On a peine à reconnaître la patte de Tim Burton avec ce biopic appliqué qui sombre même dans la quasi-parodie dans les dix dernières minutes d’un procès fantasque. On ne jugera donc ici que le scénario, très correct, qui évoque avec savoir-faire cette véritable histoire d’une arnaque historique dans le domaine de l’art. La description à charge de Walter Keane est peut-être un brin caricatural, mais le cinéaste parvient à faire passer la pilule grâce à l’interprétation survoltée de Christoph Waltz qui en fait des tonnes. Il cabotine à mort, tandis qu’Amy Adams écope d’un rôle bien plus effacé. L’ensemble est bien réalisé, mais sans génie aucun, comme si le cinéaste s’acquittait d’une commande supplémentaire. C’est dommage !
Big eyes peut souffrir essentiellement de la signature de Tim Burton. En effet, aller voir Big eyes en espérant retrouver son univers habituel est une source possible de déception car ce film ne ressemble en rien à un Burton habituel (excepté peut-être l'utilisation des couleurs). Cet opus du réalisateur d'Edward aux mains d'argent est en effet un film très classique se situant dans un univers réaliste avec des personnages normaux. Malgré tout, Burton réussit parfaitement ce changement de style, dirige brillamment ses acteurs (on pourrait reprocher à Christoph Waltz de surjouer un peu mais ce serait oublier que c'est une des caractéristiques principales du personnage lui-même) et retranscrit très bien les rapports de couple. La dégradation progressive et les rapports de domination-soumission au sein de celui-ci sont parfaitement décrit par le script de Scott Alexander et Larry Karaszewski (les scénaristes d'Ed Wood, précédent film biographique de Burton) et par la mise en scène du réalisateur. Malgré son écart flagrant avec le reste de son œuvre, Tim Burton signe donc un beau drame sur une histoire vraie peu connue du grand public malgré le scandale artistique que cette imposture constitue (et qui dans la réalité dura plus longtemps que dans le film).
Film formidable et passionnant avec un sujet en or : l'histoire vraie incroyable de cette femme Margaret Keane, peintre qui vécut dans l'ombre de son mari mégalo et manipulateur. Moi qui ne suis pas du tout adepte de Tim Burton, j'ai trouvé sa réalisation ici très soignée avec de très belles images (les sublimes paysages d'Hawaï ou la reconstitution de l'Amérique des années 60) accompagnée par une bande son discrète mais fort agréable. Quant au jeu des acteurs, on peut parler de performances : Christoph Waltz dans le rôle du mari usurpateur et surtout Amy Adams excellente dans le rôle de l'artiste soumise qui va s'émanciper. Enfin, l'humour est également présent avec notamment une confrontation au tribunal savoureuse.
Excellent film, très bien interprète, dommage que ce ne soit pas de la fiction car il faut être gonflé pour faire cela, en même temps le fait que ce soit un fait réel permet de voir les tableaux que j'aime beaucoup
Bien que l'on retrouve des références à Big Fish ou Edward aux mains d'argent, Big Eyes s'éloigne du registre traditionnel de Tim Burton, et c'est plutôt bien. Le film est plaisant, bien réalisé, les acteurs sont convaincants, la photographie et le travail sur les couleurs est superbe... Même si ce n'est pas le film du siècle j'ai passé un bon moment. On se laisse facilement porter par l'ambiance et par le scénario qui évoque le combat d'une femme dans l'ombre d'un mari dominateur et manipulateur.
Magifique Tim !!!!! Encore un film merveilleux... il est vrai avec deux acteurs Amy Adams (Margaret Keane) et Chrstoph Waltz (Walter Keane) éblouissants... j'ose..Amy tellement belle et mise en valeur dans ces décors et tenues des années 50, et Christoph montrant son incomparable talent (avocat, peintre, séducteur, prêcheur, truand....) et même si son rôle est celui du méchant, pas beau, il s'en tire bien, il est attachant et donne une si bonne réplique à la vraie artiste de ces poupées aux yeux ébahis un peu tristes ou plutôt surpris....Margaret avec son talent formidable - rappelez vous Francisque Poulbot et ses propres oeuvres si reproduites notamment vers le sacré coeur - connus de tous les touristes visitant Paris - avait pris sur elle pour sa fille, s'effaçant ainsi quelques années durant. Heureusement elle gagna son procès et refit sa vie et ses tableaux....signés MDH et simplement Margaret. Un grand Tim Burton !! **
Arrivée dans la salle de cinéma, pleine d'espoirs et d'attentes pour ce film qu'on m'avait conseillé. Dès le début nous sommes plongés dans le bouleversement de la vie de Margaret et cela nous rend plus proche de son personnage. Big eyes nous permet principalement de comprendre le dur métier d'un artiste, car certes ,la perception de l'art est subjectif mais elle est surtout influencée, elle dépend plus que l'œuvre en elle même. L'art dépasse la simple notion d'argent, nous le voyons dans le tourment que subit madame Keane, partagée entre la joie de pouvoir vivre de sa passion mais la peine de ne pouvoir crier au monde que ces tableaux lui appartiennent. Tim Burton arrive a nous transmettre l'idée qu'une création est personnelle,elle exprime nos émotions, notre histoire. Un artiste vie à travers ses œuvres. La question que je me suis posée en sortant du film est la suivante: quel est le prix de la réussite ?
