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joevebulle
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4,0
Publiée le 24 juillet 2026
Quoique certains en disent sur la réalité des faits, le film ne s'inspire pas moins que du livre du capitaine Philippe Legorjus au titre "Ouvea, la république et la morale". Alors proche de la vérité ou non, très très peu de personnes ont des informations leur permettant de se faire un jugement valable. Il reste que le fonctionnement de nos instances politiques et militaires semblent, hélas, très crédible. Le film montre la capacité de ces personnes à enterrer les problèmes et à responsabiliser les autres. Le film est très bien fait et les plus de 2 heures passent facilement. On peut y reprocher, une vision un peu trop naive de certains kanaks et un jeu d'acteurs assez inégal surtout coté militaire.
Retraçant la prise d’otage de gendarmes par des indépendantistes Kanaks sur l’île d’Ouvéa en 1988, et en plaçant son film uniquement du point de vue du capitaine du GIGN, Mathieu Kassovitz livre là un long-métrage engagé, porté par une mise en scène rigoureuse d’authenticité et de réalisme. Une œuvre politique qui peut déplaire, mais qui a le mérite de relater des faits méconnus et oubliés, usant d’un casting principalement amateur, le réalisateur opte pour la sincérité d’un récit poignant et édifiant. Une vrai réussite.
Après des errements aux USA, Mathieu Kassovitz signe pour son retour en France un film courageux. D'une part, car il traite d'un sujet encore très tabou pour beaucoup de gens : la prise d'otage en 1988 en Nouvelle Calédonie, qui s'est terminée par un assaut musclé (pas de spoiler ici, c'est l'un des premiers plans du film). D'autre part, car le sujet reste frais, de nombreux acteurs étant encore en vie en 2011. Pour preuve, le réalisateur ne reçut pas le soutien logistique de l'armée française (compréhensible au vu du scénario !). Ni celui de la population kanak, contraignant Kassovitz à tourner en Polynésie au lieu de la Nouvelle Calédonie. Il a été reproché à "L'Ordre et la Morale" de trop dévier de la vérité. En particulier, les militaires de l'armée de terre sont présentés comme des brutes, face aux gendarmes plus modérés. Tandis que le protagoniste, le capitaine du GIGN Philippe Legorjus, apparait comme un héros compétent et intègre... ce qui n'était visiblement l'avis général de ceux qui l'ont côtoyé. Mais à la rigueur, c'est un choix artistique, le film étant tiré du livre du capitaine en question. En tout cas sur la forme c'est réussi. Le tournage en décors naturels dépayse et nous immerge dans la situation, entre tensions locales, revendications indépendantistes, et jungle luxuriante. La trame est assez haletante à suivre, grâce à toutes les composantes de la prise d'otage. Négociations du GIGN, profils des indépendantistes, armée hostile qui veut tout raser, politiciens qui s'en mêle en pleine cohabitation Chirac / Miterrand et à quelques jours de l'élection présidentielle... bref le récit est riche. Et le réalisateur en profite allègrement pour faire passer ses messages, entre dénonciation post-colonialisme, anti-militarisme, et regard humain sur des preneurs d'otages paumés. Sur la mise en scène, Kassovitz maîtrise ses décors et son histoire, et nous offre en particulier deux séquences bien réussies. Un flashback intégrant deux temporalités, et le fameux assaut, filmé caméra au point à hauteur d'homme. Je reprocherai quelques acteurs limites chez les militaires. Et des choix étranges du protagonistes (cela trahirait-il que son comportement était effectivement loin d'être exemplaire dans la réalité ?). Mais cela reste du cinéma français ambitieux, comme j'aime le voir.
Excellent film qui raconte avec brio une partie dramatique de l’histoire de France et de la Nouvelle Calédonie, où comme trop souvent des politiques ont décidé de privilégier leur « intérêts personnels » au détriment de celui de celles et ceux pour qui ils travaillent.
