Dune
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lhomme-grenouille

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4,0
Publiée le 20 décembre 2021
Je saurais entendre que face à un tel nom, les attentes aient pu être multiples, complexes, contradictoires, voire même carrément impossibles à assouvir.
Car depuis 1965 et la publication du roman « Dune », c’est peu dire si l’univers de son auteur Frank Herbert a su alimenter les mythes comme les frustrations, au point de s’ériger comme une icône d’œuvre inadaptable.
De l’abandon des projets d’Alejandro Jodorowsky et celui de Ridley Scott en passant par le fiasco sorti sur les grands écrans en 1984 que même son réalisateur renia, l’idée d’une adaptation réussie de « Dune » au cinéma avait fini par s'ériger en fantasme inatteignable, ce que le remarquable documentaire « Jodorowsky’s Dune » a d’ailleurs récemment contribué à entretenir…
Dès lors, rien d’étonnant à ce que – à peine annoncé – ce projet de reprise par Denis Villeneuve fasse déjà grincer des dents.
Peur et joie s’entremêlaient chez certains avec une certaine évidence. Désir et effroi…
…Que de choses face auxquelles, je me dois bien de vous l’avouer, je me retrouvais bien étranger.

Parce que oui – et il me semble utile de le préciser tout de suite afin que le regard que je porte sur ce film soit bien compris – j’ai toujours entretenu à l’égard de « Dune » un rapport totalement dépassionné.
Je n’ai jamais lu le roman et les seuls contacts que j’ai pu avoir avec l’univers de « Dune » furent pour moi le jeu de Cryo Interactive sorti en 1992 ainsi que le film de David Lynch.
C’est donc peu dire si « Dune » n’a jamais entretenu chez moi une quelconque forme de fantasme ou d’attente.
Malgré tout, ça ne voulait pas dire que j’appréhendais ce film sans rien y projeter.
Au contraire, face à lui je nourrissais ma propre exigence.
Et celle-ci n’était pas tournée vers un univers mais plutôt vers un homme.
Moi, celui en qui je portais d’étranges espoirs, c’était Denis Villeneuve.
« Étranges » parce que jusqu’à présent je n’ai jamais vraiment été emballé par aucun des films de cet auteur.
Mais « espoir » malgré tout parce que je sentais que le bonhomme avait le potentiel pour réaliser ce qui me manque depuis beaucoup trop longtemps.
Ce genre de film là…
« Dune. »

Voir « Dune » c’est avant toute chose voir un film élégant.
Un film de textures. Un film de lignes pures. Un film de sons et d’échos.
Et qu'on puisse dire ça d'un blockbuster américain sortant en 2021, je trouve ça d'autant plus agréable que c'est fort rare.
Le contraste avec tout ce qui a pu se faire ces derniers temps est d’ailleurs à ce titre assez saisissant.

Aux bouillasses numériques des frères Russo, Villeneuve y répond avec de la pierre brute, de la lumière franche et des corps dépeints de mille façons.
Dans la droite lignée de son « Blade Runner 2049 », le Québécois remobilise tout son art de la texture et de la rupture.
Ici un corps épousé par le tissu et le vent.
Là un visage matifié et plissé par le soleil du désert.
Et puis enfin ces masses de chair qu’on noie dans la vapeur d’eau ou les fluides épais.
Là où les frangins de la ligue du Yes ne savent qu’enchainer les chorégraphies de CGI orchestrées sur des parkings vides, Villeneuve s’attarde sur des bains, des repas, des marches…
Le luxe découle chez lui du raffinement de la lumière et des textures là où d’autres ont besoin de débauches numériques et de hochets pétaradants.

