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Cluny
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2,5
Publiée le 19 octobre 2012
Rares sont les réalisateurs français qui ont le droit aux honneurs de la sélection officielle à Cannes pour deux films consécutifs. Xavier Giannoli fait partie de ceux-là : trois ans après "Quand j'étais Chanteur", "A l'Origine" concourrait pour la France au printemps avec "Un Prophète", "Les Herbes folles" et "Soudain le vide". Avec deux sélections ces dix dernières années, il se trouve aux côtés de Desplechins, Dominik Moll, Gaspar Noë et Nicole Garcia, juste devancés par Assayas et ses trois sélections.
Est-ce ce label officiel "cinéma français", ou le sentiment de m'être fait avoir par la promo d'un François Cluzet utilisant la méthode Coué pour nous vendre le film, qui renforce mon agacement devant les mêmes défauts que j'avais déjà constatés pour "Quand j'étais Chanteur", défauts partagés dans de nombreux films français ?
Pourtant, le pitch était alléchant. A l'origine, il y a eu un article de Jean-Paul Dubois dans le Nouvel Observateur consacré à Philippe Berre, un escroc qui s'était fait arrêter en 1997 près du Mans pour avoir construit deux kilomètres d'autoroute en se faisant passer pour un patron du BTP et en ayant embauché une cinuqntaine de personnes. Le juge d'instruction de l'époque, Laurent Leguevaque qui a depuis quitté la magistrature, explique ainsi ses motivations : "Quand je lui ai demandé le pourquoi de son imposture, il m'a répondu « parce que pour la première fois je me suis senti être quelqu'un.»"
C'est visiblement cet aspect qui a intéressé Giannoli, la rencontre d'un escroc en bout de course et d'une communauté frappée par la crise, et le chemin de la rédemption que le premier va suivre en se voyant investi de tous les espoirs par ceux qu'il a dupés. Le début s'annonce plutôt bien, avec un climat qui évoque les films de Lucas Belvaux, et notamment sa capacité à mêler l'action et le contexte social.
Malheureusement, la volonté de Giannoli de faire comprendre le cheminement intérieur de Philippe Miller l'amène à insister lourdement dans sa mise en scène et sa direction d'acteurs, avec par exemple une scène où François Cluzet s'effondre en geignant "Tout est faux", histoire de vérifier qu'on ait bien compris, ou l'échange entre Depardieu et lui : "Je ne le fais pas pour l'argent... - Alors, pourquoi tu le fais ?".
L'histoire de cette imposture se suffisait à elle même, avec une spirale à la Jean-Claude Romand où pour faire face à la découverte d'un mensonge, il faut en inventer un nouveau. Malheureusement, Xavier Giannoli a brodé des intrigues autour : une idylle avec la Maire du village, jouée par Emmanuelle Devos, assez horripilante, un transfert quasi filial avec Nicolas, et la menace d'Abel incarné par Depardieu. Cette dramatisation sonne faux, et détourne l'intérêt de l'essentiel, à savoir le rêve à la "Fitzcarraldo" de Philippe et l'hypnose collective des habitants, concentrée sur le très beau personnage de Monika, joué avec subtilité par Stéphanie Sokolinski, alias Soko.
Je reste assez sidéré de l'enthousiasme de la critique, avec Pascal Mérigeau du Nouvel Obs qui parle de "formidable déclaration d'amour au cinéma" ou Serge Kaganski dans Les Inrocks qui le qualifie de "film français d'une rare ambition", sachant que si ces critiques l'ont vu à Cannes, ils avaient dû subir 25 minutes de plus, alors que la version de 130 minutes m'a déjà paru bien longue. Cet emballement, ainsi que la reconnaissance d'une sélection cannoise, me semblent hélas symptomatiques d'un cinéma hexagonal vivotant majoritairement des mêmes éternelles recettes, et expliquent que dans le bandeau au bas de cette page, parmi mes sept films préférés de ces quatre dernières années, aucun ne soit français.
L’un de l’excellent film français du 1er semestre 2010. L’histoire, bien qu’incroyable (inspirée d’une histoire vraie), est bien racontée, grâce à l’excellent jeu de rôle de François Cluzet qui comme toujours, donne une présence forte.