Un film qui aurait pu être intéressant et plébiscité par le public s’il n’avait pas été réalisé avec une version polémique et frelatée de l’histoire du drame d’Ouvéa. Du magistrat impliqué aux autorités, tous le diront. Le film a pris un abord partial, antimilitariste et pro indépendantiste. Enfin, au lieu d’attaquer les armées en mettant en exergue le rôle des gendarmes, Kassowitz devrait ne jamais oublier que ce sont les politiques qui commandent. Pour le reste, de beaux paysages et quelques scènes intéressantes.
J'avais jamais vu ce film, je suis tombé dessus par hasard et connaissant l'histoire, me suis dit pourquoi pas... Des le début je vois que l'acteur et le réalisateur sont une seule et même personne...Kassowitz. La je me dis... connaissant le personnage à travers sa carrière et ses idées...ça va être de parti-pris. GAGNÉ !!! Tout le long du film MK fait passer l'armée Française pour des colons barbares sanguinaires bas de plafond. Il devait jubiler , exulter au fond de lui-même. Le film est finalement à son image ...fade et orienté. Il a fait de son business idéologiquement crasse, une marque de fabrique, rabaisser son pays et montrer une vision biaisée par ses travers politique un exutoire. Le scenario est faible ( alors que mince...l'histoire s'y prête pourtant ), le jeu d'acteur du niveau club théâtre de lycée. Bref... ce film doit être culte chez LFI surtout en ce moment.
J'ai vu un film... de Mathieu Kassovitz, avec une réalisation impeccable, ambitieuse et des effets de style de haute volée... Une immense originalité dans la narration. On est y est plongé dès les premières secondes pour ne jamais décrocher...
Rappel des faits : En pleine élection présidentielle, juste avant le 2ème tour entre Mitterrand et Chirac, le FLNKS (mouvement de libération des Kanaks) en Nouvelle-Calédonie, va attaquer une gendarmerie, tuer 4 gendarmes et prendre en otage 30 gendarmes, séparés en 2 groupes. L'un sera libéré rapidement, l'autre fera l'objet d'une négociation et d'un assaut de la part des parachutistes et du GIGN à la grotte d'Ouvéa.
L'action se situe à travers le regard de Philippe Legorjus, négociateur du GIGN (interprété par l'excellent M. Kassovitz) qui oscille entre espoir de résoudre cette situation de manière pacifique et le constat d'une issue violente, avec en guise d'enjeu politique pour le Premier Ministre Chirac de faire une démonstration de force pour envoyer un message ferme à l'extrême-droite de JM Le Pen. Le commandement est confié à l'Armée (qui n'est pas censée intervenir sur le territoire français... Je l'apprends ici) et qui va donc mener un assaut sanglant se soldant par la mort de 2 militaires et de 19 Kanaks (aucun blessé).
Il sera établi par la Ligue des Droits de l'Homme que 3 Kanaks ont été abattus après l'assaut, 1 blessé a été achevé et le chef de cette bande, blessé au genou, a été laissé sans soin pendant plus de 4h, après avoir été passé à tabac par les parachutistes. Enfin, 12 des 19 Kanaks ont reçu une balle dans la tête. J'ai découvert cet événement, et j'ai été bouleversé de voir que la raison d'Etat passe avant la morale (Bon, depuis Machiavel, rien ne me choque vraiment... hein ?). Les circonstances créent des occasions qui créent des événements qui créent des drames... Ce film n'est pas sorti en Nouvelle-Calédonie.
C'est un excellent film, un témoignage aussi (il faut le dire, mais à la lecture de la page Wikipédia on ne peut qu'être troublé)
Réalisateur engagé et donneur de leçon (souvent insupportable), on pouvait craindre le pire en lisant pitch de l'histoire mais cette fois Kassovitz donne une (petite) leçon de mise en scène. Il vaut mieux d'ailleurs s'attarder sur la forme tant la véracité des faits décrit dans ce film fait débat. Et sur la forme il faut reconnaitre que Kassovitz s'est appliqué, on est à des années lumières de ses récentes bouses Américaines (Gothika et Babylon AD). C'est rare de voir un film Français, hors drame- comédie-polar, aussi aboutit.
