Drive, un film culte, peut-être mon favoris, certainement l’un de ceux que j’ai le plus regardé (avec toujours le même coup de coeur). Le casting est parfait, la BO est magique (Cliff Martinez, Desire, Chromatics & cie), les plans et les couleurs me conduisent à dire que tout est esthétique dans ce chef d’oeuvre de Nicolas Winding Refn. Cet empire de la beauté fait que le scénario passe presque (ou carrément) au second plan, par rapport à cette atmosphère électrique. Les dialogues se font rares, courts, le superflu n’a pas sa place. Tout est dans le charisme des acteurs et l’intensité des jeux de regards.
La scène d’ouverture est captivante et le générique qui suit est un véritable plaisir auditif (la fameuse « Nightcall » de Kavinsky) et visuel (ce contraste kitch façon « néons » des images bleuies et de la typographie rose.).
Si toutes les scènes sont maitrisées à la perfection, chacun a sa petite favorite. La mienne est la célèbre séquence de l’ascenseur car à mes yeux, elle résume presque les 110minutes de Drive :
Le contraste entre le ralenti romantique, doux, la passion qui exalte ce long baiser…et la violence qui succède. Le côté sombre, la véritable nature du « driver » se dévoile à Irène. Le plan sur le scorpion qui semble prendre vie sur la veste est comme une signature.
La scène est à l’image du personnage interprété par Ryan Gosling : taciturne, calme, puis violent.
Ce comportement versatile s’amorce déjà dans la célèbre scène du café. Ce versant de sa personnalité monte encore un cran au-dessus dans la scène du motel avec Blanche.
Par ailleurs le « gore », le « sanglant » n’est là que pour témoigner, Drive n’est pas un film d’action.
A la violence incarnée par Ryan Gosling, s’oppose la douceur incarnée par Carey Mulligan (par ailleurs semblable à son personnage dans Gatsby Le Magnifique).
Le petit plus à mes yeux, aviez-vous remarqué la thématique de la chance ? Essentiellement liée à Bernie Rose, elle se distille discrètement dans le film.
Evoquée d’abord par le « fortune cookie » commandé dans le restaurant, la symbolique revient comme un écho dans la scène finale de Bryan Cranston : Bernie lui dit « This is just a question of bad luck » et la séquence s’achève avec un plan sur Shanon, mort. Sur son cou, un symbole de la chance est encré : un fer à cheval.