Thriller réalisé par Francis Lawrence, Marche Ou Crève est un film malheureusement décevant. L'histoire se déroule dans un futur indéterminé dans lequel se déroule une compétition appelée La Longue Marche qui, chaque année, est diffusée à la télévision à partir du premier mai, et nous fait suivre un groupe de cinquante adolescents devant marcher jour et nuit sans aucune interruption, à un rythme minimal imposé, sous peine d'être exécuté après avoir reçu trois avertissements. Seul le dernier encore en vie devient alors le vainqueur. Ce scénario, adapté du roman du même nom de Stephen King, publié en 1979, sous le pseudonyme de Richard Bachman, s'avère malheureusement particulièrement déceptif à visionner pendant toute sa durée d'environ une heure et quarante-cinq minutes. Pourtant, l'intrigue débute de façon prenante à la faveur de son concept atypique promettant un jeu de massacre haletant dans ce huis clos à ciel ouvert. Mais celui-ci montre très rapidement ses limites et plus les minutes et les kilomètres défilent, et plus le récit s'écroule au fil de cette marche. La faute à d'innombrables problèmes d'écriture qui sautent aux yeux. Il faut déjà faire fi du fait que ces jeunes gens marchent pendant plusieurs jours sans dormir, ce qui est tout bonnement impossible. Mais même en acceptant cela, il y a beaucoup trop d'autres carences. C'est vraiment rageant car plein de petites idées sont balancées mais elles restent toutes à l'état de bribes et ne sont jamais exploitées. Le parcours n'est pas défini. On ne connaît pas le montant de la récompense. Les montres permettant de connaître leur vitesse de marche ne servent à rien. Le fait que ce soit filmé est inutile tant ce n'est jamais utilisé, tout comme le fait qu'ils représentent chacun leur État n'apporte strictement rien. Il n'y a aucune interactions avec l'environnement ou le public. Les conditions météorologiques sont absentes. On aurait pu avoir un lien avec les autres éditions vu que ce n'est pas la première marche. Enfin, la société dystopique dans laquelle se déroule cette épreuve manque cruellement de contexte. Jamais rien de tout cela n'est utilisé et c'est fort dommageable. On préfère nous montrer une marche redondante comportant pas mal de passages à vides au lieu de nous fournir des explications sur tout un tas de points narratifs. Malgré cela, on a tout de même le droit à des scènes de mises à mort assez violentes de par leur aspect brut et froid. Mais ces exécutions ne suffisent pas. D'autant plus qu'on devine très rapidement qui dans le groupe de départ ira jusqu'au bout, annihilant tout suspens. Car avec autant de participants, il est impossible de tous les caractériser, ce qui fait qu'on s'attarde juste sur une petite dizaine. Les autres ne servent que de chair à pâté sans intérêt. Même l'aspect physique et psychologique n'est pas assez poussé. L'ensemble est porté par des personnages tout de même plaisants, notamment les deux principaux. Des rôles interprétés par des marcheurs convaincants que sont Cooper Hoffman, David Jonsson, Garrett Wareing, Charlie Plummer, Ben Wang, Roman Griffin Davis, Judy Greer, Tut Nyuot, Jordan Gonzalez ou encore Joshua Odjick. Mark Hamill campe lui un commandant caricatural aucunement approfondi. Tous ces individus entretiennent des rapports entre entraide et conflits qui procurent tout de même quelques petites émotions. Hélas, ces échanges sont soutenus par des dialogues souvent grossiers qui manquent grandement de profondeur. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut correcte. Sa mise en scène est limitée par son concept, ce qui la rend rébarbative et tremblante vu que les protagonistes sont toujours en mouvements. De plus, elle évolue dans des environnements beaucoup trop vides et se ressemblant tous. Ce visuel sans plus-value particulière est accompagné par une bonne bande originale signée Jeremiah Fraites, dont les compositions sont mélodieuses et impactantes. Malheureusement, elles sont utilisées de façon trop voyante. On sait à chaque fois lorsqu'un événement dramatique va avoir lieu vu qu'elles se mettent en marche juste à ce moment-là, rendant ainsi tout prévisible. Reste une fin vraiment pas à la hauteur de tous ces kilomètres engloutis, venant mettre un terme à Marche Ou Crève qui, en conclusion, est un long-métrage vraiment pas terrible alors qu'il avait pourtant le matériau de base pour en faire une œuvre qualitative.