Didier est un critique littéraire qui mène une vie sentimentale compliquée avec Juliette qui passe son temps à rompre avec lui. Ce sont deux adultes insatisfaits qui sans se le dire vraiment aiment à se donner l’illusion qu’ils ne sont pas vraiment installés dans la vie et que tout sera toujours possible pour l’un sans l’autre. Sur de telles bases chacun est amener à faire des rencontres. On suit donc pendant une heure trente les pérégrinations amoureuses de Didier, joué par un Luchini le plus souvent lunaire mais capable de redevenir brutalement terre à terre quand ses intérêts vitaux sont en jeu. C’est exactement ce que lui reproche le vieux professeur de faculté joué par Michel Piccoli, qui le renvoie par deux fois à son statut de bobo plus préoccupé à se regarder le nombril qu’à s’intéresser au travail des autres (critiquer un film serbe sans l’avoir vu ) ou à la souffrance de la jeune femme qui l’aime. Le ton est badin et nous amène à suivre cette aventure sans trop de crainte pour les personnages principaux dont on se dit qu’hormis la jeune Aurélie ils ont l’égoïsme nécessaire pour survivre à toutes les petites blessures qu’ils s’infligent avec un certain délice. Grâce une opposition de style entre le jeu des acteurs , Bonitzer parvient à faire ressortir la prestation très habitée de la jeune Valentina Corti qui émeut forcément par sa sincérité face à tous ces truqueurs qui ne rentrent jamais dans la vraie vie par peur de s’y abîmer. Sandrine Kiberlain de son côté est parfaite tout en aplomb, perfidie et rouerie. On reconnaît à certains moments le scénariste attitré des réalisateurs intellectuels que sont Téchiné, Ruiz ou Rivette, mais un sens de l’humour particulier permet à Bonitzer quand il passe à la mise en scène de ne jamais prendre le risque d’ennuyer son spectateur
Les dialogues sont particulièrement réussis et mis en valeur dans des situations savoureuses. La réflexion de ces quadra pariseins sur leur devenir, sexuel et amoureux, sert de trame à l'histoire. Les scènes s'enchainent dans un style fluide et coulé, et on regarde avec plaisir ces acteurs faire leur numéro. le réalisateur les dirige bien et évite qu'ils n'en fassent de trop. Ce qui crée le charme, décalé, et l'humour subtil de ce bon film, bien de chez nous.
Un film surprenant, d'abord parce qu'il n'use d'aucun artifice traditionnel pour susciter l'attention des spectateurs, et c'est bien agréable même si cela peut sembler inquiétant de platitude au début. Puis, les personnages s'esquissent, sublimés par un jeu d'acteurs criant d'authenticité. On assiste à des situations cocasses, on est partagé entre sourire et appréhension. Les ingrédients d'un bon film ont été savamment mesurés et le cocktail fonctionne à merveille, à mon sens. Loin de toutes les productions sans saveur qui ont besoin d'explosions ou de coups de feu pour attirer l'attention, un bon film français, à recommander aux curieux(-ses) n'ayant pas peur des rythmes lents.
deux acteurs et une actrice clefs dans cette comédie des moeurs. des postures scéniques très bien imaginées et jouées, mais un peu mises en boucle : les personnages sont sans surprise lorsqu'ils interviennent une seconde fois. Libération drôle et non surchargée du discours sur la sexualité. Quelques longueurs.
Vraiment génial. Encore une fois, Lucchini nous fait ici une belle prestation. Des personnages aussi décalés qu'alignés avec leur temps (intellectuel tjrs pret à critiquer). Leur malaise de vie, transposé à l'écran, est un délice! Il n'est pas facile de devoir etre reconnu comme juge. Et une erreur peut-etre fatale! Le plus dur étant pour certains d'etre en adéquation avec eux memes. La lacheté de Didier est humaine et attachante. en cela, et en autres, il nous ressemble.