D’ailleurs, à côté de cela, ce « Dune » répond aussi à merveille à la précipitation qu’un J.J. Abrams a désormais posé comme norme dans les « Star Wars ».
Face à la culture du roller coaster, Villeneuve réimpose le temps long, car c’est le seul temps qui sait rendre les moments imposants.
Une seule scène de ce film parvient d’ailleurs à rappeler quelques évidences.
C’est une scène située au tout début. La scène durant laquelle le héraut impérial vient convier les Atréides à prendre en charge la planète Arrakis.
Alors que chez Abrams la chose aurait été pliée en deux coups de cuillères à pot entre deux scènes d’action, le tout dilué dans un petit jeu de petites chamailleries censées rappeler à quel point les héros ne sont que des humains comme les autres avec leurs failles et leurs doutes, Villeneuve lui préfère souligner la solennité de l’instant.
Des plans longs et larges pour illustrer la rigidité et la rectitude du cérémonial.
Une marche longue pour qu'on prenne le temps de s’attarder sur les costumes et ornementations de chacun.
Et surtout un silence sacral au moment d’appeler le Duc à ses nouvelles fonctions.

Parlons-en d’ailleurs de ces silences ; dernière grande force de cette élégante mise-en-scène.
Des silences qu’on pourrait d’ailleurs coupler aux multiples plans fixes qui composent ce film.
Là où un Christopher Nolan aurait tartiné ce film de dialogues et de musiques dans tous les sens, Villeneuve lui sait s'effacer.
Il s’efface quand il oblige le verbe à aller à l’essentiel (quitte à être parfois froid et plat), lorsqu’il ménage les silences entre chaque échange, ou bien tout simplement quand survient le moment de montrer la grandeur ou la magnificence d’un vaisseau ou d’un ver des sables…
Et dire cela, ce n'est pas dire pour autant que la musique est absente, loin de là. C'est juste dire qu'au moment de savoir se mettre en retrait, elle sait le faire. Et l'air de rien c'est quelque-chose qui commence à se faite trop rare dans les grands blockbusters actuels pour ne pas être signalé.

Or, rien que ça – déjà – moi ça suffit à mon plaisir…
…Et si cette seule élégance de forme peut suffire à mon bonheur c'est aussi parce qu’au fond, celle-ci colle parfaitement à l’univers présenté.
Comme un étrange clin d’œil fait à son temps, « Dune » nous renvoie à une autre époque.
Et plus qu’à un futur lointain, c’est surtout vers une vision passée du futur que « Dune » nous ramène.
Faste des péplums et de leurs grands décors.
Dureté du corps à corps et des combats à l’arme blanche.
Mécaniques bien rustres et bien physiques des années 90, avec hélicos et stations d’extraction qui s’inspirent d’ailleurs directement du jeu de Cryo de 1992.
On pourrait même pousser le vice jusqu’à voir en ces étranges boucliers de protection un clin d’œil à l’esprit de « Star Wars » et de ses sabres-laser.

Mais au fond, rien de nouveau à cela chez Villeneuve.
Car à bien tout prendre, « Blade Runner 2049 » avait déjà su rappeler le blockbuster à son excellence puisque toutes les qualités sus-citées y étaient déjà présentes.
Sauf qu’il y a dans « Dune » ce qui manquait selon moi à « Blade Runner 2049 ».
Là où la suite qui emboitait le pas du chef d’œuvre de Ridley Scott avait peiné à trouver une direction et une singularité, « Dune » a su pour moi accomplir ce qui a toujours manqué dans les films de Villeneuve : de l’amalgame.

Jusqu’à présent j’ai toujours trouvé qu’il y avait dans chacun des films de Villeneuve de très fortes disparités qualitatives entre le fond et la forme ; résultat selon moi d’un auteur qui a toujours su poser des univers et des ambiances mais sans jamais savoir quoi en dire ni quoi en faire.
Ainsi, de « Prisoners » à « Premier contact » en passant par « Sicario », « Blade Runner 2049 » ou « Enemy », j’ai toujours eu du mal avec cette sorte de grossièreté – pour ne pas dire cette maladresse – avec laquelle Villeneuve enchainait régulièrement les poncifs des différents genres qu’il a pu adopter, et cela sans jamais n’avoir vraiment réussi à les faire cohabiter de manière logique et cohérente.
Or, là, dans « Dune » pour une fois ça colle plutôt bien.
Et on ne va pas se mentir, je pense que si tout colle aussi bien c’est aussi parce que ce film n’a pas de fin.

