L'espionnage à la française,émigré à Londres.Nicolas Saada l'a dit.Il a essayé d'apporter une touche de délicatesse européenne à un genre historiquement américain.Cette mixité culturelle est un atout.Un simple bagagiste de Roissy,surpris en train de fouiller une valise diplomatique,est contraint de rencarder la DST,de Londres,sur la piste de terroristes syriens,liés à un industriel briton.Pour réussir son entreprise,il doit séduire la femme de ce dernier.Seulement,il est rattrapé par ses sentiments pour elle.Le couple contrarié est des plus réussi,parce qu'il possède 2 acteurs de grande valeur.Guillaume Canet,filou je m'en foutiste,baisse sa garde.Géraldine Pailhas,cérébrale et intimidante,ne demande qu'à chavirer.Pas besoin de mots,une entrainte les lie,un regard les désarme.Le contexte,potentiellement explosif,renforce leur union.En revanche,la partie espionnage,qui est quand même le point de départ de toute cette affaire,tombe à l'eau,à cause d'une crédibilité moyenne et d'une consistance toute relative.Comme si Saada n'assumait pas le véritable sujet de son film:l'amour de 2 êtres secrets,pas à leur place.Canet se montre moins renfrogné qu'à l'accoutumée,mais c'est surtout Pailhas,impeccable de grâce et de féminité,qui étonne.Dommage alors qu'"Espion(s)"apparaisse si inachevé.