La Fille du RER
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238 critiques spectateurs

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Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 octobre 2012
On comprend ce qui a pu attirer André Téchiné dans cette affaire qui fit tant de bruit à l'été 2004, celle d'une fille qui inventa une agression antisémite qu'elle aurait subie dans le R.E.R. : le téléscopage d'une trajectoire individuelle qui amène quelqu'un à inventer une telle imposture, et de l'emballement politique et médiatique qui s'en était suivi, et qui avait fait dire à un chroniqueur qu'il s'agissait finalement d'"un mensonge qui disait la vérité".

C'est bien cette intention qu'explique Téchiné : "À l’époque, le fait qu’un mensonge, une pure fiction, puisse produire un tel effet dans notre pays m’avait beaucoup secoué. Cette tempête médiatique touche à des hantises et des fantasmes ancrés dans la société française. Je ne suis pas sûr qu’une telle histoire puisse avoir lieu dans un autre pays." André Téchiné a donc décidé de s'inspirer de cette histoire, ou plutôt de s'inspirer de la pièce de Jean-Marie Besset, RER, qui elle-même s'inspirait de ce fait divers.

Il s'en est emparé à sa manière, celle d'un cinéaste et d'un scénariste ; il a pris la trame de l'affaire, et il a construit un environnement et les histoires qui vont avec : celle du rapport de Jeanne et de sa mère ("On est très proches, on ne s'est jamais séparés"), celle de la liaison avec ce garçon comme on en rencontre tant chez Téchiné, brûlant d'une intensité inquiétante, celle de l'avocat juif et de sa famille, lui agnostique, son fils athée (ou le contraire), sa belle-fille religieuse et son petit-fils qui prépare sa bar-mitzvah (rien à voir avec "Coco").

Il s'est attelé à deux tâches : permettre au spectateur de construire sa propre interprétation du cheminement de Jeanne, et expliquer le contexte de l'époque qui a permis que l'affaire prenne une telle ampleur, avec une réussite très inégale entre les deux : autant la narration de la trajectoire de Jeanne (j'emploie ce mot à dessein, tant elle semble perpétuellement lancée, que ce soit sur ses rollers ou dans le R.E.R.) fonctionne parfaitement, y compris la part de mystère qu'elle conserve et que Téchiné revendique : "Traquer l’invisible, telle est ma démarche de cinéaste. J’ai l’impression que la caméra sert à ça."

A l'inverse, la volonté de confronter Jeanne à une famille concernée au premier chef par l'antisémitisme amène à la création de personnages épouvantablement fictionnels, la palme revenant au pauvre Mathieu Demy condamné à débiter des platitudes du type : "Bravo, tu m'as coupé l'apétit, c'est l'heure de mon billard" ou à souligner pesamment "On est face à un mensonge d'état : ce n'est pas cette pauvre fille, c'est eux qui ont fabriqué cette affaire du R.E.R.".

Michel Blanc n'est guère mieux loti, lui qui assème à son fils :"Tu n'avais pas les moyens de tes ambitions, tes tableaux étaient médiocres : tu as fait l'ESSEC, pour faire plaisir à papa" ou "T'es un vrai juif à l'ancienne, tu ne sais qu'embrasser ou engueuler tes gosses." Les dialogues archi-écrits ne prennent que rarement vie dans la bouche des acteurs, à l'exception notable d'Emilie Dequenne, qui, il est vrai, a peu de texte à dire.

L'opposition entre les scènes statiques des dialogues fumeux entre les membres de la famille Bleinstein et la façon de filmer Jeanne toujours en mouvement est frappante. Dans le premier cas on se trouve face à du théâtre filmé, dans le second cas on a droit à une caméra qui isole Jeanne dans la foule, que ce soit sur la voie sur berge réservée aux rollers ou dans le R.E.R., à une scène de chat sur internet qui réinvente la façon de filmer la rencontre amoureuse, ou ce plan splendide de Jeanne sous la pluie dans sa barque au fil de l'eau qui évoque la descente onirique de la rivière de John et Pearl dans "La Nuit du Chasseur".

