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Parkko
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2,0
Publiée le 16 décembre 2011
Second film de Claude Chabrol que je vois et je n'adhère toujours pas. Dans La Cérémonie, le réalisateur ouvre des pistes qu'il n'explore pas et en explore certaines qu'il a tout juste ouvertes. Si les actrices ne sont pas mauvaises, les situations et les dialogues sonnent terriblement faux. Difficile de trouver un quelconque intérêt dans ce scénario mal emmené, mal ficelé et qui, pourtant, se devine très rapidement. On tourne vite en rond et, plus problématique, le film devient très vite pénible. Une déception.
« La cérémonie » est pour moi un des meilleurs films de Claude Chabrol (1995). On se retrouve bien sûr dans le milieu de la petite bourgeoisie de province et – comme souvent chez ce réalisateur – dans une famille recomposée. Sandrine Bonnaire est Sophie, la nouvelle bonne engagée par les Lelièvre (Jean-Pierre Cassel et Jacqueline Bisset) qui « ne manquent de rien », et Isabelle Huppert, Jeanne, la postière du bourg curieuse de nature et hostile aux Lelièvre. Toutes les 2 ont des antécédents et par un mécanisme d’auto-entrainement suite au fait que la fille de la maison a découvert que Sophie était analphabète, la tension va aller crescendo de façon mécanique et implacable jusqu’au drame final sur la musique du Don Juan de Mozart. Un excellent film maniant l'humiliation, le mépris, la perversité avec en apothéose le générique de fin qui laisse entendre l’enregistrement du drame !
Un film totalement maîtrisé grâce à une mise en scène subtile et intelligente. La caméra de Chabrol nous plonge complètement dans l'univers de cette famille bourgeoise de Saint-Malo. Il émerge le spectateur, sème le doute et dresse un portrait sans concession des luttes de classe à l’œuvre dans notre société. La tension monte peu à peu et le réalisateur dévoile superbement la haine des deux amies contre cette société qui ne les comprend pas. Isabelle Huppert est sensationnelle, touchante, pétrie de haine et d'aigreur sous la fraîcheur et la candeur apparente de son personnage.
Le film est sans doute la satire de la bourgeoisie la plus insidieuse, la plus subtile que Chabrol ait jamais tournée. La plus dérangeante aussi parce chacun peut se retrouver dans le portrait de la famille Lelièvre, type-même des "bobos" de province. La plus subversive enfin parce que Chabrol ne vise pas les excès de la bourgeoisie mais sa nature même. Elle a pourtant l'air très sympathique la petite famille des Lelièvre; Sophie, la nouvelle bonne, est accueillie avec gentillesse, et tous semblent vouloir lui faciliter la tâche. Pour un peu -dans l'intention de Chabrol- on reprocherait à la bonne (Sandrine Bonnaire) sa froideur taciturne, son indifférence ingrate. Tout au long du film, Chabrol affine le portrait de Sophie, jeune femme énigmatique que la vie a probablement maltraitée et qui, par ailleurs, tente désespérément de cacher son analphabétisme. Sa relation avec les maîtres de maison se détériorera, et c'est là que la démonstration de Chabrol prend toute sa signification. La gentillesse des Lelièvre ne va pas jusqu'à la bonté vraie, incapables qu'ils sont de considérer leur domestique comme un vrai être. Leur générosité ressemble aux dons que l'on fait aux associations caritatives: du moment que ça ne coûte rien (ces vêtements usagés que l'on donne dans des sacs poubelles, joli symbole ironique). Chabrol dénonce la fausse charité, bourgeoise ou bigote. Avec Jeanne (I.Huppert), la postière du village, Sophie se lie d'amitié. Elles ont en commun d'avoir souffert et de n'avoir rencontré que l'indifférence ou le méprisspoiler: . Leur geste fou, tragique , accentué par l'immaturité (entretenue par la consomation de télévision, clin d'oeil du cinéaste) résonne comme une vengeance. Le dénouement, prévisible, spoiler: est d'une rare cruauté . Il marque dans son excès ce qui sépare encore et toujours les "pauvres gens" et les bourgeois. L'évolution progressive de Sophie et Jeanne, entre autres personnages, détermine le film le plus intelligent, le plus abouti de Chabrol. Bonnaire et Huppert en tête, l'interprétation est formidable.
