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No Quarter
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2,0
Publiée le 6 mai 2024
L'idée est déjà un peu faible donc elle nécessite une écriture brillante et une réalisation à la hauteur. Ce qui n'est cas ni de l'une, ni de l'autre. Le casting n'est pas non plus convainquant. Kiberlain est assez fade et ne trouve que très rarement l'intensité nécessaire au rôle. Lindon est dans la facilité quand il faut jouer un taiseux et un bourru. Pas de surprise, pas de coup de cœur. Un film limite soporifique.
Ce film m'a captivé. Il exprime beaucoup plus qu'il ne dit. L'interprétation de deux comédiens est remarquable. Il y a peu de mot échangés dans ce film. Par contre leurs regards sont intenses, passionnels. Bien sûr il fait apparaitre des questions. Pourquoi un homme bon père, bon mari, bon fils tombe amoureux de Mademoiselle Chambon? Certes elle est magnifique, cette femme qui n'est pas une séductrice machiavélique. Ce film raconte la naissance du sentiment amoureux. Comment il envahit cet homme marié et cette femme. Je pense aussi qu'il inquiète. Aucun couple si heureux soit-il, n'est assuré de perdurer. Ce film raconte la fragilité du couple comme du cristal. Malgré la sublime beauté du verre, il se casse sous l'effet d'un micro-défaut, une bulle imperceptible.
Un film lent avec deux bons personnages. Bon, Kiberlain est sublime, comme tout le temps, mais ca c'est une question de gout. Elle joue juste et apporte le charme à cette histoire sommes toutes simple. Lindon est comme d'habitude, triste, avec le regard de celui à qui on a volé sa soupe. Le film, c'est l'attirance entre deux monde: celui de la culture, de la musique, de la liberté aussi avec celui plus rustique, terre à terre, d'un travailleur de la construction. L'histoire d'un amour qui aurait trop de conséquences. Le choix de la raison. Le film est lent, très lent, mais plutôt juste. C'est un film d'ambiance où les sentiments sont filmés et c'est plutôt réussi. Mais on s'ennuie un peu, parce qu'on sait comment ca va finir. La scène du salon funéraire est assez terrible aussi. Vous verrez.
Une histoire très touchante servit de personnage très réaliste pour créer une athmosphère intimiste qui nous emporte rapidement au sein de cette belle aventure humaine. A la fois distant et proche par moment, le duo est une pure merveille de connection et sensibilité. Des histoires comme tout le monde pourrait en vivre mais dont personnes n'osent parler.
La preuve est faite qu'avec une histoire toute simple, on peut avoir un très bon film. Le tout est de savoir bien la mettre en image. Ici tout est question de dosage : la musique, les dialogues, les silences... Et grâce à 2 excellents acteurs ont obtient quelque chose de bon.
On peut avoir réalisé un pur chef d'oeuvre et devoir attendre 4 ans pour réaliser de nouveau un film ("Entre adultes" sorti après "Je ne suis pas là pour être aimé" avait été tourné avant !). C'est pourtant ce qui est arrivé à Stéphane Brizé, dont toutes celles et tous ceux ont vu "Je ne suis pas là pour être aimé" gardent un souvenir ému. En plus, il y a un problème après un tel film : le suivant sera-t-il à la hauteur. Je rassure tout le monde : "Mademoiselle Chambon" n'atteint pas tout à fait les sommets d'émotion et de mise en scène de "Je ne suis pas là ...", mais on n'en est pas loin. Il a toujours cette maîtrise pour faire dire plein de choses par des silences et des des coups d'oeil, bien servi qu'il est, il est vrai par des comédiens extraordinaires : une Sandrine Kiberlain toujours aussi frémissante, un Vincent Lindon taiseux, tout d'une pièce. Sans oublier Aure Atika, pas dupe dans son rôle d'épouse qui, peut-être, va se retrouver trompée, voire abandonnée. On peut dévoiler sans problème ce qui est très vite le départ de l'intrigue : Vincent Lindon, maçon, tombe manifestement amoureux de Sandrine Kiberlain, l'institutrice de son fils et réciproquement. En alternant intelligemment plans séquence et champs-contre-champs, Stéphane Brizé arrive à captiver sur une histoire à la fois minimale et commune.
Très beau film sur le thème archi rebattu du triangle amoureux,porté par un excellent trio d'acteurs au sommet de leur art. Beaucoup d'émotion, le courage de filmer lentement des sentiments complexes,quelques scènes d'anthologie.
