Lent. Pas d'action. Heureusement, Depardieu, Cornillac et Gamblin sauvent la mise par leur bon jeu d'acteur chacun. Tourné à Nîmes, ce film a le mérite de s'intéresser à cette partie de la France, pas assez montrée. Mais d'autres décors auraient pu être évités, comme le magasin de bricolage, l'hôtel low cost ou le cabinet de podologie. Je n'aime pas cette "normalitude" bien française, cette banalité ringarde qui a tendance à souiller le cinéma national. Aussi, ces silences dans des plans fixes... j'estime que c'est une tare majeure dans notre cinéma hexagonal. C'est le deuxième Chabrol que je vois, j'ai aussi vu Les Biches, que j'ai trouvé largement mieux que ça.
Comme enquête policière, je préfère largement des cinéastes comme David Fincher, Bryan Singer, Paul Verhoeven ou même Guillaume Canet.
C'est sans doute en voyant ce film que Depardieu en 2021 a été engagé pour interpréter Maigret. J'avoue que l'enquête est intéressante et que l'ambiance de mystère est bien rendue. Mais c'est effectivement un téléfilm de Maigret original et comme par hasard c'est L. Petitgirard qui a orchestré les musiques!!!!
Un excellent Chabrol, un excellent Depardieu, une excellente Marie Bunel soit l'intelligence, la puissance, le charme. Dans un film curieux, atypique, qui paraît sans relief mais tout en profondeurs, condensé des talents de Chabrol : mise en scène qui-n'a-l'air-de-rien mais au cordeau, dialogues sobres et piquants, faux-semblants, musique décalée, humanisme, direction d'acteurs – et quels acteurs ! Un film mélancolique, presque atone, mais qui marque. Ce pourrait être un hommage à Simenon. Á le revoir aujourd'hui, je le trouve bien meilleur que le dernier Maigret de Leconte avec le même Depardieu. Tiens, aurait-il grossi ?
La rencontre entre Depardieu et Chabrol, pour savoureuse qu'elle s'annonçait, ne tient pas en définitive toutes ses promesses. Sur une intrigue construite dans une atmosphère effectivement très évocatrice de Simenon, le film peine à trouver le ton juste, le propos de Chabrol perdant de sa traditionnelle acidité par manque de verve, et Depardieu assurant une espèce de service minimum. La relation avec Cornillac est assez belle, de même que le personnage de Marie Bunel, en revanche les seconds rôles n'apportent pas grand-chose à une histoire troussée de grosses ficelles.
Claude Chabrol était connu pour être un bon vivant. Réaliser un film avec Gérard Depardieu (avec qui il n’avait jamais travaillé) a donc dû être un plaisir pour cet épicurien. On peut penser que l’expérience de tournage a présenté plus d’intérêt pour le cinéaste que le film en lui-même. En effet, si Bellamy est plaisant à suivre grâce au style si reconnaissable du metteur en scène et à un casting talentueux (même si on peut trouver que Clovis Cornillac et Jacques Gamblin plongent parfois dans le surjeu), il est loin de faire partie des grands Chabrol à cause d’un scénario un peu bâclé. Effectivement, on a l’impression que le réalisateur se contrefiche de son intrigue policière et conclut son film de manière un peu brusque. Ainsi, Bellamy est à classer parmi les œuvres mineures du cinéaste sans faire partie pour autant des quelques nanars qu’il reconnaissait avoir tournés. On se disait donc en sortant de la salle que la prochaine cuvée de Chabrol serait plus marquante. Hélas, l’année suivante, la Grande Faucheuse nous enlèvera ce grand monsieur de la Nouvelle Vague.
Inspiré d'une histoire vraie le dernier Chabrol est bon . Certe il est lent , même mou parfois mais l'intrigue est excellente . Les acteurs sont très juste et je donnerai un petit plus à Gamblin qui joue son double rôle si on peut dire à merveille.
Film sans action. Mou, très mou. Déçue par Jacques Gamblin, pas très crédible dans ce rôle. Rien ne vaut les premiers Chabrol. Quant à Depardieu, c'est définitif, je n'arrive pas comprendre ce qu'on peut lui trouver.
je ne donne meme pas une etoile à ce film tellement j'ai trouvé çà nul je me suis endormi au bout de 20 minutes, adorant les films policiers j'ai trouvé celui ci particulièrement plat, mou, creux, vieillaud, le scénario ridicule, l'intrigue aucune,le dénouement inexistant,la fin à chi.....complétement bidon qui ne finit sur des interrogations, non vraiment je prefère encore regarder mimi mathy le soir devant la télé tellement l'intrigue est meilleure, bref l'un des pires films que j'ai vu depuis c'est dix dernières années et encore je suis gentil, a fuir !!!!!!!!!!