Ne se posant que comme la première partie d’un tout appelant à être complété ultérieurement, « Dune » peut s’autoriser ce luxe d’installer sans faire aboutir.
Ainsi Villeneuve peut-il exceller dans ce qu’il fait le mieux : installer.
Une installation qui n’en reste pas moins riche en péripéties et ambitieuse en termes d’élancement…
Comme s’il était libéré de la pression immédiate de conclure, l’ami Villeneuve n’en semble que davantage libéré…
…A moins que ce ne soit nous qui sommes libérés pour le moment d’une potentielle désillusion à venir.
…Il n’empêche qu’en attendant, cet épisode joue pleinement son rôle de mise en bouche. Et c'est l'essentiel.

Malgré tout, dire cela ça ne signifie pas pour autant que « Dune » est pleinement émancipé des lacunes qui planent sur tous les films de Villeneuve, voire de tous les blockbusters en général.
Au premier rang des « peut mieux faire » on retrouvera notamment les scènes de bataille.
Quand bien même surpassent-elles plastiquement celles présentes dans des « Avengers » et autres films du genre, il n’empêche qu’à y regarder de plus près, on peut y retrouver quelques tristes similitudes.
Entre les pirouettes absurdes, les figurants qui se battent dans le vent, et les quelques plans confus posés là pour mieux cacher la misère, « Dune » perd de sa superbe sitôt s’agite-t-il un peu.

Difficile aussi de ne pas tiquer sur une grosse chute de rythme lors du dernier quart.
Il faut dire que l’agencement de l’intrigue a de quoi surprendre au regard de la durée totale du métrage.
spoiler: Après une montée progressive en tension, tout explose lors d’un climax qui survient au bout de deux heures de film ; climax qu’il est difficile de ne pas ressentir comme l’aboutissement de cette première partie… …Sauf que non. Derrière ça une dernière demi-heure nous attend encore. Et si au fond celle-ci n'est pas totalement inintéressante, la mise-en-scène n’est cependant pas parvenue à poser ce dernier segment comme un prolongement naturel du climax ayant eu lieu précédemment. En ressort une conclusion poussive et qui peine à séduire tant elle peut être perçue comme une sorte de tronçon intermédiaire entre la partie 1 et la partie 2.

Une triste manière de faire retomber le soufflé…

Et d’ailleurs, si le soufflé retombe, c’est aussi en raison d’un troisième et dernier problème : une certaine superficialité (pour ne pas dire asceptisation) du traitement des personnages.
Or si la longue exposition des trois Atréides permet de générer auprès des spectateurs un minimum d’intrigue les concernant, il n’en va malheureusement pas de même de tous les autres personnages qui se réduisent souvent qu’à de simples clichés de space-opéra.
Et à ce petit jeu d’ailleurs, les quelques notes de « minorités visibles » détonnent tant la logique qui les conditionne saute aux yeux.
Alors qu’il aurait juste suffi d’opérer un vrai brassage de couleurs et de cultures pour qu’on ne se questionne sur rien, là le film se contente simplement de nous bombarder ici un médecin chinois et là une cheffe rebelle noire ; deux singularités qui peuvent rappeler qu'avant de regarder une saga de fantasy spatiale, on regarde un film devant se plier aux contingences nord-américaines de son temps.

Difficile également de ne pas reprocher au film de ne pas avoir su davantage accentuer cette opposition entre la froideur et la rectitude du monde politique et nobiliaire des Atréides à celui plus chaud, tourmenté et confusionnant du monde de la Dune.
Les peuples du désert sont trop ternes et trop sages. Les hallucinations trop nettes et trop chastes. Quand au sable et aux vents ils ne martyrisent pas suffisamment les visages et les yeux.
Peut-être dans sa partie 2 Villeneuve passera-t-il la vitesse supérieure sur ce point mais j'en doute.

