Je découvre enfin ce huis clos policier culte, réalisé par Claude Miller et sorti en 1981, que je trouve très bon ! Et pourtant, je dois dire que je ne partais pas vraiment confiant. Non en effet, même si j'apprécie beaucoup les thrillers, je dois bien avouer qu'un huis clos des années 80 dans un commissariat glauque, gris et froid ne me tentais pas des masses ! Et pourtant, on est tout de suite plongé dans cette histoire et je dirai qu'on en est même très vite fasciné ! En effet, nous sommes face à un flic qui tente de faire avouer deux viols suivis de meurtres (ou inversement) sur deux petites filles à un notaire à la vie plutôt morne. Plutôt morne notamment à cause de son mariage qui semble battre de l'aile depuis la nuit de noce même. Un homme qui ne cesse de se défendre tout en s'enfonçant dans le mensonge, en racontant des histoires de plus en plus confuses. Mais le flic est également fatigué, l'un des deux craque d'ailleurs à un moment donné. Difficile de démêler le vrai du faux jusqu'à l'arrivée de la femme du notaire mais alors que tout semble paraitre plus clair, tout devient finalement encore plus confus. Oui, c'est un film qui ne tourne essentiellement qu'autour des dialogues et de rares flashbacks mais qui ne viennent qu'illustrer succinctement les propos de tel ou tel personnage. Mais les dialogues sont savoureusement écrits par Michel Audiard qui excelle toujours bien-sûr dans cet exercice. Exercice particulièrement compliqué car nous sommes, je le rappelle, dans un thriller qui, pendant une heure et demi, ne repose que sur le dialogue ! Et pour arriver à capter l'attention du spectateur de cette manière, il faut tout de même le faire ! Après, nous sommes également dans un polar bien franco-français avec les dialogues qui vont avec donc mais également le jeu. Admirablement interprété ici par Michel Serrault, Lino Ventura, Guy Marchand et sans oublier Romy Schneider (et anecdotiquement Elsa dans celui de la petite fille) mais, pour les allergiques au "genre" (si on peut appeler ça un genre), ça va être compliqué ; ce que je peux comprendre d'ailleurs. Bref, tout ça pour dire que si "Garde à vue" reste évidemment un produit de son époque, il n'en est pas moins encore passionnant de nos jours !
Un classique que cet affrontement Ventura Serrault : deux artistes au sommet de leur art dont aucun des deux ne cabotine ou ne tire la couverture à lui. Lutte des classes, couple qui se délite (merveilleuse Romy), deux mondes parallèles qui se rejoignent le temps d'une nuit et dont aucun des protagonistes ne sortira indemne.
Claude miller l un des plus grands réalisateurs français, chacun de ses films est brillamment mis en scène, Garde a vue est l exemple même, la preuve en est qu il a raflé 4 césars. Nous suivons un inspecteur joue par lino venture qui enquête sur les meurtres sordides de 2 jeunes filles, un suspect est mis en garde a vue, un notaire joue par Michel Serrault, il a toute une nuit pour faire avouer au notable sa responsabilité de ses crimes. Brillamment joué par des acteurs légendaires français, on remarque la présence de Guy marchand un excellent second rôle, et la petite apparition, mais au combien important pour le scénario de Romy Schneider. Un très grand film, avec un final haletant.
D'emblée, Claude Miller confronte dans un interrogatoire dont la courtoisie se fissure vite un policier (Ventura) et un probable assassin de fillettes (Serrault). Probable, parce que les les faits, les circonstances des meurtres et l'attitude du notaire Martinaud l'accablent. On saura à la fin ce qu'il en est... Quoique déterminant, ce n'est pas tant le suspense policier qui prime que la joute verbale, successivement ironique, complice ou agressive entre les deux protagonistes principaux, entre les deux monstres sacrés que sont Ventura et Serrault (avec pour témoin le flic insolent que joue Guy Marchand). Sur des dialogues bien ciselés de Michel Audiard, l'opposition entre les deux comédiens, y compris de style, est sans doute, plus que la résolution de l'intrigue, ce que l'on conserve de plus prégnant du film de Claude Miller. D'un côté, le jeu direct, franc et l'ascendant physique de Ventura, de l'autre, la créativité, dépourvue d'exubérance ici - sujet oblige- d'un Serrault grave, comme on l'avait rarement vu à l'époque. Le duo fonctionne parfaitement, et pour un peu on regretterait que Miller n'ait pas opté pour le huis-clos complet. La cinéaste s'offre en effet quelques aérations, dont l'une, où apparait l'épouse mystérieuse et bourgeoise de Martinaud -Romy Schneider, très belle, que Miller filme comme une icône!- ne nous convainc pas vraiment de son utilité.