Big Eyes aurait été signé par tout autre cinéaste que Tim Burton, le cinéphile lambda se serait fendu d'un : "pas mal. Une bonne histoire moyennement exploitée mais le réalisateur a un certain style." Oui, mais voilà : il s'agit d'un film de l'homme de Mars Attacks et de Beetlejuice et sera donc jugé à l'aune de son oeuvre passée. Verdict : Big Eyes, d'une sagesse et d'un classicisme étonnants, ne sort jamais de ses sentiers balisés et, plus grave, peine à adopter un point de vue. Fallait-il il traiter par le biais de la comédie ce qui fut le drame d'une vie pour une artiste spoliée de la reconnaissance par son propre mari mythomane doublé d'un imposteur ? Pourquoi pas mais avec plus d'audace et de créativité. Burton semble partagé entre sa sympathie pour la femme (excellente Amy Adams) et une admiration pour l'homme (cabotin Christoph Waltz, qui en rajoute). Bon, ce dernier était un fou excentrique comme les aime le réalisateur mais son réalisme commercial et la manipulation subie par son épouse en font un être assez détestable. Tim n'a pas franchement choisi son camp et sa quasi neutralité donne un film aux belles images mais un peu vain ce qui, vu l'authenticité de l'histoire et le caractère symbolique qu'on y trouve quant à la place de la femme dans l'art, est forcément synonyme de semi-échec.
Fin des années 1950. Margaret Ulbrich (incarnée par Amy Adams, extraordinaire !) fuit précipitamment un mariage malheureux, avec quelques valises et sa fille à l’arrière de la voiture.
Arrivée à San Francisco où son amie l’accueille, Margaret cherche immédiatement à survivre en proposant la seule compétence qu’elle possède : le dessin. Et quel talent ! Ses étranges toiles représentent des enfants aux grands yeux tristes. Des yeux démesurément et profondément tristes, des « enfants-poupées » dont on se demande de quelle planète ils peuvent bien provenir.
Au cours d’une foire artistique elle rencontre un homme pétillant, d’une grande drôlerie et… plus qu’à l’aise en société. Walter Keane (Christoph Waltz, truculent !) un peintre d’un bien piètre talent qui deviendra trop vite son mari. Alors que l’un et l’autre ont de véritables difficultés à vivre de leur art et que les soucis de trésorerie s’accumulent, Walter décide de devenir le « commercial » du couple. Et d’outrepasser son rôle en s’attribuant volontiers la paternité des œuvres de sa femme. Margaret, tout d’abord choquée par la supercherie, finit par y prendre part… et laisse son mari prendre toute la lumière, pour s’effacer totalement et peindre en silence.
Pourquoi se laisse-t-elle entraîner sur le chemin de cette énorme arnaque ? Est-ce pour ne pas perdre ce train de vie confortable dans lequel elle pense se sentir à l’abri ? Par peur de perdre l’amour de son mari ? Par peur de prendre enfin toute sa dimension et de se trouver dans la lumière qui lui revient ? Difficile de répondre à cette question tant le film joue sur l’ensemble de ces questionnements.
On aime surtout l’esprit décalé de ce film, véritable signature de ce grand Tim Burton, les couleurs « bonbon » et les décors façon carton-pâte à l’occasion, l’atmosphère effervescente d’une époque où tout semble possible. Certaines scènes sont franchement hilarantes, comme celle de la plaidoirie de Walter au tribunal ou encore réellement bouleversantes quand Margaret, si fragile, trouve enfin la force d’affronter le gros mensonge de sa vie…
Il semble que, pour le moment, ce Big Eyes ne rencontre pas un franc succès, ce qui est bien dommage pour un film si vivifiant. Le seul charisme de deux acteurs principaux, impressionnants par leur maîtrise parfaite de toute la palette des émotions, mérite largement le déplacement !
Tim Burton nous plonge dans une péripétie passionnante et nous entraîne dans le monde de l'art américain des années 60. On ne s'ennuie pas car le film est bien rythmé. Les comédiens sont convaincants. Le désir de gagner beaucoup d'argent amène les deux époux dans une situation scabreuse. Cette histoire nous montrera que les gens ne se rendent compte des conséquences de leurs actions que bien plus tard lorsque les circonstances de la vie deviennent insupportables et quand il est difficile de faire marche arrière. Ainsi, Burton nous captive grâce à ce film bien fait mais nous fait également réfléchir sur notre rapport à l’argent. Parallèlement, Burton met en avant les relations de couple et la domination d'un des deux partenaires sur l'autre. On peut ainsi voir les forces et faiblesses du dominant et du dominé. Celui-ci ayant parfois une part de responsabilité dans son asservissement. Un film intéressant teinté avec beaucoup d'humour.
J'ai adoré , je connaissais pas du tout l'histoire de Magaret Keane et son histoire m'a subjugué. Cela faisait longtemps que je n'avais pas aimé à ce point un film de Tim Burton. Mais tout est bien fait, les mises en scènes, le décors, les acteurs sont également très bons. A voir !
Du Tim Burton assagi mais beaucoup de bonnes choses, une très bonne réalisation, les deux acteurs principaux au top, Christoph Waltz à la limite du cabotinage mais ça passe bien et Amy Adams dont l'étrange beauté crève l'écran. L'histoire est intéressante surtout dans sa première partie, après ça s'essouffle un peu, le film devenant prévisible et sans grand enjeu. Au-delà de l'histoire et même si ce n'est pas le sujet traité, on peut y déceler un regard très critique sur le fonctionnement du marché de l'art. La scène de procès (les américains ne peuvent pas s'empêcher d'en fourrer partout) malgré l'absence d'enjeu est plutôt réussie. C'est un biopic et il faut bien respecter l'histoire mais on peut cependant reprocher aux scénaristes de présenter la secte de Jehovah sous un jour trop bienveillant. Très belle B.O.