Malgré tout, me concernant, je préfère profiter de cette partition de l'intrigue en deux pour prendre ce que j'ai à prendre, projeter ce qu'il m'est encore permis de projeter, et profiter de ce film a à me donner.
Car à bien tout prendre, me concernant, ces quelques réserves n'ont au final pas tant terni que cela le bilan que je me fais de ce « Dune ».
Et ce bilan c’est que, bon-an-mal-an, Denis Villeneuve est en train de (ré)imposer au sein des productions de blockbuster étatsunienne ce que j’aurais tendance à considérer comme étant du vrai cinéma.
Pas seulement de l’agitation et des CGI en pagaille pour satisfaire les esprits distraits, mais plutôt un cinéma riche qui entend tirer profit de plus d’un siècle de façonnement du langage cinématographique par le cadre, le montage, la photo, les silences.
D’une certaine manière « Dune » restaure une sorte de noblesse du cinéma, à une époque où avait fini par devenir hégémonique une véritable culture de parvenus.

En cela « Dune » tient pour moi ses promesses.
Peut-être pas la promesse d’une adaptation à la hauteur de l’œuvre de Frank Herbert – car de cela je ne saurais au fond discuter – mais au minimum la promesse d’un vrai cinéma.
Un cinéma de la vieille pierre. Un cinéma du combat et de la cérémonie à l’ancienne.
Et même si je ne suis pas du genre à prôner le maintien des têtes couronnées dans le monde, j’avoue malgré tout apprécier quand un bon artisan rappelle à la beauté des arts anciens…
…Ceux qui résistent aux vents et aux temps.
…Ceux qui s’imposent par leur majesté, tout simplement.
Sevan B
Sevan B

42 abonnés 22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2021
Magistral, sublime ! Des images à couper le souffle, une photographie grandiose et poétique, des acteurs transcendés, une BO envoûtante et un grand respect de l'œuvre originale ! J'ai adoré. Hâte de voir les suivants !
Solid S
Solid S

44 abonnés 123 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 janvier 2022
Pourtant grand amateur de SF, adorant Star wars et appréciant Star trek, l'univers de Dune ne m'a jamais attiré et ce film n'a pas su me convaincre davantage. Bien que visuellement emballant, je n'ai jamais su rentrer dans l'histoire et j'ai donc trouvé ça d'un ennui absolu, idem pour la BO de Hans Zimmer, à mes oreilles la plus plate de sa carrière. Le casting est grandiose, rien à dire dessus, mais je n'ai jamais apprécié Timothée Chalamet que je trouve aussi charismatique qu'un beignet entamé et, comme c'est le personnage principal, bah ça n'aide pas plus à apprécier la chose. Donc voilà, ce Dune, je n'en ferai pas une montagne.
Max D
Max D

17 abonnés 2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2024
Après nous avoir livré un excellent Blade Runner 2049, Denis Villeneuve semblait être le meilleure candidat pour s'attaquer au monument Dune, "le film maudit". Ayant vu le film en Avant première au Grand Rex, je vous en donne ma critique:

Je n'ai pas lu le livre mais je sais qu'il est d'une densité rare (noms de dynasties, univers complexes, différentes planètes ect…), pourtant, grâce à une narration efficace, le spectateur peut facilement se situer dans cet univers complexe et reste intrigué par celui-ci. Entre scènes d'actions époustouflantes et images oniriques, Denis Villeneuve parvient à nous plonger dans un monde épique, violent et grandiose.

Il travaille en profondeur ses personnages et leur relations (je pense notamment à Paul et sa mère) nous pouvons donc beaucoup nous attacher à ces personnages (les acteurs Timothée Chalamet et Rebecca Ferguson sont excellents) pour tenter de comprendre ce qui arrive à Paul et le suivre dans une épopée dont les enjeux le surpassent totalement.

Il faut aussi parler des visuels et de l'ambiance de films. Les scènes d'actions, très bien chorégraphiées et originales offrent un spectacle aussi époustouflant que fascinant. Villeneuve, au sommet de son art, nous fait contempler la planète Arrakis grâce à des plans larges et travaillés nous faisant comprendre l'immensité de Dune, la planète comme le film.

Deux défauts, certaines scènes s'enchaînent de manière assez mécanique ce qui donne au film un rythme très soutenu. C'est assurément un des écueils qui va avec les choix du réalisateur de rester très fidèle au roman de Frank Herbert.
De plus des personnages antagonistes ( spoiler: spoiler: l'homme que doit combattre Paul à la fin du film et le médecin de la famille, traitre
) sont assez peu développés et manquent de consistance, on ne comprends pas immédiatement pourquoi ils agissent comme ils le font et nous n'avons aucune attache émotionnelle pour eux.