Le personnage de Franck, joué par un Nicolas Duvauchelle incandescent, semblait prometteur, avec son mélange de séduction et d'effronterie, mais on découvre assez vite qu'il n'existe que pour mieux jeter Jeanne dans une scène assez ridicule. Faute de s'être concentré sur le personnage de la fille, l'impression d'ensemble est donc plutôt décevante, en-deçà de l'espérance face à un tel sujet et un tel auteur ; reste la performance d'Emilie Dequenne, étonnante d'intensité dans l'absence.

http://www.critiquesclunysiennes.com
PIERRE-QUI-ROULE
PIERRE-QUI-ROULE

95 abonnés 184 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2009
Excellent ! Bien filmé, bien joué. Les acteurs sont très bien et pourtant la reine Catherine n'est pas une de mes favoris. Michel Blanc est excellent dans son rôle.
Aucun ne peut se targuer la réputation de tout connaître sur n'importe quel fait divers.
Ce film, mélange subtilement, le réel (ex : l'emballement des médias y compris Jacques Chirac) et l'imaginaire. Bravo !
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

94 abonnés 4 359 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juin 2024
Inspiré d'un fait divers récent qui connut un retentissemnt médiatique et politique, le film d'André Téchiné évoque le cas d'une jeune femme inventant son agression dans le RER par des voyous antisémites.
A l'évidence, ce n'est pas le fait divers qui intéresse Téchiné: la dimension policière et le scandale médiatico-politique sont quasiment occultés. Le réalisateur -on n'en est pas surpris- ne cherche qu'à comprendre, dans ce cas précis, le mécanisme psychologique qui conduit Jeanne, jolie banlieusarde de bonne famille, à imaginer son mensonge. On ne sait pas si Téchiné absout Jeanne de sa faute mais sa démarche est très certainement bienveillante, ni stigmatisante ni moralisatrice.
En deux parties distinctes nommées Circonstances et Conséquences, Téchiné reproduit un contexte humain et social anecdotique -qui semble même digressif par moments- et dont on voit qu'il ne prédispose pas forcémént l'héroine à l'imposture ou à la mythomanie en général. Sa mère (C.Deneuve), un avocat juif (M.Blanc) et le nouveau petit ami de Jeanne, élément déclencheur peut-être, sont trois personnages déterminants.
Le réalisateur reussit ses portraits et la qualité des protagonistes, aussi ordinaires soient-ils, consolide l'argument initial, réduit, dans sa forme, à sa plus simple expression. On comprend moins en revanche l'importance et l'intérêt que le cinéaste portent à certains seconds rôles appartenant notamment à la communauté juive.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2012
La fille du RER, bien qu'un film mineur d'André Téchiné (et moins abouti que Les témoins), n'en reste pas moins attachant grâce à une certaine fluidité de la mise en scène qui rattrape en grande partie un scénario hésitant entre plusieurs directions (la quête de l'identité via Louise, jeune fille en attente de faire le deuil des images parentales, la notion de culpabilité, le problème du mensonge, la question de la shoah et de la mémoire, le problème de la destructuration de la cellule familiale à travers deux familles en crise...) Certaines scènes sont brillantes. Le long dialogue par mail et webcam entre les deux jeunes qui rappelle Be with me de Cédric Khoo, la très drôle scène où Nicolas Duvauchelle berne le vendeur et la fuite dans la forêt de la jeune mythomane qui rappelle le cinéma muet expressionniste sont inoubliables. Emilie Dequenne est très bien comme Catherine Deneuve à la voix émouvante dans un rôle à contre emploi. Nicholas Duvauchelle et Michel Blanc sont peut être bons mais leur personnage est mal calibrés. Quand à Ronit Elkabetz, elle est vraiment belle et troublante. Téchiné filme aussi avec brio le cadre naturel à qui il donne un certain naturalisme. Un film imparfait mais troublant et assez personnel.
didbail
didbail

41 abonnés 540 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 mars 2009
Tout le monde connait le fait-divers dont est tiré le film. Qu'en fait Téchiné ? Pas grand chose. Mise à part Deneuve ses personnages n'existent pas, l'histoire d'amour entre Dequenne et Duvauchelle n'apporte pas grand chose. Si elle permet au film de durer suffisamment longtemps. La seule chose intéressante du film, l'usage qui a été fait de ce fait divers, les différents bugs du système qui ont rendu possible l'hypermédiatisation d'un fait non avéré, le rôle peut être de certains hommes politiques, tout cela tient en 3 phrases à la fin du film. Dommage.
Arthurlamouche
Arthurlamouche

