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Un visiteur
4,0
Publiée le 16 janvier 2015
S'il y a un adjectif que l'on peut directement associer à Stanley Kubrick, c'est bien méticuleux, voir même maniaque. Dans Barry Lyndon, Kubrick fait ressortir toute cette magnaquerie en reconstituant à la perfection l'Europe du XVIII e siècle, et en nous y faisant voyager par l'intermédiaire de Barry, le personnage principal, qui va de ville en ville, de pays en pays. Kubrick met un point d'honneur sur les costumes, qui sont magnifiquement recrées, les paysages naturels filmés de main de maître, et bien sûr le jeu d'éclairage sublime ( les scènes intérieurs sont filmées à la bougie, et le film n'en est que plus réaliste ). Ryan O'Neal se débrouille plutôt bien, et les autres acteurs, bien que secondaires, aussi. Le tout est accompagné d'une BO style XVIII e siècle, qui s'intègre très bien aux scènes du film, bien qu'elle soit un peut répétitive. Les scènes de batailles et de duels sont particulièrement bien réalisées, mais le plus impressionnant dans ce film, c'est de voir le personnage de Barry, innocent et amoureux, se transformer en un vrai escroc opportuniste, infidèle et plutôt antipathique. Le film est long mais n'est pas trop ennuyeux. Je conclus donc en disant que Barry Lyndon est un très grand film, une fresque et historique majeure, à voir au moins une fois dans sa vie.
Sachant que le film se divise en deux partie, il faut reconnaître que la première est plus intéressante et nous fait promener dans un délicieux air de conte et de d'aventure, surtout avec la voix languissante du narrateur au texte respirant à la fois humour et mélancolie. Mais dès qu'on passe à la seconde, on se retrouve souvent embarqué dans des scènes ennuyeuses qui traînent parfois inutilement, et l'on se sent tout de suite prisonnier de ce climat des romans de cette époque qui à la longue deviennent indigestes. N'empêche que l'esthétique du XVIII siècle est bien restituée par le réalisateur, et les grands compositeurs de l'époque invités en musique, n'y ajoutent que du charme et du plaisir.
Globalement, le film se regarde avec délice et gourmandise suivant pas à pas, l'histoire d'un jeune irlandais du XVIIIe siècle qui grimpe au fur et à mesure des rencontres et des péripéties l'échelle sociale afin d'atteindre les sommets de la hiérarchie nobiliaire. Je suis toujours aussi surpris par Kubrick qui me passionne de bout en bout, de genre en genre, d'époque en époque. Ici, il préfère laisser de côté les effets de style, la poésie de l'imagerie et les symétries pour se concentrer sur une image brute qui colle au plus près de la réalité afin d'installer un registre beaucoup plus documentaire; c'est réussis même si cela peut perturber à certains moments notamment car on sait qu'il y a derrière Stanley Kubrick. Choix judicieux de raconter l'histoire comme dans un livre permettant de faire resplendir la beauté naturelle de l'Irlande et des lumières; on observe aussi une pléiade de personnages utilisés de manière judicieuses et qui permet aux spectateurs d'avoir un intérêt pour chaque protagonistes. Néanmoins, le film souffre de quelques longueurs (normal pour une durée de près de 3h00) et d'un scénario qui tisse une toile sans véritable objectif (une fin abrupte). Les péripéties sont maîtrisées, variées permettant ainsi de cacher la légèreté du scénario. Sympathique.
Cette fresque signée Stanley Kubrick porte indiscutablement la patte de son créateur, à commencer par une mise en scène de niveau exceptionnel. Chaque instant est véritablement magnifié par un sens du détail hors du commun et une photographie sublime, ce qui permet à Barry Lyndon, daté de plus de 40 ans, de tenir la dragée haute à la quasi-totalité des films contemporains sur le plan esthétique. Une oeuvre d'art à part entière sur le plan formel, en somme, qui est de surcroît appuyé par une bande sonore de haute-volée. L'histoire en elle-même est également passionnante et contient son lot d'émotions, autour d'un personnage contrasté dont les actions suscitent des sentiments parfois contradictoires mais jamais d'indifférence. Il nous permet en tout cas d'effectuer un grand périple dans l'Europe du Moyen-Age en sa compagnie. La seule critique que je peux apporter est très subjective et concerne la longueur du film (3h), qui est compréhensible étant donné la densité des thèmes abordés, mais qui se fait sentir en raison du rythme assez lent de l'ensemble.