Cela est cependant noyé dans toutes les qualités du film, de la mise en scène à la BO magnifique signée Hans Zimmer que l'on retiendra pendant très longtemps.

Allez voir Dune au cinéma, nous pouvons nous attendre à une nouvelle série de film culte, à la Star Wars ou Seigneur des Anneaux.
nemo5959
nemo5959

13 abonnés 97 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2021
Paris réussi haut la main par Villeneuve. Une très bonne surprise. Le seul problème est qu'à la fin du film tu aimerais voir de suite la seconde partie.Édit: je viens de le revoir et les petites réserves que je pouvais avoir sont évaporées. Si la seconde partie est à la hauteur, l'ensemble sera un chef d'œuvre.
L'homme sans nom
L'homme sans nom

178 abonnés 1 182 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mars 2024
Un mot sur Dune, un des films les plus attendus de l'année ? Impressionnant. L'image et le son sont en symbiose pour nous offrir une expérience cinématographique unique ! Chaque plan est d'une grande beauté, comme rarement cela à été le cas à ce niveau, et la BO de Hans Zimmer prend au tripe. Les effets spéciaux sont bien dosés, le monde nous apparait réaliste en nous étant pourtant totalement inconnu !
Le casting est lui aussi impressionnant. Rebecca Ferguson crève l'écran et forme un bon duo avec le tout aussi bon Timothee Chalamet dans le rôle principal.
Le rythme est lent et comme pour les autres films de Denis Villeneuve, je ne le conseillerais pas à ceux avides d'actions. Dune est contemplatif, ce qui n'empêche pas d'avoir des scènes super épiques et d'autres très émouvantes qui donnent toutes deux des frissons. Les dialogues sont quant à eux sobres et très efficaces, les expressions des visages se suffisent à elles mêmes le plus souvent.
Autre attention: ce film est une partie 1. Le film ne se termine donc pas sur un point mais plutôt une virgule. Il prépare la partie 2 qui s'annonce excellente, si elle aboutie un jour. On reste donc un peu sur notre faim mais le plaisir de voir Dune en salle est bien là !

PS: après avoir revu le film 2 fois en salle (ce que je n'avais jamais fait auparavant) et avoir lu une partie du roman de Herbert, je ne peux que rehausser ma première impression, en donnant la note maximale pour ce qui reste un des meilleurs films que j'ai vu au cinéma. Et la fin un peu frustrante ne nous hype que plus pour la sortie du 2nd ! 6 Oscars récompensant les visuels et les sons du film (dont musique pour Hans Zimmer et photo pour Greig Fraser), amplement mérités.
MAX OPV
MAX OPV

8 abonnés 17 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 septembre 2021
2 heures et 30 minutes de souffrance. Mais quel film douloureux! Je sors de cette longue séance épuisé par une bande son assourdissante qui agresse l'ouïe, par des personnages et des dialogues d'une vacuité proche du vide sidéral. Les décors, les costumes sont pauvres tout comme les scènes d'action qui se comptent sur la moitié des doigts d'une main. Mais quel échec cinématographique. Seuls les fans de Dune et les puristes du genre apprécieront. Les autres, ceux qui aiment le cinéma d'action comme le Mandolarian, les Star Wars ou autres films du genre mais sincèrement passez votre chemin vous me remercierez de vous avoir évité de perdre 2h30 de votre vie.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2024
L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers.

C’est Denis Villeneuve, maitre de la science-fiction avec des films tels que Premier Contact et Blade Runner 2049, qui adapte le roman de Frank Herbert paru en 1965. Ce livre avait déjà vu le jour au cinéma en 1984 avec une réalisation de David Lynch, devenu culte depuis. Le scénario a été écrit par Jon Spaihts, (Doctor Strange), Eric Roth (Eric Roth) et Denis Villeneuve. La complexité du roman d’origine a fait qu’il sera adapté en deux parties. La seconde n’ayant pas encore de date prévisionnelle.

