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dai72
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3,0
Publiée le 19 janvier 2011
Un drame assez beau. Une vision moderne et réaliste de la vie japonaise, à différents niveaux : professionnel, social, etc, culturel. Les destins et souhaits des personnages nous touchent car nous avons tous les mêmes à des degrés moindres. Toutefois, ça manque par moments de rythme, d'engagement ou encore de dynamisme !!
Les patrons japonais ont une technique assez efficace pour licencier leurs cadres : après les avoir félicités pour le travail accompli depuis des années, puis leur avoir annoncé le transfert du service en Chine où trois employés reviennent au coût d'un travailleur japonais, ils les somment de répondre à la question suivante : qu'est ce que vous pouvez apporter à l'entreprise ? Faute d'avoir trouvé une réponse convaincante assez rapidement, Hiroyuki Sasaki se retrouve viré du jour au lendemain.
Au Japon plus encore qu'ailleurs, l'autorité du chef de famille dépend de sa position sociale, et M. Sasaki n'ose pas avouer à sa femme ce qui vient de lui arriver, dissimulant son licenciement en continuant à jouer son rôle de cadre modèle. On découvre bien vite qu'il n'est pas le seul, et il croise de nombreux autres chomeurs en costard-cravate dans les queues de l'ANPE locale et de la soupe populaire. Ce point de départ n'est pas forcément très original, c'est par exemple celui d'"Une Epoque formidable", ou dans une moindre mesure, de "L'Adversaire".
Sauf qu'ici, nous sommes au Japon, et la crise que traverse la famille Sasaki fait écho aux plaies de la civilisation nipponne : en voulant s'engager dans l'armée américaine au risque de partir en Irak, l'aîné souligne le statut de nation vaincue de la seconde guerre mondiale ; Kenji, le cadet, paie au prix fort d'avoir fait perdre la face à son instituteur, et le père proclame "La lâcheté, c'est ce que je déteste le plus au monde", alors qu'il cache à sa famille qu'il est devenu balayeur dans un centre commercial. L'apparence a visiblement plus d'importance que la vérité, et à ce jeu c'est son ancien camarade de classe qui a développé les techniques les plus pointues, comme faire sonner son portable cinq fois par heure, ou inviter à dîner son camarade de galère en le faisant passer pour un copain de bureau - ce qui ne lui évitera pas le pire.
La mère semble demeurer le dernier pilier stable de cette famille en décomposition, et il faudra l'intervention d'un cambrioleur (joué par Koji Yakusho, l'acteur fétiche de Kurosawa) pour la faire basculer à son tour, en une nuit que le père, la mère et le cadet vivront loin de la maison, chacun confronté à une forme du danger.
Beau sujet, servi en plus par un indéniable savoir-faire (sens du cadrage, économie intelligente de mouvements, photographie contrastée). Pourtant, on ne trouve jamais l'entrée dans le récit ; dans la première partie, le lent glissement des membres de la famille passe par la répétition des scènes qui finissent par générer l'ennui. Puis le dérèglement de la vie familiale prend une dimension vaguement fantastique, avant de déboucher sur une accélération frénétique, avec un montage tarantinesque (flash-back au milieu de l'action, scène montrée de deux points de vue successifs), et des effets de faux raccords qui ne fonctionnent pas (entrée de chaque personnage au milieu d'un mouvement, en général une chute, sans doute pour souligner la trajectoire des membres de la famille Sasaki).