Un de mes films préféré! Barry Lyndon c'est bien plus qu'un film, c'est l'histoire d'une vie et d'une époque. La musique et les images sublimes sont là pour nous transporter tout le long du film.
Beaucoup de spectateurs considèrent Barry Lindon comme LE film de Stanley Kubrick. Et c'est en espérant visionner le Graal de l'Histoire cinématographique que je me lançai dans ce film. Ce fut... une déception. Esthétiquement, Barry Lindon est un film merveilleux avec ses beaux paysage d'Irlande, ses tenues soignées d'époque et ses batailles dont la formation n'a ni queue ni tête ce qui entraîne un bon nombre de morts. La bande son, et, elle aussi, un joyau auditif. Kubrick a, il me semble, repris de sublimes morceaux de Franz Shubert qui peuvent exprimer et être en harmonie avec une palette de sentiments, la timidité, l'amour, en passant par le désespoir et la témérité. Sur le plan de la réalisation, rien à redire, comme d'habitude, avec des scènes entièrement éclairées à la bougie (fait très rare au cinéma). Maintes personnes ont sacralisé ce film pour la transformations caractérielle de Barry Lindon mais elle est pour moi légèrement caricaturalle et sans transitions véritablement expliquables. Le scénario est classique et, bon sang, beaucoup trop long! Barry ne possède aucune scènes vraiment à rallonges mais certaines sont futiles et strictement visuelles. Malgré cela, Barry Lindon reste un film étonnant.
Fresque culte, "Barry Lyndon" entraîne le spectateur dans une histoire plaisante et divertissante. La réalisation est excellent afin de mettre en valeur le scénario et inversement. D'autre part, les acteurs sont convaincants. Ainsi, le film est captivant en offrant de nombreuses scènes très réussies même s'il lui manque plus d'aplomb pour vraiment faire l'unanimité.
(...) L’émotion esthétique, générée par la beauté des images et la perfection de la composition, est un sentiment rare qui n’advient que rarement. Beaucoup de films y tendent, un grand nombre fascine. Rares sont ceux qui y parviennent pleinement. Kubrick a l’immense mérite d’en compter plusieurs dans sa filmographie : 2001, Shining pour certaines séquences, et bien évidemment Barry Lyndon (...) L’éclairage naturel, l’une des grandes anecdotes de l’histoire du cinéma, le jeu des couleurs, les portraits blafards d’un XVIIIe libertin et aristocratique sur le déclin, suffiraient à faire de Barry Lyndon un chef d’œuvre (...) Barry Lyndon n’emprunte pas seulement à la peinture : il va puiser dans deux autres ancêtres majeurs du cinéma : la littérature et la musique (...) Cette vérité cachée sur les origines rustres de Barry constitue le deuxième thème majeur : celui du mensonge et de l’escroquerie. Si l’on se réfère à l’acte de bravoure originel du protagoniste, le duel initial en porte déjà la marque. Faussé, mis en scène pour le faire fuir, et qui plus est pour l’honneur d’une femme à la moralité amoureuse plus que douteuse. Toute la suite fonctionnera sur ce clivage : déserteur, enrôlé de force, faux émissaire, espion forcé devenu agent double, c’est par l’identité des autres que Barry forge celle qu’il veut atteindre (...) Savamment disséminé, le grotesque ne cesse de venir dynamiter la grandeur : c’est le stupre sous l’amour, les jeux d’argent truqués ou la tension d’un duel accidenté par des coups qui partent tout seul, ou finissent dans la jambe. La fresque historique sera donc représentée par un homme qui aura tout eu, mais n’aura jamais rien été, sinon un nom griffonné sur un billet de rente, papier comptable dans l’océan de ceux que Lady Lyndon signe quotidiennement (...) Car la véritable puissance du film résulte bien de cette alchimie complexe entre ses enjeux narratifs et son esthétique imparable : de la dilatation temporelle, musicale et iconique sourd une mélancolie monumentale (...) Musée historique, galerie qui hantera à jamais l’imaginaire du spectateur, Barry Lyndon tient les promesses d’une expression qu’on croyait hypertrophiée : beau à pleurer.
Barry Lyndon, ou l'incarnation du génie, du perfectionnisme, de l'autodidactisme et du sens artistique ultra-développé de Stanley Kubrick.
