Un troisième épisode a vu le jour en 1989, signé Tsui Hark, John Woo était contre le fait de donner une suite au n°2 car pour lui la saga s'était achevée après ce dernier. Mais Tsui Hark qui était producteur des deux premiers ne voyait pas les choses sous cet angle, lorsque John Woo s'attela à un autre métrage, il en profita pour réaliser ce troisième épisode et c'est après celà que les deux réalisateurs se brouilla. L'histoire du film est une préquelle sur le passé du personnage qu'interprêta Chow Yun Fat dans le permier Syndicat du Crime. Le Syndicat du Crime 3 ne rencontre pas vraiment son public et aujourd'hui encore très peu de personnes le connaisse car outre le fait de narrer le passé d'un des personnages, le film perd toute l'essence qui faisait le charme des deux précédents épisodes pour nous délivrer un tout autre travail, un film plus dramatique, sans trame policière, un film à visionner sans s'attendre au même traitement que les oeuvres de Woo, à voir tout de même.
Ce troisième volet adopte un ton plus posé et narratif, marqué par le changement de réalisateur. Tsui Hark inscrit l’histoire dans un contexte géopolitique plus large et gagne en maturité scénaristique, mais au prix d’une vraie rupture avec l’identité des deux premiers films de John Woo. Le résultat est intéressant, parfois élégant, mais moins organique et moins cohérent avec la continuité émotionnelle de la saga.
Euh... C'est plutôt le contraire, étant donné que c'est Tsui Hark qui a lancé M. Woo. M. Woo qui depuis un bon moment maintenant est tombé dans des affres mes aïeux. Enfin...
C'est une histoire bien connue : initialement alliés et amis, John Woo et Tsui Hark se sont brouillés lors du tournage du deuxième volet de la franchise A Better Tomorrow / Le Syndicat du crime. Les deux hommes avaient prévu ensemble un troisième volet sous forme de préquel durant la guerre du Vietnam, mais chacun repartira finalement avec ses idées. John Woo les refondra pour écrire et tourner "A Bullet in the Head". Tsui Hark filmera donc ce fameux préquel. D'abord, il faut avaler que la notion de préquel est ici très poussive. On ne retrouve que le personnage de Mark, toutefois il n'y aura pas grand rapport entre ce qui se passe ici et ce qu'il adviendra dans le premier volet. Allez, il sort vite fait un imperméable et des lunettes de soleil histoire de, mais c'est tout. On sent l'argument bien marketing pour vendre un polar d'action classique. Ensuite, quand on a vu "A Bullet in the Head", ce film ne peut que souffrir de la comparaison. Car on nombres d'ingrédients sont identiques : enfer de la guerre du Vietnam, critique des forces sud-vietnamiennes corrompues et violentes, intrigues avec une chanteuse et magouilles entre gangsters. Sauf que c'est mené ici sans subtilité, et pas très rigoureusement. A part Chow Yun-fat qui assure, le reste des acteurs a tendance à être fade ou à en faire des tonnes. Les dialogues volent bas. Le scénario se résume finalement à quelque chose de très simple, avec beaucoup d'allers-retours et des situations idiotes. Je note la charge politique contre la guerre, mais elle est vraiment moins fine et moins acérée que celle du film de Woo. Néanmoins les scènes d'action sont sympathiques. Là encore il y a un effet de comparaison : je préfère largement le style de John Woo, sur les deux volets précédents... et j'ai généralement du mal avec Tsui Hark. Mais je reconnais le dynamisme des affrontements, dont une fusillade finale réussie, avec au passage un duel avec un tank (!).