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inspecteur morvandieu
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3,0
Publiée le 10 mars 2025
Virée du cabinet de recrutement dans lequel elle travaillait à l'embauche d'ouvriers des pays de l'Est, Angie crée sa société et, pour s'en sortir, elle est prête à recruter illégalement et à exploiter des clandestins. Fidèle à son style naturaliste -encore qu'il flirte ici particulièrement avec le mélodrame et le moralisme- Ken Loach réalise le portrait d'une jeune femme ambivalente, énergique et courageuse d'une part, égoïste et immature de l'autre, tout en abordant le drame social du travailleur immigré quémandant tous les matins sa journée de travail. A travers les dérives de patrons sans scrupules comme Angie, négriers des temps modernes, Loach dénonce plus globalement la condition précaire, pour ne pas dire indigne et inhumaine, où sont maintenus, illégaux ou non, les ouvriers polonais, ukrainiens ou iraniens par les pays occidentaux, l'Angleterre dans le cas présent. Logements indécents, petits boulots souvent à la journée, salaires non payés: le mépris ou l'indifférence à l'égard des immigrés est la honte de l'Angleterre et d'Angie, tellement préoccupée de faire sa fortune qu'elle en oublie toute compassion. Le propos est juste, édifiant; le scénario est un peu démonstratif.
Le titre, « C’est un monde libre ! », soit le renard libre dans le poulailler libre, annonce la couleur. A travers le personnage d’Angie (Ange, prénom ironique), jeune femme libre (elle roule en Harley-Davidson) qui a été manipulée et licenciée par son employeur (qui recrutait, grâce à elle, des travailleurs en Pologne), et qui crée, avec sa colocataire Rose, une agence d’emplois intérimaires pour étrangers, aux frontières de la légalité, le réalisateur montre des exploités qui exploitent d’autres exploités, faisant partie du lumpenprolétariat, peut-être sans conscience de classe mais qui sait se défendre s’il est grugé. Un cercle sans fin engendré par le capitalisme. C’est aussi le portrait d’une femme énergique (elle élève seule son fils, Jamie, en CM2 et qui se sent délaissé par sa mère, d’où son comportement violent à l‘école), battante, charmeuse (avec Karol, travailleur polonais qu’elle avait rencontré à Katowice en Silésie) et ferme, humaine (vis-à-vis d’une famille iranienne sans papiers) et égoïste, mais sans éthique (délation, mensonge sur sa trésorerie). Il est mérité que le film ait eu le prix du scénario (Paul LAVERTY) à la 64e Mostra de Venise en 2007.
Une amazone à moto blondasse et très vulgaire, devient une négrière qui exploite des immigrants illégaux. Loach a voulu illustrer, lourdement, que l'homme ( la femme en l'occurrence) est un loup pour l'homme. On n'y croit jamais, les actrices jouent mal. Un très mauvais Loach.
Moins de deux ans après l'excellent "Le Vent se lève" (Palme d'Or 2006), Ken Loach revient avec "It's a free world". Au-delà même du message social du film (toujours traité avec acuité de la part du metteur en scène de "Sweet Sixteen"), on retiendra surtout l'évolution de la protagoniste, qui partant d'une bonne intention, deviendra son propre obstacle. Un thème profond, intelligemment mis en scène et bien interprété par une Kierston Wareing aussi inconnue que brillante!!
Complètement déçu par ce Ken Loach !! C'est gros, caricatural et pas émouvant deux secondes ! L'actrice principale est exaspérante et j'ai eu beaucoup de mal avec son personnage qui ne rend pas le film émouvant par là dessus. Je m'attendais à un film social plutôt prenant et j'ai eu l'impression de me retrouver devant une mauvaise série américaine !! Un raté total pour moi ! On a connu Ken Loach bien meilleur !
Un film bien porté par la dynamique Kierston Wareing qui montre toute la faux culterie anglaise sur le plan de l'immigration et du marché du travail. Le film se finit un peu en queue de poisson mais c'est un peu une habitude pour le réalisateur.
Ah moi mais ça m'a mis... mais ça m'a... Bon on connaît Ken Loach qui se bat toujours contre les injustices. Cette fois-ci il m'a cueillie ! C'est pas parce que son film est meilleur que les autres, c'est parce qu'il vous touche : on exploite les exploités ! Et c'est une fille qui a été exploitée elle-même, l'héroïne, Angie, qui est une belle salope. Elle est déplorable. Elle a été exploitée alors elle se met à exploiter les autres. Avec une copine, une moto, et beaucoup de culot, elle monte une agence pour l'emploi. Son but est très simple : c'est gagner beaucoup d'argent sur le dos des pauvres immigrés, et c'est ce qu'elle va faire. Est-ce sa faute à elle si les employeurs malhonnêtes ne payent pas les immigrés ? Mais bien sûr que oui que c'est sa faute. Elle s'en tamponne, pas moi. Elle m'a exaspéré, c'est un film dérangeant, et c'est un film qu'on ne peut pas oublier.
