Le pitch : lors d’une grande marche annuelle, des jeunes doivent avancer le plus longtemps possible. Un seul survivra. Simple et efficace.
Habitué du genre, Francis Lawrence, le réalisateur de "Je suis une légende" et des "Hunger Games 2 à 5", livre ici un divertissement efficace qui saura ravir les amateurs de films de type battle royale.
Si vous n’êtes pas fan de ce genre de récit - où une galerie de personnages est présentée pour ensuite disparaître les uns après les autres jusqu’à ne laisser qu’un ou deux survivants (voire aucun) -, vous risquez de ne pas accrocher à ce film.
Sans être un chef-d’œuvre, "Marche ou crève" reste un film honnête et maîtrisé dans ce qu’il propose.
Là où il réussit particulièrement bien, c’est dans ses personnages attachants. On ne veut pas les voir partir, même si l’on sait pertinemment que cela finira par arriver. Les acteurs sont convaincants, et les personnages suffisamment bien écrits pour qu’on s’y attache facilement. Mention spéciale à Mark Hamill, excellent dans son rôle de protagoniste !
Le film est plutôt organique dans ses mises à mort : les exécutions sont dures, réalistes, et parviennent à faire ressentir la douleur et la tension, sans pour autant tomber dans la surenchère gore à la Saw. Francis Lawrence parvient à faire ressentir au spectateur la souffrance, le stress et la pression que subissent ces jeunes marcheurs, prêts à tout pour atteindre un but qui demeure volontairement flou. Et c’est une bonne chose : le film ne cherche pas à tout expliquer, laissant planer une part de mystère bienvenue.
Le film souffre cependant de quelques longueurs, notamment dans sa dernière partie, et d’un manque de surprises : on devine assez vite les principales révélations ainsi que la fin. Mais Marche ou crève n’a pas la prétention de révolutionner le genre. Il connaît ses limites, reste cohérent avec lui-même et respecte le spectateur.
En réalité, il aurait pu être bien pire - quand on voit certaines adaptations de Stephen King, surtout avec un pitch aussi simple -, mais il aurait aussi difficilement pu être meilleur.
On peut y voir, en filigrane, une métaphore de l’armée : s’engager de son plein gré dans un système qui promet soit une mort honorable, soit la gloire. Mais gagner, au fond… gagner quoi ? Pour le savoir, il faut voir le film.