Comédie dramatique et fantastique écrite et réalisée par Gary Ross, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Pleasantville est un très beau film, à l'esthétique singulière. L'histoire se déroule dans les années quatre-vingt-dix et nous fait suivre David, un adolescent qui, pour s'extraire des angoisses de sa famille divisée, aime s'évader en regardant la télévision et plus particulièrement Pleasantville, une série en noir et blanc se déroulant dans les années cinquante. Mais, un jour, alors qu'il reçoit une télécommande spéciale de la part d'un réparateur de télévision, il se retrouve parachuté, avec sa sœur jumelle Jennifer, son exact opposé, dans la ville du feuilleton. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'environ deux heures. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous plongeant rapidement au cœur des événements et qui se veut intéressante à suivre. Car leur arrivée dans ce monde va chambouler la vie bien réglée des protagonistes qui y vivent. Le sujet traite de la différence de mœurs que ces quatre décennies sépare. On fait ainsi face à une opposition entre valeurs progressistes et traditionnelles, notamment concernant la question de l’émancipation de la femme qui est le cœur même du récit. Ces deux visions bien différentes vont créer des remous et des changements bouleversants le destin des individus coincés dans le téléviseur. Tout cela accouche de scènes procurant de nombreux sentiments variés. Le ton se veut lui à la fois triste et léger. L'ensemble est porté par des personnages appréciables et attachants. Des rôles très bien interprétés par une distribution comprenant Tobey Maguire, Reese Witherspoon, William H. Macy, Joan Allen, Paul Walker, Jeff Daniels, . Walsh, Marley Shelton, Giuseppe Andrews ou encore Jenny Lewis. Tous ces êtres entretiennent des relations procurant de belles émotions. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits. Si le fond est intéressant, le métrage se démarque avant tout par son aspect formel atypique. La réalisation du cinéaste américain se veut de bonne facture. Mais surtout, sa mise en scène évolue au sein d'un univers remarquablement pensé. En effet, alors que le film débute en couleur, on est vite propulsé dans un monde en noir et blanc. Mais celui-ci va, au fil des minutes, retrouver de l'éclat en se colorant petit à petit. Cela commence par des petits détails avant que des personnages et même le décor tout entier se transforme. Ce concept est franchement ravissant, donnant lieu à des plans sublimes au sein desquels la couleur se mêle au noir et blanc. C'est techniquement remarquable. Le travail numérique réalisé est exemplaire. De plus, l'action se déroule dans une période très bien retranscrite à l'écran. Ce visuel aussi joli que particulier, est accompagné par une bande originale de qualité nous gratifiant de grands standards de cette époque. Reste une fin à la hauteur du reste du récit venant mettre un terme à Pleasantville qui, en conclusion, est un long-métrage méritant grandement d'être découvert et une œuvre unique méritant grandement d'être admirée.