9570 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
335 critiques spectateurs
5
131 critiques
4
151 critiques
3
45 critiques
2
6 critiques
1
1 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 février 2018
Vision après vision, ce film ne perd rien de sa force et du halo de perfection qu'il conjugue à tous les étages.
Des acteurs aux dialogues en passant par une mise en scène dont il faut noter à quel point elle s'efface pour ne jamais qu'on perde une goutte au tableau. Non rien, ce film ne perd rien de sa force avec les années qui passent et porte sans équivoque le statut de chef d'oeuvre.
Un huis-clos tendu mené par de grands acteurs au dialogue parfaitement écrit qui fini en force.... on sort de ce film épuisé et bouleversé. Un film qui vous retourne à ce point ne peut pas être mauvais
Démonstration d'écriture de scénario et de dialogue, et de thriller psychologique. Une performance d'acteurs qui sont autant de monstres sacrés. Comme quoi un film uniquement basé sur un face à face et sur des dialogues peut tenir en haleine. Une véritable leçon de cinéma.
Agréablement surpris par ce huis clos non seulement bien interprété mais également parfaitement mis en scène. On ne voit pas passer les 90 minutes que durent ce film et on se surprend à être captivé par l'intrigue dés les premières minutes. Ça sent bon la fin des années 70, un bon vieux film français comme on en fait plus, avec des dialogues aux petits oignons signés Michel Audiard, une bande originale en contrepoint de George Delerue et un scénario très intelligent.
Un huis clos tendu qui tient en haleine grâce à deux acteurs remarquables (Lino Ventura en flic plus vrai que nature et Michel Serrault interprétant le coupable idéal, un notaire soupçonné de viols et de meurtres de deux petites filles) et au très bon scénario de Michel Audiard. Sur un canevas classique (le jeu du chat et de la souris avec cette interrogation : qui craquera le premier ?), la morale de "l'habit ne fait pas le moine" n'en prend que plus de force. On pourra regretter la faiblesse des seconds rôle (Guy Marchand campant un inspecteur la Bavure raté ou Romy Schneider faisant une apparition mystérieuse comme le fut sa vie) ou un final quelque peu décevant après ce beau face à face qui recèle pas mal de rebondissement.
Génial face à face entre deux monstres sacrés du cinéma hexagonal, d'un côté Lino Ventura en flic intègre et déterminé et de l'autre Michel Serrault en coupable idéal. Ce huit-clos tendu signé Claude Miller nous tient en haleine du début à la fin à la faveur d'interprétations mémorables, d'un script, signé Michel Audiard, excellent et d'un scénario passionnant. Miller met ici en avant l'importance de la présomption d'innocence et redonne un sens à l'adage "l'habit ne fait pas le moine", il offre également un rôle intéressant à Romy Schneider, plus froide et calculatrice que jamais ... "Garde à vue" marque durablement et constitue certainement ce que Claude Miller a fait de mieux. A voir et à revoir.
Un grand et beau film qui n'aura pas coûté une fortune en déplacements à ses producteurs ! L'histoire se déroule en effet essentiellement dans le huis-clos d'un bureau de police, entre un Ventura, flic plus vrai que nature, et un Serrault qui a abandonné le registre comique pour celui plus dramatique d'un notaire soupçonné de viols et crimes sur deux gamines. Une histoire qui rappelle un vrai crime survenu lui en 1972 à Bruay en Artois et où la aussi, il y avait eu la tuerie d'une gamine et l'acharnement d'un juge envers un notaire et son amie. Crime qui ne fut jamais élucidé et prescrit en 2005... Le scénario imaginé par Claude Miller et Jean Herman n'est donc pas entièrement le fruit de leur création, encore qu'ici, c'est un flic qui veut faire cracher la vérité à son suspect la veille du nouvel an, Lequel, plus ou moins protégé par son rang de notabilité locale, semble jouer au chat et à la souris avec l'inspecteur obstiné. Lequel des deux va craquer ? La confrontation Ventura-Serrault aurait pu finir par devenir lassante : il n'en est rien, grâce à des dialogues de Michel Audiard fabuleusement prenants. mais aussi par les interventions d'un second flic genre "Inspecteur La Bavure, superbement incarné par Guy Marchand, transfuge de la chansonnette Son interprétation lui vaudra d'ailleurs un César mérité. L'acteur de second rôle incarnera d'ailleurs en 1972 Nestor Burma dans une longue série d'épisodes du détective privé, avec autant de bonheur et der réussite... Tout dans la vie de Martinaud (le mis en examen) sera disséqué par le fin llimier, même les détails de sa vie la plus intime, avec un ménage bancal et sa femme qui fait chambre à part. Le rôle de Romy Schneider ne sera pas lui, bien long dans ce film... Seul regret, une fin consternante qui n'en est pas vraiment une, à moins que vous ne vous en satisfassiez.... Dommage. willycopresto