C’est par des scènes d’exposition des personnages, fluides et classiques, que Claude Chabrol ouvre ce film. Puis le mystère apparaît et les tensions augmentent, quand le spectateur découvre peu à peu les lourds secrets des protagonistes, et l’on sent que le cinéaste lorgne vers Hitchcock. Le basculement qui s’ensuit est toutefois un peu brusque, et insuffisamment préparé dans l’évolution des deux amies Sophie et Jeanne (dont Isabelle Huppert donne une interprétation tout à fait remarquable). Un ultime rebondissement scénaristique laisse sur une bonne impression, et l’on a passé, au global, un bon moment.
Très bon film français dans lequel une foule de sujets sont abordés. Cependant nul besoin de saisir toute la complexité des relations, des psychologies, pour apprécier les très bonnes prestations de Bonnaire et Huppert.
Du chabrol pur jus, un drame bien noir qui finit en carnage. L'histoire relate la rencontre entre deux psychopathes et une famille de bourgeois, Bonnaire et Huppert incarnent des personnages glaçant, ce qui leur va comme un gant.
Que l’on aime ou que l’on aime pas, ce film ne peut que surprendre. Durant la première heure, il ne se passe rien. Enfin, si, on a là un film intimiste sur le tableau ordinaire d’une famille bourgeoise avec une domestique un peu paumée. Puis avec le personnage effrayant et troublant de Isabelle Huppert, le film prend de l’ampleur, jusqu’à la claque finale. Ca, c’est du cinéma ! Mais je n’en dévoilerai pas plus, puisque chacun doit voir et se faire sa propre opinion. Pas très agréable, assez repoussant parfois, mais il vous marquera longtemps.
Depuis le temps que je voulais voir ce film! Je ne suis vraiment pas déçu, Claude Chabrol sait choisir ses acteurs et les diriger à merveilles. Le scénario est captivant on reste toujours accroché au fil de l'histoire. Sandrine Bonnaire est tout simplement impressionnante dans ce rôle de femme sombre, j'ai trouvé Isabelle Huppert un ton en dessous j'avoue.
Une œuvre magistrale et implacable, adaptation très libre mais néanmoins réussi du roman de Ruth RENDELL lui même inspiré de la sinistre affaire des sœurs PAPIN. Le duo d'actrices est formidable et CHABROL emballe le tout de façon très hitchcockienne. Isabelle HUPPERT reçut le César de la meilleure actrice pour ce rôle de postière fantasque et perverse
En 1995, Claude Chabrol signe un œuvre dramatique vraiment glaciale dans laquelle le portrait psychologique des différents personnages constitue la clé de voute de l’intrigue. Une jeune femme calme et dévouée (Sandrine Bonnaire), qui cache son analphabétisme, est embauchée en tant que domestique par un couple aisé (Jean-Pierre Cassel et Jacqueline Bisset). Au-delà de la critique de la bourgeoisie provinciale, l’histoire dévoile peu à peu les différentes vexations et blessures morales que subit cette employée. Encouragée par une amie désinvolte (l’excellente Isabelle Huppert qui obtient le César de la meilleure actrice), on suit avec minutie le cheminement mental qui va la conduire à la déraison. Bref, un film grave et intense.
Une relecture de la lutte des classes par Chabrol, qui ne manque certes pas d'intérêt, mais qui offre une vision un peu extrême, voire surréaliste de son sujet. En témoigne une fin assez mal placée, alors que tout le reste tenait largement la route. Isabelle Huppert est excellente, tout comme Sandrine Bonnaire. L'histoire est assez intéressante, mais il est difficile de prendre parti pour les deux protagonistes principales. La mise en scène est très épurée voire assez classique. Au final, on a le sentiment d'être resté sur sa fin.