Du Ken L. dans toute sa splendeur, traitant ici de la misère sociale en Grande bretagne. Sur un sujet rarement (à ma connaissance) traité au cinéma, il s'en sort plutôt bien. Le tout s'en nous ennuyer! Le jeu du personnage centrale y ait évidemment pour quelques choses et amène le public a osciller entre divers sentiments (positifs ou son contraire) puis dans la séquence suivante, le dirige dans son opposé sur ce personnage qu'ait Angie. KEn L. toujours adepte de vouloir réveiller les consciences montre que malgrè son age. Il a encore la fougue de sa jeunesse et à toujours quelques choses à nous faire passer. Un film qui se veut donc fort, bien que le sujet n'emballera peut être pas tout le monde (venant du réalisateur, cela n'étonne pas tellement). Face au constat qui est fait dans le film (celui de l'exploitation des pauvres). Ken L. arrive à ne pas "porter" de jugement à proprement parlé ; mais plutôt de donner en quelques sortes des alibis pour commettre ce que certains trouveront inadmissible. Peu de réalisateur aurait tenté de s'approcher autant de ce sujet et d'en faire un film qui pourrait bien se trouver dans ses meilleures réalisations (pour ceux qui connaissent bien sa filmo). Il révèle par la même occasion, l'actrice principal qui joue avec brio, mettant Ken L. parfois dans ses retranchements... Tout cela, mené tambour battant! Bouleversant, révoltant, percutant! Il réussit une fois de plus à nous épater sur des sujets que l'on ne voit pas assez au cinéma et réussit son but ; une fois de plus. Un film certes radical, mais qui va droit au but et au le réalisateur montre qu'il connait parfaitement les thèmes abordés (la famille, l'immigration, la pauvreté...). Une réussite de plus de sa part, dont je n'avais jusque là ; pas connaissance. LEs fans du réalisateur ne pourront qu'apprécier cette réalisation et la noirceur qui nous fait fasse dans un monde aussi terne et dur que le film en lui même. Chapeau!
Un film britannique qui est impressionnant par son réalisme et la justesse des acteurs. Kierston Wareing est parfaite. "It's a Free World" parle du monde du travail, plus particulièrement l'exploitation des pauvres et des clandestins. On sent bien que Ken Loach ne juge pas, ce film m'a marqué.
Un des meilleurs Ken Loach, les acteurs sont impressionnants de justesse et particulièrement l’héroïne avec qui ont se bat au début et puis que petit à petit on lâche devant ses choix de plus en plus douteux mais hélas compréhensibles. C'est un super film qui dénonce ce monde libre ultralibéral où les hommes ne sont que des marchandises. La fin est vraiment triste et laisse à réfléchir sur le monde dans lequel on vit...
Parler de la crise du marché de l’emploi, des dérives de la mondialisation, de l’ambition démesurée que peut faire naitre les valeurs revêtis par l’individualisme mais aussi tout simplement d’une amitié entre deux femmes qui s’effiloche à mesure qu’elles se découvrent réellement : c’est tout cela qui ressort de la dernière réalisation de Ken Loach. Réputé spécialiste des films « sociaux » l’homme prouve cependant ici qu’il ne faut pas le réduire à cette étiquette et tout le côté répulsif qu’on y accole. Car il s’agit bien de cinéma auquel on a affaire et les thèmes abordés sont traités dans ce cadre là. Aucune emphase particulière ni catégorisation sur les personnages, ils ne prennent leur dimension qu’au fil du film. C’est d’ailleurs cet aspect qui est le plus dérangeant du point de vue du spectateur car on est face à deux femmes qui montent leur société d’intérim qu’on aurait tôt fait de croire idéalistes or elles auront des actes moralement contestables et contradictoires. Idem en ce qui concerne la main d’œuvre immigrée qui constitue le socle de salariés de leur société, on ne la réduit pas à de pauvres personnes voulant survivre dans un monde hostile et certains de ses membres commettront des actes aussi très répréhensibles. Mais au-delà du rapport de co-intérêts existant entre les deux parties, c’est à la dérive d’une femme convaincue par l’idée de self-made woman à laquelle nous assistons, ne voyant que son intérêt à court terme au mépris d’une quelconque éthique et d’idées durables sur le monde. En ce sens, la scène où elle appelle la police pour signaler un campement sauvage est très parlante puisque par cette action elle contribue à expulser la famille à laquelle elle avait auparavant porté secours. De la même façon en réponse à une escroquerie dont elle a était victime elle répondra par une autre escroquerie en ne payant pas les ouvriers pour leurs travaux. Bref un film à montrer à tous ceux qui voient plus loin que le bout de leur nez et qui ne se cachent pas les yeux quant un témoignage de misère se présente à eux.
