Depuis "Sweet sixteen" (son meilleur film), Ken Loach semble avoir pris un coup de fatigue. Après l'accueil mitigé de "Just a kiss" et la fadeur déconcertante du vent se lève (pourtant palmé...), Loach revient avec "It's a free world...", drame sur l'exploitation humaine. Et, là encore, même s'il retrouve une verve engagée qui lui sied mieux que le drame historique, le réalisateur peine à faire décoller son film. Sans audace et avec un sens inégal de l'émotion, le cinéaste britannique, reconnu pour son courage (qu'il n'a pas perdu ici) et son réalisme social filmé sans fioritures (qu'il n'a pas perdu ici non plus), accouche d'un film lent et encore une fois légèrement fade. Pour commencer, tout se met en place beaucoup trop rapidement ; en à peine 10 minutes, l'héroïne se bat déjà pour concrétiser son projet. Alors que les bases sont à peine posées, que les personnages ne sont qu'esquissés, le scénario démarre en trombe vers une histoire puissante mais qui, à l'image, manque du peps nécessaire pour convaincre totalement. Chaque protagoniste est tellement englouti par la cause qu'il défend, et le scénariste Paul Laverty aussi, qu'ils leurs manquent la définition psychologique essentielle, passée à la trappe au profit de la si précieuse étiquette 'oeuvre sociale' ; même si Loach a l'intelligence de mettre en rapport les enjeux de la vie privée de l'héroïne, ainsi qu'une amitié et une relation parentale qui se détériorent, c'est avec un peu trop de démonstration qu'il le fait. De plus, certains personnages intéressants (la famille d'immigrés qui cherchent un logement par exemple), disparaissent rapidement alors qu'ils auraient justement servis à alimenter le discours. Puis, grossière erreur, le look de l'héroïne est en totale contradiction avec son personnage : malgré le jeu irréprochable de son actrice Kierston Wareing (étrange sosie de Asia Argento), on ne croit pas du tout en sa façon d'être tant son physique (comprendre par-là la façon dont elle est habillée et maq