Un film qui, à priori, ne fait pas partie de mon genre cinématographique habituel mais qui me plait toujours autant. Un cinéaste français qui, hormis en fin de carrière, m'a souvent intéressé, assez fort dans la monstration des rapports humains, de superbes acteurs aux talents et styles opposés, et un dialoguiste doué qui fait ici une de ses meilleures prestations. Subtile et troublante est l'apparition de la mystérieuse Romy Schneider dont les secrets (d'actrices et de son personnage) resteront à jamais cachés. La scène de dialogue avec le commissaire est réussie par sa subtilité et sa troublante ambiguîté. Lino Ventura compose son éternel personnage de dur au grand coeur toujours dépassé par les événements qui lui échappent encore et toujours. Michel Serrault, l'unique et à double face, dont l'effondrement final a quelque chose de touchant. Filmé quasiment dans le même lieu, un commissariat cerné par la pluie lors d'une sinistre soirée de réveillon, le huis clos n'est jamais ennuyeux. La photographie est travaillée dans ce sens. Elle permet à l'affrontement physique et quasi sportif de deux grandes et magnifiques stars cinématographiques. Mais pour eux, il n' y aura pas de vainqueur.
Où l'on constate que des acteurs excellents excellent au service d'une histoire qui tient superbement debout. Il est facile d'admettre que les rôles n'auraient pu être inversés entre ces deux monstres tant on connaît nos deux chers, très chers, acteurs. Et mention spéciale à Romy et à Marchand qui ne font pas de la figuration !
La vieille recette française : deux ou trois acteurs enfermés dans une pièce et qui tiennent tout le film rien qu'avec leurs excellents dialogues ! Mais celui-ci mérite la palme (avec peut-être Le Souper). Un duel verbal hors pair illuminé par ses deux acteurs exceptionnels et ses dialogues de velours ! La finesse et la subtilité des personnages et du ton donne à ce huis clos une force dantesque. Quatre Césars mérités !
Un bon polar de Claude Miller, porté par un gros casting : Lino Ventura, Michel Serrault, Guy Marchand et Romy Schneider. Le jeu de Serrault sort réellement du lot dans cette confrontation avec l'inspecteur joué par Ventura. Ce huis-clos est assez bien réussi, l'atmosphère y est pesante et ce jusqu'à la révélation finale, et très bien servi par les dialogues d'Audiard (moins comiques que d'habitude mais tout aussi percutants). Même datant de 1981, il ne ferait pas tâche de nos jours.
De part son sujet le film est déjà fort et ce n'est pas les acteurs qui vont contrarier la montée en puissance du scénario. Une interprétation de haut vol pour cette histoire sordide et l'ambiance glaciale et malsaine qui dérange. Une tension qui se ravive avec l'arrivée de Romy Schneider, volontairement laide par son aspect et sa façon d'être en se vengeant de son malheur auprès du policier. Le suspense final n'est même pas salvateur pour le spectateur qui va rester sur une note de misérabilisme tenace. Fort.
"Garde à vue" film vedette de la cérémonie des Césars de 1982 (4 Césars sur 8 nominations dont celle de meilleur acteur pour Michel Serrault), reste plus de trente ans après sa sortie un des meilleurs suspenses à huis clos du cinéma français dans la lignée du fameux "Quai des orfèvres" d'Henri-Georges Clouzot (1947). L'idée d'adapter "A table !", roman de l'auteur anglais John Wainwright est venue à Michel Audiard qui a eu l'audace avec le producteur Georges Dancigers de faire appel à Claude Miller encore jeune réalisateur, en panne depuis quatre ans suite à l'échec cuisant et incompréhensible de "Dîtes-lui que je l'aime". Claude Miller est en réalité loin d'être un novice, scénariste et assistant réalisateur pour Bresson, De Broca ou Godard. Il s'empare pleinement du sujet malgré une réticence initiale sur le côté impersonnel que selon lui revêt une adaptation pilotée par Michel Audiard dont il reconnaît dans ses mémoires ("Serrer sa chance") peu apprécier les effets de styles si renommés qu'il juge superfétatoires portant atteinte par leur causticité trop appuyée à la fluidité du récit si importante à ses yeux. En réalité sans doute bercé par la Nouvelle Vague, Claude Miller supporte mal la place prépondérante prise par les dialogues d'Audiard dans des productions désormais montées autour des calembours de celui que Gabin nommait "Le petit cycliste". La préparation