Un film social poignant sur la globalisation et les dérives financières malsaines mais également un beau portrait de femme joué par une actrice formidable.
Ken Loach doit ARRETER de vouloir parler des problèmes liés à l'immigration en Grande Bretagne car il fait systématiquement des films bienpensants, niais, et moralisateurs. J'aime son coté engagé et j'aime les films engagés en général mais là c'est juste médiocre.
Après chacune de ses excursions dans l'histoire ("Land and Freedom", "Le Vent se lève") ou de l'autre côté de l'Atlantique ("Carla's Song", "Bread and Roses"), Ken Loach a toujours ressenti le besoin de revenir à ses chroniques de la vie sociale de son pays, marquée par le thatcherisme puis par le blairisme, deux doctrines pronant un libéralisme décomplexé.
Le "Free" du titre ne signifie pas "libre", ou alors au sens de libre marché ou de libre entreprise. La liberté du monde décrit par Ken Loach se conçoit en fonction de son intérêt économique : liberté de circulation en Europe, afin d'amener en Grande-Bretagne une manoeuvre bon marché, liberté d'entreprendre qui permet à Angie et Rose de démarrer leur boîte sans déclaration ni locaux, liberté du travail qui se traduit brutalement par un marché aux esclaves quotidien où Angie choisit ceux qui auront le bonheur de travailler.
Il existe bien des règlements, notamment un qui condamne à cinq ans de prison les employeurs de sans-papiers. Mais dans le milieu des nègriers modernes circule un jugement où un mafieux coupable d'avoir employé des centaines de sans papiers s'est vu condamné à un simple avertissement, véritable encouragement à franchir la deadline. C'est la transgression de cette limite qui amène Rose à abandonner Angie, ça et la stupéfaction de voir sa copine se transformer en véritable salope.
Car pour une fois, Ken Loach a choisi de s'intéresser aux exploiteurs, et plus particulièrement à Angie, représentative d'une nouvelle génération pour laquelle les valeurs de solidarité, de lutte collective et de compassion ont laissé la place aux notions de compétition, de succés et de fortune. Quand son père lui rappelle qu'il n'y a pas que l'argent dans la vie, elle se justifie en opposant son parcours au sien : "Tu as eu le même travail pendant 30 ans, moi à mon âge j'ai déjà eu 30 jobs".
L'intelligence de Ken Loach et de son scénariste Paul Laverty repose dans le fait de nous présenter Angie sous ses différents aspects : victime elle-même de la compétition et de l'injustice dans son travail, confrontée à une vie personnelle difficile, elle sait montrer des élans de générosité, par exemple quand elle héberge pour une nuit Mahmoud et sa famille avant de leur trouver une caravane, et l'on finirait presque par souhaiter une happy end à sa success story.
Mais le même engrenage qui entraîne souvent les héros des films de Ken Loach vers le drame conduit cette fois Angie à des actes moralement ignobles, ses valeurs s'étant depuis longtemps dissoutes devant le principe selon lequel la fin justifie les moyens. Et l'affection que le spectateur commençait à ressentir pour Angie rend son acte encore plus insupportable, d'autant plus que la qualité du jeu de la débutante Krieston Wareing rend son personnage parfaitement crédible, preuve s'il en était encore besoin du talent de Ken Loach comme directeur d'acteurs.
"It's a free World..." est peut-être un des films les plus noirs de Ken Loach, et ce n'est pas peu dire ; sans doute parce qu'on n'y voit même pas le combat des victimes, et que la logique de ce monde est aussi désesperante que celle des républicains irlandais oubliant la dimension sociale de leur combat une fois arrivés au pouvoir. Mais ce pessimisme a quelque chose de salutaire, comme l'est d'indéfectible fidélité du réalisateur de "Kes" à ces valeurs qui font si cruellement défaut à son héroïne.