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Un visiteur
5,0
Publiée le 15 mai 2014
Avant Take Shelter et Mud, il y a eu ce premier film de Jeff Nichols. Impressionnant de maîtrise et de maturité pour un premier long, le film repose plus sur ses qualités technique (les acteurs, sublime Michael Shannon, la parfaite mise en scène) que sur l'histoire. Incroyable d'intensité et d'émotion, un grand premier film.
Pour faire court: Superbe histoire. Sans être originale, le film reste prenant de bout en bout sans doute grâce à une mise en scène qui à quelque chose de spécial et qui donne tout son charme au film.
Un excellent drame de Jeff Nichols. Michael Shannon incarne un homme qui a perdu son père. Une belle relation de complicité entre trois frères à affronter le deuil et à continuer de vivre.
Du ciné-indé-ricain comme on l'aime, folk-rock et grands espaces, pick-up, whiskey et fusil à pompe. Ils sont trois frères, élevés dans l'honneur et la haine, le père a refait sa vie, la mère a préféré s'enfuir à son tour. Mutisme viril et violence contenue, amour fraternel et duel de familles, on se croirait presque dans un western eastwoodien transposé aujourd'hui. Les cow-boys ont modernisé leurs fringues et leurs armes, ils se sont mis à la pêche ou l'agriculture, mais au fond ils sont toujours les mêmes. Belle entrée de Nichols parmi les bons.
Comme quoi c'est pas compliqué de faire un vrai film avec un vrai mec derrière la caméra et de vrais mecs devant. Jeff Nichols est un artisan et un artiste, qui possède les couilles et le cerveau. Shotgun Stories coupe le cordon ombilical du cinéma. Les meutes de chien se croisent, s'aboient dessus et se mordent, et la seule question qui demeure quand les chiots sont perdus et les chiens écorchés, c'est : Pourquoi ?
Pourquoi je ne sais pas. Ce que je sais c'est que c'est un putain de bon film.
Jeff Nichols un nouveau venu dans le monde du cinéma signe ici un premier film fortement influencer par celui qu'il considère comme un Maître Terrence Malick (cela nous fait un point commun).
La réalisation est lente et il film la nature comme le Maître.
Mais Jeff Nichols arrive à faire naître une tension dans son film en racontant une histoire qu'il a créée sur la vengeance entre deux familles qui ne se supportent pas dans une Amérique profonde magnifique.
La narration est parfaite c'est très bien filmé il y a notamment quelques scènes inoubliables, bien que ça soit globalement moins profond "qu'American history x".
Je suis persuadé que ce film prendra encore plus de valeur avec le temps grâce à ce jeune réalisateur talentueux qui va certainement réaliser de très grands chefs-d'oeuvre par la suite.
J’ai pu découvrir le cinéma de Jeff Nichols grâce au bouleversant Take Shelter, sorti début janvier sur nos écrans. Ce dernier était d’ailleurs une double découverte, puisque c’est aussi Michael Shannon qui était apparu à moi comme un excellent acteur. Il n’est nul besoin de détailler davantage les raisons qui ont fait que je me devais de découvrir Shotgun Stories, premier long-métrage du réalisateur. La première chose qui surprend, c’est le grand calme qui a l’air de précéder la tempête, dans une atmosphère aussi apaisante qu’étouffante. Tout du moins, c’est ce que pourrait laisser présager un tel pitch, où les armes semblent détenir une part importante du film, allant même jusqu’à occuper le titre. Et pourtant non, le calme demeure encore et encore. Cette sérénité a beau éclater à certains moments, c’est à l’intérieur que ça bouillonne. Dès lors, on peut se dire que Shotgun Stories n’est ni plus ni moins qu’une ébauche de Take Shelter, où l’utilisation du silence sera présente jusqu’à ôter à la fille du protagoniste son pouvoir de parler. Par ailleurs, Michael Shannon n’a pas véritablement d’occasions d’exploser face à la caméra, ici, tandis que cette année, il est le détenteur d’une des plus marquantes interprétations en père de famille psychotique. On peut très certainement expliquer cela par le simple fait que, dans Shotgun Stories, le personnage de Shannon soit un ainé devant faire de son mieux pour fournir à ses deux frères le modèle qu’ils n’auront jamais eu. Ainsi, la performance de l’acteur est un savoureux mélange de justesse et de simplicité. C’est d’ailleurs à l’image du film tout entier que correspond le personnage. En effet, sans exposer une immense virtuosité, Jeff Nichols livre un long-métrage beau, fort et poétique où la paix semble aussi important que les liens familiaux, qu’ils soient saccagés ou non. Il aura donc fallu au réalisateur ni plus ni moins d’un seul et unique film pour parvenir à un tel partage d’émotion et de puissance, qui se trouvera par ailleurs à des sommets quatre ans plus tard dans Take Shelter. Shotgun Stories, ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais l’annonce d’un grand film. Si la modestie du long-métrage est nettement perceptible, on lui reconnait cependant un charme indéniable qui ne laisse pas de marbre.
Un bon petit film sur la vengeance très bien réalisé par Jeff Nichols. L'intrigue et le scénario tiennent le spectateur en haleine d'un bout à l'autre. Les acteurs sont très convaincants, notamment Michael Shannon. Un bon moment de cinéma.