Alors là, c’est énorme ! Ce film est rempli de scène d’anthologie, notamment celle du dîner chez son ancien ou le personnage joué par Luchini croit être invité. Michel Piccoli est absolument terrifiant, et le malaise immense. Bonitzer donner à ses situations une ambiance quasi fantastique, comme dans la séquence suivante qui introduit le personnage de Valentina Cervi (d’une sensualité à se rouler par terre, avec elle de préférence). Le duo Luchini/Kimberlain fonctionne à la perfection. Lui, est parfait en intellectuel paumé en pleine tempête. Elle, peut donner toute la mesure de son talent dans un ce rôle qui la voit dire des mots extrêmement crus, que l’on aurait d’ailleurs peine à répéter, avec un parfait naturel, comme s’il elle parlait de la pluie et du beau temps. Rajoutez la présence de Denis Podalydès, de Laurent Lucas et d’ Edouard Baer, et vous obtenez un film acerbe inclassable et tout a fait réjouissant ! Que demande le peuple ? ‘’Une anecdote ! Une anecdote !‘’ Voilà : Fabrice Luchini joue le rôle d'un intellectuel raillé par ses pairs pour avoir émis un jugement à propos d'un film bosniaque qu'il n'a pas vu. Il s'agit d'une allusion à des propos d'Alain Finkielkraut concernant Underground d'Emir Kusturica.
Ce film est un chef d'oeuvre.A mes 15ans, notre prof de philo nous l'avait projeté et je dois dire qu'au début j'avais pas trop accroché mais en réalité ce film est d'une puissance incroyable.Surtout étant adolescente à l'époque-donc en période de "construction"-, l'effet en était accentué.Ce film délivre un message très simple, mais que l'on à tous tendance à oublier .A voir absolument même si au débutvous ne voyez pas trop où il veut en venir...
Olé!!!!!!!!!! Excellent petit film français qui traite des sentiments amoureux avec un sens de la dérision jubilatoire et des dialogues fins et délicieux. Les acteurs sont parfait avec une mention particulière à Valentina Cervi qui campe ici une Isabella Rossellini vénéneuse avec beaucoup de délicatesse...un film riche et excitant, qui reste dans la mémoire.
OUI, OUI, OUI et OUI. Voilà du bon, du très bon cinéma français. Lucchini est excellent, Sandrine K. est parfaite et très attirante (comme toujours), les dialogues brillants, les situations cocasses. A voir et revoir, et revoir encore !
Fabrice Luchini partagé entre Sandrine Kiberlain et Valentina Cervi. J'ai peu accroché à ce film, même si Valentina Cervi est ravissante et Sandrine Kimberlain intéressante dans son rôle du "je t'aime, moi non plus". Luchini est peu crédible je trouve.
Je viens de revoir ce film ... et j'adore. Bonitzer traite de la vanité avec talent, celle de ces pseudo-lettrés nombrilistes et celle de la Passion incomprise, incarnée par la belle Valentina Cervi(Aurélie). L'absurdité surgit de cette présence incongrue, figure tragique semblant prisonnière de Michel Piccoli, et qui s'éprend bientôt de Luchini un critique narcissique. Lui-même est prisonnier de sa relation avec Sandrine Kimberlain, reflet inverse d'Aurélie, volage et vivant pour le vice. Luchini, malmené, tragique à son tour rejoindra-t-il Aurélie pour la sauver et s'extraire avec elle de cet univers de médiocres ?
On dit que c'est un film pour intellos??? On ne dira rien sur l'histoire car il n'y en a pas. On ne dira rien sur les acteurs qui sont chacun trop récitatifs. On ne dira rien sur la mise en scène car il n'y a pas vraiment de scènes. On ne dira rien sur les dialogues car ça agraverait le cas du film. On dira juste qu'il faut voir absolument la scène du dîner avec Piccoli et Lucchini qui est anthologique et qui mérite à elle seule les 2 étoiles.
Une histoire, qui n'en est pas une, et qui permet du coup d'avoir tout le loisir de se régaler du jeu superbe de la belle brochette d'acteurs ! Caractères bien taillés, excellente interprétation, et quelques scènes tout à fait jubilatoires (le dîner avec Ariel...). Un tout bon moment de cinéma.
Film intéressant, qui souffre de son côté français (style éputé : drame français, et réalisation) ; mais en dehors de cela, est vraiment intéressant. Les acteurs sont bons, Sandrine kiberlain et Lucchini dans des rôles où ne sait pas si on doit les haïr ou les aimer. Mais l'actrice qui sort réellement du contexte est vraiment Valentina Cervi, ce film me l'a révélée ; belle, un charme certain, un jeu troublant, sans fausses notes. En fait, je m'ennuyais un peu durant le film quand elle ne faisait pas apparition, dans chaque scène où elle n'était pas. l'histoire a un effet cathartique sur le spectateur, relève l'importance des actes, la responsabilité, l'écoute de l'autre. Elle montre des valeurs qui on pu disparaître, mais qui pourtant son belles, au travers du protagoniste empli de défauts.