du tournage est donc difficile et les réécritures nombreuses. Michel Serrault grand ami d'Audiard aura du mal à admettre cette remise en question permanente par un jeune réalisateur encore à l'heure des preuves et le fera payer à Miller par une attitude distante. Heureusement Lino Ventura fera le contrepoids en prenant Miller sous son aile. Cette atmosphère sera sans doute paradoxalement utile au film dont la trame repose sur un affrontement entre deux monstres sacrés. Impersonnel, peut-être selon les dires de Miller mais fichtrement réussi et maitrisé, de la photographie de Bruno Nuytten à la musique obsédante de Georges Delerue, mélange forain d'orgue de barbarie et de célesta. Mais c'est bien sûr la performance du duo d'acteurs vedette qui constitue l'intérêt majeur de "Garde à vue" à travers la composition de deux personnages que tout oppose. Maître Martinaud (Michel Serrault), notaire de province retenu au commissariat central un soir de réveillon pour une sordide histoire de meurtres de petites filles qui doit faire face à l'obstination de l'inspecteur Gallien (Lino Ventura) et de son collègue bas de plafond (Guy Marchand), spoiler: sans doute trop contents que les premiers constats accablent le notable un peu pédant qui leur fait face . Ce canevas de départ où se mêlent frustration sociale et incompréhension culturelle permet aux deux acteurs au sommet de leur art de déployer tout leur savoir faire dans des registres bien connus de chacun d'eux. C'est Michel Serrault qui sera reconnu de l'Académie des Césars spoiler: pour avoir su mettre en lumière toute la détresse d'un homme que le naufrage de son mariage avec une femme trop belle pour lui (Romy Schneider) a peut-être poussé vers des rivages aux sables mouvants dont l'intrigue fort astucieusement ne délivrera jamais les contours exacts , conservant sa part de mystère au film. Guy Marchand tout simplement génial dans le registre de l'adjoint aussi borné que brutal sera lui aussi récompensé tout comme le scénario d'Audiard et de Miller. Au final les dialogues d'Audiard dont Miller craignait qu'ils détournent l'intrigue de son ambigüité sont parfaitement idoines et renforcent utilement la distance entre les deux protagonistes, montrant la parfaite ductilité du talent du grand dialoguiste que Miller avait sous-estimé. La plus belle preuve étant que le trio sera à nouveau réuni deux ans plus tard pour "Mortelle randonnée" où Audiard épurera encore un peu plus son style. Preuve du prestige du film, Gene Hackman sera à l'origine d'un remake hollywoodien signé Stephen Hopkins (2000), version moite de l'oeuvre de Miller ( le film se passe à Porto Rico) qui sans démériter ne parvient pas à instaurer la même tension.
Très bon film, tout en sobriété et en efficacité, certes un peu linéaire, mais qui fonctionne vraiment bien utilisant au mieux ses arguments. Un film comme cela se doit évidemment de reposer énormément sur ses acteurs, et c’est le cas ici. Lino Ventura impeccable dans un rôle qui lui convient à ravir, et surtout Michel Serrault, toujours aussi mémorable dans ses personnages, plein de subtilité et d’intelligence. En dehors de ce duo on retiendra Romy Schneider dans l’un de ses derniers rôles, qui apparait peu et s’avère quand même assez loin de ses meilleures prestations, paraissant usée. Reste que le casting est soigné, et heureusement, car le film tourne pleinement autour de ces acteurs. Le scénario est bien vu. Encore une fois le film est simple mais parfaitement mené. Dialogues affutés, la confrontation est intense et réussi. Reste quelques aspérités quand même : un petit coup de mou dans la deuxième partie, et quelques rebondissements dont on sent qu’ils ont été amenés par la nécessité de donner de la percussion au métrage (avec Marchand par exemple). C’est un peu dommage, car ça fait baisser la crédibilité du film, qui au demeurant reste très plaisant à suivre et ne manque pas de qualités. Visuellement le film séduit par son ambiance morose, sombre, teintée de néons, d’une photographie blafarde quand il le faut. Le métrage est très sobre, tant dans ses décors que sa mise en scène, mais il y a de l’ambiance, et c’est important, surtout dans ce genre de film. Pas de chichi, mais de l’intelligence, pour un résultat convaincant. Bon choix musical aussi, que j’aurai aimé voir davantage exploité. Garde à vue est donc un très bon métrage de Claude Miller que je conseille évidemment. On y voit d’excellents numéros d’acteurs dans un film dépouillé et intelligent. Un exercice de style risqué que Miller maitrise bien, malgré les quelques réserves que j’ai pu émettre. 4