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Un visiteur
2,5
Publiée le 20 novembre 2011
Après avoir enchainé quelques désastres Hollywoodien, le réalisateur Mathieu Kassovitz revient avec un film Français, et pas des moindres puisqu'il s'agit-là d'un film où Mathieu Kassovitz donne clairement son point de vue sur ce fait divers de 1988. En terme d'images, le film est parfaitement abouti ! L'esthétique est soignée et le spectateur est confronté ici à un choc visuel grâce à la plupart des plans du film qui sont à la fois d'une brutalité assommante mais qui sont avant tout des plans cinématographique qui ont un message à faire passer. Le spectateur a donc au premier abord un bel objet de cinéma ! Mais le point négatif est que l'ennui gagne peu à peu le public. Les péripéties ne sont plus aussi captivantes, pour ne pas dire d'une triste platitude, les acteurs jouent de plus en plus faux et le film nous livre des scènes inutiles qui n'aident pas à rester éveillé. C'est désolant sachant que la première partie est absolument époustouflante avec un côté presque " Apocalypse Now " dans les images léchées mais cette enthousiasme s'estompe brutalement ce qui au final déçoit le spectateur qui sortira de la salle très mitigé au sujet du film. La réalisation et la photographie sont prodigieuses mais rien de plus !
Excellent !!!On ne s'aperçoit pas de l'absence de moyens dans le film. L'ambiance y est très bien recrée, et je suis abasourdi que l'armée Française, n'ai rien compris des prises d'otages à l'époque. selon Kassovitz, les militaires se sont comportés comme en Algérie...Pauvre de nous ! J'ai bien aimé le personnage de Legorgus qui est pris entre son devoir de négociateur et les objectifs des politiciens. Cela Kassovitz le rend bien. A l'époque, je ne savais même pas que le 11° choc avait engagé un lance-flammes dans cette opération : c'est dire le peu de cas que les politicards ont fait de la vie humaine. Je n'étais pas un fana de Kassovitz, mais là je dois lui tirer mon chapeau. Car dans son film, il donne aussi le point de vue des Kanaks...et c'est cela le plus important ! Lors de "l'assaut" 19 kanaks tués, pas un seul blessé : pour ceux qui ont connu la guerre c'est impossible : les Kanaks ont été "butés" avec une balle dans la tête !!
Aujourd'hui place à un film spécial à plusieurs abords. L'Ordre et la Morale a suscité et suscite pas mal de débats. Il dépeint en effet des évènements qui datent quasiment d'hier (1988, trois ans avant la naissance de votre serviteur) et qui se sont déroulés sur une petite île, faisant partie d'un ensemble plus grand appelé Nouvelle-Calédonie. Cette île que les spots touristiques qualifient "d'île la plus proche du paradis" s'est transformée en enfer en ce début mai. […]
Suite ici: http://critiques-sans-queue-ni-tete.blogspot.com/2011/11/lordre-et-la-morale.html
Kassovitz est décidément un très bon réalisateur, à l'engagement toujours autant affirmé. Sa dernière oeuvre appuie là où ça fait mal pour les politiques de l'époque, lesquels ont privilégié leur carrière et le pouvoir à la vie de français, dont certains étaient des serviteurs de l'Etat. Très instructif, bien réalisé, voilà un film fort qui vaut aussi par ses scènes tournées caméra à l'épaule, notamment celle de l'assaut final, assez grandiose et magnifiquement maîtrisée. Seul petit bémol, le jeu de certains protagonistes militaires n'est pas à la hauteur de celle de l'acteur-réalisateur.
Je ne m'attendais pas à un film aussi prenant. Même si quelque longueur ce font ressentir, je dois avouer que la fin du film est plutôt assez dur à encaisser. Le film est une bonne leçon de morale, et un leçon d'humanité qu'il va falloir acquérir. Kassovitz est top, et son film est une réussite, il marquera les esprit en réussissant à éviter le cliché.
L'ordre et la morale est un drame basé sur des faits historiques délicats. Le récit sur cette polémique est toute fois pas sans défaut, la réalisation est mi-figue mi-raisin par un début un peu long comme la longueur du film. Le sujet montre que les choix politiques n'ont rien d'humain. Ce film d'action est nécessaire mais Il aurait été mieux de le traiter avec plus de simplicité.
Le grand retour de Kassovitz dont j avais boudé les derniers films. Je ne trouve pas de raison de lui enlever une seule étoile tant ce film est maîtrisé. Certains n ont pas compris que la force du film réside dans des acteurs non professionnels mais qui savent de quoi ils parlent, dans un rythme bien dosé qui fait monter la pression, une mise en scène impeccable qui transcende le cinéma. Bref, je le conseille fortement, je le déconseille à ceux qui ont aimé le film "Asault" qui sur un quasi même sujet fait pâle figure. La "Haine" est de retour et ça fait du bien en ce moment !
J'ai beaucoup aimé. Je comprend maintenant mieux ce qui s'est passé. Je ne suis pourtant vraiment pas pour l'indépendance mais pour une meilleur entente inter-éthique. Merci pour ce film.
Nul doute quant à la sincérité de Mathieu Kassovitz. Toutefois, son film m’a paru très long et se perd dans un ensemble de faits assez mal définis. Les dialogues caricaturaux n’aident pas le jeu des acteurs qui forcent le trait. Et le tout sonne faux. Même si l’intention est bonne, utile aussi, pour nous rappeler qu’en tant qu’individu nous ne représentons rien dans le jeu du pouvoir, l’ensemble m’a paru un peu trop manichéen.