Dans une bourgade pauvre de sud des USA, trois frères trentenaires vivotent plus ou moins ensemble, en fonction de leurs copines, dans l’ennui, la misère et l’amertume. Soudés, différents, et survivants à la morne âpreté de leur vie, ils doivent leur rancœur à une mère glaciale, qui les a élevés dans la haine tant de leur père après qu’il les ait abandonnés, que de sa nouvelle famille, composée de quatre autres garçons vingtenaires. A la mort du père, ils viennent cracher sur sa tombe, provoquant l’amorce d’une guerre entre les deux fratries. Coups bas, petites méchancetés, au début mesquins à la rancune irrésolue, cette guérilla rurale entre pêcheurs et agriculteurs monte en puissance et en gravité, jusqu’au basculement dès la première goutte de sang. Ce drame humain et familial filme admirablement l’ambiance misérable d’une Amérique crasse, orchestrée par des amputés de l’affectif, de l’intellect, du dialogue et de la joie de vivre, si ce n’est la motivation de leurs histoires personnelles, leurs fraternités tribalistes et leurs duretés. La qualité de la mise en scène, et l’excellence de Michael Shannon qui s’avère décidément un grand acteur, savent équilibrer comme si on y était aussi bien la violence sombre, les actes soudains, que les lenteurs tendues et silencieuses, les colères glaciales, et que l’ambiance sociale sinistre et désabusée.
Au fin fond de la cambrousse ricaine, un père meurt et ses premiers fils, qu'il a abandonnés, vont s'entretuer avec ses autres fils. Peu de paroles, une caméra qui suit au plus près ces vies glauques et désœuvrées et la violence qui éclate inéluctablement. C'est moche et beau à la fois. Un premier film impressionnant de maîtrise et très très prometteur. Vivement recommandé.
Un scénario qui n'a rien de novateur sur le thème de la vengeance et de la haine et toute son escalade qui s'en suit largement abordé comme thème!Cependant pour avoir était moi même en voyage dans l'Arkansas j'ai était fasciné par la rationalité et le réalisme du film!on voit bien que les bourgades de cette état sont assez pauvres mais le réalisateur ne stigmatise pas la population comme un cliché de beauf qui n'ont aucune réflexion surtout sur la fin du film, et ça! j'ai apprécié!on ressent bien aussi ce loin de tout de ces bourgades et le manque d'attractivité bref une bonne réalisation dramatique dans l'ensemble qui nous plonge en Arkansas.3,5/5.
Difficile de s'intéresser à ce conflit familial qui se déroule dans l'arrière pays américain, on a peu d' empathie pour les personnages et il ne se passe pas grand chose. Un fait divers comme on peut en trouver partout je ne vois pas ce que le réalisateur a voulu en tirer.
« Shotgun stories », réalisé par Jeff Nichols, est un drame qui se déroule aux USA dans l’état de l'Arkansas. Deux fratries issues du même père vont s’affronter après le décès de ce dernier. Des rivalités et des rancœurs longtemps enfouies ressurgissent à cette occasion et entrainent les deux familles dans une spirale de violence. Malgré un rythme souvent indolent et un scénario assez basique, « Shotgun stories » bénéficie d’une belle maitrise dans la narration et d’une mise en scène qui sait distiller à bon escient une atmosphère oppressante. Derrière la quiétude apparente et les larges étendues de cette région rurale de l’Arkansas se cache un passé douloureux qui va catalyser toutes les passions. C’est cette tension sourde que rend parfaitement le réalisateur à travers ce récit et cette description d’une Amérique profonde, appuyé par une belle interprétation d’ensemble, en particuliers de Michael Shannon. Un film séduisant et un premier long métrage prometteur pour un réalisateur à suivre.
Shotgun Stories débute avec une trame plutôt anodine : 3 frères : Son, Boy et Kid ( pas mal ) apprenne que leur père, qu'ils ne voyaient plus depuis des années, est décédé. Cela va faire ressurgir de vieilles rancoeurs et créer une suite inéluctable de drame. Mais là où le film est une véritable réussite, c'est dans sa manière de raconter. C'est fait sans fioritures. La mise en scène se caractérise par une incontestable maîtrise dans la façon de filmer les paysages de cette Amérique à la marge, tout comme elle dévoile avec beaucoup d'affection ses personnages -eux aussi à la marge-, pathétiques et touchants. La narration est limpide, épurée au possible de toutes trivialités stylistiques, et avance par non-dits. Tout dans la suggestion ou presque, donc sans une volonté démonstrative de sur-dramatisé les faits. Modeste et honnête. La justesse des interprètes -Michael Shannon en tête, que j'apprécie de plus en plus, mais aussi Douglas Ligon, très touchant- donne vie à cette histoire à la fois troublante et intimiste. Chaque scène compte, chaque minute nous renvoi à l'idée qu'il y a dans cette atmosphère cloisonnée et silencieuse le sentiment que tout va péter d'un instant à l'autre. Et que c'est viscéral. Le final laisse tout de même place à un peu d'optimisme salvateur. Gros coup de coeur pour ma part.