"Garde à vue" de Claude Miller se déploie comme une exploration cinématographique d'une sophistication notable, suscitant une réflexion approfondie sur diverses facettes de l'expérience humaine. Au cœur de cette œuvre, le huis clos du poste de police devient une métaphore puissante, révélant les intrications psychologiques et sociales des personnages.
L'inspecteur, campé magistralement par Lino Ventura, incarne l'autorité confrontée à des dilemmes moraux complexes. Son face-à-face avec le notaire, joué avec brio par Michel Serrault, transcende la simple confrontation professionnelle pour devenir une joute intellectuelle captivante. Les jeux de pouvoir et de manipulation dévoilent une tension palpable, soulignant la manière dont la contrainte de l'enquête agit comme un catalyseur révélateur des nuances les plus profondes de la nature humaine.
Sur le plan social, le film ne se contente pas d'évoquer les disparités de classe, mais explore également les implications plus vastes de ces distinctions. Le notaire, figure de la haute société, devient un vecteur de critiques sociales, remettant en question l'équité du système judiciaire et soulignant les fractures de la société. Cette dimension sociale confère au film une pertinence qui va au-delà du simple thriller.
Le scénario, tiré de la pièce de John Wainwright, se distingue par son intelligence narrative. Les retournements de situation, loin d'être de simples artifices, interrogent la moralité du spectateur et complexifient la trame de culpabilité et d'innocence. Cette approche narrative subtile amplifie l'impact émotionnel du récit et renforce l'engagement intellectuel du public.
La réalisation de Claude Miller, méticuleuse dans ses choix visuels, contribue à forger une atmosphère singulière. Les cadrages étudiés, les jeux de lumière et la bande sonore soigneusement choisie enrichissent la narration, créant une tension viscérale. Chaque élément visuel et auditif semble délibérément orchestré pour intensifier l'expérience du spectateur.
Ainsi, "Garde à vue" s'élève tel un ballet cinématographique, où les pas complexes de la psychologie humaine et les pirouettes sociales convergent harmonieusement vers une symphonie captivante de l'intrigue policière, laissant une empreinte indélébile dans le panorama du septième art.
A sa sortie, alors peu cinéphile, je n’avais vu au milieu de ce superbe huit clos, ambiancé et pluvieux la mystérieuse Romy Schneider, dont la beauté illumine le clair-obscur et la douleur de sa vie à travers le regard et les mots de son personnage . 20 ans après, cinéphile, je redécouvre un merveilleux huit clos, très réaliste où la tension reste très palpable, spoiler: jusqu'au dénouement final tragique au petit matin.
Garde à vue, est devenu d’anthologie car il offrait enfin le fameux face à face "Lino Ventura / Michel Serrault", tout 2 magistraux le film dresse aussi le portrait d’une certaine bourgeoisie de province, arrogante et viciée,(qui n’a pas changé) rongée de mépris et de la haine d’un couple Enfin le titre « Garde à vue » montre également (et de façon subtile) la fameuse "présomption d’innocence", absolument fondamentale dans le droit français, qui veut qu’une pression morale et physique s’exerce immanquablement sur un suspect et la ligne est « ténue » spoiler: (des années de frustration sexuelle et de haine d’un couple rend t il coupable de viol d’enfant ?)
Le film offre toujours le fameux cocktail « haine, amour et désespérance ». Parfait : quatre César.