14 abonnés 688 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 août 2010
Au générique final, on reste sur notre faim. Le sujet n'est jamais traité jusqu'au bout. Les thèmes les plus importants ne sont qu'évoqués (pourquoi et comment cette histoire à prit une telle ampleur ?, la crédibilité de la presse...) et Téchiné ne fait qu'exposer et mettre en image un fait divers. Un peu décevant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 août 2010
La fille du RER relate tout le poids du mensonge, toute la dureté de la chose une fois que la connerie est faite et que les médias s'en sont emparée. De même, tout est relaté avec une grande finesse, loin des clichés hollywoodiens. Les acteurs restent quant à eux égaux à eux-même. Une douleur palpable dans une douceur du jeu, impec.
norman06

428 abonnés 1 839 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2009
Le grand retour confirmé d'André Téchiné, après le coup d'éclat des « Témoins ». L'auteur s'approprie un fait divers célèbre et l'adapte à sa thématique romanesque, en en faisant un récit aussi fort que « Le Lieu du crime » ou « Alice et Martin ». Emilie Dequenne est excellente dans ce personnage de névrosée ; Catherine Deneuve apporte son humanité et sa complicité avec le cinéaste, et est bien entourée d'autres seconds roles tels Michel Blanc, Ronit Elkabetz, ou Nicolas Duvauchelle, qui retrouve la beauté et le charisme d'un Wadeck Stanczak. Le film oscille entre le réalisme psychologique et cette poésie sombre (la tentative de noyade) typique de l'univers du réalisateur.
elisa2102
elisa2102

172 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juillet 2011
Après "Les égarés et "Les témoins", voici un autre film d'André Téchiné que j'ai apprécié. Emilie Dequenne est très juste dans son interprétation, tout comme le reste du casting. Le fait que cette histoire soit tirée d'un fait réél rajoute de l'intérêt au film. A découvrir à l'occasion !
Fabrice G
Fabrice G

137 abonnés 389 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 avril 2009
Pour la première fois de sa carrière, André Téchiné s’est penché sur un fait divers marquant pour construire l’intrigue de son film. Bien qu’il soit plein de qualités aussi bien sur le fond que sur la forme, j’avoue ne pas avoir été particulièrement touché. Celui-ci narre l’histoire de Jeanne, jeune fille rêveuse vivant avec sa mère, souvent jonchées sur ses rollers, des écouteurs aux oreilles. Emile Duquenne, dans le rôle de Jeanne, est véritablement le pivot du film, elle est absolument éblouissante. Divisée en deux parties, l’histoire nous invite à entrevoir les causes qui vont pousser Jeanne à raconter un mensonge inouï et les conséquences de son acte. Dans un premier temps, le film est construit au tour d’une histoire d’amour entre l’héroïne et Franck (Nicolas Duvauchelle), jeune lutteur grande gueule, qui va entraîner Jeanne sans le vouloir dans une sombre histoire de drogue. En parallèle, celle-ci rencontre Samuel Bleistein (Michel Blanc), un avocat, ancien ami de sa mère (Catherine Deneuve), auprès duquel elle tente de trouver un emploi. Ainsi, je n’ai pas suivi avec un grand intérêt les histoires de famille du juge, de son fils et de son ex-belle fille (magnifique Ronit Elkabetz)… Reste que Téchiné, filme magnifiquement, les couleurs y sont explosives et magnifiques, certains passages, comme la conversation sur MSN entre Franck et Jeanne, sont admirables, belles et érotiques, mais dans son ensemble le film ne m’a pas suffisamment touché et j’avoues avoir décrocher à certaines reprises. Une petite déception pour ma part.
JeremGar
JeremGar

132 abonnés 1 581 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2010
Ce film tiré d'une histoire vraie est assez bien réussi dans l'ensemble. On se demande, néanmoins, quel est l'apport de Catherine Deneuve et de Michel Blanc? Emilie Duquenne joue à merveille son rôle de pré-adulte cherchant une place dans la société.
Ghost_face
Ghost_face