Bien qu’il soit attendu par énormément de monde, pour ma part j’y allais de façon assez neutre n’étant pas spécialement emballé par le projet, mais finalement je l’ai trouvé très bon.



Alors qu’on soit claire, à bien des égards, ce film est grandiose. Il serait presque de mauvaise foi de ne pas lui reconnaitre que visuellement c’est un chef-d'œuvre. Que ce soit les paysages, mais aussi la façon de les filmer qui les met en valeur, c’est parfait. Si on rajoute à cela des passages plus techniques avec une FX impeccable, il y a de quoi se prendre une claque en la matière. On enchaine les plans de grande qualité avec certains qui ont même du génie. À plusieurs reprises je me suis dit “wouah”. Denis Villeneuve a donc su dompter le regard du spectateur.

Pour que l’aspect visuel soit totalement réussi, il faut une bande originale à la hauteur. C’est le cas ici. On est happé par cette musique épique dupliquant le côté impressionnant de ce qu’on voit à l’écran. Vous ne serez donc aucunement surpris si je vous indique que derrière ces musiques on retrouve Hans Zimmer. Pour avoir le meilleur, il faut faire appel au meilleur, c’est simple.



Mais la force du Canadien ne se limite pas à cela. Il a une capacité à faire encaisser un nombre d’informations impressionnantes. On entre de plain-pied dans le complexe univers de Dune, et pourtant à aucun moment je me sentais perdu. Tout reste claire et le récit se déroule de manière très fluide. Alors certes c’est long donc il faut rester attentif, mais pour autant, ce n’est jamais lourd.

Cependant, le fait d’avoir partagé cela en deux parties peut être un peu frustrantes. En effet, durant une bonne partie du film, on sent que c’est un développement qui se construit, mais plus le temps avance, plus on se rend compte que l’apothéose ne se fera pas cette fois-ci. Alors oui, il va avoir des points culminants, mais je pense loin du potentiel que peut avoir la seconde partie dont la production n’a pas encore commencé. À noter aussi, mais c’est bien normal vu la durée, quelques longueurs afin que l’histoire puisse s’installer. Ce n’est cependant pas le plus gênant.



Car en effet, je n’arrive pas à considérer ce film comme un chef-œuvre global, car selon moi cela manque d’âme. Denis Villeneuve nous fait une démonstration technique parfaite de ce que peut être la science-fiction. Nous avons les images à couper le souffler, la musique fantastique, l’univers riche tout en étant claire à suivre. Cependant ça ne suffit pas à mes yeux. J’aurais voulu sentir cette émotion que j’ai ressentie durant son film Premier Contact. Ce dernier avait un vrai parti pris, ce qui n’est pas le cas ici. C’est juste la perfection de la forme, en ayant délaissé le fond. Pourtant, il y a de quoi faire. À aucun moment on ne va s’intéresser par exemple à la douleur d’un peuple opprimé, ou au désarroi d’un fils perdu devant son avenir. Tout est trop lisse. Aucun sentiment n’est mis en avant.

