Rien sur Robert
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Georges Mouret
Georges Mouret

1 critique Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 août 2025
Didier (Fabrice Luchini), écrivain en vue du milieu parisien des lettres, vient de se laisser aller à faire la critique d’un film qu’il n’a pas vu. Étonnamment, sa réputation s’en ressent — « étonnamment », je veux dire, pour le milieu en question. Sa compagne (Sandrine Kiberlain), versatile, le quitte. Son rival rôde. Didier fait alors une rencontre inattendue : une jeune fille suicidaire, prête à tout pour lui.
Rien sur Robert, par son manque d’envergure et sa fantaisie légèrement absurde (le titre est une référence incidente à Robert Desnos), s’inspire autant de la comédie française que de la comédie anglo-saxonne de caractère (on pense beaucoup à Woody Allen). Du côté français, l’unité de lieu est l’arrondissement parisien, avec ses extensions naturelles en banlieue ou dans quelque lieu de villégiature fréquenté par les Franciliens ; on croise tout le monde au coin de la rue, dans la librairie ou dans le bar dont on est un habitué, dans le train ; l’essentiel, dépourvu d’intrigue, se joue alors dans les dialogues, au gré de rencontres fortuites.
Il n’y a, en tout et pour tout, qu’une seule scène réellement anticipée et construite, mais elle relève de la tradition française des règlements de comptes verbaux qui ont généralement lieu lors des repas : Didier se croit invité et bienvenu chez le dignitaire Piccoli, se cogne contre un meuble dans la salle de bain, reprend ses esprits au moment du plat de résistance, descend candidement se mettre à table, avant de se faire assaisonner par le maître des lieux.
Côté anglo-saxon, les dialogues sont cependant plaisamment irréalistes, pleins d’audace et d’effronterie. Le film manifeste même, par moments, un goût sûr pour les psychologies étranges : l’odieuse Kiberlain dit tout haut, de manière impulsive, ce qu’elle pense, non sans avoir d’abord pensé là aussi de manière impulsive. On comprend vaguement qu’elle cherche, par ses débordements, à provoquer le neurasthénique Luchini, souvent interloqué et incapable de se décider. Les deux acteurs séduisent souvent avant d’agacer franchement.
Hélas, le film ne va guère au-delà de cette étude de caractères désordonnés. Il finit même par se modeler sur ses personnages : comme eux, il ne se décide pas vraiment, avance au petit bonheur (il ne fait pas grand-chose du personnage de Valentina Cervi par exemple), provoque quelque chose, puis s’interrompt — là encore, de manière impulsive.
Pierre G.
Pierre G.

19 abonnés 44 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 août 2025
Un film français avec des acteurs au milieu de leur carrière Lucchini en journaliste perclu de certitudes et confronté à l’absurde et à une sortie de route, Michel Picouly en patriarche intello, Dénis Pollaydes en libraire désabusé, Sandrine Kiberlain en femme libérée…

Des dialogues incisifs, absurdes, crus et un réalisateur dont je connaissais les films plus récents mais pas celui ci.


“On va pas sauter à pieds joints dans le ridicule là ? “
“On ne vous demande pas d’être ou de ne pas être on vous demande de faire”
Nicolas N.
Nicolas N.

54 abonnés 960 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 juillet 2025
Rien sur Robert est une comédie intellectuelle à la française, où Fabrice Luchini excelle dans un rôle de critique littéraire aussi prétentieux que perdu. Le film dresse un portrait grinçant du monde des lettres et des vanités parisiennes, avec un ton à la fois acerbe et élégant. Si l’écriture est fine et les dialogues ciselés, l’intrigue tourne parfois à vide, comme son personnage principal, empêtré dans ses contradictions. Luchini, fidèle à lui-même, est à la fois irritant et fascinant, ce qui donne tout le sel à cette satire des faux-semblants. Les personnages secondaires, eux, sont inégaux et parfois caricaturaux. Un film intelligent mais un peu froid, qui parle plus à la tête qu’au cœur.
Aaym68
Aaym68

