Mettons cartes sur table, Werner Herzog n'a ni réalisé un remake, ni un reboot, encore moins un prequel ou une suite, seul le personnage central et le titre ont été réutilisés et ce (heureusement) a bon escient, afin d'en tirer une toute autre histoire, à mille lieux de l'oeuvre originale (1993) réalisée par Abel Ferrara et interprétée par Harvey Keitel. Cette fois-ci, c'est Nicolas Cage qui se charge d'incarner ce flic haut gradé, obligé de se shooter aux médoc pour soulager son dos (sans compter sa surconsommation aberrante de coke, d'héroïne et toutes autres substances qu’il inhale ou se fume). Véritable danger ambulant (pour lui et ceux qu'ils croisent), il exerce son métier de flic tout en faisant les poches des dealers. Nicolas Cage trouve enfin un rôle digne de ce nom, après avoir enchaîné ces dernières années des Séries B décevantes, il obtient un rôle identique (un personnage complètement barré) à celui que lui avait offert Martin Scorsese avec A tombeau ouvert (2000). Incarnation parfaite du dégénéré sous psychotropes, il finit par croiser des iguanes ou les âmes des morts dansant le breakdance. Werner Herzog est parvenu à insuffler une ambiance particulière à la Nouvelle-Orléans, la magie opère grâce à sa mise en scène démente, sa distribution très réussie et enfin, une B.O parfaitement dosée !
Du temps où Nicolas Cage était encore un acteur, il a fait ce très bon film. Dans la veine de l'original, ce remake "défonce" les codes habituels du genre, et offre un bon moment de cinoche.
Si la bande-annonce donnait clairement l'impression que le film jouerait la carte de l'humour, le paradoxe flic/drogué, la folie de l'emprise de la drogue, il n'en n'est rien. Difficile d'ailleurs d'y trouver un véritable sens. Ce n'est pas un film hollywoodien malgré 3 têtes d'affiche, il n'y a pas de morale à l'américaine, pas non plus de côté docu-fiction ou de dénonciation de ce mal qui ronge les USA. On reste dubitatif sur le fait que ce lieutenant puisse être shooté en permanence sans que personne ne s'en aperçoive, malgré tous ses excès, délires fantasques, etc. Sinon, on nous ressort un énième cop show qui a 15 ans, avec traque d'un baron de la drogue, meurtres horribles, prostitution, etc. On ne pourra que critiquer la reprise à l'identique du final à la True Romance et consort des films de Tony Scott (il a dû être consultant sur le film!). Bon... Sinon, Nicolas Cage fait des va-et-vient en ayant les épaules surélevées de 20 cm pour faire genre il a de gros problèmes de dos. Voilà, un film, pour boucher les trous de programmation du satellite, tourné à la Nouvelle-Orléans (ça change quand même un peu de la Côte Est).
Bad lieutenant de Werner Herzog, est un très bon polar, avec le remarquable Nicolas Cage, la pulpeuse Eva Mendès, et l'extraordinaire bande sonore de Mark Isham ("the bliss of evil") A voir ou revoir absolument.
Un mauvais film de Nicolas Cage, pas inspiré, le réalisateur encore moins tant les coupures sont franches et manquent de cohérence, en bref une grande perte de temps.
Herzog s’attelant à un remake de Bad Lieutenant du déjà déjanté Ferrara.
Cage reprenant le rôle cocaïné de Keitel.
New-York faisant place à La Nouvelle-Orléans.
L’addition poudrée se veut détonnante, fidèle à ce qu’un film du fulminant Herzog peut-être.
Cage une fois son élan pris et qu’on s’adapte (aïe) à son personnage ne peut que coller à la chair de Terrence McDonagh flic pourri et « enneigé » dans un rythme de vie glauque jusqu’à la moelle d’une pipe à crack. C’est halluciné et noir par le fond coloré et nerveux sur la forme. Une réalisation décalée, une direction d’acteurs vitaminés. Décidément depuis quelques années sur différents genres qui plus est, Herzog arrive à nouveau à nous séduire et ce de plus en plus. A défaut de plaire par son choix artistique et cinématographique W.Herzog amène le cinéma vers ce que O.Stone savait faire il y a encore quelques années. La pilule ne passera pas dans toutes les bouches mais l’effet lui sera commun, un demi-ovni issu de l’antre de narcisse !
Un polar jouissif et complètement défoncé où Nicolas Cage impressionne. Herzog n'a rien perdu de sa vision démente et cynique du monde, et on retrouve avec plaisir son style transposé dans un polar à l'américaine jamais tout à fait comme les autres. Superbe.
