Une radio pirate déjantée, dans le très conservateur Royaume Uni des années 60. Depuis un bateau stationné en mer du Nord, une joyeuse bande d’hurluberlus émettent 24H/24 du bon rock, pendant que la BBC ne s’autorise qu’une petite heure par jour. Entre les visites de fans peu vêtues, les joints qui tournent et les disques mythiques, Carl, 18 ans, débarque, envoyé par sa mère pour découvrir la vraie vie. Au même moment, un ministre zélé et légèrement coincé se fait un devoir se faire fermer boutique à cette bande de marginaux vulgaires.
Richard Curtis est THE spécialiste de la comédie à l’anglaise. Il abandonne ici les histoires d’amour à tiroir qui ont fait son succès pour s’intéresser à une composante fondamentale de l’histoire moderne britannique : le rock. Et il choisit de le faire découvrir à travers les yeux éberlués de ce petit mec qui sort juste du lycée et qui va découvrir en un temps record la musique, la drogue et le sexe. Le processus d’identification marche à 100% : quel ado n’a pas rêvé de se retrouver dans un monde joyeux, sans aucune contrainte, entouré de mecs fendards et assiégé par une nuée de femmes plutôt réchauffées ? On se fait vite emporter dans l’univers de ce bateau, entre les DJ tous plus barrés les uns que les autres et l’équipage totalement à l’ouest, dans une belle gallerie de personnages sympas et hauts en couleur. D’autant plus que le casting est vraiment parfait, avec une mention spéciale pour Kenneth Branagh, hilarant dans son costume de ministre psychopathe. Le tout est enveloppé par une bande son absolument exceptionnelle, des Stones aux Who en passant par Jimi Hendrix, et tout un tas de chansons vieilles de 40 ans, mais qui font toujours un bien fou. La palme pour « Father and Son » de Cat Stevens, dans une séquence aquatique et planante… le pied !
Alors effectivement, Richard Crutis n’est pas spécialement un grand réalisateur. Comme l’aurait fait un Robert Altman avec un sujet pareil, il ne cherche pas la fable ironique ou le grand film ample sur le rock, il cherche juste à réaliser une comédie sans trop de prétention, qui divertit son public et qui fait plaisir. Vu la banane que tout le monde affichait en sortie de salle, c’est réussi