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    Le Sel De La Mer
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Sel De La Mer" et de son tournage !

    Présenté à Un Certain Regard

    Le Sel de la mer a été présenté dans la sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2008.

    Note d'intention

    "Dans le film, explique Annemarie Jacir, il y a la Cisjordanie - on ne voit pas Gaza bien entendu – et on voit Israël. Et c'est tout à fait différent. Il s'agit d'un petit pays, d'un petit endroit, vous pouvez vraiment, de Ramallah voir la mer, voir Tel-Aviv. Mais Emad n'a jamais pu aller à la mer... Il n'a pas le droit de quitter Ramallah. Je connais des gens de Ramallah qui jamais de leur vie n'ont eu l'autorisation d'aller à Jérusalem, qui se trouve pourtant à un quart d'heure en voiture. Deux Palestine, deux espaces différents. Ma famille est de Cisjordanie, toute mon expérience venait de là-bas et c'est seulement, je dirais lors de ces dix dernières années, que j'ai commencé à découvrir le reste de la Palestine historique, ce qui est aujourd'hui Israël. Tout à coup, tout s'ouvre, la pression disparaît. A la minute où vous quittez Ramallah, le monde entier s'ouvre. C'est ce sentiment que j'ai essayé de saisir."

    Pourquoi ce titre ?

    Annemarie Jacir a d'abord choisi le titre en arabe, puis l'a traduit par Le Sel de la mer. "Le film parle tant de la mer, confie-t-elle, de la relation que les personnages ont avec elle, de ce que la mer signifie pour les Palestiniens. Nous sommes une société méditerranéenne alors nous vivons avec la mer, mais désormais la mer est quelque chose que nous ne pouvons plus atteindre. Certains Palestiniens n'ont jamais vu la mer. Pour les réfugiés exilés en 1948, la mer a été la dernière chose qu'ils ont vu de la Palestine. Il y a un livre de mémoires écrit par Shafi q al-Hout, un Palestinien exilé de Jaffa, où il parle de ce moment de 1948. Ils étaient dans les bateaux et lui il regardait Jaffa, et le bateau s'éloignait... C'est le premier plan de mon film."

    Le choix des acteurs

    Annemarie Jacir connaissait Suheir Hammad depuis longtemps, elles lisaient de la poésie ensemble. "Suheir est poète, raconte la réalisatrice. Son histoire est très similaire à celle de Soraya : une famille exilée de 48, une naissance dans un camp de réfugiés, une vie dans la classe ouvrière immigrée de Brooklyn et une identité toujours si profondément ancrée en elle, conjointement à d'autres identités... Alors je lui ai fait part de mon idée et elle a répondu : "Pas question, je ne suis pas actrice, je ne sais pas faire ça, je ne pourrais pas jouer ce que je ne suis pas". Je l'ai convaincue de lire le scénario. Elle l'a lu et a dit : "Absolument, c'est moi, je peux le faire, je n'aurais pas à faire semblant !" Voilà comment Suheir a été engagée et elle a été étonnante sur le plateau."
    Pour ce qui est de Saleh Bakri, Annemarie Jacir ne souhaitait pas l'engager au départ, parce qu'il est le fils de Mohammad Bakri, une grande star du cinéma israélien et palestinien, et qu'elle n'aimait travailler qu'avec des acteurs non professionnels et des gens aux vies très proches des histoires racontées... L'ayant auditionné, elle a immédiatement perçu en lui une vraie profondeur. "Il a une sorte de tristesse et de colère rentrée, confie la cinéaste. J'ai tout de suite senti que Saleh était la personne idéale pour le rôle."

    Des conditions de tournage difficiles

    Du propre aveu d'Annemarie Jacir, les conditions de tournage en Palestine ont été particulièrement difficiles. "Pour toutes les raisons inhérentes à la production cinématographique dans le monde plus toutes les "autres raisons" de logistique, explique-t-elle. Le film est un road movie qui se passe en Cisjordanie mais aussi dans la Palestine historique (Israël), or il est difficile de se déplacer. L'équipe était composée d'Européens et de Palestiniens. L'acteur principal palestinien, Saleh Bakri, n'avait pas le droit d'aller à Ramallah, car il est citoyen israëlien mais l'équipe cisjordanienne n'avait pas le droit de quitter Ramallah. Saleh Bakri a dû ainsi se faufiler pour arriver à Ramallah et quand l'armée israélienne faisait une descente sur le plateau, il devait se cacher. Saleh était donc en situation irrégulière... Il l'était pendant la première partie du film qui se passe en Cisjordanie. Pendant la seconde partie, qui se passe dans la Palestine historique, il était en situation régulière, mais notre équipe cisjordanienne, elle, n'a pas été autorisée à nous suivre..."

    Tournage à Suba

    Le village d'Emad dans le film, Dawayma, n'existe plus dans la réalité. Celui qu'Annemarie Jacir a filmé s'appelle Suba, il était seulement partiellement démoli au moment du tournage. "Il y a plus de 500 villages qui ont été complètement rasés en 1948-1950, explique la réalisatrice. Petit à petit, lors des repérages, je découvrais les restes de nombreux villages. Je crois que j'en ai retrouvé une cinquantaine et nous avons décidé de filmer à Suba."

    Un policer surréaliste

    Annemarie Jacir explique la présence surréaliste du policier que l'on voit lorsque Soraya arrive à Ramallah : "On pourrait penser que ce policier est un acteur. Mais non. Il est réellement policier à Ramallah et il ne fait pas un numéro spécial pour le film. C'est comme cela qu'il se comporte, chaque jour au beau milieu de la circulation. Et c'est surréaliste, en effet, dans un environnement aussi chaotique, il est en quelque sorte pour moi le symbole d'un système, d'une institution qui tente d'ordonner le chaos, ou d'en faire quelque chose."

    La réalisatrice Annemarie Jacir

    Réalisatrice palestinienne, Annemarie Jacir travaille dans la production indépendante depuis 1994. Elle a écrit, réalisé et produit plusieurs courts métrages dont A Post Oslo History (1998), The Satellite Shooters (2001) et Like Twenty Impossibles (2003). Elle travaille aussi en tant que chef-monteuse, cadreuse et enseigne le cinéma. Le Sel de la mer est son premier long métrage. La cinéaste vit à Ramallah et écrit actuellement son prochain film When I Saw You.
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