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soulman
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4,0
Publiée le 30 novembre 2025
Drame social où le cinéaste met en lumière les agissements criminels d’un riche propriétaire afin de conserver sa domination sur les villageois voisins, producteurs d’une canne à sucre de meilleure qualité. Les dons de conteur de Chahine se manifestent dès les premières séquences (le mariage), créant une tension qui va crescendo à mesure que sont dévoilés les plans machiavéliques du pacha. En parallèle, l’amour d’Ahmed (Omar el Charif tout jeune) pour sa camarade d’enfance, de retour après de longues années d’absence, est décrit avec subtilité, passant de l’état d’espoir à celui d’impossible. Situé dans la vallée du Nil, le récit se termine dans les ruines de Louxor, grandiose environnement pour un dénouement tragique.
Le film (en noir & blanc et restauré) a mal vieilli, malgré un début prometteur, à savoir le retour d’Ahmed (1er film d’Omar Sharif à 22 ans), ingénieur agronome, dans son village, qui fait profiter de ses connaissances aux cultivateurs pour améliorer la qualité de la canne à sucre et donc son prix de vente. Malheureusement, l’histoire oblique vers le roman de gare, mâtiné d’éléments cornéliens avec 2 « méchants » très caricaturaux, le Pacha (qui possède aussi des cultures de canne à sucre) et son neveu, Riad, prêt à tout pour satisfaire son oncle et obtenir la main de sa fille Amal (Faten Hamama, 23 ans, et qui s’éprit, sur le tournage, d’Omar Sharif qu’elle épousa en 1995) dont est amoureux Ahmed, un jeu d’acteurs un peu théâtral et une voix off emphatique. A voir comme un « premier » film, avec ses nombreux défauts : mauvais raccords concernant les scènes nocturnes qui alternent, dans la même séquence, avec des scènes de jour, le peu de crédibilité (spoiler: Amal court se réfugier dans un temple en chaussures à talon, Ahmed blessé à la carabine mais toujours fringant, inondation illustrée par un torrent d’eau, etc .) ainsi que le côté promotionnel de l’Egypte, façon office de tourisme, avec inclusion d’un mariage et de scènes tournées dans le temple de Karnak (au nord de Thèbes = Louxor).
J’ai découvert ce film sur OCS sous un autre titre : "Ciel d’enfer". Ce choix de traduction le rend d'ailleurs assez difficile à trouver ; il faut plutôt faire une recherche via la filmographie d’Omar Sharif. Côté réalisation, l'œuvre a des défauts évidents : la mise en scène a vieilli, le montage est parfois daté (avec des scènes visiblement passées en accéléré) et on frôle parfois le ratage technique. Quant au scénario, il s'avère un peu caricatural. Pourtant, la magie opère. L'histoire enchaîne les rebondissements avec une belle efficacité. Si l'on passe outre ses faiblesses techniques dues à l'époque, le film se suit avec grand plaisir grâce à un rythme soutenu et des acteurs convaincants. Pour son tout premier rôle, Omar Sharif crève déjà l’écran. Au final, il y a pas mal de points positifs !