Visuellement, il s'agit peut-être de la plus belle photographie jamais réalisée. Les plans semblent tout droit sortis de tableaux d'époque de Watteau, de Gainsborough ou d'Hogarth, que ce soit les prises en extérieur filmées en plan large, lumineuses, mettant en valeur la verdoyante campagne irlandaise (décors naturels exclusivement), ou les scènes d'intérieur, filmées avec une caméra de la Nasa et entièrement éclairées à la bougie. Attention, Barry Lyndon ne se limite pas à un tableau animé, le maître Stanley montre qu'il a d'autres cordes à son arc, comme la caméra à l'épaule ; c'est d'ailleurs lui-même qui se charge de filmer le règlement de compte à poings nus entre Barry et le soldat Toole, une brute épaisse grande gueule.
Concernant la musique, essentielle pour achever l'immersion du spectateur dans ce XVIIIe siècle finissant, Kubrick, grand mélomane, choisit des musiques des plus grands compositeurs classiques (Mozart, Bach, Schubert, Vivaldi, sans oublier la Sarabande d'Haendel), quitte à créer des anachronismes volontaires. La musique est en effet souvent postérieure au cadre temporel de l'action, mais on s'en balance tant la restitution esthétique de l'époque est merveilleuse.
Le film dure près de trois heures, et les grandes lignes de l'intrigue sont connues à l'avance, puisque la voix-off du narrateur et les intertitres qui ouvrent chacune des deux parties de l'oeuvre annoncent clairement la suite des événements. On voit bien qu'on a affaire au regard fataliste, pessimiste et cynique de Kubrick. Mais on est émerveillé tout au long, happé par l'atmosphère géniale de l'oeuvre et la trajectoire tumultueuse de Barry à travers l'Europe de la guerre de Sept Ans. Le casting est parfait, Ryan O'Neal que j'avais trouvé assez quelconque au premier visionnage produit en fait une énorme performance, complètement dans le ton du film. Marisa Berenson et sa beauté éteinte ne laissent pas non plus indifférent.
Un chef d'oeuvre intemporel qui a marqué durablement cinéastes et amateurs de cinéma. Et qui donne envie d'aller vadrouiller en Irlande aussi. Et d'écouter du classique. La seule petite frustration vient du fait que Barry Lyndon était le plan B de Kubrick, qui aurait voulu filmer une fresque historique sur la vie de Napoléon, personnage qui l'a toujours fasciné. Un projet apparemment ressuscité récemment par Spielberg qui a récupéré les travaux préparatoires de son aîné et ami. Après tout, pourquoi pas ?
Malgré la prétention et le nombrilisme du film (attention, les gars je tourne un chef d'oeuvre) on est bien obligé de s'incliner devant le résultat ! Chapeau bas, donc ! Même la lenteur kubrikienne d'ordinaire exaspérante vient servir le film notamment dans cet inoubliable scène de duel. Grandiose et esthétiquement parfait.
Costumes, acteurs, décors, lumière (objectif spécialement développé par Hazle Blad pour la NASA) bande son: tout est splendide dans ce film. Au départ Kubrick souhaitait faire un film sur Napoléon, il a finalement fait Barry Lyndon pour notre plus grand plaisir.
Je n'ai vu ce film que cette année, dans le petit cinéma le studio à Selles sur Cher. Certainement à cause de la durée qui m'avait rebuté avant !!! Peur de m'ennuyer .... OUAOUWWW La claque. Mes meilleures émotions cinématographiques de l 'année... Bien sur les reconstitutions historiques sont époustouflantes, mais les aventures de Barry sont racontées avec un tel lyrisme, et sa capacité d'adaptation pour arriver à ses fins qui en font un personnage que l'on a envie d'aimer et de détester en même temps, à différentes époques du film.
En bref, si comme moi vous ne l'avez pas encore vu, il mérite sans aucun doute que vous y alliez pour vous faire votre opinion. Et d'après moi vous ne serez pas déçus...
La reconstitution est incroyable. La musique n'a d'égale que sa puissance, parfois exceptionnelle, souvent dérangeante. Les longueurs ne sont pas toujours justifiées, mais permettra de ne jamais oublier cette réalisation. Kubrick a une touche personnelle, qui se traduit par des thèmes exploités jamais similaires. Barry lyndon est A voir, indéniablement.
Un Chef-d'œuvre à l'état pure. Une beauté esthétique à couper le souffle, l'environnement du XVIIIème siècle représenté à la perfection. Un film pictural, une contemplation de plus de 3heures. Kubrick dirige l'histoire d'une ascension sociale aussi frissonnante que palpitante. Tout cela accompagnée par Haendel, Mozart, Schubert.. Une fresque submergeante de splendeurs visuelles et pourtant, d'une modestie indubitable.