Robert Altman est un réalisateur qui occupa une place à part dans le cinéma américain. Surtout connu du grand public pour "mash" qui obtint la palme d'or d'or à Cannes, il fût généralement soutenu et apprécié par la cinéphilie française. Il choisit fréquemment de présenter à la société américaine un regard sur elle-même et on peut affirmer qu'il eut finalement plus un regard cinématographique "européen ". Son cinéma se caractérise par la prédominance de films choraux et le refus de détacher de ses films un héros qui symboliserait un modèle à suivre par exemple. "John Mac Cabe" est un vrai faux western. C'est en fait beaucoup plus une tentative de montrer ce que pouvait être la vie, mais la vie véritable dans le grand ouest au début du XX e siecle, mais pas celle parfois magnifiée par le cinéma qui joue alors, par-delà son aspect distrayant, le rôle de propagateur d'une idéologie manipulatrice des masses. John mc Cabe est un joueur de cartes qui développe une maison close, avec l'aide de Mrs Miller. Peu à peu la prospérité arrive. Mais les représentants d'un trust lui propose de racheter son affaire. Voulant faire monter son prix, il repousse une offre convenable. Le trust lui envoie alors trois tueurs afin de l'éliminer. L'histoire est le prétexte pour nous brosser un portrait d'une ville, du développement économique dans une société dotée certes de règles mais dont celle qui s'applique est celle du plus fort. Tous les personnages sont des gens qui sous certains aspects sont attachants mais qui sont en fait attachés à leur seul intérêt. Il n'y a pas d'amour ici, juste des relations sexuelles tarifées. L'individu est seul et le monde ne connaît pas de rédemption. Le seul couple uni est celui d'un couple de noirs ( la fin de l'esclavage et de la guerre de sécession n'est pas très ancienne). Leur présence peu fréquente dans le film, mais leur présence tout de même, semble nous dire que l'amour existe et il symbolise finalement une note d'espoir. Le film date de 1970 et dans les états du sud des usa, les discriminations étaient bien réelles. Magnifiquement photographié par V Zigsmond ( un des grands directeur de la photo des années 70/80), le film souffre parfois d'un manque de rythme dommageable au ressenti que l'on éprouve en voyant le film. Selon moi les deux meilleures réussites d'Altman sont " le privé " et "short cuts", mais "john Mac Cabe" est un des films importants du réalisateur. Les deux acteurs principaux sont très bons, même si Warren Beaty a la part du lion. Julie Christie , actrice anglaise, dont on ne s'imagine pas aujourd'hui l'importance qu'elle avait dans les années 70, a beaucoup de charme, malgré son très petit format. Dès les années 80 sa carrière s'éteignit. Elle est ici dans les sommets de sa beauté, même si son rôle est malheureusement trop accessoire. Altman ne retournera pas avec Julie Christie, mais prendra plusieurs fois une actrice beaucoup moins connue, qui lui ressemble énormément : la somptueuse et très très sexy Nina Van Pallandt.