Ce n’est pas le casting cinq étoiles qui changera la donne sur ce point. C’est très agréable de voir tant de beau monde évoluer ensemble surtout qu’ils sont tous au niveau. Rebecca Ferguson est impeccable, Oscar Isaac met une dose de charisme, Jason Momoa va mettre le côté force avec Josh Brolin, quant à Javier Bardem comme d’habitude j’aime beaucoup. Dune a tout de même réussi l’exploit de me faire voir Timothée Chalamet sans le détester, ce qui est remarquable en soi Par contre, la présence de Zendaya était un peu survendue quand on voit son importance et son temps à l’écran.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 septembre 2021
Bon, je suis assez partagé sur ce film tant attendu. Déjà, il faut le dire, visuellement c'est incroyable. C'est très beau, impressionnant et novateur. Casting pas fou selon moi mais Thimothé Chalamet monte en puissance, déjà pas mal de rôles pour lui. Zendaya, pas du tout assez présente selon moi. Peut-être plus dans la partie 2. En ce qui concerne le film en lui même, c'est beaucoup trop long et répétitif. On ne comprend pas tout même en ayant vu l'original (de mon mentor) David Lynch. C'est un peu brouillon et trop surfait. Pourtant, pas le genre de Denis Villeneuve qui est l'un des plus doués de sa génération. Niveau BO c'est plus que correct, rien à redire de ce côté là. Franchement, je suis sûrement cruel mais quand je vois les moyens mis à disposition, les équipes qui bossent dessus, le temps que ça a mot, etc... On ne peut qu'être déçu du résultat final quand on est un vrai cinéphile. Je trouve que les avis ont été un peu trop positifs du fait du statut de Dune version 2021. C'est un peu comme tous les longs métrages de Clint Eastwood qui sont acclamés avant même leurs sorties. En bref, c'est sympa mais décevant. A vous de juger maintenant. 11/20.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2021
On constate que le rythme est assez lent, chaque scène étant comme une succession de plan icônique. Villeneuve y met une réelle dimension épique notamment grâce à un travail sur le son impressionnant, oscillant entre la musique façon grosse armada (là-dessus on regrettera les tambours inadéquates) et les sons plus subliminaux, presque mystiques. Mais malheureusement à force de vouloir soigner la forme, esthétique, technique et mise en scène le réalisateur a délaissé le scénario et la cohérence de l'ensemble (Pour en savoir plus cliquer !)... Paul Atréide/Chalamet manque clairement de crédibilité dans son rôle, trop frêle, trop sage, et même temps trop vieux puisqu'il a normalement 15 ans dans l'histoire. Pour faire court et simple "Dune" de Villeneuve serait un space opera façon "Star Wars" mais sous calmant, au ralenti. Étirer les scènes intimistes, les palabres de couloirs, insister sur la beauté des songes est une chose, magnifiquement filmée par ailleurs, mais il est dommage que les scènes d'action soient si bâclées, balayant du même coup des personnages qui méritaient sans doute mieux. Note indulgente susceptible d'évoluer...
Site : Selenie
Martine Ghnassia
Martine Ghnassia

4 abonnés 2 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2021
Film spectaculaire mais spectacle froid, peu d émotion, je n ai pas été embarquée . C est incontestablement une belle œuvre esthétique, une prouesse technique mais l'auteur ne vous attrape pas. Je suis restée en dehors et pourtant ces sujets de rire initiatique, de transmission, de préservation de la planète,e touchent au plus haut point . Villeneuve savait que l'adaptation était rude, il s'est laissé impressionné . Dune est loin de la force émotionnelle d'Incendies .
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2025
En adaptant le roman de Frank Herbert, Denis Villeneuve signe un film de SF visuellement sublime et envoûtant, mais manquant un peu d’émotions. 3,75
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2025
Denis Villeneuve signe une adaptation magistrale de l’univers de Dune, en offrant une vision à la fois fidèle et accessible du chef-d’œuvre de Frank Herbert. Dès les premières images, on est happé par un univers d’une richesse visuelle et sonore impressionnante. Les décors désertiques, sublimés par une photographie soignée, donnent une véritable ampleur au film, tandis que la bande-son envoûtante de Hans Zimmer accentue l’immersion et la tension dramatique.

Le casting est un des grands atouts du film. Chaque acteur trouve parfaitement sa place dans cet univers dense et complexe. Oscar Isaac impose une présence noble et charismatique, Rebecca Ferguson incarne une Lady Jessica fascinante et mystérieuse, et Stellan Skarsgård terrifie en Baron Harkonnen. Mais la véritable révélation du film reste Timothée Chalamet. Dans le rôle de Paul Atréides, il parvient à retranscrire à la perfection l’évolution du personnage, passant d’un jeune homme en quête de son destin à un futur meneur charismatique. À chacune de ses apparitions, il électrise l’écran par son intensité et sa justesse.

Dans le genre space opera, Dune se place clairement dans le haut du panier. Contrairement à de nombreuses superproductions qui misent sur l’action à outrance, Villeneuve prend le temps d’installer ses enjeux, de développer son univers et ses personnages. Le film trouve ainsi un équilibre parfait entre contemplation et tension dramatique, rendant chaque scène essentielle et captivante.