On ne peut dire que merci au réalisateur d’avoir réalisé un bon film à partir d’un simple fait divers.
A l'origine, le personnage de François Cluzet est un escroc et un petit voleur aux abois. De passage dans une ville du Nord, une méprise insignifiante le fait passer pour le représentant d'une entreprise de BTP et lui ouvre les portes d'une improbable duperie, avec le concours crédule d'intervenants de toutes sortes. On ne croirait pas une seconde au sujet de Xavier Giannoli et à ce qui est le lancement de la construction d'un tronçon d'autoroute sous imposture..s'il n'etait inspiré par une histoire vraie. A demeurant, certains détails ne jouent pas en faveur de l'authenticité, mais sans doute n'est-ce pas là l'essentiel. La valeur de ce film souvent passionnant se mesure aux multiples niveaux de lecture qu'il offre. L'enchainement "matériel" des faits est déjà en soi toute une histoire, aussi logique que stupéfiante et dont on pourrait faire une farce, ce que n'est pas évidemment le projet de Giannoli. Il ya aussi le caractère humain attaché à une ville sinistrée qui se remet au travail, à ces ouvriers, à ces notables et à ces habitants enthousiastes qui vouent à leur "sauveur" et faux maître d'ouvrage Philippe Miller une reconnaissance mal placée. Et puis, il y a au coeur du film la personnalité de l'imposteur- et la composition remarquable de François Cluzet. Qu'on n'imagine pas un fanfaron charmeur et beau-parleur. C'est un homme homme solitaire et fébrile, un type qui cherche ses mots et entre dans l'escroquerie à reculons, premier étonné par la complaisance de ses interlocuteurs, spoiler: secouru par les dessous de table des prestataires et le paiement des factures à 90 jours . Au coeur du film, le néophyte du BTP s'implique toujours plus dans son travail d'ampleur malgré les premiers soupçons. Il n'est plus à ce stade un filou malfaisant mais un funambule, un schizophrène.
Dès que l'on lit le synopsis, on sent un sujet fort en émotions et en aventures humaines. C'est effectivement le cas et c'est aussi peut-être pour cela que le film a été un peu surestimé. Il est dur de rester de marbre, et face à la descente aux enfers progressive de Philippe Miller, et face au désarroi d'un petit village qui a subit la crise de plein fouet et s'est fait arnaqué. Partant de là, avec une mise en scène sobre (sans pathos), et des acteurs crédibles (François Cluzet et Emmanuelle Devos sont épatants, Gérard Depardieu fidèle à lui-même), il est difficile de rater un sujet comme celui-là. C'est d'ailleurs ce qui me dérange un peu : à trop vouloir faire place au réalisme et à l'humain, Xavier Giannoli se fige peu à peu dans une sorte de complaisance superficielle, sans doute inconsciente, qui donne trop à voir et à entendre, et pas assez à réfléchir et à deviner. Mais "A l'origine" reste assurément un film agréable à regarder et il saura trouver sa place dans les vidéothèques des cinéphiles.
"À l'origine" est dans l'ensemble un beau film, qui puise son attrait majeur dans l'évolution de son protagoniste principal, passant de l'arnaqueur exceptionnel, froid et distant à l'humaniste empathique, impliqué et passionné. François Cluzet est parfait pour incarner ce personnage dans toute sa complexité et ses extrêmes spoiler: (l'opposition entre le moment où il quitte le chantier en pleine catastrophe et celui où il se jette sous la pluie pour finir l'autoroute ou bien dans la pelleteuse en flammes pour sauver un ouvrier) . Le scénario met aussi bien en valeur le côté incroyable de cette arnaque (qui si elle n'était pas inspirée d'une histoire vraie paraîtrait singulièrement inimaginable) et décrit avec justesse le cataclysme économique de l'arrêt du projet et le fait que sa reprise soit plus que la construction d'une autoroute mais une véritable aventure collective humaine, sociale et solidaire et l'oeuvre de toute une région isolée et ignorée en quête d'une vie meilleure spoiler: (tant sur le plan financier que familial (lié aussi à l'argent)) , incarnée ici par un jeune couple de parents en plein désarroi spoiler: (Soko et Vincent Rottiers sont bons, même si leur phrasé rend parfois les dialogues peu compréhensibles) et des ouvriers de chantier aussi compétents que pauvres spoiler: (symbolisés par le chef de chantier) . Ce que je regrette dans ce film, c'est qu'il se perd parfois dans des choses secondaires très dispensables spoiler: (le rôle d'Abel) ou bien singulièrement ratées, comme spoiler: la relation amoureuse entre Stephane et Paul mal amenée et sans saveur , pas aidée par la prestation niaise et naïve d'Emmanuelle Devos. Sinon, la conclusion est particulièrement attrayante et significative de l'état d'esprit de Paul à l'issue du film spoiler: (le drapeau genre j'ai marché sur la Lune; l'ironie avec les flics empruntant l'autoroute que Paul a fait construire illégalement pour venir l'arrêter) . Enfin, la réalisation sobre et efficace de Xavier Giannoli sert idéalement le récit de ce fait divers étonnant et fort.