Stéphane Brizé nous donne une fois de plus un « film de chambre » par analogie avec la musique du même nom. Il est d'ailleurs significatif de constater que l'instrument par excellence de ce genre musical - le violon - peut être considéré comme le pivot central de l'oeuvre, ce violon dont joue sensuellement l'institutrice (Sandrine Kiberlain, merveilleusement diaphane) amoureuse au premier regard (et réciproquement) du parent d'élève maçon (Vincent Lindon, très juste comme toujours). Ces deux-là vont se regarder pendant une heure et demie sans presque se parler, ils vont s'épier à travers des jeux de lumière subtilement étudiés et délicatement rendus par une caméra toujours bien placée. Malheureusement, leurs destinées vont évoluer inéluctablement vers une fin inévitable que l'on connaît d’avance. C'est toujours le même problème avec Stéphane Brizé qui, pour être indiscutablement un auteur, n'en manque pas moins de souffle et de laissez aller. À force de filmer le vide, on finit par le refléter, et c'est dommage tant le film - comme les précédents et notamment le subtil mais trop sage Je ne suis pas là pour être aimé - recèle des qualités intéressantes. Signalons pour finir sur une note positive que Jean-Marc Thibault, dans un rôle pourtant ectoplasmique, montre, une fois de plus et à quatre-vingt-six ans, qu'il est un remarquable comédien.
Sandrine Kiberlain, Vincent Lindon et Aure Atika, trio gagnant d'un film magnifique. C'est simple,beau et fort. Le minimalisme délibéré amplifie les sentiments dans chaque instant. Bravo et merci ! Et surtout ... ALLEZ-Y !
Stéphane Brizé film ici la frustration. La frustration de deux amoureux, ex à la ville. Déchirant. Et là on a un vrai metteur en scène. Il nous suffit de 3 plans subjectifs pour faire monter le désir. 3 autres pour le nourrir, puis on passe par la mélancolie et la raison. C'est filmé de façon tellement pudique qu'il touche la corde sensible à plusieurs reprises. Kiberlain et Lindon sont en osmoses, on a notre couple "mange-caméra" du cinéma français devant les yeux. Mademoiselle Chambon est film qui marque les esprits.
Ce film a pour sujet un homme qui ne sait pas parler, en particulier parler d'amour mais pas non plus de musique. A des années lumières de la culture classique, le maçon Jean rencontre l'institutrice Véronique avec qui ils partagent l'amour des morceaux romantiques qu'elle joue sur son violon. Stéphane Brizé dans Mademoiselle Chambon (2009) comme dans beaucoup de ses œuvres à la fois délicates et fortes (Une Vie, En Guerre) fait confiance aux acteurs et leur permet d'exprimer leurs émotions par le visage et pas par les mots. C'est toute la beauté du cinéma qui tient à cela. Ce film sur le silence possède un si belle musique que le DVD est accompagné du disque avec les morceaux importants pour comprendre : ils sont tous de Frank Von Vecsey, violoniste compositeur hongrois (1893-1935) pour qui ont écrit Bartok et Sibelius.
une très belle histoire d'amour et une vraie déchirure. un film presque muet où toutes les émotions se réflète dans les regards, les non-dits. les 2 acteurs transmettent toute la vérité sur une rencontre pareille, mais la vie ordinaire reprend le dessus. dommage
La critique qui suit ressemble à beaucoup d'autres. Mademoiselle Chambon mérite amplement ce succès. Le film s'ouvre brillament sur une scène surprenante, et j'entendais un journaliste dire dans Le Masque et la Plume qu'elle était stupide car pas besoin d'être érudit pour savoir ce qu'est un complément d'objet direct! Et bien désolé, mais je ne saurais pas (et je ne pense pas être le seul) vous expliquer cette notion, et donc cette scène est brillante et nous met directement dans l'ambiance tendue et à fleur de peau du film. On se mettra tous d'accord également sur la pudeur d'une passion, ce qui manquait cruellement à deux films récents qui prétendaient représenter la passion: Partir et Les regrets. Puis également sur la simplicité d'une réalisation épurée, d'une caméra au plus proche des acteurs, d'une immersion totale dans un univers parfaitement intimiste et qui montre quelque chose de très fort, d'intensément prenant. Mais encore, on parlera tous d'un scénario très bien écrit, dans un style infiniment délicat, ou de l'état de grâce de deux acteurs bouleversants, on a nommé Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain. Je rajouterais à ces qualités la grande finesse dans la présentation des personnages, notamment pour celui de Jean, le maçon, qui est ici montré dans toutes les situations auxquelles il est confronté avant la rencontre avec Mademoiselle, puis dans ces mêmes situations après la rencontre. L'évolution du personnage n'en est que mieux captée, et mieux compréhensible. En revanche on notera une lenteur et des longueurs dans certaines scènes interminables, dont la délicatesse est tellement poussée qu'elle en devient énervante. Et puis, pour les plus tatillons, on aura noté une image terne tout au long du film, et donc peu agréable. Mais l'atmosphère du film reste dans nos têtes, c'est donc un film mémorable, ou la définition de passion, d'amour à la fois possible et impossible, est cconstamment remise en cause, dans un film qui parle plus qu'il n'y paraît.