1 abonné 214 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2025
Les déboires d'un critique parisien avec son amie qui le quitte sans le quitter et une jeune fille étrange croisée un peu par hasard. Loufoque, un peu provocateur (langage cru parfois), personnages antipathiques et assez prétentieux mais, curieusement, je me suis attaché à l'histoire plutôt bien rythmée et jouée.
Benoit M
Benoit M

12 abonnés 39 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 avril 2025
Ce film est long et d’une nullité ! Des situations peu crédibles et crues faisant la part belle à la médiocrité d’un personnage se disant intellectuel mais complètement perdu dans les meandres du masochisme.
J’ai du mal à comprendre le but de ce film à part vouloir nous endormir !
C’est nul et peu subtil ou trop je ne sais pas. On cherche à nous faire réfléchir mais c’est trop vague et mal construit.
J’ai mis une étoile pour certains passages ubuesques mais ça fait difficilement plus
Arnaud A.
Arnaud A.

8 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2025
Film intéressant et quelque peu mystérieux, qui dans sa première partie explore le jeu des coïncidences, avant de mettre en avant l'absurdité de certaines situations, socialement situées mais très humaines. Le personnage de lâche incarné par Lucchini est très subtil. Valentina Cervi très touchante. Excellent jeu d'acteurs en général.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 460 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 février 2025
Malgré tous ces acteurs de talents, je ne retiens qu’une histoire aussi embrouillée que les états d’esprit des personnages. Les égos malmenés dans ce milieu intellectuel sont plus ennuyeux qu’imprévisible et Fabrice Luchini n’est qu’une pâle copie de Jean-Pierre Léaud qui interprète Antoine Doinel dans les films de François Truffaut. Les élucubrations salaces de Sandrine Kiberlain et les vociférations de Michel Piccoli ne suffisent pas à accrocher. La révélation c’est Valentina Cervi qui interprétera quelques années plus tard Pier Angeli, l’amie de James Dean dans le film éponyme.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 novembre 2023
Didier est un critique parisien en vogue et vient d'écrire un commentaire sur un film qu'il n'a pas vu. Comme un châtiment mérité de sa forfaiture, une série d'humiliations s'abat sur lui spoiler: , telles l'infidélité de son amie lui détaillant crument ses prouesses sexuelles avec un type, ou la cinglante invective qu'au cours d'un repas lui inflige cet autre intellectuel (Piccoli)
. La comédie semble alors se diriger vers la satire d'un certain milieu de l'intelligentsia.
Mais, insensiblement, Bonitzer se tourne vers l'étude de comportements où se mèlent, sur un mode étrange et déconcertant, l'ironie (cruelle) et la psychologie. spoiler: D'un incident à l'autre, Didier, égoiste et un peu parano, subit notamment les revirements irrationnels de ses deux maîtresses
. Le comportement singulier des deux personnages féminins déterminent grandement la bizarrerie parfois obscure du film. Et c'est par le désarroi de Didier, par ses mines déconvenues et son impuissance à maîtriser la situation que passe et que se maintient le ton de la comédie. Même dans le registre du vaudeville, dans la seconde partie du film, Pascal Bonitzer façonne un récit mi-figue, mi-raisin, entre complexité psychologique et incongruités.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 septembre 2021
Plaçons la chose d'emblée : mis à part la sublime Valentina Cervi, les personnages sont détestables. Illustration parfaite d'un microcosme d'intellectuels bobos qui allait devenir quelques années plus tard la woke culture, on assiste à une existence vide de sens où on ne sait faire la différence entre la Bosnie et la Serbie (bien trouvé !), où l'on critique un film que l'on n'a pas vu, où la sexualité est agressive et perverse.
J'ai pris le film sous l'angle de la possible rédemption du personnage de Lucchini en espérant qu'elle arrive. Alors qu'il semble s'ouvrir au contact de Valentina Cervi, il semble découvrir la vraie vie, les vrais sentiments et grandir (j'ai toujours pensé que nous, les hommes, nous sommes avant tout de grands enfants et que beaucoup d'entre nous ne deviennent jamais matures). Le choix final est déconcertant mais somme toute, assez logique.
Le personnage de Kimberlain est abominable mais, chapeau bas à l'artiste qui joue divinement bien. Un personnage, comme je l'ai dit, précurseur de la woke culture et qui ne serait pourtant plus faisable d'être porté à l'écran aujourd'hui. On ne peut pourtant pas dire que ce personnage n'existe pas.
Un film curieux, riche, très bien joué si on fait l'effort de laisser au vestiaire notre conception de la vie, des bons et des sal..ds.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 avril 2021
L’intello-chiant et provocant comme je le déteste, avec dialogues crus et affirmés pour choquer le bourgeois, et finalement creux. Révélation cependant d’une actrice troublante et beau numéro de Piccoli.
ManoCornuta