Commençons par le point "problématique" : L'image des Kanaks preneurs d'otage que le réalisateur s'attache à décrire comme n'étant ni des sauvages, ni des terroristes, mais juste " des pères de familles", expression qui est répétée plusieurs fois dans le film au point de susciter cette réflexion : en quoi être "père de famille" rendrait une prise d'otage "non violente" ou plus légitime ? La violence serait donc l'apanage des gens sans famille ? Kassovitz s'attache donc trop à nous dépeindre les preneurs d'otage comme de braves types, plutôt pacifistes qui ne voulaient tuer personne ! Vision trop acidulée à laquelle on a du mal à adhérer totalement (même si on peut accepter qu'effectivement leur intention première n'était pas de tuer !) surtout à la vue de la scène de la gendarmerie mais aussi par certaines répliques du chef du groupe. C'est comme si Kassovitz avait voulu lutter contre un stéréotype ("les sauvages sanguinaires et leurs machettes tueuses) par un autre stéréotype (les bons "pères de familles" dans le respect et la crainte de la tradition des anciens !). Mis à part cet aspect là,j'ai trouvé que ce film était une œuvre de cinéma aboutie : une des grandes qualités de Kassovitz réside dans l'ouverture de ces films : il sait susciter d'entrée de jeu l'intérêt du spectateur et lui permettre de rentrer facilement dans l'histoire et son atmosphère (ce qui n'est pas le cas de la plupart des films français). Ce film ne fait pas exception : l'ouverture du film est suffisamment forte émotionnellement pour qu'on accroche. La structuration du film est bien maîtrisée aussi bien sur le plan de l'image et de la mise en scène que sur le plan sonore que j'ai particulièrement apprécié. Le jeu des acteurs est de bonne tenue, Kassovitz en tête. Les dialogues sont plutôt bien troussés même si une ou deux répliques peuvent sonner un peu démonstratives. Tous les échanges concernant les soubassements politiques fonctionnent bien. Par contre, les dialogues portant les motivations des Kanaks sont pas toujours convaincants : l'évocation de la "loi Pons" est très sommaire mais le passage sur "l'exploitation du nickel" sonne juste (sans doute parce qu'on y perçoit plus les intérêts politico-économique qui répondent aux éléments politiques du film). Pour conclure sur le discours, que Kassovitz est un parti pris est parfaitement légitime : il se pose en metteur en scène et non en "faiseur de documentaire". Mais pour ma part, j'ai trouvé que les deux "prétendants à la présidentielle de l'époque" étaient quand même plutôt épargnés. Après, l'univers de la politique est plutôt finement illustré. Un film que je recommande !
Mattieu Kassovitz est un réalisateur talenteux et il ne déroge pas à la règle pour "l'ordre et la morale". On peut être d'accord ou non avec son point vue mais je n'ai pas ressenti de sentiment anti français dans ce film ni le manichéisme outrancier que certains ont pu décrire ( ont-ils vu le film ???) La réalisation, le tournage sont excellents et j'ai trouvé les acteurs qui pour certains (soldats et kanak) amateurs très convaincants. MK a bien su retranscrire l'atmosphère de l'époque et cette période délicate de l'entre 2 tours de la présidentielles. Il n'y a aucune violence, d'ailleurs, j'ai trouvé l'assaut final bien "soft". On entre entre la politique et l'action et les hommes au service et sous le commandement d'autres hommes. Je déplore la longueur du film et un certain flou concernant les négociations avec le FLNKS, l'élysée, le gouvernement en place. La France n'est pas sortie grandie de cette affaire certe, mais avait elle le choix devant des hommes armés qui ont n'ont pas hésité à assassiner des innocents, mais ça c'est une autre histoire. Un bon film pour tenté de comprendre ce qui s'est passé .....
Depuis une grosse dizaine d'années, on a vu quelques fois Kassovitz devant la caméra, où il se débrouillait très bien. Derrière, en revanche... no comment. Avec "L'Ordre et la morale", il vient nous rappeler qu'il fut, dans les années 90, un jeune réalisateur prometteur. De fait, voilà probablement son meilleur film. La polémique autour de ce dernier était probablement inévitable, sachant que nous sommes dans un pays où dès qu'on ouvre un peu trop sa gueule, on est stigmatisé. Et je suis loin d'être toujours d'accord avec les déclarations parfois stupides de Kassovitz. Mais ici, pourquoi hurler au scandale ? Parce qu'il vient rappeler des heures peu glorieuses, qui plus est récentes, de notre Histoire ? Qu'il rappelle, au passage, que la France est toujours un pays colonialiste ? Sur le fond, le film était profondément nécessaire, et Kassovitz était sûrement le seul réalisateur français à avoir les "cojones" pour le faire. Dans ses interviews comme dans ses films, il est direct, franc, agressif, et ça fait du bien. Et, en plus, il se débrouille très bien derrière la caméra. Le flash-back de l'attaque de la gendarmerie est tourné de manière inventive, la lumière est toujours aussi bien travaillée, et la séquence de l'assaut est d'un réalisme digne des meilleurs films de guerre. De l'intelligence et du talent, c'est ce qu'il faut pour faire du bon cinéma politique français. Entre "L'ordre et la morale" et "L'exercice de l'Etat", on est plutôt bien servis en France ces dernières semaines.