86 abonnés 575 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2009
Après avoir récemment abordé le sida dans ‘Les témoins’ ou l’amour et l’exil dans ’Les temps qui changent’, André Téchiné à choisit d’adapter un fait divers qui avait fait du bruit (un bruit bien relatif cependant) il y a quelques années avec ladite fille du RER ayant été victime d’une agression antisémites… Le cinéaste choisit donc d’être plus que jamais dans le présent en s’emparant d’une affaire qui avait été sur-médiatisée à l‘époque. Il aborde donc des thèmes sous-jacents comme la sur-médiatisation et la précipitation de la presse à alimenter des faits non vérifiés, la télévision à s’emballer ou encore la police qui survole ses sources. Mais Téchiné ne stigmatise rien. C’est bien là toute l’intelligence de l’œuvre. Il filme une histoire d’amour (Nicolas Duvauchelle et Emile Dequenne forme un couple crédible, simple et attachant) tellement moderne où les moyens de communications ont une place prépondérante dans notre société (la télévision, internet…), le contexte économique difficile puisque le chômage est un de ces multiples thèmes abordé. La relation mère/fille (Catherine Deneuve toujours aussi exceptionnelle) donc la famille est traitée avec plus de légèreté mais reste importante dans la trame du récit. Donc, LA FILLE DU RER, raconte l’histoire d’une jeune fille paumée, amoureuse et contrariée, un brin névrosée, qui veut seulement attirer l’attention sur elle et à la fois se venger. Se venger de tout, d’une rupture, de son insignifiante vie, d’un ancien ami de la famille. Un ras le bol qui implose, une déchéance inéluctable, l’irresponsabilité y est effrayante. Elle n’a rien d’une grande manipulatrice, on y voit une jeune femme en quête de soi, à la conquête d’un avenir meilleur et surtout inconséquente, immature qui n’avait pas mesurer l’ampleur et la gravité de son acte. Une œuvre réaliste, politique qui parle à la fois d’amour et du mal être d‘un être comme tant d‘autre. Une réflexion sur le mensonge et ses conséquences vertigineuse et sincère.
hubertselby
hubertselby

85 abonnés 436 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 31 mars 2009
Se faire chier sur un film de Téchiné, première fois que ça m'arrive.
Émilie Dequenne que j'adore semble complètement absente, vide, désincarnée...
Est-ce le personnage qui veut ça ?
Deneuve ? Pourquoi Deneuve pour ce rôle, elle joue bien oui mais pour un rôle si léger, besoin de têtes d'affiche ?
Michel Blanc et l'actrice qui joue la femme de Mathieu demi sont les seuls qui trouvent la grâce dans ce film.
Nicolas Duvauchelle a encore un rôle de faux bad boy, le pauvre...
Pourquoi inventer un tel film ? Pour le plaisir de s'être dit qu'on se questionnait, qu'on était un bon citoyen ?
UGC a été sympa de filer du blé pour ce coup là...
Là où le ciné U.S. aurait traité l'emballment médiatique, le ciné français en fait un film très personnel qui cherche à comprendre cette jeune femme sans en percer le mystère. Sait-elle elle-même pourquoi elle a fait ça ? Sans doute mais pourquoi nous créer cette théorie ?
Une énigme de plus...
Clingo
Clingo

79 abonnés 128 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2012
Formidable film sur le mensonge, le cinéma, la fragilité des êtres.

