et sans plus de présentations, en s'offrant une virée en voiture, la colère du personnage féminin (sans nom) dans la défense de ses arguments, tout cela semble peu crédible et ne facilite pas l'immersion : on suit le film à reculons, presque énervé par ces deux philosophes pédants. Puis, vient le "twist"... non pas final, mais médian, qui vient enfin nous rassurer quant à l'intérêt du film (et nous réveiller, au passage). En effet, au beau milieu de cette intrigue peu palpitante, les bizarreries du jeu des acteurs et l'incohérence du rapport qu'entretiennent leurs personnages prennent sens, quand nos deux protagonistes déclarent être mariés depuis 15 ans ! Faut-il croire que ce vieux couple s'est amusé à jouer les inconnus flirtant autour d'un écrit ? Ou bien que ces deux inconnus, portés par le sujet du livre, s'amusent à copier un vieux couple ? Des détails abondent dans les deux sens et peuvent défendre les deux théories. La "copie" devient aussi convaincante que la réalité, mais surtout, elle est plus belle et plus touchante. Copie conforme finit donc par convaincre et passionner, malgré sa lenteur et son apparent sérieux. Il provoque des réflexions et éveille des sentiments rares au cinéma, pièce unique d'un cinéma moderne exigeant. Sa beauté si particulière, qui se révèle progressivement à notre esprit de spectateur, après une bonne maturation, ne trouvera de similarités et d'influences que dans le néoréalisme, chez Rossellini et Antonioni, cinéastes dont Kiarostami hérite en plus des paysages italiens.
Le plus grand cinéaste iranien... l'une des plus grandes actrices françaises... le résultat? Un film qui ne ressemble à aucun autre, un film qui semble partir sur un chemin de tous les jours et qui peu à peu devient de plus en plus complexe, de plus en plus jouissif, de plus ou en plus mystérieux... le couple est-il réel ou est-il la copie conforme de celui évoqué au début? On ne sait plus et c'est ce qui rend le film encore plus réussi...
La prétention de ce dialogue de philosophie existentielle n'a d'égal que l'ennui qu'il distille. Les échanges aussi creux que bavards de ce couple fantasmé relèvent d'un insupportable snobisme intellectuel, et ne débouchent sur aucune idée structurée. Quelques rares belles images de Toscane ne suffisent pas à faire un film.
Un film étrange, sur le coup j'ai trouvé ça sympa mais un peu chiant, puis en sortant de la salle le film me hantait. Un film donc très intéressant, porté par des acteurs rayonnants.
Avec Copie conforme, Kiarostami nous livre une vision tout à fait intéressante, et pertinente, du mariage avec en toile de fond une certaine réflexion sur l'art. Le film est certes déroutant, entre autres du fait du changement de relation entre les deux personnages principaux dans cette fameuse séquence du petit café en plein village de Toscane. Passons-nous de la réalité au fantasme ? Ou au contraire, passons-nous d'une forme de jeu à une réalité plus profonde, plus "triste", mais aussi beaucoup plus réaliste ? Car oui, ce film est profondément réaliste jusque dans ces dialogues d'agrément relativement nombreux, emprunt de la quotidienneté de la vie. Mais, même si ces petites phrases sont nombreuses, elles ne cachent pas la virtuosité des dialogues entre l'ingénue Binoche et son cynique époux. L'un et l'autre sont aux extrémités d'une sorte de fil, mais pourtant inévitablement attirés l'un et l'autre. Une sorte de "je t'aime, moi non plus" marquée par 15 années de mariages. En outre, si le fond est intéressant, nous ne saurions passer outre la forme. On remarque que Kiarostami filme ses personnages de manière extrêmement proche tout au long du film. La majeure partie du temps nous sommes en présence d'un plan taille, voir plan poitrine. Cet effet nous rapproche non pas en tant que spectateur, mais en tant qu'humain, de ces personnages. Cet effet est renforcé par les multiples plans où le personnage est filmé seul dans son cadre, face caméra. Ainsi, nous nous trouvons au cœur de ces discussions, au cœur de ces troubles entre époux, entre homme et femme, et nous sommes à même d'en saisir les moindres nuances. Il y aurait bien des choses à dire sur ce film... Le rapport à la modernité, la critique acerbe du mariage parfois forcé (fabuleux plan de cette mariée au regard vide, assise sur une chaise au premier plan, son époux présent tel un fantôme derrière elle)... Je regrette cependant l'absence de plans d'ensemble sur le fabuleux décors qu'offre la Toscane.
Je ne suis pas un habitué d'Abbas Kiarostami, mais je dois avouer que son film est stupéfiant ! Un film basé essentiellemnt sur la dualité Homme/Femme - Acteur/Spectateur- Ecrivain/Lecteur etc, etc... Un film très intelligent avec des dialogues trés percutants, qui nous font prendre conscience de l'incompréhension qui existe entre deux êtres différents, par leurs sexes, leurs professions, leurs classes sociales, etc, etc... Une juliette binoche lumineuse, dans cet univers très "Arty" un long-métrage, la littérature, la peinture, la sculpture et par la même occasion, l'Art dramatique. Un film bluffant ! (mais je comprendrais tout à fait, s'il ne plaisait pas à tout le monde !...)