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Un visiteur
4,0
Publiée le 11 juin 2009
"Le silence de Lorna" allie scénario brutal et réalisation austère pour un nouveau film choc des frères Dardenne où le silence domine les mots. Comme toujours leurs interprètes sont justes et touchants, mais on retiendra surtout la composition de l'éblouissante Arta Dobroshi. Une tragédie moderne maîtrisée et (forcément) bouleversante.
Les frères Dardennes ont toujours réussi dans les films à émotion. Là où beaucoup en font des tonnes, eux ils montrent et démontrent certains faits sociaux d'aujourd'hui sans artifices et avec simplicité. De plus, ils se trompent rarement dans leur choix de casting. Autrefois Jérémie Rénier et Déborah François, aujourd'hui Arta Dobroshi ; tous leurs interprêtes principaux sont géniaux.
Trop déçue! Alors c'est çà le film dont tout le monde parle ? Et bien je n'ai pas du tout aimé. C'est très (trop) long, les personnages ne son absolument pas attachants et la fin est... bah j'ai pas trop compris où on voulait en venir! Décevant.
Aurais je un problème avec mes réalisateurs préférés dès lors qu'ils centrent leur film sur une femme venant de l'est de l'Europe et s'établissant à l'ouest ? Cela avait déjà été le cas avec "It's a free world" de Ken Loach et ça recommence avec "le silence de Lorna" des frères Dardenne. De nouveau, j'ai été gagné par l'ennui, cette fois encore généré par la grande maladresse dont fait preuve le film. Franchement, on reste ébahi que ce film ait pu avoir le prix du scénario au dernier Festival de Cannes, alors que c'est justement le scénario qui représente son gros point faible. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on ne peut pas croire une minute à l'histoire qu'il raconte. Que des truands envisagent d'organiser un mariage blanc entre une immigrée albanaise et un junkie belge, pour qu'elle puisse, quelques semaines plus tard, une fois le divorce prononcé (ou le junkie trucidé par overdose), faire de nouveau un mariage blanc pour qu'un russe puisse acquérir la nationalité belge, ça vous parait crédible ? A moi, non ! Le problème, c'est que, lorsque je ne crois pas au scénario d'un film, je m'ennuie. Alors, bien sûr, c'est plutôt bien mis en scène, mais on notera que c'est de façon très différente des oeuvres précédentes des Dardenne. Le personnage de Lorna (l'immigrée albanaise) est irritant, mais l'actrice (Arta Dobroshi) est excellente. Jérémie Renier joue très bien le rôle du junkie, qu'il arrive même à rendre sympathique. Manifestement, ce film devrait plaire au plus grand nombre. Il ne m'a pas plu !
Comme ils en ont l'habitude, les frères Dardenne réalise un drame social sordide. Dans celui-ci, ils se penchent sur le thème des mariages blancs organisés de manière illégale, un sujet brûlant et délicat. Pour réaliser ce nouveau mélodrame, les deux belges misérabilistes décident de ralentir encore plus leur rythme habituel au point que la petite histoire tragique de cette albanaise semble morne et particulièrement longue jusqu'à sa fin décevante qui nous ferait presque conclure qu'on a tristement perdu notre temps de triste tableau de la déchéance humaine.
Excellent film servi par une brochette de comédiens irréprochables. C'est bien simple: tous transcendent leur jeu pour nous offrir l'interprétation la plus vraie possible. Malgré quelques petites baisses de rythme, "Le Silence de Lorna" s'avère être un film extrêmement bien fait.
Le cinéma de Jean-Pierre et Luc Dardenne est réputé pour son genre austère et misérabiliste. Pourtant, avec ce film sorti en 2008, on a l’impression que les deux frères ont essayé d’arrondir leur style (une photographie moins dégueulasse que d’habitude, une mise en scène plus pausée sans caméra à l’épaule et même un peu de musique). Malgré tout, l’histoire de cette femme albanaise impliquée dans de faux mariages pour obtenir de l’argent ne parvient pas à passionner. Et ce n’est pas faute d’avoir délaissé le coté documentaire pour un aspect plus fiction qui permet d’attiser les émotions. Bref, même si ce long-métrage demeure plus accessible que d’autres productions des réalisateurs belges, la froideur du propos écarte toute empathie pour les personnages.
Dès le début du film, si on parvient à s'accommoder des expressions équivoques de l'actrice, on se demande bien à quoi vont mener ces échanges téléphoniques et ces déambulations d'un blouson à col de fourrure et d'un pantalon rouge moulé sur des fesses dodues... Elle semble avoir un objectif après lequel elle va se poser. Puis on découvre que Lorna est en mission permanente. Pas si dure que prévu. D'intrigante elle devient bouleversante (ces poussées délirantes avec brusque arrêt) pour s'égarer dans un monologue qu'on suppose transitoire. Changement de tenue, valse de billets, on s'attend au pire. Belle prestation générale, subtilité du scénario plein de méandres, rôle féminin captivant, tout cela suppose une chute. Les conditions de l'immigration peuvent bien être plus favorables qu'en réalité, des exceptions existent dans la débrouillardise puisque maints trafics continuent à échapper aux autorités... Seulement voilà, la chute sera pour une autre fois : m'attendant à plus clinquant vu la rébellion en marche, je reste un rien déçue du délitement final.
