Le style est froid, quasi-naturaliste avec beaucoup de zooms qui sont affreux. Le ton sépia de la photographie, par contre, est très joli. Mais sur ce sujet, on se sent frustré et on se demande ce qu'on a vu pendant deux heures à part une ville dans la neige et des filles dans un bordel. Warren Beatty est excellent et a la classe derrière sa barbe et quelques dialogues sont réussis. Mais c'est une déception pour moi...
Je dois dire que ce western m'a parfois un peu ennuyé à cause de rythme languissant et par le fait surtout que le scénario est un peu répétitif. Maintenant, je suis aussi obligé de reconnaître le travail incroyable de la restitution du far west du début du 20ème siècle notamment par les efforts au niveau de l'image en y instaurant une magnifique photographie au ton sépia que l'on doit à l'immense talent de Vilmos Zsigmond et une musique de Leonard Cohen qui correspond très bien à la morosité ambiante du film. Warren Beatty en bouffon rustique et Julie Christie en maquerelle opiomane sont excellents. Un western crepusculaire de Robert Altman qui détruit le mythe du far west qui souffre hélàs d'être trop lent.
Un homme assez riche & point trop innocent arrive dans une nouvelle ville, et ; voulant monter un de ces établissements d’amusements (à l’aide de son argent) permis à l’époque , échoue 1/ du fait de sa molesse de caractère, 2/ du manque de collaboration d’une amie sans « ambitions« , & 3/ à cause d’une mafia complotant contre ses buts. Mis à part une histoire très « eau de rose », le film peine à nous intéresser à cause du manque d’historique de ses personnages sinon réelle crédibilité - Qui est finalement ce John Mc Cabe & pourquoi le pleurer ? -, mais nous suivons malgré nous le fil de l’histoire revêtant l’aspect d’un simple documentaire complaisant un peu à la curiosité de concierge & du fait de sa relative richesse de reconstitution, nous faisant observer le déroulement de cette histoire sous l’influence de ces regards trop inquisiteurs et/ou de ces ordres un peu faciles de ces domestiques gradés - Ainsi fidèles à leur « caste » ! : Nous sommes chez Altman. - et d’autre part au tutoiement un peu rapide que vous retrouvez + tard & en effet activement développer de nouveaux talents pour ces anciens petits métiers souvent disparus ou il était surtout question de cuir et de produits adaptés !.. Cet hymne à l’hédonisme malgré lui enveloppé donc de ce grossier manichéisme typiquement américain ne manque donc pas de détails malgré un misérabilisme outrancier ( & un peu déplacé … ) et de nombreux (gros) clichés éhontés - dont celui bien sûr de la pute au grand cœur ! - ; et sans oublier ces tavernes - en fait principaux intérêts du film - ou l’on fume décidément trop, quoique ici fournis & point trop miséreuses ; ainsi fidèles à l’époque !..
Avec John McCabe, Altman réussit à nous faire voyager dans le temps. Loin de la représentation mythique de l'Ouest, il nous présente une vision ultra réaliste de l'Amérique en devenir avec des décors formidables magnifiés par une photo superbe. Géant.