Ici, la vedette, c'est François Cluzet, avec un bande de personnages qui gravitent autour de lui. Et le sujet, c'est la construction illégale d'un tronçon de route qui ne mène nulle part... Autant dire que Giannoli s'intéresse ici à un sujet complètement opposé aux différents sujets qu'il a pu traiter jusqu'alors. Et force est de constater qu'il le fait très bien. Il met en scène des personnages plutôt basiques, avec des défauts et des qualités, autour d'un personnage différent: un escroc qui joue bien le jeu du trompeur. Il le fait un hyper réalisme déconcertant (peut-être même un peu trop réaliste...). L'image est très belle, Giannoli soigne son sujet. Il soigne également son casting, en offrant à de très bons comédiens des rôles très forts. François Cluzet est magistral, aucune fausse note pour un acteur qui utilise à merveille l'espace qu'on lui donne. Emmanuelle Devos me paraît ici bien plus à l'aise ici que dans la famille Resnais, en exploitant beaucoup mieux son talent, et en exaltant une beauté que je ne lui avais jusqu'alors jamais reconnu. Elle m'a impressionné par sa force de caractère qui transparait dans le film. Vincent Rottiers, un vrai espoir, qui incarne ici un personnage nonchalant mais pétri d'humanité, qui manque de confiance en lui, et qui cherche plutôt désespérément un regard réconfortant. Soko, la fraîcheur du film, une belle bouille au grand coeur. Et Gérard Depardieu, en guest-star, qui joue ici avec une sobriété qu'on attendait plus. un casting parfait. En plus de cela, le scénario est excellent, l'histoire se suit avec une belle fluidité, même si le film pêche principalement par un manque de rythme. Mais certaines scènes sont inoubliables, comme la dernière, magnifique.Un film globalement baigné dans une superbe lumière. Et si la route ne mène nulle part, elle aura au moins servie à un homme: un héros? Oui, je crois. Cette route l'aura mené bien au-delà de toute attente.