Après une incursion de triste mémoire en terres américaines, qui s'acheva dans la fureur avec le saccage de Babylon A.D (projet éminemment personnel), Matthieu Kassovitz revient derrière la caméra pour un sujet on ne peut plus tricolore. Encore bien remonté, le Kasso ? On pourrait le croire, le script étant tiré d'une page méconnue et vraiment pas glorieuse du corps politique et militaire français. Mais j'aurais tendance à penser que le réalisateur a tenté un geste similaire à celui de Steven Spielberg avec Munich (auquel il a participé lui-même). Ce geste, c'est une main tendue vers la réconciliation. Avec l'Histoire, dans ce qu'elle peut renfermer de plus rude et regrettable. Mais d'un autre côté, on pourrait aussi y déceler un poing tendue face aux basses et égoïstes machinations politiques. "Ça nous dépasse" entend-on de la bouche du Christian Prouteau fictionnel, au moment où le médiateur Philippe Legorjus saisit toute l'horreur de la situation. Quand ceux qui sont au cœur du dispositif de négociation voient le terrain se dérober sous leurs pieds, du fait de commandants en chef polarisés sur la campagne présidentielle...à presque 17.000 km de là. Sous bonne inspiration, le metteur en scène livre plusieurs scènes très inspirées, parmi lesquelles un plan-séquence sur 2 temporalités et le final caméra au poing. Les 136 minutes du long-métrage sont oppressantes, jamais flottantes même dans les séquences de bureau, elle-aussi montée au cordeau. Techniquement, le film est ce que le cinéma français peut offrir de plus beau (de la photographie au montage, sans oublier l'ambition). Le choix de commencer par le résultat pour remonter ensuite le temps est par contre contestable. Non pas qu'elle empêche la tension, mais le fait de connaître l'issue semble cloisonner le récit à une narration qui n'autorise pas d'imprévus. C'est compréhensible mais je ne pense pas que c'était la meilleure option. On pense souvent à Platoon ou Michael Mann, sans oublier Spielberg évidemment, avec une caméra très véloce et très précise. Il y a bien sûr la critique (très forte) d'une chaîne de commandement viciée en son cœur, et celle d'une classe politique déshumanisée par l'apparat et les postures calculées. En creux, il y a également l'hommage aux sacrifiés, ces contestataires qui voulaient seulement être entendus ou reconnus. Mais aussi les populations épuisées par un conflit qui n'a fait que perdurer. Le jeu des acteurs est parfois raide, mais la distribution est majoritairement exemplaire : Kassovitz lui-même, Philippe Torreton, Iabe Lapacas ou l'excellent Jean-Philippe Puymartin (également voix française de Tom Hanks). L'Ordre et la Morale se fait le porte-voix d'une diplomatie qui a troqué les mots pour les maux. Ambitieux, fort, inégal mais diablement sincère.
Kassovitz retrouve la pêche pour tourner ce film d'action et engagé. Il lui manque cependant des moyens financiers et la réalisation s'en ressent, en particulier au moment de l'assaut final. La guerre interne armée de terre contre gendarmes est sordide, B. Pons est présenté odieusement, bref on ne fait pas dans la nuance. Le récit en voix off fait penser bien sur au Bureau des Légendes. Bref, un récit coup de poing sur un fait divers tragique qui ne glorifie les politiques en période d'élections présidentielles. DVD 1 - aout 2020
Je pensais que c'était un beau film J'ai aussi beaucoup aimé les personnages, ils ont très bien joué leur rôle C'est le meilleur film que j'ai jamais vu de ma vie
Essayant de capter un maximum de gens possibles, Kassovitz a retranscrit ce fait historique sur grand écran de façon très maladroite et relativement soporifique. C'est extrêmement bavard et marchant pas à pas, aucun chapitre (ni même l'assaut traité de façon bâclée et peu spectaculaire) ne m'a convaincu. Un film pour vieux sage patient, une perte de temps !
Il y a des longueurs et des palabres, et la crédibilité des acteurs n'est pas au rendez vous. On souligne cependant le pari un peu fou de Mathieu Kassowitz de réaliser un film sur cette affaire plus politique que militaire.