Film vraiment original ou françois cluzet montre une performance incroyable accompagnée d' Emmanuelle Devos et autre acteur secondaire. La fin est vraiment touchante et l'histoire est prenant du début a la fin on voit vraiment l'évolution du personnage jusqu'à sa chute alors le manque de musique est dommage car il y 'a de très beau plans mais sans une petite musique c'est vraiment le seul défaut du film.
Xavier Giannoli qui a pas mal changé la donne avec Quand j’étais chanteur, nous livre ici une histoire (mélange entre thriller et drame social) tiré d’une histoire vraie, on trouve donc une alchimie parfaitement maitrisé par notre réalisateur montant dans le cinéma français, entre les tragédies du quotidien et un film noir que le personnage interprété par François Cluzet essaye de sortir, il est ici impeccable dans se rôle remplie de sobriété et méritait (si il n’y a avait pas eu Un prophète) le césar du meilleur acteur, personnage donc dont on ne saura pas les soucis ou autres choses qu’il aura vécu auparavant mais qui se retrouve très vite rattrapée par les difficultés qu’il va rencontrer tout au long de se gros mensonge. Le cinéaste va nous monter durant cette crise de mythomanie, que le personnage va se reconstruire, se remettre à aimer et dont le personnage qu’il s’est construit va prendre progressivement le pas sur ce qu’il était avant, faut dire que très vite il s’est retrouvé mis sur un piédestal par une commune qui n’attendait plus qu’un miracle et Paul/Philippe qui a travers ce boulot semble penser ses plaies infligées par son ex-femme et va relancer ses sentiments enfouis en faisant aussi renaitre le désir. Certes le film n’est pas un grand classique, tant la mis en scène reste très sage, très français (comme ce que l’on avait déjà pu ressentir sur son précédent film), se situant toujours en deca de ce qu’un tel sujet aurait pu offrir, on pense notamment au fait que le réalisateur ne tire pas autant du maximum qu’offre pourtant le chantier de l’autoroute, n’est pas Paul Thomas Anderson qui veut, mais le film est tout bonnement magnifique, qui fait d’autant plus peur que plusieurs centaines de personnes se sont laissés bernés par le mensonge d’une personne. Pour ce qui est du scénario, certes le choix de partir dans plusieurs pistes était assez risqué mais au final, le film retombe de façon correcte... critique sur:cthiboy.blogs.allocine.fr
L'intrigue ne tient pas debout mais ça n'a guère d'importance. En deux clics on découvre que la véritable histoire du personnage n'a pas grand chose à voir avec le film, mais la vérité dramatique compte plus que le respect des faits. En réalité Giannoli a réalisé un remake de "La Bataille de San Sébastian" d'Henri Verneuil, dans lequel Anthony Quinn, sous la défroque d'un faux religieux, aidait à la reconstruction d'un village mexicain à l'abandon. Comme Cluzet, il se retrouvait dépassé par les évènements, incompétent à accomplir une tâche dont il n'imaginait pas qu'elle soulève autant d'enthousiasme. Au crédit du film, une intrigue bien menée, dense, resserrée, avec une multitude de personnages parfaitement exploités, et des rôles féminins dans cet univers d'homme, très bien écrits pour deux actrices superbes. Cluzet est tout à fait magnifique dans son personnage d'escroc qui n'a aucune qualité pour en être un. Ni beau parleur, ni charmeur, c'est un personnage terne et sans charme qui nous rappelle Daniel Auteuil dans "L'Adversaire." Gérard Depardieu, joue un personnage d'appoint proprement odieux. Bon sang quel acteur ! Au discrédit du film, une mise en scène standard (a croire que les loueurs de matériels n'ont plus que des longues focales en stock) et sans le moindre lyrisme. N'importe qui aurait pu filmer ça de la même manière. On ne signale jamais l'importance de la B.O qui est ici aussi envahissante qu'insipide.