"Tokyo Sonata" offre de très beaux passages, comme celui où M. Sasaki se défoule de son humiliation en se transformant en szamouraï dérisoire avec une barre ramassée dans la rue, ou celui de son épouse assise dans l'eau noire de la mer. Mais faute d'une véritable ligne narrative, le récit se disperse et notre attention avec. http://www.critiquesclunysiennes.com
Un film à l'atmosphère étrange, qui flirte avec le surnaturel tant le scénario s’en va loin parfois ! Amusant et émouvant, magnifiquement interprété et superbement réalisé (la scène du piano à la fin vaut à elle seule le détour)
Bon film, mais dont la seconde partie dérive tellement dans le n'importe quoi qu'elle en réduit fortement l'impact... Quant à la scène finale, elle doit pour beaucoup la fascination et l'émotion qu'elle provoque au "Clair de Lune" de Debussy, ici merveilleusement interprêté. Ceci étant, il est matériellement impossible qu'un enfant de dix ans - si doué soit-il- acquière une telle maîtrise en quelques mois! Mais c'est du cinéma...On peut juste s'interroger sur le projet du cinéaste partant d'une situation parfaitement réaliste pour aboutir dans le rève ?
Kiyoshi Kurosawa reprend des thématiques si chères à Yasujir� Ozu pour mettre en scène Tokyo Sonata, où il s'intéresse aux difficultés connues par une famille dans le Japon actuel touché par la crise.
L'ouverture sous la pluie et au son d'une mélodie jouée au piano donne déjà le ton, Kurosawa nous plonge dans le quotidien d'une famille qui va devoir affronter de très dures épreuves, à commencer par le licenciement du père de famille. Un père qui cherchera d'abord à le cacher, essayant de sauver l'image classique de la famille qui repose notamment sur son chef, le paternel, pour subvenir à ses besoins, ce qui rappelle Gosses de Tokyo. C'est d'abord à lui que s'intéresse Kurosawa dans une remarquable première partie, ses errements dans un Tokyo touché par la crise, moralement et économiquement sont finalement aussi violents que touchants, et il met admirablement bien en scène un homme qui voit son univers s'effondrer.
Cet effondrement s'accompagne d'une lecture froide et réaliste de problèmes touchants le Japon, et pas que, à l'image du chômage ou de la vision d'une famille qui perd ses liens et son socle, et le traitement induit forcément à une réflexion sur une conception de la vie. Ce qui donne lieu à quelques séquences fortes, mais aussi pathétiques où on ne peut être que touché par la détresse vécue par cet homme, à l'image de la séquence du karaoké. Kurosawa se montre néanmoins moins impérial lorsqu'il s'agit d'aborder les autres membres de la famille, tout comme on peut regretter qu'il peine un peu à conclure son oeuvre, à l'exception du touchant retour à la réalité de l'ultime séquence, à trouver la finition autour de ces désillusions familiales et générationnelles.
Il trouve régulièrement le bon équilibre entre ses thématiques et l'évolution de l'histoire et des personnages, bénéficiant d'un scénario intelligemment écrit, mettant bien en avant la perte de sens de certaines valeurs ainsi que l'absence de dialogue, et compréhension, au sein de cette famille. Il démontre aussi une certaine habilité pour bien mettre en avant ce qu'il aborde, avec une caméra sachant capter la détresse des personnages sans forcément avoir besoin des mots. Le cadre de la crise japonaise est intéressant et bien exploité, faisant échos aux fragilités personnelles des protagonistes, alors que les comédiens sont dans l'ensemble très bons, notamment Koji Yakusho dans le rôle du père et Kyôko Koizumi dans celui de la mère.
Kiyoshi Kurosawa propose avec Tokyo Sonata une oeuvre forte sur le déclin des valeurs de la famille, superposée à celui d'une société et d'un système qui n'hésite pas à broyer les âmes qui le font tourner.
Bon début, le Japon de la crise et de la mondialisation très dur pour les salariés, l'explosion des codes traditionnels de la famille qui conduit au désastre (suicide du collègue, engagement dans l'armée américaine pour le fils aîné, absence de respect à l'égard du professeur), mais aussi quelques sursauts rassurants (magie de la musique, honnêteté du père, et surtout une mère héroïque). Mais le film prend un virage bizarre au bout d'une demie heure et on perd vite envie de suivre le fil de cette histoire pleine d'incohérences et de scènes oniriques. Dommage. Excellents acteurs y-compris les enfants!