Le très inégal Claude CHABROL nous livre ici une oeuvre hybride. D'une part toute la partie du film où on voit BELLAMY (très bien interprété par Gérard DEPARDIEU) évoluer avec sa femme et son frère est intéressante voire troublante notamment grâce aux excellents Clovis CORNILLAC et Marie BUNEL. Par contre, l'intrigue policière autour de Jacques GAMBLIN est invraisemblable, ennuyeuse et grotesque (le déguisement de GAMBLIN) et le film se déroule sur un rythme souvent amorphe. La rencontre DEPARDIEU - CHABROL n'a pas fait d'étincelles et se révèle décevante.
Ah j'imagine Claude sortir de chez lui , Chabrol de son nom , acheter son journal au kiosque du coin . Quel ennuie me direz-vous , je suis d'accord c'est comme la plupart de ses films . Bellamy en fait plus que parti !
À l’occasion de son dernier film, Chabrol collabora avec Depardieu pour un résultat qui aurait manqué au palmarès de l’acteur en état avancé de formatage. De nouveau représenté en personnage entier, assez pagnolesque, il incarne une sorte de Maigret à la retraite rempli de flashbacks à moitié camouflés, qui semble toujours avoir été là, dans le pays des maisons qui sentent le frais, où les airs de Brassens flottent encore, & dans un milieu semi-rural où l’acteur n’est pas du tout dépaysé.
La différence avec du Pagnol, c’est qu’ici jamais l’intrigue n’essaye de faire corps avec son histoire : très détachée même de son contexte potentiel, c’est un scénario humain à l’extrême qui brosse les tableaux parfois un peu trop symboliques de ses personnages aux noms d’ailleurs révélateurs (prononcer en français : Bellamy, Lellet, Lebas, Gentil, Bonheur & surtout le magnifique Sancho).
Ensuite le vieux commissaire de Depardieu sort de sa chrysalide de star à la retraite pour ne garder de sa vie que l’intimité conjugale magnifiquement instaurée avec Marie Bunel : ils sont un couple intégral, discret, qui ne cherche pas à remplir des cases & sur lequel on peut compter pour équilibrer les affects & pas juste y foutre le bazar.
À force de parler en énigmes, les personnages tissent aussi de forts beaux dialogues qui font un peu perdre de vue la vocation que Chabrol cherchait à remplir : la beauté de son art semble avoir été dosée en direct & l’on ne sait pas si l’on doit se laisser emporter par elle ou la trouver malhabile. À croire que l’insistance de Maigret – pardon, de Bellamy à étiqueter sa petite investigation d’ “enquête à titre privé” est une façon de faire un film policier sans police, mais sans non plus de vrai procédé qui puisse servir à la remplacer.
Convaincant par myriades de petites touches, Bellamy est un film dont on sort sans savoir de quoi il a été question & en se demandant pourquoi le doute ne nous est pas venu plus tôt. Il sera mal remémoré mais, avec un peu de chance, redécouvert avec plaisir.
Chabrol en collaboration avec Depardieu, ou l'inverse, donne naissance à un personnage intéressant et complexe, Bellamy. Manque de rythme, un Cornilac surjouant (donc mauvais) mais un ensemble qui se dévoile doucement en font un Chabrol assez bon mais sans réel plaisir pour le spectateur.
En sortant de la salle en ce Printemps du Cinéma, nombre de spectateurs commentent : "pas mal quand même"... En effet, les oeuvres de Chabrol laissent maintenant l'impression d'un talent de cinéaste indiscutable, mais faussé par cette nouveauté de brouiller, semer tout le monde et déboucher sur l'ironie du sort, jeu énervant : j'aimais mieux ses démonstrations nettes quand, un peu comme Hitchcock, on devinait le grigou ravi d'avoir placé ses pions. Encore que j'aie nettement préféré celui-ci à "La fille coupée en deux", Ludivine Sagnier en femme-pantin entre Berléand et Magimel, pitié... Bellamy a encore de cette exaspérante facilité, comme si Chabrol cultivait à présent un côté vieux dragouilleur en sabots : il rend ses comédiennes, à grand renfort de minauderies, invariablement "putes" pour des hommes pas à la hauteur d'une telle vénération (Marie Bunel) séductrice à grands frais face à Depardieu en bourgeois lourd, dragouilleur de minettes flattées de l'intérêt du commissaire "étant donné sa notoriété"... Il est pourtant en vacances... Au passage, la formule "envoyé ad patres" est formulée au moins trois fois... Sinon, le lien des deux frères (étonnant tandem Gérard Depardieu/Clovis Cornillac) soutient le film bien plus efficacement que la tricherie d'assurance-vie (Jacques Gamblin trop trouble et trop rare). Si ça se laisse regarder sans déplaisir grâce à la performance d'acteurs, au côté "chaleur du foyer" aussi, les déviations finissent par parasiter pour une chute qui, enfin, donne sa profondeur au film.