Formidable film sur le cinéma, pourquoi ? Parce que La Fille du RER est un commentaire sur le pouvoir du septième art, sa capacité à développer son sujet et à faire réfléchir, semblant ainsi s'opposer au traitement des médias par exemple, à leur irrémédiable besoin de tout traiter sans véritablement creuser, à faire de la fast-news. Mais le cinéma, lui, a du temps et de l'attention à consacrer aux personnages qu'il filme, quand un JT ne sait qu'enchaîner ses sujets. Et là réside - entre autres - son intelligence. Comment comprendre une fille comme Jeanne/Marie-Léonie et son acte en matant 3 minutes de JT ? C'est difficile, et le cinéma est à l'opposé de cela car il a cette possibilité de s'intéresser aux gens, à leur manifester de l'attention.
La Fille du RER établit donc en permanence deux discours qui finissent par se croiser et qui sont dépendants l'un de l'autre, l'un sur l'irresponsabilité des médias en totale harmonie avec une société de consommation, l'autre sur le média qui sert à raconter cette histoire et qui discourt donc sur lui-même. Le film - quel dommage - tombe parfois dans l'excès explicatif, surligne un peu trop certains traits qui ne sont pas loin d'insulter la démarche intellectuelle d'un spectateur qui pourrait très bien réfléchir tout seul. Mais dans son ensemble La Fille Du RER est plutôt subtil et délicat, surtout qu'il ne cherche pas à expliquer ce qui n'est pas explicable. Film adulte. Soit tout le contraire de son personnage principal.

Le film parle beaucoup de ça, du passage à l'âge adulte. Jeanne n'a jamais véritablement travaillé, vit toujours avec sa mère et a besoin de cette dernière pour lui faire son CV. A l'évidence, elle n'est pas encore très mature. C'est une gosse totalement irresponsable qui ne maîtrise absolument pas l'acte odieux qu'elle invente. Et Emilie Dequenne sait apporter à ce personnage une certaine innocence, un côté paumé, pas à sa place, qui confèrent à Jeanne une véritable tristesse. Le summum étant la séquence très symbolique de la cabane - lieu propre à l'enfance - où elle partage une nuit avec un jeune garçon à qui elle confie toute sa désolation : " Je voulais qu'on m'aime et puis tu vois, c'est tout le contraire qui s'passe " ( j'ai chialé à mort ). Cette phrase résume bien le personnage : elle ne commet cet acte que pour qu'on s'intéresse à elle, pour qu'on la regarde, elle veut juste attirer l'attention. Mais la nature de l'acte ne saurait s'accorder à un tel désir, et on ne peut aimer la personne qui s'y est adonnée. Seulement, faut-il la blâmer ? Quelques séquences du film - à la campagne - montrent les adultes la juger et la prendre de haut plutôt que de chercher à la comprendre et à la réconforter. Et c'est assez effrayant de constater que finalement l'immaturité n'est pas une exclusivité de l'enfance. Dans sa détresse, Jeanne n'a pas besoin d'un pied qui l'enfonce, sinon d'une main tendue vers elle. Jusqu'à la fin son personnage sera exclue, et le montage parallèle final entre la cellule dans laquelle elle est enfermée et la bar-mitzva le dit bien, montre parfaitement sa déchéance et ne fait que renforcer l'empathie que l'on ressent pour elle. Du JT au cinéma, Jeanne/Marie-Léonie passe donc de l'indifférence à l'attention, d'une affabulatrice qui prend les gens pour des idiots à une jeune fille aux failles multiples. C'est donc ça que fait le cinéma, il regarde les gens et parvient à leur rendre toute leur humanité. Son pouvoir est donc immense.
nestor13
nestor13

74 abonnés 1 222 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2009
Quelques années après "Le grand Meaulnes", "La fille du RER" marque les retrouvailles de Nicolas Duvauchelle avec Emilie Dequenne qui nous montre ici ses jolis petits seins. Même s'il ne s'agit pas là d'un classique de la littérature française, c'est en quelque sorte aussi d'une adaptation dont il est question avec cette histoire, non d'un roman pour le coup, mais d'un fait divers qui défraya (forcément) la chronique. Le réalisateur fait le choix de découper son film en deux parties. La première, de facture assez classique, est plutôt engageante. Dans la deuxième, plus personnelle et qui me plaît moins, donc, André Téchiné retombe dans ses travers en étant un peu trop didactique et donneur de leçons. Cela m'a rappelé "Les témoins" du même Téchiné avec déjà Michel Blanc d'ailleurs qui joue finalement le même rôle, à savoir celui du transmetteur du message du metteur en scène. Qui est en l'occurrence la condamnation un peu caricaturale de l'emballement médiatique de cette affaire qui est forcément la conséquence du discours sécuritaire de la méchante Droite que l'on a en France. Bouh !
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