C’était un des mid climax les plus puissants et efficaces que j’ai vu.
Dommage pour le reste du film parce qu’on y croit pas tellement. Les acteurs sont pourtant loin d’être mauvais. Et puis c’est quand même toujours la même chose avec les Dardenne.
Le film a obtenu à Cannes un prix du scénario mérité ; pas pour la trame générale de l’intrigue à mon sens, mais pour sa construction, qui, utilisant montage efficace et ellipses bienvenues, génère un intérêt constant, avec révélations progressives et surprises. Chose remarquable dans un film dont les dimensions principales sont sociale et psychologique : dans le milieu trouble des mariages arrangés pour obtenir la nationalité Belge, l’histoire de Lorna est celle d’une impressionnante détermination qui va se fissurer, celle d’un dilemme moral intense, qui aboutit à des conflits intérieurs aux conséquences importantes. Ces dimensions sociale (surtout) et psychologique sont bien l’essence du cinéma des frères Dardenne, mais ici, scénario, écriture, construction, montage efficace, sens des plans, placent le film bien loin au-dessus du pénible « Rosetta », qui avait obtenu à Cannes une palme d’or pour des considérations (morales et éthiques) autres que cinématographiques…
Un peu glauque, mais pas étonnant avec les frères Dardenne, ce qui l'est plus est l'absence totale de note optimiste ! A ce point, le film en devient vraiment dur. Le sujet est très intéressant pourtant, la comédienne très juste, mais ça ne suffit pas... pardon, ça ne me suffit pas, je ne vais pas au cinéma pour déprimer.
Beau film digne et noir, dans la lignée des réalisations précédentes des Dardenne. Ce personnage d'étrangère en déroute pourrait être la cousine de Rosetta ou de l'ado de "La Promesse". Les thèmes de la culpabilité et des choix moraux sont admirablement traités dans un style dépouillé. Indiscutablement l'un des événements de la rentrée, qui n'a pas volé son prix du scénario à Cannes. Certains pourront toutefois ne pas retrouver la surprise du choc que suscitèrent les premiers films des cinéastes.
Arta Dobroshi est au centre de ce film. Elle interprète Lorna, jeune immigrée albanaise venue chercher la nationalité belge. Les frères Dardenne dresse le portrait d’un jeune femme courageuse et combattante. Pour obtenir la nationalité belge et pouvoir ouvrir le snack de ses rêves, la jeune femme a dû épouser un junkie nommé Claudy (parfait Jérémy Renier). Mais parce qu’elle devra à son tour épouser un Russe, il va falloir faire disparaître Claudy. Lorna saura t’elle garder le silence ? Et est-elle humainement prête à supporter la mort de Claudy ? Au fur à mesure qu’avance le film, les réalisateurs nous informe sur cette femme, son but, où elle veut en venir. Le scénario, récompensé au festival de Cannes, est ainsi composé de rencontres, de discussions entre Lorna et les autres personnages du film, chez elle, dans la rue, dans un bistrot... Les frères Dardenne ose une ellipse brutale au milieu du film, évitant les explications superflues, tout ce qui compte c’est Lorna, et comment elle va se sortir d’un engrenage dont elle ne contrôle plus rien. La mise en scène est sobre, permettant de prendre du recul sur un drame sur fond d’immigration et de trafics de papiers. Mais les frères n’en oublient pas l’essentiel : l’humanisme. Lorna, qui ne possède que son corps, tente tout ce qu’elle peut pour éviter les pires situations allant jusqu’à se confronter à un mafieux qui ne lui laisse aucune manœuvre, elle doit juste se plier à ce qu’il demande. Mais Lorna est forte, courageuse et intègre, son interprète, Arta Dobroshi, est une magnifique révélation de cinéma. Un très beau film sobre et terriblement juste.
Tout est minutieux, rien n’est insignifiant, chaque scène, chaque plan, chaque mouvement d’acteurs, chaque mot à son importance, rien n‘est laissé au hasard. Arta Dobroshi est saisissante, remarquablement talentueuse et doté d‘un charisme inqualifiable, elle offre une composition exceptionnelle en incarnant le rôle d’une femme ambitieuse, à la fois manipulatrice, égoïste, vénale mais très humaine, sensible et compréhensive. Jérémie Rénier, sobre, très amaigri, épate autant qu’il émeut. Bouleversant, beau et révoltant à la fois, LE SILENCE DE LORNA est un magnifique film flanqué d’une palette d’acteurs irréprochables au service d’un scénario dignement récompensé dont les parents de ce chef d’œuvre peuvent être fier.
Excellent film. C'est même un des meilleurs que j'ai vu cette année. Les frères Dardenne nous offre un film hyper travaillé :la mise en scène est nickel, le scénario est génialissime et la prestation des acteurs est tout simplement epoustouflante. Du grand cinéma.