359 abonnés 3 067 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2020
Un titre nimbé de mystère pour une comédie acide, dont les quelques fulgurances d'écriture gagnent en épaisseur lorsqu'elles nous sont servies par des comédiens de la trempe de Luchini (toujours juste dans le ton et sans son exubérance coutumière) et Kiberlain (dont l'ingénuité apparente rend son personnage délicieusement infect). Le propos n'est pas des plus clairs, on hésite souvent à rire devant des scènes parfois étranges (le dîner, scène centrale, laisse une drôle d'impression) et la fin, laissant volontairement planer un doute sur le retour à la normale, renforce encore la singularité de cette comédie. A voir.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 décembre 2018
Une comédie de mœurs aux dialogues brillants, teintée d’humour et d’esprit, et à l’interprétation excellente, notamment Sandrine Kiberlain dans deux scènes géniales. Après dommage que ce film manque un peu d’émotion.
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 août 2018
Il y a toujours (ou presque) quelque chose à garder chez Pascal Bonitzer : « Rien sur Robert » n'échappe pas à la règle. Le traitement est souvent étonnant, le récit constamment imprévisible, si bien qu'on a un minimum envie de connaître le fin mot de l'histoire, la belle galerie d'acteurs (Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Laurent Lucas, Denis Podalydès, Michel Piccoli!) créant parfois un attrait certain, d'autant que plusieurs scènes valent vraiment le détour. Pourtant, je n'ai pas été emballé. Si l'idée de plonger dans un milieu « intello » souvent prétentieux décrit avec une certaine verve n'est pas mal exploitée, on a vraiment beaucoup de mal à se sentir impliqué par le déroulement, le fait qu'on ne sache jamais à quoi s'attendre finissant presque par se retourner contre le film : nous n'avons, finalement, aucune prise à laquelle nous rattacher. Le résultat en devient assez bancal, vain, voire légèrement prétentieux, comme s'il ne souhaitait s'adresser qu'à une catégorie précise de spectateurs. Les dernières minutes sont précisément dans cette logique : les choix du héros sont incompréhensibles et le dénouement presque agaçant, malgré la réelle habileté de Bonitzer à nous amener vers des chemins inattendus. Je ne regrette pas de l'avoir vu : il y a de l'intelligence, un vrai travail dans l'écriture des dialogues comme du scénario. Mais on reste trop constamment éloigné de ces gens pour que leurs trajectoires nous intéressent, l'ennui n'étant parfois pas loin. Frustrant.
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 avril 2018
Un film de bobos racontant l'histoire de bobos dans le milieu intellectuel parisien. On hésite entre la caricature et l'ennui devant tant de vacuité. Le "rien" du titre viendrait de là ? Reste une interprétation impeccable de l'ensemble de la distribution et quelques répliques fulgurantes, notamment lors des scènes avec Michel Piccoli.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 avril 2018
Le titre, Rien sur Robert, ne laisse rien présager du contenu du film qui nous raconte l'histoire d'un quadra, critique littéraire, et ses amours. Le film est bien construit, les dialogues bien travaillés, le casting plutôt pas mal avec en plus de Luchini, et Kimberlain, Lucas, Podalydes, Piccoli, Lafont, Baer dans les seconds rôles. Bref tout est bien sur le papier mais le film est vraiment plutôt chiant.
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