Un quasi huis clos avec une atmosphère qui oscille entre Chabrol et Simenon, que cette garde à vue , la nuit d'un réveillon, d'un notaire soupçonné des viols et meurtres de deux fillettes. Il pleut, les inspecteurs et le suspect enchainent cigarette sur cigarette, période de cris, de coups, de calme, d'ironie avec en arrière plan le couple défait du notaire et de son épouse. Des petits faits insignifiants en début de film qui prennent beaucoup d'importance à la fin, des personnages au final humains, très humains et d'excellents acteurs, Ventura, Serrault, Marchand et Schneider, étonnante dans un rôle crépusculaire. Audiard signe des dialogues ciselés, montrant qu'il excelle aussi bien dans le drame que dans la gouaille
Serrault et Ventura forment ici un excellent tandem d'acteurs. Le metteur en scène les fait bien se déplacer ainsi que sa caméra, ce qui donne de l'animation à ce huis-clos qui sinon aurait pu paraître austère. Cela a beau se passer au Nez de Jobourg à la pointe du Cotentin, un coin pittoresque mais sauvage et désert, on ne sort pas du commissariat de police. Les dialogues sont d'Audiard mais on se demande si nos compères n'improvisent pas tellement ils y mettent de naturel. Guy Marchand contribue efficacement avec sa brutalité de flic à chambouler la routine de l'interrogatoire. On comprend progressivement que le notaire Serrault est obsédé par autre chose que ces assassinats de fillettes qui finalement ne le concernent pas. L'arrivée troublante de sa femme Romy Schneider marque le point d'orgue de ce drame. Ai-je eu une distraction, je n'ai pas compris qu'elle se suicidait à la fin, même si j'ai vu le pistolet dans sa main ? Romy est d'autant plus crédible dans ce rôle qu'elle traversait alors une période difficile de sa vie qui allait bientôt s'achever. On est loin des marivaudages à la Sissi. Merci à la télé de nous avoir servi ce film intéressant.
Un duel de géant (Ventura vs Serrault) dialogué par Michel Audiard assisté par un bon second rôle, Guy Marchand. Avec Romy Schneider en guest star, toujours aussi belle dans le dernier rôle de sa vie. Et pour finir, un véritable coup de théâtre ! Que demander de plus ?
Film très ennuyeux et statique. Ce n'est pas du cinéma, c'est du théâtre. Si on n'aime pas le théatre, on s'ennuie. Il n'y a même pas de paysages à voir. Le plus mauvais film avec Lino Ventura avec l'emmerdeur.
un huit clos superbe joué par de superbes comedien Ventura Serrault et Marchand sans oublier la grande Romy. maintenant la question qui se pose à la fin du film maitre Martinaud à til fait quelques chose à Camille ?
"Garde à vue", c'est le genre de film qui vaut pour son duel d'acteurs. Lino Ventura incarne un flic façon force tranquille, à l'apparence calme mais qui parvient à passer sur le grill à petit feu son suspect. Ce dernier, incarné par Michel Serrault, est un riche notaire accusé d'avoir tué et violé deux fillettes. Arrogant, intelligent, faisant preuve de détachement et d'humour, semblant jouer un trouble jeu, il se montrera coriace face à la police. La mise en scène est très sobre, exploitant un lieu quasi unique pour se focaliser sur cette incroyable passe d'armes entre deux vétérans du cinéma français, ici à leur sommet. Et si les dialogues de Michel Audiard sont moins théâtraux que d'habitude, ils n'en demeurent pas moins relevés et fins. De même que le scénario, très habile. Le film démarre d'emblée sur l'interrogatoire, sans présenter l'affaire au spectateur, et se centrant sur des détails qui vont embourber le notaire. Une progression maîtrisée, qui épaissit peu à peu ses personnages. Et livre des rebondissements étonnants dans les dernières minutes. Le film étant court (1h24), on n'a d'ailleurs aucunement le temps de s'ennuyer ! Au passage, on y trouvera quelques techniques pour débusquer le mensonge (utilisées par la police ?). Telles que poser des questions ouvertes, ou forcer un suspect à construire son histoire, pour mieux la démonter.
Chef d'oeuvre Bien fait, bien réalisé bien interprété. Seulement 1h20 mais c'est ce qu'il faut. Un suspens bien fait , à double sens. Un des meilleurs rôles de Serrault. A regarder sans déplaisir