Un fait réel incroyable, un scénario bien construit, une belle réalisation, et une bonne interprétation : "A l'origine" est un bon film. Il ne manque peut-être qu'un petit quelque chose, notamment sur le traitement du héros-escroc... Mais le mécanisme de cet engrenage que l'imposteur a lui-même créé fonctionne à merveille, sans le moindre temps mort.
Un film tiré très librement d'une histoire vraie raconte ce que le cinéma français fait depuis des années : du social. On se retrouve, comme par hasard dans le nord, (alors qu'initialement l'escroquerie se passait dans la Sarthe...) pour montrer la misère humaine française. Le film est bien construit mais très long et un peu bisounours par moment. Pas vraiment convaincu par cette histoire.
Le film semble un peu long parfois mais reste tout à fait acceptable. Les rôles sont fouillés et les acteurs tous très bons (Cluzet peut énerver, je comprends, mais moi je l'ai trouvé très bon). Les sujets qu'il aborde ne sont pas traités à la légère: du petit village morne du début, une formidable vigueur va renaitre ainsi qu'une belle solidarité, le thème de la désindustrialisation du nord n'ayant pas souvent été porté à l'écran. Le changement de mentalité chez l'escroc aussi est réalisé tout en nuance. Ce film mérite donc ses 3 étoiles au final
Histoire vraie attention. Escroc solitaire, Philippe Miler va se prendre à son propre jeu pour créer une autoroute qui n'a lieu d'exister et ainsi, embaucher les ouvriers d'un village où le chômage est dense. Une oeuvre fascinante où Cluzet joue à merveille, passant par tous les stades : la candeur, la folie, le doute, la volonté d'aller jusqu'au bout des choses. Incroyable.
Bon film sur l'histoire d'un petit escroc qui se fait dépasser par la machine qu'il a mis en marche. Quelques lenteurs dans le film par moment, mais François Cluzet y est trés bon, comme souvent.
On peut dire que cette production française a dépassé mes espérances, non seulement en termes de mise en scène mais aussi d'un point de vue scénaristique. A L'Origine figure très certainement dans le futur palmarès des Césars. Probablement l'un des scénarios les plus palpitants de l'année, servi par des comédiens au meilleur de leur forme - François Cluzet, extraordinaire, parvient à tirer profit d'un rôle pourtant difficile ; Emmanuelle Devos est comme toujours charmante... Inspiré d'une histoire vraie, le film de Xavier Giannoli évoque par ailleurs L'Adversaire de Nicole Garcia : réflexion voisine sur l'imposture et traitement similaire du personnage principal. L'émotion est palpable au sein du parcours de ce type paumé dont on ne connaît pas le passé ( mais que l'on peut toutefois deviner ). A L'Origine s'annonce donc comme l'un des films les plus marquants du mois, fort de ses qualités d'écritures et de sa charge émotionnelle. A voir absolument, ne serait-ce que pour re-découvrir l'évènement d'origine...
Un bon drame qui raconte une escroquerie mais très vite Xavier Giannoli s'intéresse plus à ses personnages et à leurs actes et idéaux. De jolies moments intimiste et d'autres qui ressemble plus a un sorte de suspense qui garde le spectateur en haleine (on se demande comment il va faire ?). Le casting est bien imaginé, mise en scène sobre, un reproche que l'on peut faire c'est deux ou trois longueurs.