Points négatifs: une issue trop lisse, trop rassurante et assez peu crédible, un cadre plutôt rude (la baraque au bord de la voie rapide, la rue, la grisaille), l'idée un peu trop déjà-vue du petit génie ignoré et une démonstration presque trop appuyée de la dérive qui assaille cette petite famille, qui vire dans une sorte de n'importe quoi. Heureux côtés: sobriété (surtout au début), sensibilité, attachement aux personnages, jeu d'acteur-trice (Teruyuki Kagawa, Haruka Igawa), humour moqueur (jubilatoire), amplitude des silences, patriarcat ridiculisé, crise socio-économique, relative crédibilité flirtant avec l'expérience hallucinée, surréaliste (on aime ou pas). Deux-trois moments de grâce. Une belle tranche, poétique et lucide, de Japon.
Une peinture de moeurs tragique et délicate dans un Japon en souffrance. Tokyo Sonata séduit par son élégance et sa capacité à procurer l'émotion par le dénuement. Son visionnage vous changera tant et si bien qu'une scène de piano de près de 10min à la mise en scène minimaliste vous enchantera. Définitivement contemplatif la mise en scène frole parfois l'ennuyeux et j'ai un vrai regrêt sur la gestion du rythme au 3/4 du film lorsqu'on peine à enchainer avec le dénouement. Difficile aussi pour notre esprit occidental de comprendre certaines réactions des personnages. Une scène : somebody lift me up.
Chef d'oeuvre ! On pourrait lancer une thématique sur la famille, prenons le film "la famille brésilienne" associons le à "Tokyo sonata" nous avons le début de quelque chose de très intéressant. Quel serait le dernier film français sur la famille qui pourrait rentrer dans cete thématique avec cette qualité ? Je ne sais pas...Si quelqu'un lit ces lignes qu'il m'écrive pour me répondre ^^ On retrouve cet impondérable du ciné japonais qui est un discours minimaliste parce que tout est pudeur, tout se dit par les yeux. Le silence semble être un des fondamentaux de ce cinéma. Seuls les personnages en colère usent d'une parole déjà corrompue avant de sortir. L'autorité paternelle légendaire du Japon mis à mal par les faits d'économie qui rattrape le pays. Les codes moraux brisés, un temps .(l'enveloppe, geste e transgression ultime pour un japonais). Un génie qui se déclare dans sous l'aveuglement général, tout explose pour se reconstruire en assurant une seule chose pour finir, plus rien ne durera.
Grâce à une mise en scène au scalpel, d’une efficacité remarquable, Kiyoshi Kurosawa plonge d’emblée le spectateur dans un Japon bien loin des images d’Epinal. Les rapports sociaux sont impitoyables, et rejettent bien des citoyens dans la précarité, voire le désespoir, dans un environnement fait de câbles électriques pendants et d’amas de détritus. Les conséquences psychiques sur les « perdants » du grand jeu économique dissimulant à leurs familles leur fréquentation de la soupe populaire sont terribles. Et la famille se trouve désagrégée, comme le souligne le réalisateur avec des plans dans lesquels les éléments du décor découpent les situations et séparent les personnages. C’est à mon avis dommage que Kurosawa ait rajouté, à ce grand tableau empathique et lucide, les évènements plus « extraordinaires » de la dernière demi-heure, qui semblent répondre à une volonté de spectacle. Ils nuisent grandement à sa qualité globale, n’atteignant pas le supposé objectif symbolique vers lequel ils pourraient tendre.
Un film au minimalisme assourdissant. Nul besoin de dialogues, de mouvements de caméra ou de musique envahissants pour décrire avec une rare efficacité la brutalité de la société Japonaise, sa désagrégation, puis son possible sauvetage par l'irruption de la sensibilité. Des longueurs superflues aux deux tiers du film, mais un final magnifique.
Un film très cinématographique, à la fois culturel (sur la culture japonaise), actuel (sur la crise), familial et musical. Très intéressant et émotionnel.
Film très ennuyeux. Il est composé de deux parties: si la première est à peu près crédible, la seconde ne rime absolument à rien, tout dérape d'un seul coup. Sans intêret.