Ce remake du film de Ferrara par Herzog prend un chemin complètement opposé au film original, préférant à son pathétique impitoyable un délire nihiliste complètement allumé. Nicolas Cage, en roue libre totale (et ça fait du bien de le voir se libérer du carcan ridicule de sérieux dans lequel tant de séries B l'ont enfermé depuis qu'il tourne pour des raisons purement alimentaires), donne à cette succession de scènes gratuites et complètement amorales une puissance comique complètement inattendue. Contrairement au Bad Lieutenant de Keitel, dont les douleurs s'étiraient dans une auto-flagellation qui faisait de son salaud de personnage une victime qu'on souhaitait presque voir achevé, Herzog emprunte une voie différente en écrivant un personnage qui jouit autant de ses vices qu'il n'en souffre, riant tel un clown de son propre ridicule à l'unisson du ton emprunté par le récit. Sans choisir d'angle véritable, Herzog s'évite d'être jugé sur le contenu moral de son long-métrage et en fait également une drôle de vision, un trip absolu dont on ne sait pas réellement quoi faire. Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (le titre est tout aussi moche en VO) devient au final une version filmique des reptiles auxquels seul le personnage de Nicolas Cage prête attention (quand il ne les invente pas purement et simplement) : une projection psychédélique qui ne concerne que celui qui la dévisage en espérant trouver une logique à sa présence, comme si pour apprécier un tel film, il fallait bien que la société ait elle-même perdu quelques cases. Une très forte personnalité et un Nicolas Cage franchement formidable.
Il avait de quoi intriguer et même inquiéter, ce "Bad Lieutenant" version Herzog. Mais très rapidement le cinéaste allemand se montre rassurant sur ses intentions et c'est au final un véritable bonheur de cinéphile auquel nous sommes conviés pendant 120 minutes. Aussi étonnant que passionnant et mélangeant savoureusement le réalisme urbain à un trip hallucinogène jouissif, ce faux remake du film de Ferrara s'avère ainsi décapant et magnifiquement filmé dans une Nouvelle-Orléans qu'on a rarement vu aussi cinégénique et mystérieuse. Loin ainsi de vouloir forcer le trait ou de caricaturer d'une quelconque manière ses différents personnages, Herzog réussit au contraire à trouver le ton juste (et décalé) pour nous offrir une galerie de « gueules » particulièrement savoureuses et en définitive aussi peu recommandables les unes que les autres, à l'exception peut-être d'une Eva Mendes surprenante et émouvante... N'oubliant qui plus est en rien de raconter une histoire parfaitement menée et porté par un Nicolas Cage au sommet de son art (quel plaisir de le revoir ainsi), ce « Bad Lieutenant » s'avère être un cocktail aussi jubilatoire que déjanté : un must!
Plus une exploitation du concept du film d'A. Ferrara qu'un remake, ce film repose presque exclusivement sur es épaules de Nic Cage. C'est sûr que si on est pas fan de l'acteur alors mieux vaut passer son chemin car ce dernier est de tous les plans ou presque et repousse très, très loin ses limites. Habité, plus fucked up que jamais, il livre une prestation démente sur un personnage perdu et pour qui les problèmes s'accumulent. W. Herzog, qui a bossé avec K. Kinski de nombreuses fois, sait maîtriser ce genre d'exercice et il s'en sort très bien, avec ses travellings à l'épaule et ses plans très longs mais aussi en instillant une atmosphère volontairement 2nd degré (comme le "slow des iguanes", grand moment ou encore l'interrogatoire musclé d'une vieille noire) ce qui fait que quiconque prendra ce film au sérieux sera forcément à coté de la plaque. Si certains rôles sont trop minces (V. Kilmer, absent durant 1 heure de film), d'autres sont plus épanouis (E. Mendès, excellente) et certains points du scénario sont vraiment brillants. Reste que cette descente aux enfers est moyennement accompagné par la mise en scène parfois. Signalons la superbe musique de M. Isham. D'autres critiques sur
Faire un remake du film culte Bad Lieutenant était à la fois osé et inconscient. Le confier à Werner Herzog était également une mauvaise idée, le metteur en scène allemand n'étant plus très apte à réaliser des films convenables depuis son retour dans les années 2000 (les très inégaux Invincible et Rescue Dawn peuvent en témoigner). Qui plus est, placer Nicolas Cage dans le rôle titre était aussi une grave erreur. L'acteur à la coupe de cheveux polyvalente joue très moyennement ce flic drogué jusqu'à la moelle qui fait les cents pas pour... pour pas grand chose en fin de compte. Ainsi, ce film hybride qui n'est "ni un remake ni une suite" se rapproche pourtant férocement de l'original, le talent en moins. En effet, si l'histoire n'est pas la même, on retrouve de nombreuses similitudes comme le flic paumé et drogué, ses plaisirs sexuels extravagants, ses dettes de jeu et ses méthodes peu orthodoxes. Mis à part cela, effectivement, rien de similaire... Interprétation très bateau (Val Kilmer le has-been effacé, Shawn Hatosy ringard au possible, Eva Mendes sous-exploitée...), scénario alambiqué tournant en rond sans réel but au final, plans psychédéliques aberrants (les iguanes et autres reptiles filmés avec une DV), violence aseptisée et mise en scène amatrice, cette refonte 2010 est un joli ratage pas désagréable à visionner mais bigrement inutile.
Film marquant, impossible à oublier grâce à un style marquant et décalé à souhait. Car alors qu'on attendait un blockbuster, on découvre un film âpre, satirique, limite glauque parfois. Une curiosité à voir.