Avec une durée de 2h30, le film aurait pu sembler long, mais il n’en est rien. L’intrigue progresse avec fluidité, et la mise en scène de Villeneuve rend chaque moment hypnotisant. L’attente du second volet se fait ressentir dès les dernières minutes, tant ce premier chapitre pose des bases solides pour la suite.

En somme, Dune est une réussite éclatante, une fresque ambitieuse qui redonne ses lettres de noblesse à la science-fiction au cinéma. Un spectacle grandiose à ne pas manquer.
Jake S.
Jake S.

87 abonnés 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2021
Qu'il est difficile de donner l'appréciation d'un film quand on sait que seule la moitié du chemin a été parcourue. Avant toute chose je tiens à préciser que je fais partie de la "populace" qui n'y connait strictement rien au roman originel de Frank Herbert, ni aux divers adaptations cinématographiques comme celle de David Lynch en 1984. J'arrive donc dans la salle de cinéma en partant de zéro pour découvrir et tenter de rentrer dans cet univers futuriste.

En réponse à cela, "Dune" de Denis Villeneuve possède au moins une première qualité indéniable : être accessible à tous. On comprend et assimile assez rapidement les enjeux et les peuples engagés dans l'intrigue sans rien n'y connaître au départ. Bon point ! Et bien que l'histoire ne soit qu'à son commencement, c'est une mise en bouche sacrément épicée que nous propose Villeneuve. De l'action, du suspens, des instants de bravoure, des trahisons, on a finalement l'impression de voir un blockbuster mais sans le côté "too much".

Cela dit, tout reste à prouver selon moi. Maintenant que les jalons ont été posés, il faudra confirmer dans le second et dernier volet que l'adaptation de Denis Villeneuve a su réussir là où les autres ont échoué jusqu'à présent. Impatient de voir cet épilogue !
Au passage, c'est bien la première fois depuis Interstellar que j'entends un Hans Zimmer inspiré qui s'imprègne de l'ambiance mystérieuse et glaçante de la planète Arrakis.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 septembre 2021
“Dune” est un roman de science-fiction écrit par Frank Herbert en 1965. L’histoire se déroule en 10 191. Le duc Leto Atréides hérite de la planète Arrakis, qu’on surnomme “Dune” pour son aspect désertique, sa chaleur qui frôle les 100 degrés et ses géants de vers qui déciment tout sur leurs passages. Bien qu’elle soit hostile, la planète est convoitée pour son épice précieuse qui permet de prolonger la vie humaine. Le personnage d’Oscar Isaac se rend donc sur cette planète avec son armée, ses hélicoptères libellules, sa femme et son fils Paul. Ce jeune héritier, interprété par Timothée Chalamet, est voué à un destin hors du commun et ses nombreuses visions le dépassent. Sa mère le prépare d’ailleurs à cet avenir depuis sa naissance. Mais la planète “Dune” est occupée par les Harkonnen, des barbares chauves qui soumettent le peuple local aux yeux bleus, les Fremen. C’est d’ailleurs une jeune Fremen que Paul voit régulièrement dans ses rêves. Qui est-elle ? Que cache réellement la signature du traité pour protéger la planète Arrakis ? Quel sera le rôle de Paul dans cette odyssée ? Vous n’aurez pas les réponses, car une seconde partie du film est prévue prochainement.
En près de trois heures, Denis Villeneuve parvient à imposer toutes les bases du monde construit par Herbert dans son livre. Nombreux sont ceux qui pourront être déçus du manque d’action. Cette première partie révèle néanmoins un univers visuel et photographique époustouflant, un rythme contemplatif et mystérieux qui nous donne bien entendu rendez-vous avec la suite. Le son est tout aussi riche que la musique d’Hans Zimmer nous fait vibrer. “Dune” est une œuvre monumentale qui pourra difficilement être jugée sans sa suite tant les questions sur l’intrigue restent en suspens. Dans tous les cas, Villeneuve réussit enfin là où Alejandro Jodorowsky et Ridley Scott avaient déclaré forfait et où David Lynch avait proposé une adaptation terne en 1984.
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